Beaucroissant, Fête de l’Huma, expo… Une rentrée sur les chapeaux de roues pour les communistes isérois

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FOCUS – Le PCF Isère fait une rentrée énergique. Plus que jamais décidée à lutter contre la politique d’Emmanuel Macron, la fédération relaye une pétition nationale du parti dénonçant la formule présidentielle du « pognon de dingue » voué aux prestations sociales. Une pétition que les communistes isérois comptent bien faire signer simultanément à la Foire de Beaucroissant et à la Fête de l’Humanité… tout en préparant une exposition sur Georges Marchais.

 

Rentrée sur les cha­peaux de roues pour la fédé­ra­tion isé­roise du Parti com­mu­niste fran­çais. Toujours aussi remon­tés contre la poli­tique menée par Emmanuel Macron et Édouard Philippe, les com­mu­nistes s’op­posent plus que jamais à celui qu’ils appellent « le pré­sident des riches ».

 

Annie David, Michel Grégot, Antonin Grandfond et Pierre-Jean Crespeau, de la Fédération iséroise du PCF © Florent Mathieu - Place Gre'net

Annie David, Michel Grégot, Antonin Grandfond et Pierre-Jean Crespeau, de la Fédération isé­roise du PCF. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Ils n’ont tou­jours pas digéré sa petite phrase, savam­ment média­ti­sée, sur les pres­ta­tions sociales qui coû­te­raient à l’État « un pognon de dingue ». « Les éva­dés fis­caux nous volent un pognon de dingue, ren­dez l’argent ! », tel est le mes­sage que va donc dif­fu­ser le PCF dans une péti­tion sous forme de carte pos­tale, à rem­plir et envoyer (gra­tui­te­ment) au palais de l’Élysée.

 

Les exi­gences por­tées par le parti ? Une reva­lo­ri­sa­tion des mini­mas sociaux, le 100 % Sécurité sociale et de meilleures retraites, la créa­tion d’un « Fonds euro­péen pour le déve­lop­pe­ment du ser­vice public » et l’or­ga­ni­sa­tion d’une « Cop [Confe­rence of par­ties] fis­cale mon­diale ».

 

Un mes­sage que les com­mu­nistes comptent bien por­ter dans la rue le 9 octobre, date de la pre­mière mobi­li­sa­tion sociale, avec l’es­poir d’une « conver­gence des luttes ». Mais aussi en octobre, au moment du retour du secré­taire géné­ral du parti, Ian Brossat, sur les terres isé­roises  pour pré­pa­rer les euro­péennes. Ou encore à l’oc­ca­sion du congrès extra­or­di­naire, fin novembre.

 

 

Des stands à Beaucroissant et à la Fête de l’Huma

 

Enfin, les péti­tions seront lar­ge­ment dif­fu­sées lors de deux grands ren­dez-vous pour le PCF de l’Isère : la Foire de Beaucroissant et la Fête de l’Humanité, l’une ayant lieu en Isère, l’autre à Paris durant le même week-end… Des évé­ne­ments qui ont demandé de mobi­li­ser près de 80 béné­voles, et cela bien au-delà de deux ou trois jours.

 

La pré­sence des com­mu­nistes isé­rois n’est pas une sur­prise à la Foire de Beaucroissant. En y pro­po­sant comme chaque année un stand de res­tau­ra­tion, ils espèrent autant dif­fu­ser un dis­cours poli­tique… que rem­plir les caisses. « C’est une res­source de finan­ce­ment pour nous. On ne fait pas de grande gas­tro­no­mie, mais on essaye de pra­ti­quer des tarifs abor­dables et ça nous sert de finan­ce­ment pour les ini­tia­tives », explique Michel Grégot, en charge de l’é­quipe.

 

Les communistes de l'Isère se mobilisent pour la rentrée, avec des stands à Beaucroissant comme à la Fête de l'Huma, pour porter leur message d'opposition.Michel Grégot est en charge de la Foire de Beaucroissant, et Antonin Grandfond de la Fête de l'Humanité © Florent Mathieu - Place Gre'net

Michel Grégot est en charge de la Foire de Beaucroissant, et Antonin Grandfond de la Fête de l’Humanité. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

À la Fête de l’Huma, l’Isère n’a­vait en revanche pas eu de stand propre depuis 2010, pré­ci­sé­ment parce que la Foire de Beaucroissant mobi­lise beau­coup de mili­tants. « Cette année, s’est consti­tué un noyau de quelques per­sonnes qui vou­laient par­ti­ci­per à ce grand ras­sem­ble­ment », se réjouit Antonin Grandfond, en charge des “opé­ra­tions”. Avec la pro­messe d’un « niveau d’am­bi­tion pas vu depuis plu­sieurs décen­nies », ajoute-t-il.

 

Au pro­gramme ? De la res­tau­ra­tion, là encore, et l’oc­ca­sion sur­tout de pré­sen­ter des pro­duits locaux, depuis les ravioles jus­qu’à la Chartreuse, en pas­sant par la bière de Sassenage. « L’Isère reve­nant sur la Fête, c’est assez symp­to­ma­tique du fait que, contrai­re­ment à ce que cer­tains vou­draient, le PC n’est pas mort ! », se réjouit Antonin Grandfond. Qui évoque une « dyna­mique de rajeu­nis­se­ment », avec une moyenne d’âge des béné­voles autour de 40 ans.

 

 

Ventes solidaires de fruits et légumes

 

« Le parti com­mu­niste se donne pour offrir des moments popu­laires », sou­ligne l’an­cienne séna­trice com­mu­niste Annie David, chef de file de la fédé­ra­tion isé­roise. Ce type d’é­vé­ne­ments repose en effet beau­coup sur l’im­pli­ca­tion des mili­tants. « On va finir sur les rotules, mais on a envie de le faire pour notre parti », résume Michel Grégot.

 

Les communistes de l'Isère se mobilisent pour la rentrée, avec des stands à Beaucroissant comme à la Fête de l'Huma, pour porter leur message d'opposition.Stand de vente solidaires de fruits et légumes du PCF Isère en 2017 © PCF Isère

Stand de vente soli­daires de fruits et légumes du PCF Isère en 2017. © PCF Isère

 

Et quoi de mieux, une fois sur les rotules, que de recom­men­cer ? Dès la semaine sui­vante, le PCF Isère orga­nise ses tra­di­tion­nelles « ventes soli­daires de fruits et légumes », en par­te­na­riat avec le Mouvement de défense des exploi­tants fami­liaux (Modef). Des ventes à prix pro­duc­teurs qui se dérou­le­ront du ven­dredi 21 sep­tembre au lundi 24 sep­tembre sur neuf villes* et dix points de vente. Autant dire que les com­mu­nistes isé­rois ont bien l’in­ten­tion d’oc­cu­per le ter­rain.

 

FM

 

 

* Le ven­dredi 21 au Pont-de-Claix (13 h 30 – 15 h 30), à Saint-Martin-d’Hères (16 h 30 – 18 h 30), Eybens (16 h 30 – 18 h 30) et Saint-Marcellin (17 h 30 – 19 h 30) ; le samedi 22 à Échirolles, Rives et Domène (10 heures-12 heures) ; le dimanche 23 à Vizille et Grenoble Capuche (10 heures-12 h 30) ; enfin, le lundi 24 à Grenoble Villeneuve (9 heures-12 heures).

 

 

LE PCF ISÈRE SALUE LA MÉMOIRE DE GEORGES MARCHAIS

 

Les locaux du PCF Isère, rue Guaymard à Grenoble, inau­gurent le lundi 24 sep­tembre à 18 heures une expo­si­tion consa­crée à Georges Marchais, secré­taire géné­ral du parti de 1972 à 1994.

 

Créée à Paris, l’ex­po­si­tion sera pré­sen­tée aux Isérois en pré­sence de ses enfants. « Nous avons envie de par­ler de l’homme qu’il était, pas seule­ment de l’homme poli­tique. Il y aura un temps d’é­change sur sa vie pri­vée, fami­liale, sur son par­cours de mili­tant… », explique Annie David. Il est vrai que Georges Marchais reste dans les mémoires, tant tout pour son mili­tan­tisme éner­gique que sa faconde et son phrasé sin­gu­liers, lui qui incarna, pour toute une géné­ra­tion, la voix du Parti com­mu­niste fran­çais.

 

 

« Fais les valises, on rentre à Paris », « Ce n’é­tait peut-être pas votre ques­tion mais c’é­tait ma réponse »… Les phrases “cultes” pro­non­cées par Georges Marchais ne manquent pas. Y com­pris la célè­bris­sime « Taisez-vous Elkabbach »… qu’il n’a en réa­lité jamais pro­non­cée.

 

Histoire et autodérision

 

Georges Marchais, décédé en 1997, compte-t-il encore pour les jeunes membres du Parti com­mu­niste ? « Ça parle plus aux anciens qu’aux jeunes, mais l’im­por­tant dans cette expo­si­tion c’est le lien entre Georges Marchais et son époque, et ce que sont aujourd’­hui les com­mu­nistes », estime Annie David.

 

 

Lui-même jeune mili­tant, Antonin Grandfond assure pour sa part que les jeunes com­mu­nistes s’in­té­ressent à l’his­toire de leur parti. De là à dire que la figure de Georges Marchais les concerne… « On est tombé dans un tra­vers inverse : on n’est pas du tout dans le culte de la per­son­na­lité. Et peut-être qu’on a un pro­blème là-des­sus, parce que du coup on ne veut pas de lea­ders ! », consi­dère-t-il, phi­lo­sophe.

 

Georges Marchais reste encore dans les mémoires pour avoir été lon­gue­ment moqué. Sous les traits d’un cochon dans le très popu­laire Bébête Show, raillé par Thierry Le Luron ou Desproges… « Personnellement, je ne suis pas réfrac­taire à l’au­to­dé­ri­sion », s’a­muse Antoine Grandfond. « Il faut savoir rire de nous-mêmes ! », enché­rit Michel Grégot. Preuve que le temps récon­ci­lie les âmes ?

 

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