Festival du film court en plein air de Grenoble : une édition 2018 sous le signe de l’éclectisme, en attendant la parité

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FOCUS – La 41e édition du Festival du film court en plein air de Grenoble se tient du 3 au 7 juillet 2018. Cette année, 70 films s’affronteront au sein de trois sélections, dont la Sélection officielle donnant lieu, comme chaque année, à des projections gratuites sur la place Saint-André de Grenoble. Sans oublier rencontres, ateliers et animations, pour une vraie semaine de cinéma.

 

 

« Oui, nous sommes plus vieux que le festival de court-métrage de Clermont-Ferrand ! », rappelle en préambule Peggy Zejgman-Lecarme, directrice de la Cinémathèque de Grenoble. Le Festival du film court en plein air de Grenoble fête en effet cette année sa 41e année, du 3 au 7 juillet. Un âge raisonnable, qui n’en fait pas moins le plus ancien de France.

 

Visuel de l'édition 2018 du festival du film court en plein air de Grenoble © Cinémathèque de Grenoble

Visuel de l’édition 2018 du festival du film court en plein air de Grenoble © Cinémathèque de Grenoble

 

Et parce que l’on ne change pas une formule qui marche, le cœur du Festival demeure la place Saint-André de Grenoble, pour des projections en plein air et gratuites des 33 films figurant cette année en compétition officielle. Comme chaque année, près de 1500 personnes sont attendues tous les soirs pour venir découvrir une sélection éclectique, et de plus en plus ouverte à l’international.

 

 

Une nouvelle sélection s’invite dans la boucle

 

Est-ce à dire que rien ne change ? Pas exactement, puisque le Festival s’enrichit cette année d’une nouvelle compétition. En plus de la Sélection officielle et de la sélection Jeune public, une sélection Regards s’invite dans la course. Des films qui ne seront pas, pour leur part, diffusés place Saint-André, mais dans la salle Juliet Berto voisine.

 

La place Saint-André, un soir de projection en plein air du Festival. © Cinémathèque de Grenoble

La place Saint-André, un soir de projection en plein air du Festival. © Cinémathèque de Grenoble

 

Si la sélection Regards existait déjà, elle ne faisait pas partie de la compétition. « On a fait évoluer ça : il nous semblait important de pouvoir aussi défendre ces films-là », explique Peggy Zejgman-Lecarme. Regards comprend ainsi des films qui se prêtent mal à une projection en plein air, pour des questions techniques au niveau du traitement du son ou de l’image, voire de contenu. Sexualité explicite ou violence graphique ne conviennent naturellement pas à des projections publiques.

 

Peut-être plus confidentielle, la sélection Regards n’en amène pas moins 23 films de plus dans la boucle, auxquels s’ajoutent encore les 14 films de la sélection Jeune public. Soit au total 70 films retenus cette année. Et choisis par un comité de sélection paritaire, composé du codirecteur du département Cinéma de l’Université Grenoble Alpes Pierre Jailloux, de la responsable Cinéma de la Bibliothèque de Grenoble Marion Didier, du grand cinéphile devant l’Éternel Guy Bayard, et de la directrice de la Cinémathèque.

 

 

La parité en question

 

Une parité qui ne se retrouvera pas cette année parmi les réalisateurs des films déposés pour la compétition. « L’année dernière, on était arrivé à une parité parfaite », note Peggy Zejgman-Lecarme. L’édition 2018 a enregistré pour sa part 62 % de films réalisés par des hommes, et la Sélection officielle compte 23 films réalisés par des hommes contre 10 pour des femmes, en incluant un coréalisation mixte.

 

Peggy Zejgman-Lecarme © Florent Mathieu - Place Gre'netPeggy Zejgman-Lecarme © Florent Mathieu - Place Gre'net

Peggy Zejgman-Lecarme © Florent Mathieu – Place Gre’net

« On essaye de faire attention à cela, qu’il y ait une bonne représentation de films réalisés par des femmes, mais je ne veux pas non plus prendre des films juste parce qu’ils sont réalisés par des femmes », confie la directrice de la Cinémathèque.

 

Le contenu est également important : « J’ai refusé des films parce qu’il y avait un regard sur les personnages féminins, sur la place des femmes dans la société, qui n’était pour moi absolument pas défendable ! »

 

Une table ronde sur la place des femmes dans le cinéma sera par ailleurs organisée dans le cadre de l’édition 2018 du Festival. Et Peggy Zejgman-Lecarme affirme vouloir œuvrer pour « faire en sorte que les femmes aient de plus en plus accès à la réalisation » et « aller vers une représentation des femmes dans le cinéma de plus en plus importante ». Si le Festival n’a pas encore adopté la charte en faveur de la parité au cinéma émise par le collectif 50/50 en 2020, la signature devrait pouvoir se faire dans l’année, précise-t-elle encore.

 

 

De la presse à la critique

 

Autre nouveauté ? Parmi les nombreux prix du Festival, dont le Grand Prix, le Prix du meilleur scénario ou la Coupe Juliet Berto, l’un d’entre eux évolue. Le Prix de la presse est ainsi remplacé par le Prix du Syndicat français de la Critique de cinéma. Jury fidèle, la figure locale (et nationale) Jean-Pierre Andrevon ne figure donc plus au “générique” du Festival. Pas plus que Place Gre’net, membre du jury presse à plusieurs occasions : le Syndicat de la Critique, nous fait-on savoir, n’accepte que ses adhérents au sein de ses jurys.

 

Festival du film court en 2015 sur la place Saint-André © Joël Kermabon - placegrenet.fr

Festival du film court en 2015 sur la place Saint-André © Joël Kermabon – placegrenet.fr

 

Une relative étroitesse qui semble trancher avec l’esprit du Festival, toujours partant pour de nouvelles expériences. Cette année, la Cinémathèque proposera ainsi un ciné-piscine, en partenariat avec la Ville de Pont-de-Claix et son centre aquatique Flotibulle. Une animation parmi d’autres au sein d’une semaine de cinéma composée d’ateliers et de conférences. Ainsi que des rencontres-apéros organisées en matinée… afin de s’adapter aux horaires des matchs de la Coupe du monde de football.

 

Enfin, pour la deuxième année consécutive, la Cinémathèque de Grenoble tiendra boutique durant les projections en plein air. « C’est une façon pour le public de nous aider », relève Peggy Zejgman-Lecarme. Pas question en effet de remettre en question la gratuité de l’événement, mais les contraintes financières n’en demeurent pas moins réelles. « C’est important que le public entende que son soutien est pour nous important », conclut la directrice de la Cinémathèque.

 

Florent Mathieu

 

 

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