Affrontements après la victoire des Bleus : une information judiciaire ouverte à Grenoble

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FIL INFO – Le 15 juillet 2018, un jeune homme, pris entre casseurs et policiers durant la célébration de la victoire des Bleus en finale de la Coupe du monde, a perdu un œil. Suite à la plainte qu’il a déposée dès le lendemain de l’accident, le Parquet de Grenoble vient d’ouvrir une information judiciaire ce mercredi 25 juillet. Durant cette soirée, de nombreux actes de vandalisme avaient été commis dans différents quartiers de la ville.

 

 

La vic­toire des Bleus au terme de la finale de la Coupe du monde de foot­ball le 15 juillet 2018 lais­sera des sou­ve­nirs dou­lou­reux à cer­tains. Et tout par­ti­cu­liè­re­ment à ce jeune habi­tant du Trièves pré­nommé Maxime qui, pris dans un mou­ve­ment de foule entre poli­ciers et cas­seurs sur le cours Jean-Jaurès, a perdu l’u­sage d’un œil après avoir reçu un pro­jec­tile au visage. D’aucuns avancent l’hy­po­thèse d’un tir de fla­sh­ball par un repré­sen­tant des forces de l’ordre.

 

 

Une quarantaine de voitures vandalisées

 

Suite à la plainte dépo­sée par le jeune homme dès le len­de­main de l’ac­ci­dent, le Parquet de Grenoble a ouvert mer­credi 25 juillet une infor­ma­tion judi­ciaire. « En onze ans, à Grenoble, trois per­sonnes ont perdu un œil*, a rap­pelé Me Gerbi, l’a­vo­cat de Maxime sur France Info. On est en mesure de deman­der des comptes aux auto­ri­tés ! »

 

Si, dans cer­tains quar­tiers de Grenoble, la fête après la vic­toire des Bleus n’a pas entraîné de débor­de­ments, les actes de dégra­da­tion n’en ont pas moins été nom­breux et les images ou vidéos ont rapi­de­ment cir­culé sur les réseaux sociaux. Depuis le pillage en règle d’un auto­car Flixbus en train de cir­cu­ler au retour­ne­ment d’une qua­ran­taine de voi­tures sur l’en­semble du ter­ri­toire gre­no­blois.

 

 

 

Des actes commis par des casseurs “professionnels” ?

 

« J’étais assis en ter­rasse d’un bar à regar­der la finale. Quelques secondes avant le coup de sif­flet final, j’ai vu quel­qu’un près de moi se mas­quer le visage, se lever, prendre sa chaise et la balan­cer sur la place… Ça n’a­vait rien à voir avec le foot­ball », nous confiait ainsi un Grenoblois.

 

Un jeune homme a perdu un œil à Grenoble durant la soirée de la Coupe de monde de football, émaillée par de nombreux actes de vandalisme.La voiture de Laura Martinot retournée sur le toit à Grenoble le soir de la victoire des Bleus © Laura Martinot

La voi­ture de Laura Martinot retour­née sur le toit à Grenoble le soir de la vic­toire des Bleus © Laura Martinot

 

Sans sur­prise, ces actes de van­da­lisme ne sont sans consé­quences sur la vie des per­sonnes concer­nées. La presse a ainsi relayé le cas de Laura Martinot qui, pri­vée de véhi­cule, a dû lan­cer une col­lecte de fonds en ligne pour pou­voir en ache­ter un nou­veau et conti­nuer ses études et ses stages. Son objec­tif de 2 000 euros a fina­le­ment été atteint au petit matin du jeudi 26 juillet, grâce à la par­ti­ci­pa­tion de pas moins de 63 dona­teurs.

 

FM

 

 

* En 2007, une étu­diante en méde­cine avait perdu un œil après avoir reçu un pro­jec­tile sur la place Grenette, au cœur d’un affron­te­ment entre poli­ciers et mani­fes­tants. Et en 2013, un jeune pom­pier avait à son tour perdu un œil durant une mani­fes­ta­tion devant la pré­fec­ture de l’Isère, place de Verdun.

 

 

 

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Commentaires 2
  1. Les poli­ciers n’ont pas à taper sur les gens, les gens n ont pas à atta­quer ou man­quer de res­pect aux poli­cier.
    Il y a un pb de poser le pro­blème et reprendre à la base.
    Bon à part ça il y a un sou­cis à Grenoble l aller quelque chose ? (Dire non il y a du monde, tra­vailler à qq chose d autre c est plus rare)
    Il faut du res­pect mutuel et le pro­chain qui se fait cho­per à cra­mer une pou­belle … com­ment dire… des fois il y a l envie de le mettre dans ladite pou­belle et de le lais­ser se dépê­trer pour s en sor­tir his­toire de lui faire sou­ve­nir de ces acts.

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  2. Oui, il y a eu des cas­seurs, cer­tai­ne­ment pas des ama­teurs de foot. Mais il y a aussi ce jeune qui a perdu un oeil, comme un pom­pier lors d’un ras­sem­ble­ment devant la pré­fec­ture, comme cette jeune fille il y a des années, comme un jeune à Lyon aussi. Ce n’est pas à mettre sur le même plan que la casse de voi­tures ou d’a­bri­bus, car cette casse humaine spé­ciale a été com­mise par des per­sonnes dûment estam­pillées « poli­ciers ». Qui a donné l’ordre de tirer à hau­teur d’homme ? car si non, com­ment des yeux auraient-ils pu être cre­vés ? est-ce que l’in­for­ma­tion judi­ciaire ouverte ira jus­qu’à nous le dire ?

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