Sport féminin à Grenoble : une semaine pour développer la pratique et lever les freins

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FOCUS – La Ville de Grenoble organise, du 8 au 15 septembre, la première semaine du sport féminin, en partenariat avec l’Office municipal des sports et l’Agence pour l’éducation par le sport. Avec au programme différents rendez-vous – exposition photos, table ronde et festival des sports – visant à favoriser le développement de la pratique sportive féminine.

 

 

Samedi 8 septembre sera donné le top départ de la semaine du sport féminin lors du Forum des sports à Grand’Place. Une semaine organisée par la Ville de Grenoble, en partenariat avec l’Office municipal des sports (OMS) et l’Agence pour l’éducation par le sport (Apels). Créée il y a une vingtaine d’années, cette association loi 1901 aide notamment les collectivités à faire évoluer leur politique sportive.

 

L'Agence pour l'éducation par le sport, représentée au centre par Anaïs Charbin, a travaillé sur cette semaine du sport féminin avec la Ville de Grenoble et l'Office municipal des sports. © Laurent Genin

L’Agence pour l’éducation par le sport, représentée au centre par Anaïs Charbin, a travaillé sur la semaine du sport féminin avec la Ville de Grenoble et l’Office municipal des sports. © Laurent Genin

 

En 2016, la Ville de Grenoble a mandaté l’Apels pour réaliser une étude sur les freins et les contraintes à la pratique sportive des filles, de onze à dix-huit ans, sur le territoire grenoblois. « Nous avons constaté que les inégalités entre filles et garçons se creusent en fonction du niveau social. Il y a plus d’inégalités dans les quartiers prioritaires », explique Anaïs Charbin, cheffe de projet à l’Apels.

 

 

« Des filles sont encore empêchées par leurs parents de pratiquer une activité sportive »

 

Autre problème identifié : l’environnement familial. « Des filles sont encore empêchées aujourd’hui par leurs parents de pratiquer une activité sportive, déplore Anaïs Charbin. Ils leur disent : « Tu ne feras pas de foot ou de rugby parce que tu es une fille », voire même : « Tu ne feras pas de sport ». » Certaines constructions sociales, héritées du passé, telles que « la femme devrait rester à la maison et n’a pas vocation à devenir musclée », ont encore la vie dure.

 

La présentation de la semaine du sport féminin s'est déroulée jeudi 6 septembre au stade Lesdiguières. © Laurent Genin

La présentation de la semaine du sport féminin s’est déroulée jeudi 6 septembre au stade Lesdiguières. © Laurent Genin

L’autocensure des filles est un autre obstacle. « Par exemple, si elles ne voient que des garçons sur un terrain de foot, beaucoup d’entre elles ne vont pas s’y rendre. » Un certain nombre de filles arrêtent par ailleurs le sport entre douze et quinze ans, au moment où leur corps change.

 

Sur la base de cette étude, un comité consultatif a été installé pour réfléchir aux moyens et actions pour lever ces freins. « Nous avons ensuite décidé d’aller plus loin, avec la Ville et l’OMS, pour mettre en place ces actions », précise Anaïs Charbin. Des actions regroupées en quatre grandes thématiques : “les stéréotypes et la mixité”, “l’encadrement sportif”, “l’offre sportive” et “la représentation féminine”. Et qui se concrétisent à l’occasion de cette semaine du sport féminin (cf. encadré).

 

 

Des préjugés moins forts aujourd’hui sur le sport féminin

 

« Je souhaite que cette semaine, qui est une première en France, et l’ensemble de cette saison qui s’ouvre soit une occasion de franchir des étapes et d’accélérer le mouvement dans la conquête de la ville par les filles, les femmes, les aînées. Notre volonté est de faire une ville pour tous », indique le maire de Grenoble Éric Piolle.

 

Mallaury Chatron et Suzie Brozda, joueuses de rugby au FCG Amazones, encadrent Cindy Perrault, gardienne de but de l'équipe féminine du GF38. © Laurent Genin

Mallaury Chatron et Suzie Brozda, joueuses de rugby au FCG Amazones, encadrent Cindy Perrault, gardienne de but de l’équipe féminine du GF38. © Laurent Genin

« Cette semaine du sport féminin est une belle initiative », estime pour sa part Mallaury Chatron, joueuse de rugby au FCG Amazones et salariée du club. « Au FCG, nous intervenons beaucoup dans les écoles pour casser les codes du genre :Le rugby, ce n’est que pour les garçons”. Nous essayons de montrer à toutes les jeunes filles que le rugby est possible pour elles, si elles en ont envie et si ça leur plaît. »

 

Au début de sa carrière en 2007, la jeune femme entendait régulièrement ce type de réflexion : “Ah ouais, tu fais du rugby ? Mais t’es féminine !” « Cela peut arriver encore aujourd’hui mais beaucoup moins. Les préjugés sont beaucoup moins forts sur le sport féminin en général et le rugby féminin en particulier », témoigne-t-elle. En revanche, les inégalités salariales hommes-femmes demeurent.

 

 

Le manque d’infrastructures à Grenoble pose problème

 

À Grenoble, s’ajoute un autre problème : le manque d’infrastructures sportives. « On a un match dans deux semaines, on ne sait toujours pas où on joue », illustre Cindy Perrault, gardienne de but des féminines du GF38.

 

Le stade Lesdiguières n’est pas toujours disponible. Le GF38 féminin, les jeunes du FCG, les Amazones et les Centaures, l’équipe de football américain se partagent en effet l’enceinte. Avec des calendriers sportifs qui peuvent se chevaucher, il y a parfois embouteillage. « L’année dernière, l’élastique était un peu tendu, résume Éric Piolle. Entre les exigences et les possibilités, il y avait un fossé trop grand. [Cette année, ndlr], on se met dans la logique où on cherche un compromis. »

 

La question de la répartition des matchs au stade des Lesdiguières a été réglée pour cette nouvelle saison sportive qui débute a indiqué Eric Piolle. © Laurent Genin

La question de la répartition des matchs au stade des Lesdiguières a été réglée pour cette nouvelle saison sportive qui débute a indiqué Eric Piolle. © Laurent Genin

 

La question de la répartition des matchs à Lesdiguières a ainsi été réglée selon le maire de Grenoble et son adjoint aux Sports Sadok Bouzaïene. Les Amazones et le GF38 joueront sept matchs dans ce stade. « D’une façon générale, la gestion des infrastructures reste un défi chaque année », reconnaît Éric Piolle. Tout en y voyant un côté positif : « Cela montre qu’il y a une pratique sportive très développée à Grenoble ».

 

Le stade des Alpes continuera, lui, d’être le théâtre de rencontres féminines internationales. Avec en point d’orgue, cinq matchs de la Coupe du monde de football en juin 2019. Auparavant, l’équipe de France y évoluera le 9 octobre contre le Cameroun en match amical. Le 17 novembre, ce sont les Bleues du rugby qui prendront le relais pour un choc face à la Nouvelle-Zélande. Une chose est sure, le sport féminin prend ses quartiers dans la capitale des Alpes.

 

Laurent Genin

 

 

 

Programme de la semaine du sport féminin

 

Exposition photos du samedi 8 au vendredi 15 septembre, à Grand’Place et à l’Hôtel de Ville de Grenoble. Changer les regards sur la représentation des femmes dans le sport à travers le parcours de onze sportives grenobloises.

Table-ronde : “Entraîne-t-on une fille comme un garçon ?” mardi 11 septembre, de 18 heures à 20 h 30, à l’Hôtel de Ville de Grenoble.

Après-midi sportive pour filles et garçons mercredi 12 septembre, de 14 à 17 heures, à l’Anneau de vitesse. Pratique de sports mixtes (escrime, roller, biathlon, athlétisme, etc.).

“Aqua Summermix” vendredi 14 septembre, à 19 heures, à la piscine des Dauphins. Ateliers de quinze minutes (haltères, step, circuit training, aquabike et vélaqua) en alternance puis chorégraphie géante.

Festival des sports samedi 15 septembre, de 10 à 21 heures, à la Bifurk et à la Plage. Découverte de sports méconnus : roller-derby, escrime japonaise, etc., challenges sportifs et démonstrations. Clôture en musique avec N’Canto et La Baronesa.

 

 

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