Adversaire acharné du numerus clausus, le député de l’Isère Olivier Véran salue l’annonce de sa fin prochaine

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FIL INFO – C’est une nouvelle qui fait grand bruit : le gouvernement envisage la fin du système de numerus clausus pour les étudiants en médecine. L’occasion pour le député En Marche Olivier Véran de redire tout le mal qu’il pense de ce dispositif. En janvier 2018, le parlementaire isérois avait déjà interpellé l’exécutif sur la question, rappelant à Emmanuel Macron sa promesse de campagne d’y mettre un terme.

 

 

En finir une bonne fois pour toutes avec le numerus clausus ? Le gouvernement envisagerait de mettre fin au mode actuel de sélection des étudiants en médecine, limitant à environ 8 000 le nombre de ceux pouvant continuer leur cursus et, in fine, devenir médecins. Selon France Info, deux options de remplacement seraient à l’étude : une ouverture totale de la formation ou la mise en place d’un filtrage en fin de troisième année.

 

Université de Grenoble, Medecine et Pharmacie, La Tronche © Chloé Ponset - Place Gre'net

Université de Grenoble, Médecine et Pharmacie, La Tronche. © Chloé Ponset – Place Gre’net

 

Une nouvelle qui, sans surprise, ravit le député En marche de la première circonscription de l’Isère. Lui-même neurologue de profession, Olivier Véran a toujours marqué son opposition au numerus clausus. Il n’avait d’ailleurs pas manqué de rappeler en janvier 2018 la promesse d’Emmanuel Macron d’en finir avec un système qu’il juge « abscons [et] injuste ».

 

 

Une situation absurde, pour Olivier Véran

 

Le député n’est toutefois pas dans le secret des dieux. Invité du journal de 13 heures de France Inter le mercredi 5 septembre, il a en effet prévenu : « Je ne sais pas encore quelle sera la teneur des propos du président de la République ».

 

Olivier Véran. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Olivier Véran. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Si le parlementaire isérois n’est pas à l’origine de cette annonce gouvernementale, il n’en est pas moins en première ligne pour défendre et justifier l’orientation prise par l’exécutif. « À quoi ça sert ? C’est uniquement un moyen d’empêcher des étudiants français de faire médecine en France », s’agace-t-il.

 

Et le député de souligner une situation qu’il juge absurde : des étudiants français recalés en France qui vont continuer leurs études de médecine en Belgique ou en Roumanie, où des établissements francophones sont créés spécialement pour eux.

 

L’Europe permettant ensuite la libre circulation des médecins sur son territoire, ces étudiants peuvent ensuite revenir exercer en France, avec un diplôme reconnu en France.

 

 

Une lutte à long terme contre les déserts médicaux

 

Interrogé sur les déserts médicaux, Olivier Véran concède que la fin du numerus clausus ne pourrait permettre de remédier à la situation qu’à long terme, la formation des médecins nécessitant une dizaine d’années. Ce qui, affirme-t-il, ne doit en rien empêcher de réformer le système. D’autant que le nombre de médecins en formation chaque année est quasiment inchangé depuis quarante-cinq ans, malgré une population en hausse et vivant plus longtemps.

 

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, était venue en personne soutenir Olivier Véran durant les Législatives de 2017 en Isère © Florent Mathieu - Place Gre'net

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, était venue en personne soutenir Olivier Véran durant les législatives de 2017 en Isère. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Quant au coût que pourrait représenter un nombre plus élevé d’étudiants, Olivier Véran le met en relation avec le coût du manque de médecins. « J’ai fait un rapport qui montrait que le recours aux médecins intérimaires coûte un demi-milliard par an », déclare-t-il. Et de citer encore les mesures incitatives, les maladies prises en charge trop tard, le recours aux urgences faute de médecins généralistes… « Tout cela coûte beaucoup plus cher à la Sécu et en coût humain que ce que pourrait coûter la fin du numerus clausus », estime le parlementaire.

 

FM

 

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