Le Clos des Capucins, haut lieu de l’œnologie le temps du Concours des vins de l’Isère

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REPORTAGE – Les meilleurs vignerons ont été récompensés à l’occasion du concours des vins de l’Isère organisé au Clos des Capucins à Meylan, ce lundi 4 juin. Le résultat de plusieurs heures de délibérations qui ont de quoi surprendre le non-initié.

 

 

Septième édition du concours des vins de l'Isère, au Clos des Capucins à Meylan. Les jurés délibèrent. Crédit photo : Samuel Ravier.

Les jurés déli­bèrent. © Samuel Ravier ‑Placegrenet.fr

Quand on se rap­proche dis­crè­te­ment de ces rondes tables où trônent, épar­pillés en quan­tité, bou­teilles et verres vides, on est sur­pris par les mots qui nous tombent dans l’oreille.

 

Fraîcheur, ten­sion, sin­cé­rité, fruité, équi­libre… « Élise, tu mets un coup de cœur sur le trois ? », demande à sa voi­sine un homme affu­blé d’une barbe digne de Victor Hugo. Mais que font donc ces gens atta­blés ?

 

Tous par­ti­cipent à la sep­tième édi­tion du concours des vins de l’Isère, au Clos des Capucins, à Meylan. Deux cents bou­teilles, une soixan­taine d’échantillons de vins, cinq jurys com­po­sés cha­cun d’une dizaine de per­sonnes, plu­sieurs médailles remises dans dif­fé­rentes caté­go­ries : l’événement est de taille. Le tout orga­nisé conjoin­te­ment par le Festival du Millésime et ses par­te­naires, la Chambre d’agriculture de l’Isère, le Syndicat des vins de l’Isère, Vitis Vienna, la Laiterie Bayard et le Vin des Alpes.

 

 

Médailles d’or et coups de cœur

 

L’objectif du col­lec­tif est clair : mettre en valeur les vins isé­rois. « On pense que pour qu’il y ait de grands vins en Isère il faut une syner­gie entre des viti­cul­teurs et un public, avance Alain Gatheron, direc­teur du Festival du Millésime. Il faut que les gens se rendent compte de la qua­lité du vin pro­duite par les vigne­rons. »

 

Septième édition du concours des vins de l'Isère, au Clos des Capucins à Meylan. Le metteur en scène et comédien Serge Papagalli était invité d'honneur. Crédit photo : Samuel Ravier.

Septième édi­tion du concours des vins de l’Isère, au Clos des Capucins à Meylan. Le met­teur en scène et comé­dien Serge Papagalli était invité d’hon­neur. © Samuel Ravier

 

Pendant deux heures, donc, le jury atta­blé goûte les vins. Le spec­tacle vaut le coup d’œil : les par­ti­ci­pants entrouvrent les lèvres, font tour­ner le vin en bouche, le laissent quelques secondes au contact de leur palais… puis la recrachent dans un des cra­choirs de dégus­ta­tion posés sur les tables. Évidemment, il n’est pas ques­tion de finir ivre.

 

Au préa­lable, les vins ont été clas­sés en dif­fé­rentes caté­go­ries, selon leur cou­leur et leur ori­gine géo­gra­phique. Ils se sont vu attri­buer un chiffre, his­toire de les ano­ny­mi­ser. Chaque jury a ensuite été chargé de remettre des médailles aux meilleurs d’entre eux : or, argent ou bronze. Pour d’autres bou­teilles, le jury vote un coup de cœur. « On n’a pas le droit de décer­ner des médailles pour des vins qui ne sont pas des pro­duits d’appellation », explique Alain Gatheron en réfé­rence au label AOC (Appellation d’origine contrô­lée).

 

 

« Le premier critère, c’est qu’il n’y ait pas de déviance »

 

Comme les breu­vages, les jurés viennent d’horizons variés : maître som­me­lier, jour­na­liste spé­cia­lisé, œno­logue pro­fes­sion­nel… ou encore met­teur en scène et comé­dien, en la per­sonne de Serge Papagalli, invité d’honneur de cette édi­tion 2018.

 

Septième édition du concours des vins de l'Isère, au Clos des Capucins à Meylan. Les jurés goûtent le vin. Crédit photo : Samuel Ravier.

Des membres du jury en pleine dégus­ta­tion lors de la sep­tième édi­tion du concours des vins de l’Isère, au Clos des Capucins à Meylan. © Samuel Ravier – Placegrenet.fr

Restaurateurs au civil et « ama­teurs éclai­rés » de vin, Jean-Fabrice Quirin et Stéphane Bégué ont appré­cié l’expérience. « C’était mar­rant », souffle le pre­mier. On s’étonne de leur capa­cité à clas­ser parmi la dizaine de vins qu’il leur est donné de tes­ter.

 

« Il y a de la per­cep­tion per­son­nelle, c’est inévi­table, répond Stéphane Bégué. Après, c’est le nez, la bouche, les sen­sa­tions… Le pre­mier cri­tère, c’est qu’il n’y ait pas de déviance, que ce soit un vin fidèle à ce qu’on a envie de goû­ter. » Et de pré­ci­ser, au vu de notre mine inter­ro­ga­tive : « Une déviance c’est un côté aro­ma­tique qui n’est pas en place. »

 

Cette année, le concours a décerné quatre médailles d’or, au domaine du Loup des vignes dans la caté­go­rie IGP Isère Rouge, au vignoble Chevalier Bayard dans la caté­go­rie IGP Isère Blanc, ainsi qu’à Yves Cuilleron et à Christophe Pichon dans la caté­go­rie IGP Collines Rhodaniennes Rouge (cf. pal­ma­rès com­plet en bas de l’ar­ticle).

 

Après des applau­dis­se­ments nour­ris saluant les vigne­rons triom­phants, est venu le moment que d’aucuns atten­daient avec une impa­tience crois­sante : l’heure du buf­fet, avec plu­sieurs dizaines de vins à dégus­ter. Du vin qu’il était auto­risé – et même conseillé cette fois ! – de ne pas recra­cher.

 

Samuel Ravier

 

 

Septième édition du concours des vins de l'Isère, au Clos des Capucins à Meylan. Liste des vignerons récompensés. Crédit photo : Samuel Ravier.

Septième édi­tion du concours des vins de l’Isère, au Clos des Capucins à Meylan. Cliquer sur l’i­mage pour consul­ter la liste des vigne­rons récom­pen­sés.

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