Budget participatif de Grenoble : 23 projets bientôt soumis aux votes, où prédominent les loisirs… et l’échange

sep article

FOCUS – Alors que les votes pour la quatrième édition du Budget participatif de la Ville de Grenoble seront bientôt ouverts en ligne, quelles thématiques se dégagent de la cuvée 2018 ? Si les questions d’urbanisme ou de faune en ville marquent le pas, les préoccupations sociales demeurent. Et les désirs d’activités ludiques et de création de lieux d’échanges se distinguent nettement.

 

 

La qua­trième édi­tion du Budget par­ti­ci­pa­tif de la Ville de Grenoble est sur les rails. Après les dépôts des pro­jets et leur adop­tion préa­lable au cours du Forum des idées, ce sont au final 23 pro­po­si­tions qui seront sou­mises aux votes gre­no­blois. Soit sept de moins que les 30 ini­tia­le­ment rete­nues, des pro­jets ayant entre-temps été aban­don­nés, pour des rai­sons de coût trop élevé, de non-fai­sa­bi­lité ou de renon­ce­ment des pro­mo­teurs.

 

Forum des Idées 2018, ex-Ruche aux projets © Joël Kermabon - Place Gre'net

Forum des Idées 2018, ex-Ruche aux pro­jets. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Si la période de vote dans les bureaux amé­na­gés à cet effet a lieu du 2 au 6 octobre, les inter­nautes ont cette année encore la pos­si­bi­lité de voter en ligne, et ceci sur un délai étendu à un mois. Ainsi, les votes élec­tro­niques seront ouverts dès le jeudi 6 sep­tembre. Une exten­sion pour aug­men­ter le nombre de votants ? En 2017, le vote numé­rique n’a­vait pas spé­cia­le­ment “boosté” la par­ti­ci­pa­tion, avec 3 500 votants contre plus de 6 000 l’an­née pré­cé­dente.

 

 

Des toits blancs et des espaces poussette

 

Quelles ten­dances pour l’é­di­tion 2018 du Budget par­ti­ci­pa­tif de Grenoble ? Très en vogue à un moment, les pro­jets d’a­mé­na­ge­ments urbains dans des sec­teurs spé­ci­fiques sont en recul. Si des parents inquiets sou­haitent sécu­ri­ser les alen­tours de la mater­nelle Anatole France, les pro­po­si­tions en lien avec l’ur­ba­nisme dépassent sou­vent le cadre d’un seul quar­tier pour concer­ner l’en­semble de la ville. L’un des pro­jets ambi­tieux ? Repeindre les toits des bâti­ments publics avec une pein­ture réflec­tive, pour « atté­nuer les effets du réchauf­fe­ment cli­ma­tique ».

 

 

De son côté, la pro­po­si­tion de mettre en place des amé­na­ge­ments en ville adap­tés aux familles avec des bébés, com­pre­nant des espaces pous­sette, des chaises hautes ou des tables à lan­ger, témoigne de la dif­fi­culté de cir­cu­ler avec un nour­ris­son dans cer­tains sec­teurs. Une idée qui s’ac­com­pa­gne­rait de la créa­tion d’un label « Bienvenue bébé », signa­lant les zones de la ville “baby-friendly”.

 

Marquante durant cer­taines édi­tions, avec des pro­jets de pigeon­niers contra­cep­tifs ou encore de nichoirs à chauve-sou­ris, la ques­tion de la faune “sau­vage” en ville est le parent pauvre de cette qua­trième édi­tion. Le pro­jet de ruche péda­go­gique au sein du parc Georges-Pompidou est en fait le seul sur­vi­vant de cette thé­ma­tique : la ferme édu­ca­tive du parc Bachelard ou l’i­dée de plan­ter des fleurs riches en pol­len pour les abeilles ne sont en effet plus en lice.

 

 

Précarité ou handicap, les questions sociales restent présentes

 

Les pré­oc­cu­pa­tions sociales demeurent, pour leur part, d’ac­tua­lité. Qu’il s’a­gisse d’un pro­jet de lave­rie soli­daire dans le quar­tier Saint-Bruno ou d’un camion abris pour les SDF, les pro­po­si­tions en faveur des pré­caires sont au ren­dez-vous. En 2017, le Lîeu, local d’é­change et d’en­traide à l’in­ten­tion des plus pré­caires, avait déjà été le « gros pro­jet » (260 000 euros) retenu par les votants.

 

 

Les familles occupent éga­le­ment une place impor­tante. L’association Osmose espère ainsi pou­voir mettre aux normes ses locaux pour mon­ter une cui­sine et une salle d’é­tude péda­go­gique au sein du quar­tier Villeneuve. Tandis que le col­lec­tif Handiparc sou­haite que chaque sec­teur de la ville dis­pose d’une aire de jeux adap­tés aux enfants en situa­tion de han­di­cap.

 

 

Sport, loisirs… et échange au cœur des désirs

 

Mais la domi­nante de l’é­di­tion 2018 du Budget par­ti­ci­pa­tif réside bien dans des pro­po­si­tions en lien avec la culture et les loi­sirs. Donnant rai­son au célèbre sketch de Fernand Raynaud, intel­lec­tuels et spor­tifs sont bien pré­sents à Grenoble, avec le pro­jet d’aire de glisse urbaine sur l’Anneau de vitesse (estimé à 220 000 euros), ou celui de mise à dis­po­si­tion de maté­riel de pro­jec­tion pour per­mettre des séances de « cinéma pour tous » en plein air tout au long de l’an­née (120 000 euros).

 

Demain, des barbecues électriques connectés dans des parcs de Grenoble ? © Ville de Grenoble

Demain, des bar­be­cues élec­triques connec­tés dans des parcs de Grenoble ? © Ville de Grenoble

 

Et tan­dis que l’été com­mence à mar­quer (len­te­ment) le pas, les Grenoblois n’en rêvent pas moins de détente. Comme en témoignent les pro­jets d’ins­tal­la­tion de bar­be­cues élec­triques connec­tés dans des parcs de la ville, ou de réamé­na­ge­ment de la plage de Grenoble. Quant aux amou­reux des acti­vi­tés ludiques, ils seront peut-être ten­tés par la pro­po­si­tion d’ins­tal­ler des jeux géants (échecs, mor­pion, awalé, etc.). Et ce tou­jours dans les parcs, déci­dé­ment très sol­li­ci­tés.

 

Les échanges entre per­sonnes s’im­posent, enfin, comme une thé­ma­tique phare de ce Budget par­ti­ci­pa­tif. Signe des temps : trois pro­jets de plus de 200 000 euros tournent autour de l’i­dée de la ren­contre et du faire-ensemble, depuis la Guinguette urbaine, pro­po­sant des pra­tiques artis­tiques ou cultu­relles, en pas­sant par un café asso­cia­tif à la Bifurk afin de faire vivre le quar­tier Flaubert, jus­qu’à la Capsule, pen­sée comme un lieu d’a­te­liers, de cours et d’a­ni­ma­tions ouvert à tous, porté par Cap Berriat. Et repré­sen­tant un coût tout de même estimé à 376 000 euros.

 

Florent Mathieu

 

 

Musée de Grenoble et ses artistes du XIXe siècle
commentez lire les commentaires
3038 visites | 7 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 7
  1. un son­dage n’au­rait il pas plus de valeur que ces pseudo enquetes « par­ti­ci­pa­tives » ?

    sep article
  2. sep article
  3. Le mambo-Rock était une école de danse de la ville de Grenoble
    très dyna­mique ‚elle était située sur la rue des Arts et Métiers,
    paral­lèle à la rue Ampère .Les nou­velles moda­li­tés de sta­tion­ne­ment
    auraient créé de plus en plus de dif­fi­cul­tés aux élèves pour se rendre
    aux cours de danse, ainsi qu’aux soi­rées dan­santes. Cette situa­tion
    a conduit les diri­geants de cette école à devoir fer­mer « bou­tique ».
    C’est une perte pour la ville de Grenoble.
    Je ne crois pas que la « Guinguette Urbaine » ‚pro­po­sée par un des 23
    projets,va pou­voir com­pen­ser la perte artistique/culturelle, que la
    perte de cette école inflige aux habi­tants de l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise …

    sep article
  4. Ha, ha, ha, bouhhhhh !

    sep article
  5. Bon, vu les échanges sur la sécu­rité je suis étonné de ne pas avoir une caméra de vidéo­sur­veillance solaire par­ti­ci­pa­tive 🙂
    Au début j’é­tais pour, pis quand j’ai vu que refaire la rue G Péri pas­sait par une « par­ti­ci­pa­tion aux votes » et que l’argent allait à des pigeon­niers (je ne suis pas sen­sible à ce sujet je dois avouer), bref, j’ai perdu de mon enthou­siasme sur des pro­jets dont je me sens éloi­gné.
    bons votes à vous, je res­te­rai chez moi ou irais me bala­der,

    sep article
  6. sep article
  7. Proposer 23 pro­jets de loi­sirs aux gre­no­blois est une idée
    géniale, à condi­tion de ne pas faire déra­per le bud­get …

    sep article