L’Open innovation center du CEA, dédié à l’innovation collaborative, verra le jour en 2019 à Grenoble

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FOCUS – La première pierre du bâtiment Open innovation center du CEA a été posée ce mardi 25 septembre lors d’une cérémonie en présence des différents partenaires du projet. Situé sur le campus Giant de la presqu’île scientifique de Grenoble, ce lieu est dédié à l’innovation collaborative pour prendre part aux transformations radicales du monde contemporain et répondre aux enjeux sociétaux de demain. Livraison prévue pour l’été 2019.

 

 

« L’Open inno­va­tion cen­ter, dans notre esprit, doit deve­nir la loco­mo­tive du CEA pour trans­fé­rer l’innovation tech­no­lo­gique aux entre­prises », se pre­nait à espé­rer Stéphane Siebert, direc­teur de la recherche tech­no­lo­gique du CEA (CEA-tech), ce mardi 25 sep­tembre. C’est ainsi que ce der­nier a intro­duit les dis­cours offi­ciels lors de la pose de la pre­mière pierre de l’Open inno­va­tion cen­ter (OIC) du Commissariat à l’éner­gie ato­mique et aux éner­gies alter­na­tives (CEA), place Nelson Mandela sur le cam­pus Giant* de la presqu’île scien­ti­fique gre­no­bloise.

 

La première pierre de l'Open innovation center du CEA a été posée ce mardi 25 septembre 2018 sur le campus Giant de la presqu'île scientifique de Grenoble.Stéphane Siebert, directeur de la recherche technologique du CEA. © Véronique Magnin - Place Gre'net

Stéphane Siebert, direc­teur de la recherche tech­no­lo­gique du CEA. © Véronique Magnin – Place Gre’net

Devant lui, un par­terre de per­son­na­li­tés de la recherche, du sec­teur indus­triel et de l’entreprenariat, ainsi que les prin­ci­paux par­te­naires finan­ciers du pro­jet dont le Département, la Région et l’État.

 

 

« Une fenêtre pour la technologie et la science »

 

Inconcevable en effet pour la direc­tion de la recherche tech­no­lo­gique que le CEA, « iden­ti­fié comme l’or­ga­nisme de recherche public le plus inno­vant en Europe et deuxième au niveau mon­dial », ne puisse mon­ter au pinacle. Avec l’OIC, en sus d’un site de trans­fert tech­no­lo­gique le plus effi­cace pos­sible, le CEA a voulu se doter d’un lieu vitrine emblé­ma­tique : « une fenêtre pour la tech­no­lo­gie et la science ». À la fois pour le cam­pus Giant et pour ses par­te­naires**.

 

Ce, « à l’image des grands cam­pus d’in­no­va­tion de rang mon­dial (MIT aux USA, Itri à Taïwan, Kaist en Corée, Fraunhofer en Allemagne, Imec aux Pays-Bas, etc.) qui dis­posent, eux aussi, d’un tel lieu incar­nant la démarche d’in­no­va­tion por­tée par l’en­tité », pour­suit le direc­teur.

 

La première pierre de l'Open innovation center du CEA a été posée ce mardi 25 septembre 2018 sur le campus Giant de la presqu'île scientifique de Grenoble.Pose de la première pierre de l'Open innovation center (OIC), mardi 25 septembre. © Véronique Magnin - Place Gre'net

Pose de la pre­mière pierre de l’Open inno­va­tion cen­ter (OIC), mardi 25 sep­tembre. De gauche à droite : Stéphane Siebert, direc­teur de la recherche tech­no­lo­gique du CEA, Jean-Pierre Barbier, pré­sident du dépar­te­ment de l’Isère, Lionel Beffre, pré­fet de l’Isère, et Yannick Neuder, vice-pré­sident de la région Auvergne Rhône-Alpes. © Véronique Magnin – Place Gre’net

 

Dix sept millions d’investissement initial

 

Que l’OIC soit un lieu de rayon­ne­ment pour le CEA et ses par­te­naires est certes utile mais les élus, bien cam­pés dans leur rôle, pri­vi­lé­gient dans leurs dis­cours les retom­bées qu’ils en attendent tant socié­tales qu’é­co­no­miques.

 

« À tra­vers le pro­jet d’Open inno­va­tion cen­ter, le Département marque son sou­tien à une inno­va­tion au ser­vice des ter­ri­toires. Mobilités, santé connec­tée, vieillis­se­ment à domi­cile… Nombreux sont les défis qui se pré­sentent à nous et qui néces­sitent des réponses inno­vantes », a en effet com­menté Jean-Pierre Barbier, pré­sident du Département de l’Isère qui a sou­tenu ce pro­jet à hau­teur de 4 mil­lions d’euros. Une part non négli­geable dans un inves­tis­se­ment ini­tial de 17 mil­lions d’euros.

 

Une coquette somme injec­tée dans un contexte estimé très favo­rable à l’émergence de cette nou­velle struc­ture. De fait, « les trans­for­ma­tions radi­cales du monde contem­po­rain ouvrent depuis plu­sieurs années un nou­vel âge d’or à l’in­no­va­tion tech­no­lo­gique », constate le CEA.

 

Vue externe virtuelle de l'OIC. © Chabanne + partenaires

Vue externe vir­tuelle de l’Open inno­va­tion cen­ter (OIC) du CEA. © Chabanne et par­te­naires

 

Dans son sillage, Yannick Neuder, vice-pré­sident de la région Auvergne-Rhône-Alpes sou­ligne les consé­quences posi­tives que peuvent en attendre les ter­ri­toires. « La Région Auvergne-Rhône-Alpes est fière de renou­ve­ler son sou­tien au CEA, acteur clef du domaine d’ex­cel­lence régio­nale de l’in­dus­trie du futur et de la pro­duc­tion indus­trielle, dont les retom­bées par­ti­cipent plus lar­ge­ment au déve­lop­pe­ment ter­ri­to­rial avec la créa­tion d’emplois qua­li­fiés et l’ob­ten­tion d’un gain de com­pé­ti­ti­vité tech­no­lo­gique sur le plan inter­na­tio­nal », com­plète l’élu régio­nal, jus­ti­fiant ainsi les 6 mil­lions d’euros mis sur la table par la Région.

 

 

Un lieu totem adapté au nouveau modèle d’innovation

 

L’innovation tech­no­lo­gique change actuel­le­ment de nature et les équipes pro­jet doivent pou­voir s’y adap­ter pour res­ter com­pé­ti­tive. De fait, « [au] modèle repo­sant sur les tech­no­lo­gies au ser­vice de la per­for­mance et de la baisse des coûts, s’a­joute aujourd’­hui la néces­saire prise en compte du chan­ge­ment », explique le CEA. En inté­grant dans ce nou­veau lieu « totem » le moteur du chan­ge­ment à la repré­sen­ta­tion actuelle de l’in­no­va­tion, le centre de recherche espère offrir aux équipes pro­jet les meilleures condi­tions de tra­vail pour leur per­mettre de se his­ser au plus haut niveau dans la course mon­diale à l’innovation.

 

Ainsi, afin de mieux anti­ci­per l’i­den­ti­fi­ca­tion des nou­veaux usages et modèles éco­no­miques, le CEA mise sur le par­tage des visions du futur. Et pour ce faire, il a voulu que ce lieu faci­lite la ren­contre entre les tech­no­lo­gies déve­lop­pées par les cher­cheurs au sein des labo­ra­toires de recherche du centre et les besoins de ses par­te­naires entre­pre­neurs et indus­triels.

 

Image virtuelle de l'extérieur de l'OIC. © Chabanne + partenaires

Image vir­tuelle de l’ex­té­rieur de l’OIC. © Chabanne et par­te­naires

Et pour accé­lé­rer le chan­ge­ment par le déve­lop­pe­ment tou­jours plus rapide de « pro­jets de rup­ture », le CEA compte sur les col­la­bo­ra­tions multi-par­te­naires et sur le ras­sem­ble­ment à l’OIC d’une com­mu­nauté d’in­dus­triels et de cher­cheurs. Mais aussi, à terme, de créa­teurs d’en­tre­prise, d’é­tu­diants, de desi­gners, d’ar­tistes, d’in­ves­tis­seurs et d’a­mé­na­geurs.

 

 

Le fonctionnalisme au cœur de l’architecture

 

Parce que l’innovation tech­no­lo­gique doit être la plus col­la­bo­ra­tive et effi­cace pos­sible au sein de l’OIC, le pre­mier bâti­ment d’une sur­face de 3 300 m2 – par ailleurs sécu­risé pour tra­vailler en confi­den­tia­lité – sera com­posé de pla­teaux pro­jets recon­fi­gu­rables, d’a­te­liers de pro­to­ty­page rapide et d’un sho­wroom des inno­va­tions à l’é­tage.

 

Positionnement d'espaces symboliques sur le plan du bâtiment. © Chabanne + partenaires

Positionnement d’es­paces sym­bo­liques sur le plan du bâti­ment. © Chabanne et par­te­naires

Le tout, à proxi­mité des com­pé­tences et savoir-faire des 6 000 col­la­bo­ra­teurs tra­vaillant sur le site du CEA de Grenoble. Date de livrai­son pré­vue ? Courant de l’été 2019.

 

Viendra com­plé­ter cette construc­tion d’ici 2020, un deuxième bâti­ment vitrine de près de 10 000 m2 – cette fois-ci entiè­re­ment ouvert au public – sur­nommé pour se dis­tin­guer du pré­cé­dent l’OIC par­te­naires. À cela s’a­jou­tera encore un espace exté­rieur com­posé d’un par­vis, d’une agora de 200 places et d’un lieu évé­ne­men­tiel exté­rieur.

 

Cette orga­ni­sa­tion spa­tiale a été pen­sée en amont dans les moindres détails par le CEA, en col­la­bo­ra­tion avec l’a­gence d’architecture Chabanne + Partenaires afin de créer une sym­biose entre archi­tec­ture et inno­va­tion col­la­bo­ra­tive. Une co-construc­tion qui s’est vue opti­mi­sée par l’utilisation de la maquette numé­rique. Tant et si bien que cette méthode appli­quée pour l’OIC a été récom­pen­sée par la presse spé­cia­li­sée le 17 sep­tembre der­nier d’un deuxième prix aux Bim** d’Or 2018 dans la caté­go­rie « pro­jets infé­rieurs à 5 000 m² ».

 

La maquette numérique de l’OIC est perçu comme un atout pour faciliter les échanges avec les utilisateurs. © Chabanne + partenaires

La maquette numé­rique de l’OIC est per­çue comme un atout pour faci­li­ter les échanges avec les uti­li­sa­teurs. © Chabanne + par­te­naires

 

Des résidences partenariales pour une durée moyenne de dix-huit mois

 

Le centre de recherche des­tine plus spé­ci­fi­que­ment l’OIC aux entre­prises, indus­triels et PME, d’un même domaine sou­hai­tant réa­li­ser ensemble un pro­duit tech­no­lo­gique sur leur seg­ment de mar­ché. Notamment dans les champs de l’énergie, du numé­rique et de la santé. Au nombre de quinze au maxi­mum en paral­lèle, « les rési­dences par­te­na­riales accueille­ront pour une durée moyenne de dix-huit mois des équipes pro­jets mul­ti­dis­ci­pli­naires », annonce le CEA.

 

Concrètement, pour les accom­pa­gner, ces équipes pour­ront comp­ter sur l’engagement à leurs côtés des experts CEA en tech­no­lo­gies, en mar­ke­ting et en usages. Mais éga­le­ment, de col­la­bo­ra­teurs de l’en­tre­prise par­te­naire et d’une équipe sup­port : archi­tecte sys­tème, mar­ke­ting de l’in­no­va­tion, design indus­triel et pro­to­ty­page.

 

Image virtuelle de l'intérieur de l'OIC. © Chabanne + partenaires

Image vir­tuelle de l’in­té­rieur de l’OIC. © Chabanne + par­te­naires

 

« [Elles] béné­fi­cie­ront plus glo­ba­le­ment d’un accom­pa­gne­ment dans le pro­ces­sus d’in­no­va­tion col­la­bo­ra­tive afin de lever des ver­rous tech­no­lo­giques, [d”]intégrer de nou­velles fonc­tion­na­li­tés dans les pro­duits ou [d”]exploiter les rup­tures tech­no­lo­giques d’un sec­teur », pré­cise le CEA.

 

Autant de ser­vices payants dont le mon­tant sera négo­cié au cas par cas avec les entre­pre­neurs inté­res­sés par cet envi­ron­ne­ment col­la­bo­ra­tif qui se veut pro­pice à l’innovation tech­no­lo­gique.

 

 

Des entreprises déjà en lice pour accélérer l’innovation

 

Le CEA n’en fait guère mys­tère, trois pro­jets vont d’ores et déjà se pour­suivre au sein de l’OIC. L’un avec STMicroelectronics qui prend le virage de l’intelligence arti­fi­cielle à tra­vers la série de ses micro­con­trô­leurs STM32. Il en fabrique déjà un mil­liard d’unités par an et s’appuie sur les com­pé­tences du CEA dans ce domaine.

 

Le deuxième ? « Une rési­dence sur l’im­pres­sion 3D indus­trielle est d’ores et déjà ima­gi­née pour lan­cer les hubs [point de connexion cen­tral, ndlr] d’in­no­va­tions thé­ma­tiques ani­més par un éco­sys­tème d’ac­teurs concer­nés », annonce le CEA, dans le pro­lon­ge­ment natu­rel de son par­te­na­riat stra­té­gique entre Hewlett Packard (HP) sur l’impression 3D pour la fabri­ca­tion addi­tive.

 

Quant à l’interrupteur auto­nome mis au point par l’usine Legrand de Saint-Marcellin en col­la­bo­ra­tion avec le CEA, il sera pro­duit sur place.

 

 

Véronique Magnin

 

 

* Giant : enten­dez, « Grenoble Innovation for Advanced New Technologies »

 

** L’université Grenoble-Alpes (UGA), l’Institut natio­nal poly­tech­nique de Grenoble (INP Grenoble), les grands ins­tru­ments euro­péens dont l’ESRF et l’ILL, le CNRS et Grenoble École de mana­ge­ment (Gem).

 

**Le Bim ou Modèle d’in­for­ma­tion du bâti­ment est une nou­velle façon d’a­bor­der le monde de la construc­tion en uti­li­sant une maquette numé­rique et de nom­breuses don­nées, enri­chies par l’en­semble des par­ties pre­nantes du pro­jet. Cette métho­do­lo­gie assure une meilleure maî­trise des étapes de la concep­tion à la construc­tion d’un bâti­ment. « Pour l’Open inno­va­tion cen­ter du CEA, ce pro­ces­sus de tra­vail col­la­bo­ra­tif vien­dra éga­le­ment sou­te­nir les ser­vices qui accom­pa­gne­ront le pro­jet tout au long de son cycle de vie (construc­tion, main­te­nance, intel­li­gence éco­no­mique, sécu­rité, etc.) », pré­cise le CEA, emballé par ce nou­veau modèle de construc­tion.

 

 

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