Le délégué interministériel à la Sécurité routière en Isère pour défendre les 80 km/h au nom de la ruralité

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FOCUS – Le délégué interministériel à la sécurité routière Emmanuel Barbe avait rendez-vous avec les élus de l’Isère ce lundi 11 juin, dans les salons de la préfecture de l’Isère. Objectif de cette visite ? Convaincre du bien-fondé de la limitation de vitesse à 80 kilomètres/heure sur les routes départementales et nationales, et participer à la signature d’une charte entre les services de l’État et l’Association des maires de l’Isère.

 

 

« Défendre la rura­lité, c’est faire en sorte que ses routes soient plus sûres. Vous ima­gi­nez un dépliant : “Ses clo­chers, ses vil­lages, son patri­moine, ses morts” ? » On l’aura com­pris, Emmanuel Barbe, délé­gué inter­mi­nis­té­riel à la Sécurité rou­tière, n’a pas sa langue dans sa poche. Objectif de sa visite à la pré­fec­ture de l’Isère ce lundi 11 juin ? Participer à un forum avec les élus du dépar­te­ment pour défendre les nou­velles mesures gou­ver­ne­men­tales en faveur de la sécu­rité rou­tière.

 

De gauche à droite, le président de l'Association des maires de l'Isère Daniel Vitte, le préfet de l'Isère Lionel Beffre et le délégué interministériel à la Sécurité routière Emmanuel Barbe © Florent Mathieu - Place Gre'net

De gauche à droite, le pré­sident de l’Association des maires de l’Isère Daniel Vitte, le pré­fet de l’Isère Lionel Beffre et le délé­gué inter­mi­nis­té­riel à la Sécurité rou­tière Emmanuel Barbe © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Et la mis­sion d’Emmanuel Barbe n’est pas de tout repos : l’Isère est le tren­tième dépar­te­ment qu’il par­court, après un pas­sage à Cahors, à Poitiers, à Montpellier ou encore dans le Jura. À chaque fois, la même mis­sion : défendre la limi­ta­tion de vitesse à 80 kilomètres/heure sur les routes natio­nales ou dépar­te­men­tales. Une limi­ta­tion loca­le­ment dénon­cée, autant par le pré­sident de la Région Auvergne-Rhône-Alpes que par le Conseil dépar­te­men­tal de l’Isère ou les deux séna­teurs Les Républicains du dépar­te­ment.

 

 

Une mesure basée sur des données « incontestables »

 

La limi­ta­tion de vitesse à 80 Km/h ? « C’est une mesure qui repose sur des don­nées scien­ti­fiques incon­tes­tables et par­ta­gées dans le monde entier », assure Emmanuel Barbe. Le délé­gué inter­mi­nis­té­riel l’af­firme : tous les pays qui ont baissé leur vitesse de cir­cu­la­tion voient les acci­dents et le nombre de morts sur les routes éga­le­ment dimi­nuer. Tout comme cela a été le cas sur les routes de France où la mesure a été expé­ri­men­tée.

 

Où va l'argent des amendes ? La Sécurité routière dresse le bilan sur son site dans le but de contrer les idées reçues © Sécurité Routière

Où va l’argent des amendes ? La Sécurité rou­tière dresse le bilan sur son site dans le but de contrer les idées reçues © Sécurité Routière

 

Le repré­sen­tant de l’État veut aussi battre en brèche l’i­dée que cette limi­ta­tion pro­dui­rait des effets “pelo­ton”, en blo­quant les voi­tures der­rière les camions. « L’expérimentation a mon­tré que c’est l’in­verse : on étale la cir­cu­la­tion en bais­sant la vitesse, c’est un effet de méca­nique des fluides », affirme Emmanuel Barbe. Inutile encore de lais­ser entendre qu’une dimi­nu­tion de la vitesse auto­ri­sée ren­drait les auto­mo­bi­listes inca­pable de res­pec­ter les limi­ta­tions. « C’est un argu­ment qui ne se véri­fie pas », rétorque-t-il.

 

Mais sur­tout, Emmanuel Barbe veut plai­der au nom de la rura­lité, celle-là même qui se dit tou­chée par la limi­ta­tion à 80 Km/h. « Est-ce que c’est défendre la rura­lité que de jeter un voile pudique sur le fait que, si vous vivez dans une ville de plus de 100 000 habi­tants, votre risque de mou­rir sur la route est trois infé­rieur à celui qui vit en rura­lité ? », lance le délé­gué inter­mi­nis­té­riel. Pas ques­tion, dès lors, d’exemp­ter cer­taines routes du dis­po­si­tif, au nom de la sécu­rité de cha­cun mais aussi de la lisi­bi­lité du réseau.

 

 

Des élus convaincus ?

 

Emmanuel Barbe a‑t-il su convaincre les élus, venus en nombre à la pré­fec­ture de l’Isère pour l’é­cou­ter et le ques­tion­ner ? « Les élus isé­rois sont le reflet de la popu­la­tion. Probablement que tous ne sont pas convain­cus », recon­naît Daniel Vitte, pré­sident de l’Association des maires de l’Isère. Mais celui qui est éga­le­ment maire de Montrevel sou­ligne que les élus feront natu­rel­le­ment appli­quer la loi… tout en se mon­trant atten­tifs aux études et aux éva­lua­tions à venir.

 

Forum entre élus de l'Isère et Emmanuel Barbe à la Préfecture de l'Isère © Florent Mathieu - Place Gre'net

Forum entre élus de l’Isère et Emmanuel Barbe à la pré­fec­ture © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Si l’at­ten­tion s’est por­tée et foca­li­sée sur les 80 Km/h, les mesures en faveur de la sécu­rité rou­tière por­tées par le gou­ver­ne­ment ne se limitent pas à cela. Emmanuel Barbe rap­pelle ainsi la volonté de l’État de voir se déve­lop­per de manière mas­sive l’é­thy­lo­test anti-démar­rage, de répri­mer l’u­ti­li­sa­tion du télé­phone au volant… ou de contrer la dif­fu­sion via les réseaux sociaux des empla­ce­ments de contrôles poli­ciers sur les routes.

 

Une nouvelle charte entre l’État et les maires de l’Isère

 

Autant de mesures, parmi de nom­breuses autres, qui néces­sitent un relais local de la part des élus et des col­lec­ti­vi­tés. « Il faut faire la sécu­rité rou­tière avec tout le monde », clame Emmanuel Barbe. Ce n’est donc pas un hasard si la visite du délé­gué inter­mi­nis­té­riel cor­res­pon­dait à la signa­ture d’une nou­velle charte entre la pré­fec­ture de l’Isère et l’Association des maires de l’Isère sur cette thé­ma­tique pré­cise.

 

De gauche à droite, Daniel Vitte, Lionel Beffre et Emmanuel Barbe signent la charte de sécurité routière © Florent Mathieu - Place Gre'net

De gauche à droite, Daniel Vitte, Lionel Beffre et Emmanuel Barbe signent la charte de sécu­rité rou­tière © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Le but de la charte : appro­fon­dir le par­te­na­riat entre les ser­vices de l’État et les com­munes, explique le pré­fet de l’Isère. « En cela, nous nous enga­geons à les infor­mer sur la poli­tique de sécu­rité rou­tière, c’est-à-dire la décli­nai­son locale de toutes les mesures natio­nales qui sont prises », pour­suit Lionel Beffre. Qui prend pour exemple les grandes cam­pagnes de com­mu­ni­ca­tion, mais aussi la for­ma­tion à la sécu­rité rou­tière des élus et des tech­ni­ciens.

 

 

Informer, former et sensibiliser

 

Le pré­fet de l’Isère veut éga­le­ment mettre à dis­po­si­tion des maires les don­nées néces­saires pour une meilleure appré­hen­sion de la sécu­rité rou­tière, comme les bilans d’ac­ci­den­to­lo­gie dres­sés par l’Observatoire natio­nal de sécu­rité rou­tière. Autre enga­ge­ment de la charte : indi­quer aux maires la poli­tique de contrôles rou­tiers menée par la pré­fec­ture sur leurs ter­ri­toires.

 

Plus de sécurité demain au sortir des villages avec la limitation de vitesse sur les routes départementales ? DR

Plus de sécu­rité demain au sor­tir des vil­lages avec la limi­ta­tion de vitesse sur les routes dépar­te­men­tales ? DR

 

« Informer, sen­si­bi­li­ser, for­mer », résume Daniel Vitte. Pour qui la signa­ture de cette charte, la troi­sième du genre, confirme la volonté des com­munes de lut­ter contre les acci­dents rou­tiers. Limitations de vitesse ou non, « le dia­logue, le par­te­na­riat, l’ef­fi­ca­cité sont au ren­dez-vous entre l’État et l’Association des maires de l’Isère ! », s’en­thou­siasme-t-il.

 

 

Florent Mathieu

 

 

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