Le Vercors, fer de lance des opposants au compteur communicant Linky

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Offres de locations exceptionnelles aux 2 Alpes

FOCUS – Plusieurs militants opposés à l’installation des compteurs Linky ont fait irruption dans la salle du Conseil communautaire du massif du Vercors (CMCV) pour exprimer leur inquiétude aux élus. Une sortie remarquée qui témoigne de la solidité du mouvement anti-Linky dans le Vercors.

 

 

Le nouveau compteur électrique communicant d'ERDF est contesté. A Grenoble, un collectif réclame un référendum. Crédit ERDF

Linky, le nou­veau comp­teur élec­trique com­mu­ni­cant d’ERDF est contesté. A Grenoble, un col­lec­tif réclame un réfé­ren­dum. Crédit ERDF

Et si le Vercors était devenu le haut-lieu de la fronde contre le comp­teur élec­trique Linky ? La mobi­li­sa­tion citoyenne a, certes, une dimen­sion natio­nale : plus de six cents com­munes ont déjà refusé ce comp­teur « intel­li­gent » selon les chiffres de la pla­te­forme Poal.

 

Le boî­tier vert, déployé par la filiale d’EDF Enedis, doit être ins­tallé dans trente-cinq mil­lions de foyers en France d’ici à 2021 selon la loi de tran­si­tion éner­gé­tique de 2015.

 

Sa mise en place, cepen­dant, fait l’ob­jet de cri­tiques acerbes. Linky est accusé d’être dan­ge­reux pour la santé, coû­teux, intru­sif du point de vue des don­nées per­son­nelles et même par­fai­te­ment inutile. Mais, por­tée à la fois par des élus et des col­lec­tifs ad hoc, la contes­ta­tion semble trou­ver une concré­ti­sa­tion par­ti­cu­liè­re­ment vive dans le mas­sif du Vercors.

 

 

Objectif : obte­nir le report de l’ins­tal­la­tion de Linky

 

C’est en effet dans le Vercors, au cœur du vil­lage Autrans-Méaudre, qu’une chaîne humaine a été orga­ni­sée le samedi 5 mai, dans le cadre de la jour­née natio­nale anti-Linky en France. Plus de trois cents per­sonnes s’é­taient ras­sem­blées pour l’oc­ca­sion. Spectaculaire, l’ac­tion avait été abon­dam­ment cou­verte par la presse natio­nale.

 

Ce samedi 5 mai 2018, une chaîne humaine à Autrans-Méaudre contre Linky. Copyright Ouiz Radio

Ce samedi 5 mai 2018, une chaîne humaine à Autrans-Méaudre contre Linky. Copyright Ouiz ! Radio

 

Nouvel épi­sode ven­dredi 22 juin : les mili­tants du Collectif Fréquence Vercors, fer de lance de la résis­tance anti-Linky dans les envi­rons, ont inter­pellé les élus au cours du Conseil com­mu­nau­taire du mas­sif du Vercors (CMCV), qui ras­semble les sept com­munes du sec­teur des 4 Montagnes. Avec un mes­sage : repor­tez l’ins­tal­la­tion des comp­teurs !

 

Une ins­tal­la­tion qui a déjà com­mencé à Villard-de-Lans et devrait se pour­suivre en juillet dans le Vercors, d’a­près le calen­drier d’Enedis. Dans l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise, les pre­miers comp­teurs ont été posés en 2015.

 

« Aller de com­mune en com­mune n’é­tait pas la solu­tion. Le Conseil com­mu­nau­taire est la seule ins­tance qui ras­semble les maires des sept com­munes du sec­teur » explique Nathalie, du Collectif Fréquence Vercors, qui déplore que les élus ne donnent « aucune nou­velle » à ce sujet.

 

 

Plus d’un millier de signatures

 

Témoin du sou­tien des habi­tants : une péti­tion forte au total de plus d’un mil­lier de signa­tures, que les mili­tants ont bran­die devant les élus, et qui détaille les motifs de leur inquié­tude. Une lettre a éga­le­ment été dis­tri­buée aux habi­tants, où l’on peut lire : « Nous […] refu­sons la pose de ces comp­teurs dans nos foyers. Nous consi­dé­rons celle-ci comme une atteinte à notre liberté ainsi qu’à notre santé et à celle de nos enfants. »

 

Aux yeux de Nathalie, c’est le carac­tère obli­ga­toire du comp­teur Linky qui est par­ti­cu­liè­re­ment grave. « C’est la pre­mière fois qu’on nous impose un appa­reil connecté à l’in­té­rieur de notre mai­son », dénonce-t-elle.

 

 

Des élus difficiles à convaincre

 

Première rencontre régionale, à Grenoble, des collectifs anti-linky (le compteur communicant d'Enedis), samedi 20 janvier 2018 au café associatif L'Engrenage © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Première ren­contre régio­nale, à Grenoble, des col­lec­tifs anti-linky (le comp­teur com­mu­ni­cant d’Enedis), samedi 20 jan­vier 2018 au café asso­cia­tif L’Engrenage © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Pour l’heure, nombre d’é­lus font la sourde oreille aux reven­di­ca­tions des adver­saires du boî­tier vert. Le Dauphiné Libéré rap­porte que l’in­ter­ven­tion des mili­tants du Collectif Fréquence Vercors pen­dant le CMCV n’a pro­vo­qué que des réac­tions timides.

 

« Y a‑t-il ici quel­qu’un qui s’in­té­resse au dos­sier ou est-ce tabou ? » a inter­ro­gée désa­bu­sée l’une des acti­vistes, Carole Revachol.

 

Parmi les mai­ries du sec­teur 4 Montagnes, seule celle de Saint-Nizier-du Moucherotte a déli­béré contre le comp­teur com­mu­ni­cant. Son maire Franck Girard l’a com­paré à « un cadeau dont vous ne vou­lez pas mais qu’on vous refile quand même », évo­quant notam­ment le dan­ger sani­taire lié aux ondes. Mais il fait aujourd’­hui figure de cava­lier seul parmi les élus du Vercors.

 

Vendredi, la maire de Villard-de-Lans Chantal Carlioz a pro­mis de « sol­li­ci­ter Enedis pour éclair­cir cer­tains points ». Avant, immé­dia­te­ment après, de dou­cher les espoirs des plus opti­mistes : « N’attendez pas de moi une déli­bé­ra­tion contre ! », a‑t-elle pré­venu.

 

« Personne ne prend des enga­ge­ments », regrette Nathalie. L’installation des comp­teurs Linky dans le Vercors, pour­tant, a déjà com­mencé.

 

Samuel Ravier

 

 

MC2 - La morsure de l
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Commentaires 1
  1. C’est sur­pre­nant cette lutte sur ce comp­teur socio­lo­gi­que­ment. On consi­dère aujourd’hui que l’on a « droit à l’eau » « droit à l’électricité » sans contre par­tie. Refuser un comp­teur d’eau auto­ma­tique ou un comp­teur d’électricité auto­ma­tique, c’est peut être un débat pour l’emploi des rele­veurs mais il faut être en revanche réa­liste.

    Je consomme moins depuis que j’en regarde l’ordinateur de bord de ma voi­ture qui me donne ma consom­ma­tion immé­diate et ma consom­ma­tion moyenne par par­cours. Avec le comp­teur d’EDF j’ai ouvert mon compte et j’en fais autant. Alors oui il y a un droit à l’électricité mais on ne réflé­chit pas qu’il faut la pro­duire et la trans­por­ter et ceci toute l’année, le jour la nuit. Et sans infor­ma­tion nous ne réus­si­rons à ajus­ter nos modes de consom­ma­tion en uti­li­sant les éoliennes du sud par exemple. Et ceci est valable pour les bureaux, demain pour la recharge de nos voi­tures élec­triques, et après demain pour nos trains avec bat­te­ries de grande capa­cité, etc…

    L’objet connecté sys­té­ma­ti­que­ment blâmé parce qu’il serait com­mu­ni­cant est donc un débat sté­rile.

    Donc avoir de l’électricité ou de l’eau oblige à des contre par­ties pour faire évo­luer notre manière de consom­mer face à une raré­fac­tion des res­sources pre­mières. Parce qu’au delà des argu­ments socio­lo­giques scien­ti­fi­que­ment les reproches n’ont pas de réa­lité concrète. A minima sur la santé, l’ANSES s’est expri­mée. Ce qui me sur­prend c’est plu­tôt que les anti tech­no­lo­gies avaient annoncé une chaîne humaine reliant Meaudre à Autrans début mai, et la mani­fes­ta­tion n’a pas été sui­vie, à peine 200 mani­fes­tants pour faire une ronde…aujourd’hui si les élus n’avancent pas avec les contes­ta­taires n’est ce pas aussi parce que ceux qui ont ces comp­teurs comme moi n’ont rien à leur repro­cher et ils sont nom­breux.

    Plusieurs mil­lions ins­tal­lés à ce jour (oui des mil­lions face à une péti­tion de 1000 per­sonnes, la comm tou­jours la comm), tant côté Veolia, EDF ou GDF… La contes­ta­tion autour de LINKI est fina­le­ment le reflet d’un rejet d’une société digi­tale où la com­mu­ni­ca­tion prend le des­sus sur les fina­li­tés des tech­no­lo­gies.

    Mme Carlioz a rai­son, et M Girard n’a pas main­tenu sa déli­bé­ra­tion, la ComCom a fait le choix de res­pec­ter sim­ple­ment

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