La justice saisit 2 millions d’euros au Rassemblement national : la fédération de l’Isère en appelle à ses militants

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FOCUS – Le Rassemblement national, le parti de Marine Le Pen, se dit au bord de la cessation de paiement après la saisie par la justice de deux millions d’euros d’aide publique dans le cadre de l’affaire des assistants présumés fictifs d’eurodéputés ex-FN. Les instances nationales et départementales du parti, qui crient à « l’assassinat politique », ont lancé un appel aux dons via un site internet dédié.

 

 

De gauche à droite : Alexis Jolly, Muriel Burgaz et Bruno Desies ainsi que des militants du Rassemblement national. © Joël Kermabon - Place Gre'net

De gauche à droite : Alexis Jolly, Muriel Burgaz et Bruno Desies ainsi que des mili­tants du Rassemblement natio­nal. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Deux mil­lions d’eu­ros, c’est presque la moi­tié de la somme totale, soit 4,5 mil­lions d’eu­ros, qu’au­rait dû per­ce­voir cette année le Rassemblement natio­nal (RN, ex-FN) de la part de l’État. Une somme ver­sée au titre des sub­ven­tions publiques que touchent toutes les for­ma­tions poli­tiques au pro­rata des scores réa­li­sés lors des élec­tions légis­la­tives.

 

Mais en ce début du mois de juillet, c’est la douche froide. Juste avant le pre­mier ver­se­ment, les juges d’ins­truc­tions pari­siens du pôle finan­cier ont décidé de sai­sir deux mil­lions d’eu­ros à titre conser­va­toire. En cause : l’affaire dans laquelle l’ex-FN, le parti de Marine Le Pen, est sus­pecté d’avoir rému­néré des assis­tants sur des fonds euro­péens. De quoi assé­cher rapi­de­ment les finances du parti qui risque de se retrou­ver en situa­tion de ces­sa­tion de paie­ment d’ici la fin de l’été.

 

Ce lundi 16 juillet, des repré­sen­tants des ins­tances de la fédé­ra­tion du RN de l’Isère ont relayé l’ap­pel aux dons lancé en direc­tion des mili­tants et sym­pa­thi­sants du parti par Marine Le Pen dès l’an­nonce de cette sai­sie. L’objectif ? Pouvoir com­pen­ser cette perte finan­cière dans toutes les fédé­ra­tions, dont bien évi­dem­ment celle de l’Isère.

 

 

« Nous n’aurons plus la possibilité de payer nos charges et les salaires »

 

« Suite à cette déci­sion des juges, le Rassemblement natio­nal risque de devoir mettre la clef sous la porte car nous n’au­rons pas la pos­si­bi­lité de payer nos charges et nos sala­riés. On ne peut plus faire de tracts ou des affiches », déclare Alexis Jolly, conseiller régio­nal RN Auvergne Rhône-Alpes et conseiller muni­ci­pal d’Échirolles.

 

Ce der­nier qui n’hé­site pas à par­ler « d’en­trée en dic­ta­ture », fus­tige un pou­voir « qui ne par­vient pas à nous faire taire par tous les moyens, notam­ment, en novembre der­nier, en nous empê­chant de déte­nir un compte dans une banque ».

 

Muriel Burgaz, déléguée départementale adjointe du Rassemblement national. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Muriel Burgaz, délé­guée dépar­te­men­tale adjointe du Rassemblement natio­nal. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Un coup de force sans base légale en l’ab­sence de tout juge­ment estime quant à lui Bruno Desies, conseiller régio­nal RN. « Si la loi conçue pour les tra­fi­quants de drogue pré­voit la sai­sie des biens pro­ve­nant d’actes délic­tueux, en aucun cas cet argent ne pro­vient d’un acte délic­tueux », s’in­digne-t-il. Avant de com­plé­ter : « ils sai­sissent au nom du Parlement euro­péen un revenu qui nous revient légi­ti­me­ment ».

 

Pour ce qui est des deux juges à l’o­ri­gine de la confis­ca­tion, Alexis Jolly n’a pas de mots assez forts. « Il est inac­cep­table d’être jugés par des magis­trats dont on sait qu’ils sont poli­ti­sés et qu’ils nous com­battent », déplore l’élu. Une allu­sion à peine voi­lée aux deux juges d’instruction, Claire Thepaut et Renaud Van Ruymbeke « qui ont décidé sans aucune condam­na­tion d’un tri­bu­nal de confis­quer notre dota­tion publique, et de tuer notre mou­ve­ment ! Ils nous appliquent la peine de mort à titre conser­va­toire », a déclaré, scan­da­li­sée, Marine Le Pen.

 

 

Un site internet d’appel aux dons

 

Pour ten­ter de se sor­tir de cette mau­vaise passe et de se finan­cer, le Rassemblement natio­nal a mis en place un site inter­net d’ap­pel aux dons. « Nous deman­dons à tous ceux qui ont fait confiance à Marine Le Pen et, au-delà, à tous ceux qui sont atta­chés à la démo­cra­tie, à la liberté de pen­ser, de pou­voir nous don­ner un petit coup de main, quelle que soit la somme, pour sau­ver le Rassemblement natio­nal d’ici la fin du mois d’août », explique Alexis Jolly.

 

La pla­te­forme est opé­ra­tion­nelle depuis ce 9 juillet et les dons déjà enre­gis­trés atteignent la somme de 200 000 euros, indique le conseiller régio­nal qui pré­cise « que ce n’est natu­rel­le­ment pas suf­fi­sant mais on s’ac­croche ! ».

 

Le tract qui sera distribué sur les marchés. © Rassemblement national Isère

Le tract qui sera dis­tri­bué sur les mar­chés. © Rassemblement natio­nal Isère

D’ailleurs, outre l’ap­pel aux dons, les mili­tants ne se sont pas décou­ra­gés puis­qu’ils ont imprimé, « à par­tir de [leurs] ordi­na­teurs per­son­nels », insistent-ils, un tract. Qu’ils comptent bien dis­tri­buer sur les mar­chés pour aler­ter la popu­la­tion sur la situa­tion tout autant que pour les inci­ter à la géné­ro­sité.

 

Alexis Jolly ne revient pas de son éton­ne­ment. « Le RN est le pre­mier parti d’op­po­si­tion natio­nal, pour­suit l’élu régio­nal. Il est incroyable que l’on nous empêche de nous expri­mer alors que par­tout en Europe nos idées sont gagnantes ».

 

Pourquoi cet empres­se­ment pré­sumé du pou­voir à vou­loir affai­blir le parti ? Alexis Jolly a sa petite idée. « Peut-être qu’à l’ap­proche des élec­tions euro­péennes, le RN repré­sente un dan­ger pour la classe poli­tique et tous ceux qui défendent l’Union euro­péenne telle quelle. Peut-être qu’a­vec nos alliés euro­péens nous pour­rions être majo­ri­taire dans le futur hémi­cycle du Parlement euro­péen », pro­nos­tique-t-il.

 

Joël Kermabon

 

 

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Commentaires 1
  1. excu­sez-moi, mais je n’ar­rive pas à pleu­rer sur le sort du RN. S’il com­bat l’Europe, il n’a rien à faire au par­le­ment euro­péen, il n’y aurait pas eu de pro­blème d’emplois fic­tifs d’at­ta­chés par­le­men­taires qui tra­vaillaient en France pour le mou­ve­ment fran­çais et pas au par­le­ment euro­péen, mal­gré l’emploi qu’ils devaient y occu­per.
    Le RN est condamné, la jus­tice prend l’argent où il se trouve.
    CQFD

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