Le synchrotron grenoblois révèle l’identité d’un ancêtre méconnu des félins, vieux d’1,5 million d’années

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FOCUS – Pour la première fois, les détails morpho-anatomiques d’un fossile de mammifère carnivore découvert au début du XXe siècle sur le Mont Argentario en Italie, ont été révélés par les techniques du synchrotron européen de Grenoble. Les images de haute résolution obtenues par tomographie au rayon X ont permis d’acquérir des connaissances nouvelles sur un ancêtre méconnu des félins de l’Ancien monde, Acinonyx pardinensis. Les résultats ont été publiés dans la revue Scientific Reports, le 29 mai 2018.

 

 

Le mystérieux fossile de mammifère carnivore découvert en Toscane, sur le Mont Argentario en Italie au début du XXe siècle, a enfin révélé son identité. Les restes de l’animal ont en effet pu parler grâce aux techniques du synchrotron européen de Grenoble (ESRF).

 

Installation du crâne du fossile sur la ligne de lumière ID17 de l’ESRF, avant de le scanner. © Dawid A. Iurino

Installation du crâne partiel du fossile enfermé dans la roche sur la ligne de lumière ID17 de l’ESRF, avant de le scanner. © Dawid A. Iurino

L’hypothèse jusqu’ici retenue, selon laquelle il s’agit d’une partie du squelette d’un jaguar eurasien (d’Europe-Asie), en a été balayée. De fait, le crâne partiel s’avère être celui de l’un des ancêtres des félins actuels les plus intrigants de la période Plio-Pleistocène [relatif à la fin du Pliocène et au début du Pléistocène, ndlr], tant il est jusqu’ici resté méconnu. Son nom ? Acinonyx pardinensis, un guépard géant.

 

Les conclusions des scientifiques, issues de l’analyse des spectaculaires images virtuelles obtenues par les experts du synchrotron, nous éclairent davantage sur la morpho-anatomie de cet aïeul des félins mais aussi sur son écologie. Les résultats ont été publiés* le 29 mai dernier dans la revue Scientific Reports par l’équipe internationale de physiciens et paléontologues des universités de Perugia, de Rome Sapienza et de Verona en collaboration avec l’ESRF.

 

Le rayonnement synchrotron tranche un débat vieux de cent ans

 

Déjà testées sur des fossiles d’hominidés et de dinosaures, les techniques de microtomographie aux rayons X de l’ESRF ont permis cette fois-ci d’extraire virtuellement de sa gangue de roche rouge, la fragile portion de crâne datant d’1,5 million d’années. C’est une première sur un mammifère carnivore.

 

Le rayonnement synchrotron, qui produit un intense faisceau de rayons X très cohérent et de haute énergie, a également permis de trancher un débat qui dure depuis près de cent ans sur son identité. De fait, la haute résolution des images du scanner et la reconstitution en trois dimensions (3D) de l’animal ont fait apparaître des détails morphologiques externes et internes jusqu’à une échelle micrométrique indispensables au diagnostic de son identité.

 

Modélisation 3D du crâne du félin Acinonyx pardinensis du Mont Argentario. De Gauche à droite : crâne endommagé et fragmenté en vue rostrale (du côté du nez et de la bouche) avec sédiment, sans sédiment et reconstruit avec des parties clonées et reproduites en miroir surlignées en couleur. Le fossile de félin d'1,5 million d'année du Mont Argentario en Italie a révélé son identité au synchrotron européen de Grenoble grâce aux rayons X.© Dawid A. Iurino

Modélisation 3D du crâne du félin Acinonyx pardinensis du Mont Argentario. De Gauche à droite : crâne endommagé et fragmenté en vue rostrale (du côté du nez et de la bouche) avec sédiment, sans sédiment et reconstruit avec des parties clonées et reproduites en miroir surlignées en couleur. © Dawid A. Iurino

 

Ses dents présentent ainsi une mosaïque de traits attribuables aux félins du genre Panthera dont font partie le jaguar, le lion, le tigre et le léopard. Mais également aux guépards, qui appartiennent quant à eux au genre Acinonyx. D’autres détails cachés dont les sutures entre les os du palais, concourent également à positionner cette espèce de l’Ancien monde à mi-chemin entre la panthère et le guépard, autant qu’à la situer encore plus précisément dans le taxon Acinonyx pardinensis.

 

 

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