Un patient “fugueur” des urgences psychiatriques du CHU Grenoble-Alpes en plein quartier Alsace-Lorraine

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FIL INFO – Un homme en tenue d’hôpital et clairement agité, attendant le tramway à l’arrêt Alsace-Lorraine avec un rictus souriant. C’est la scène pour le moins étrange à laquelle riverains et passants on pu assister dans l’après-midi du 3 septembre, jusqu’à ce que des policiers municipaux viennent à sa rencontre et le ramènent aux urgences psychiatriques du CHU Grenoble-Alpes.

 

 

Si ce lundi 3 sep­tembre est syno­nyme de ren­trée pour beau­coup, cer­tains y ont visi­ble­ment vu une occa­sion de sor­tie. Riverains et pas­sants ont en effet pu assis­ter à une bien étrange scène à Grenoble, à proxi­mité de l’ar­rêt Alsace-Lorraine, aux alen­tours de 16 h 30. Une per­sonne, agi­tée mais ne pré­sen­tant pas de signe d’a­gres­si­vité, sem­blait attendre le tram en affi­chant un sou­rire de conten­te­ment et en tenant des pro­pos rela­ti­ve­ment instables. Une scène urbaine banale ? Sans doute, sauf que l’in­di­vidu en ques­tion était… en blouse et chaus­sures d’hô­pi­tal.

 

Le patient “fugueur” a été pris en charge par les policiers municipaux © Muriel Beaudoing - Place Gre'net

Le patient “fugueur” a été pris en charge par les poli­ciers muni­ci­paux. © Muriel Beaudoing – Place Gre’net

 

Seule au début, la per­sonne a rapi­de­ment été rejointe par des poli­ciers muni­ci­paux, aler­tés par les res­pon­sables d’un com­merce avoi­si­nant. Ceux-ci sont alors res­tés un long moment sur place en attente de solu­tion.

 

 

Son objectif : rallier la Clinique privée du Dauphiné

 

Drôle de scène avenue Alsace-Lorraine à Grenoble, quand un patient “fugueur” des urgences psychiatriques de Grenoble se fait raccompagner par les policiers.Étrange scène pour les riverains. © Muriel Beaudoing - Place Gre'net

Étrange scène pour les rive­rains. © Muriel Beaudoing – Place Gre’net

De quel éta­blis­se­ment venait-il ? Si le Chuga s’est refusé à com­men­ter l’in­for­ma­tion, l’é­ta­blis­se­ment psy­chia­trique de Saint-Égrève nous a pour sa part indi­qué n’a­voir observé aucune sor­tie sans auto­ri­sa­tion.

 

Un tra­mi­not aurait par ailleurs aperçu cette même per­sonne, à un arrêt proche de l’hô­pi­tal gre­no­blois, mon­ter dans un tram­way en direc­tion d’Alsace-Lorraine, envi­ron une demi-heure avant l’in­ter­ven­tion des poli­ciers.

 

La pro­ba­bi­lité que le patient ait “fugué” des urgences psy­chia­triques du CHU de Grenoble était donc très éle­vée. Les agents ont fina­le­ment pu l’i­den­ti­fier grâce à un bra­ce­let hos­pi­ta­lier atta­ché à son poi­gnet.  « C’était assez com­pli­qué de com­mu­ni­quer avec lui. On n’é­tait pas sûrs d’où il venait, mais nous avons eu confir­ma­tion qu’il pro­ve­nait du CHU Grenoble-Alpes », nous confie une source poli­cière.

 

À noter que, parmi ses pro­pos plus ou moins inco­hé­rents, la per­sonne sem­blait expli­quer vou­loir se rendre à la Clinique pri­vée du Dauphiné, ancien­ne­ment Le Coteau. Le ser­vice public appré­ciera…

 

 

Retour aux urgences psychiatriques du CHU

 

Aucun signe d'agressivité de la part de la personne... dont la tenue laisse toutefois peu de place au doute © Muriel Beaudoing - Place Gre'net

Aucun signe d’a­gres­si­vité de la part de la per­sonne… dont la tenue laisse tou­te­fois peu de place au doute. © Muriel Beaudoing – Place Gre’net

Une chose est cer­taine : c’est bien en direc­tion de ces mêmes urgences psy­chia­triques que la per­sonne a été rac­com­pa­gnée, par les poli­ciers eux-mêmes. « Nous avons appelé les pom­piers qui devaient trou­ver un véhi­cule, mais après avoir attendu un cer­tain temps, envi­ron qua­rante-cinq minutes, nous avons décidé de le trans­por­ter nous mêmes », nous explique-t-on. En pré­ci­sant, une nou­velle fois, que l’in­di­vidu ne mon­trait aucun signe d’a­gres­si­vité et fai­sait même preuve de beau­coup de patience, sans pour autant être dans un état men­tal nor­mal ou même stable.

 

Si, dans le cas pré­sent, la situa­tion n’a heu­reu­se­ment engen­dré aucune vio­lence, l’a­nec­dote n’en demeure pas moins trou­blante. C’est en effet Cours Berriat, à quelques mètres à peine de l’ar­rêt Alsace-Lorraine, qu’une per­sonne échap­pée de l’hô­pi­tal de Saint-Égrève avait mor­tel­le­ment poi­gnardé un étu­diant en 2008.

 

Un drame qui reste dans les mémoires, pour avoir mené dix ans plus tard à la condam­na­tion en appel du psy­chiatre de ce patient schi­zo­phrène.

 

FM

 

 

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Commentaires 9
  1. NON les per­sonnes pré­sen­tant des troubles psy­chiques ne sont pas dan­ge­reuses.
    Je trouve regret­table que vous assi­mi­liez encore une fois la psy­chia­trie à la vio­lence. Les cas de vio­lence par des patients souf­frants de troubles psy­cho­tiques sont extrê­me­ment rares et je pense que c’est aux jour­na­listes à se for­mer et a arrê­ter de stig­ma­ti­ser cette frange de la popu­la­tion fra­gi­li­sée et déjà très stig­ma­ti­sée.
    Allez mon gars, un peu de for­ma­tion et on arrête de véhi­cu­ler n’im­porte quel mes­sage au grand public SVP.

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    • MB

      06/09/2019
      16:15

      « que vous assi­mi­liez encore une fois la psy­chia­trie à la vio­lence »
      A quoi faites-vous réfé­rence sur Placegrenet.fr ? Du reste, nous vous invi­tons à lire atten­ti­ve­ment dif­fé­rents articles parus sur le sujet de la psy­chia­trie sur Place Gre’net et vous ver­rez que nous sommes bien loin de faire un lien direct entre psy­chia­trie et vio­lence.

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  2. Excusez-moi mais cet article n’a pas le moindre inté­rêt. Vous dites que la pré­sence dans la rue d’un homme au com­por­te­ment étrange est banale mais que c’est sa tenue d’hôpital qui fair l’événement. Dans ce cas, vous devriez faire un papier sur les urgences de l’hôpital, pas assez étanches à votre goût, et non rap­pe­ler un fait divers mal­heu­reux auquel vous asso­ciez ce pas­sant en stig­ma­ti­sant la mala­die men­tale. À mon goût c’est l’article qui n’est pas assez étanche.

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    • MB

      07/09/2018
      9:39

      Il s’a­git là d’un fil info et non d’un article de fond. Il nous a paru inté­res­sant de relayer cette infor­ma­tion dans le sens où elle révèle un dys­fonc­tion­ne­ment à l’hô­pi­tal. Nous fai­sons par ailleurs très régu­liè­re­ment des articles appro­fon­dis sur ce qui se passe dans les éta­blis­se­ments médi­caux du bas­sin gre­no­blois, à com­men­cer par le Chuga.

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  3. Cet article fait un lien direct entre trouble psy et risque de vio­lence. Alors, ok, il y a une per­sonne concer­née qui a com­mis un crime dans la ville, ça a mar­qué les esprits… Dans de mau­vaises condi­tions, c’est vrai que les per­sonnes schi­zo­phrènes sont à risque. Mais pen­dant ce temps, com­bien de gens ordi­naires ont com­mis des vio­lences tous les autres jours, com­bien d’hommes ont tué leur conjointe dans l’in­dif­fé­rence média­tique ?
    C’est ce genre de stig­ma­ti­sa­tion qui rend la vie des per­sonnes avec trouble psy insup­por­table, et les rend 7 à 17 fois plus sou­vent VICTIMES de vio­lence.

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  4. Pourquoi le com­pa­rer avec un meu­trier ? Ce n’est pas parce que deux per­sonnes sont allés en hôpi­tal psy­chia­trique qu’elles se res­semblent …
    Vous pré­sen­tez cette per­sonne comme un phé­no­mène de foire…

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    • FM

      06/09/2018
      16:22

      Nous ne com­pa­rons pas cette per­sonne à un meur­trier, au contraire nous insis­tons sur son absence totale d’a­gres­si­vité, mais nous com­pa­rons deux situa­tions simi­laires : deux per­sonnes ayant quitté un éta­blis­se­ment de soins médi­caux psy­chia­triques pour se retrou­ver en plein centre-ville de Grenoble. Et non, nous ne pré­sen­tons pas cette per­sonne comme un phé­no­mène de foire, mais comme un homme dont la tenue comme le com­por­te­ment indiquent clai­re­ment que sa place n’é­tait pas, en cet ins­tant donné, à un arrêt de tram du centre-ville de Grenoble.

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  5. Publier des articles pour rem­plir votre journal…sans vous sou­cier de la peine que cela peut faire a ce malade . c’est tout juste écoeu­rant.

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    • FM

      04/09/2018
      10:39

      On se demande vrai­ment où vous allez cher­cher que nous ne nous sou­cions pas de la peine que cela peut faire au malade, dont nous ne don­nons évi­dem­ment pas l’i­den­tité et dont nous pre­nons soin (natu­rel­le­ment) de flou­ter le visage. Quant au fait de « publier des articles pour rem­plir notre jour­nal », c’est un peu la base de la presse, non ? Rassurez-vous, nous avons bien assez de matière, donc si nous publions une infor­ma­tion, c’est que nous la jugeons digne d’être publiée, aucun « rem­plis­sage » intem­pes­tif. Soyez écœuré autant que vous vou­lez, mais deman­dez vous à un moment ce qui relève réel­le­ment de la réac­tion morale, et ce qui relève d’un réflexe pav­lo­vien de haine binaire du métier de jour­na­lisme, qui consiste aussi à don­ner les nou­velles que vous n’a­vez pas envie d’en­tendre. Merci.

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