Aide aux migrants : pour la députée Émilie Chalas (LREM), Eric Piolle agit en « contestataire de principe »

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FIL INFO – La décision du maire de Grenoble de décerner la médaille de la ville à Cédric Herrou, tout en plaidant coupable pour demander l’abrogation du délit de solidarité, lui a valu après le rappel à l’ordre du préfet, les foudres d’Émilie Chalas. Pour la députée LREM

de l’Isère, Eric Piolle se radicalise et campe sur une posture purement idéologique.

 

 

Elections législatives. Soirée électorale à la Préfecture de l'Isère. 11 juin 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Émilie Chalas, 11 juin 2017. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

La déci­sion du maire de Grenoble Eric Piolle (EELV) de décer­ner la médaille de la Ville à Cédric Herrou, condamné pour avoir aidé des migrants à pas­ser la fron­tière franco-ita­lienne, n’a pas man­qué de faire réagir la dépu­tée de l’Isère Émilie Chalas (LREM).

 

Dans un com­mu­ni­qué, l’é­lue déplore la « radi­ca­li­sa­tion » du maire de Grenoble, qui vient par ailleurs d’être rap­pelé à l’ordre par le pré­fet de l’Isère. Celui-ci embrasse, de son point de vue, « chaque jour davan­tage les thèses de la France insou­mise », « campe sur une pos­ture déma­go­gique » et n’a­git qu’en « contes­ta­taire de prin­cipe ».

 

 

Pour Émilie Chalas, Eric Piolle veut seulement créer la polémique

 

Le maire de Grenoble « par­ti­cipe cyni­que­ment à sus­ci­ter de faux espoirs parmi des per­sonnes qui n’ont pas voca­tion à res­ter sur le ter­ri­toire, juge ainsi Émilie Chalas. Comme pour les vota­tions citoyennes, Eric Piolle n’a aucune inten­tion de nour­rir le débat mais seule­ment de créer la polé­mique. Sinon, pour­quoi n’a‑t-il jamais sol­li­cité les dépu­tés de la majo­rité pour avan­cer concrè­te­ment et dans le cadre du droit sur ces sujets ? »

 

Eric Piolle, maire de Grenoble réagit devant la presse, suite à la décision du tribunal administratif d'annuler le dispositif d'interpellation et de votation citoyenne © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Eric Piolle après la déci­sion du tri­bu­nal admi­nis­tra­tif d’an­nu­ler le dis­po­si­tif d’in­ter­pel­la­tion et de vota­tion citoyenne © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Dans le col­li­ma­teur du maire de Grenoble et le viseur de la dépu­tée de l’Isère, le pro­jet de loi Asile et immi­gra­tion et un de ses articles phare : le délit de soli­da­rité. Une loi dont le maire de Grenoble entend démon­trer l’ab­sur­dité. Quitte à inter­pel­ler le pro­cu­reur de la République sur les réseaux sociaux et à se lan­cer dans un très média­tique et média­tisé plai­der-cou­pable. Ou encore à appe­ler les maires à se joindre à son mou­ve­ment.

 

Cette loi, Eric Piolle entend la remettre sur la table alors que le texte, voté en pre­mière lec­ture à l’as­sem­blée natio­nale le 22 avril der­nier, doit désor­mais être exa­miné par les séna­teurs. Si elle a certes été arron­die sur les angles après un amen­de­ment défendu par le député de l’Isère Olivier Véran, que sou­tient ardem­ment Émilie Chalas, les asso­cia­tions doutent que ce der­nier résiste à l’é­preuve du Sénat.

 

 

Émilie Chalas vole une fois de plus au secours de la majorité présidentielle

 

« Avec mes col­lègues dépu­tés, nous avons légi­féré afin de faire en sorte que quel­qu’un por­tant secours à des per­sonnes migrantes ne soit pas inquiété des suites judi­ciaires s’il a agi sans contre­par­tie finan­cière », défend mor­di­cus Émilie Chalas.

 

La dépu­tée de l’Isère, qui vole au secours de la majo­rité pré­si­den­tielle à chaque attaque de la poli­tique du gou­ver­ne­ment, “oublie” seule­ment de pré­ci­ser que l’aide à l’en­trée sur le ter­ri­toire – délit qui a valu la condam­na­tion à quatre mois avec sur­sis à Cédric Herrou – reste elle bel et bien sous le coup de la loi…

 

PC

 

 

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Commentaires 9
  1. Des mil­liers d’emplois non pour­vus à Pôle Emploi ? Sans rire vous êtes sérieu(x)se là ? Ne par­lez pas de sujets qui vous dépassent, nom­breux en l’oc­cu­rence😁

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  2. Normal Nathalie, démago et clien­té­liste d’un côté le Piolle, faite ce que je dis pas ce que fais de l’autre 😁

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  3. Quand on sait qu’il a viré les migrants juste à coté de chez moi qui logeaient dans des alge­cos , pour lais­ser le ter­rain à une nou­velle construc­tion d’im­meuble « stan­ding » par Grenoble Habitat, je pense qu’il ferait juste mieux de se taire Monsieur Piolle. Au pas­sage, l’im­meuble en ques­tion n’a pas démarré, ils en sont à faire des promo, encore un beau fiasco

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  4. La capa­cité d’in­té­gra­tion n’est pas qu’une his­toire de fric. Dans un pays ayant perdu ses capa­ci­tés de pro­duc­tion indus­trielles à cause d’un libre-échan­gisme mon­dia­lisé ne signi­fiant pas autre chose que la mise en concur­rence mon­dia­li­sée des tra­vailleurs, allez dire aux ouvriers, fran­çais ou non, qu’il y a assez de tra­vail ! Vous qui vili­pen­dez le patro­nat, vous devriez savoir qu’une immi­gra­tion mas­sive et à bas coût est une aubaine pour les patrons, qui l’ap­pellent de ses voeux, avec pour consé­quence une pres­sion à la baisse sur les salaires ! Quand on sait qu’une grande par­tie de la gauche a accom­pa­gné ce tour­nant ultra­li­bé­ral, j’a­vais bien dit que cette gauche « avait aban­donné le peuple », la condui­sant à se trou­ver un pro­lé­ta­riat de sub­sti­tu­tion, en l’es­pèce les migrants, face à la mon­dia­li­sa­tion de la misère ! A contra­rio, l’aug­men­ta­tion de l’aide au déve­lop­pe­ment, frei­ner l’ac­ca­pa­rem­ment des res­sources natu­relles et des terres agri­coles (fac­teur de guerres), la pro­mo­tion de modèles agri­coles et éco­no­miques non pro­duc­ti­vistes, la lutte contre la cor­rup­tion au niveau mon­dial feraient beau­coup pour le main­tien des popu­la­tions au pays ! Cordialement,

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    • Je suis bien d’ac­cord avec votre ana­lyse, mais, en atten­dant que le rêve d’une poli­tique qui arrê­te­rait la main­mise des richesses des pays afri­cains et autres par quelques grosses mul­ti­na­tio­nales se réa­lise, qu’on arrête de main­te­nir des dic­ta­teurs à leur tête, on est bien obligé d’ac­cueillir les migrants, qu’ils soient poli­tiques ou éco­no­miques (à cause de nous, pays occi­den­taux). Ils n’ont que le choix de migrer s’ils veulent sur­vivre. Il y a des mil­liers d’emplois non pour­vus à Pôle Emploi. Il pour­rait y avoir du tra­vail pour tous ceux qui, fran­çais ou étran­gers, veulent tra­vailler, mais les étran­gers n’ont pas le droit au tra­vail tant qu’ils n’ont pas de papiers, ça peut deman­der des années …
      Le prix des expul­sions ne serait pas pré­levé sur l’aide au déve­lop­pe­ment ? à étu­dier.
      Cordialement

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  6. Au lieu de vou­loir adou­cir la notion de « délit de soli­da­rité » pour­quoi ne pas vou­loir l’a­bo­lir tout sim­ple­ment ?
    Mme Chalas par­ti­cipe à la chasse aux migrants en sou­te­nant ce que disent et font Macron et Collomb et leur poli­tique migra­toire. La France va vers un pays sans migrants et va cre­ver éco­no­mi­que­ment et cultu­rel­le­ment.

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    • « La France va vers un pays sans migrants » et va cre­ver éco­no­mi­que­ment et cultu­rel­le­ment.
      Vous exa­gé­rez.

      Que pen­sez-vous de la capa­cité d’in­té­gra­tion ?

      Un cer­tain nombre d’ob­ser­va­teurs font remar­quer que la gauche, après avoir renoncé à défendre les ouvriers, les­quels se sont par consé­quent réfu­giés à l’ex­trême-droite ou dans l’abs­ten­tion, ce qui est explo­sif à long terme (regar­dez l’Italie), s’est trouvé un « pro­lé­ta­riat de sub­sti­tu­tion », en l’es­père les migrants. Trop facile…

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      • la capa­cité d’in­té­gra­tion est intacte. Il fau­drait arrê­ter de mon­ter les uns contre les autres, c’est ce que fait notre gou­ver­ne­ment avec un suc­cès cer­tain. Pourtant, il y a de la place et du tra­vail pour tout le monde si les gros arrê­taient d’en­voyer dans les para­dis fis­caux l’argent que les sala­riés leur pro­curent par leur tra­vail.
        A quoi sert tout cet argent ? l’argent appelle l’argent, s’ac­cu­mule au lieu de ser­vir au bien être des popu­la­tions.

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