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Les élus de montagne réclamaient le déclassement du loup de la Convention de Berne, Bruxelles ne suit pas

Les élus de montagne réclamaient le déclassement du loup de la Convention de Berne, Bruxelles ne suit pas

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FIL INFO – Éleveurs et élus de montagne espéraient de la Commission européenne un déclassement du loup de la liste des espèces protégées par la Convention de Berne. Bruxelles n’a pas suivi. Pour le commissaire européen à l’environnement, d’autres solutions existent.

 

 

L'autorisation donnée aux chasseurs d'effectuer des tirs de loups lors de battues au gibier est illégale, a statué le tribunal administratif de Nice.

© Serge-Montagnon

La Commission euro­péenne n’a pas donné suite aux demandes de plu­sieurs élus, notam­ment de mon­tagne, de déclas­ser le loup de la liste des espèces pro­té­gées par la Convention de Berne.

 

La mise au point a été faite lors de la table ronde consa­crée à la défense de l’a­gro­pas­to­ra­lisme face aux attaques répé­tées de loups. Un ren­dez-vous ini­tié par les dépu­tés euro­péens José Bové (Verts) et Michel Dantin (PPE – parti popu­laire européen).

 

 

« Il existe des solutions qui ont déjà fait leurs preuves »

 

Le dis­cours du com­mis­saire euro­péen a dou­ché les espoirs des élus mais aussi des éle­veurs qui s’é­taient dépla­cés jus­qu’au Parlement euro­péen à Bruxelles pour faire entendre leur voix.

 

« Il existe des solu­tions, qui ont déjà fait leurs preuves, a sou­li­gné Humberto Delgado Rosa, le com­mis­saire à l’en­vi­ron­ne­ment. Il faut réin­té­grer ces pra­tiques tra­di­tion­nelles tout en s’ap­puyant sur les tech­niques modernes, comme la pose de clô­tures élec­triques. Et puis, pour­quoi ne pas faire du loup une source de reve­nus sup­plé­men­taire ? Des exemples euro­péens ont fait leurs preuves. »

 

Une douche froide pour les éle­veurs et les élus qui les sou­tiennent alors que le Parlement euro­péen a adopté, en novembre der­nier, une réso­lu­tion sur un plan d’ac­tion qui met­tait en avant les « réper­cus­sions néga­tives [de la coexis­tence des popu­la­tions et des grands car­ni­vores] sur le déve­lop­pe­ment durable des éco­sys­tèmes et des zones rurales peu­plées dans cer­taines régions ».

 

Bruxelles lance une procédure d'infraction contre la France pour dépassements des seuils réglementaires NO2. Crédit Patricia Cerinsek

Le siège de la Commission euro­péenne à Bruxelles © Patricia Cerinsek

Le Parlement euro­péen rap­pe­lait que « les espèces indi­quées comme néces­si­tant une pro­tec­tion stricte dans la direc­tive Habitats ont atteint un bon niveau de conser­va­tion dans cer­taines régions d’Europe et sont sus­cep­tibles de mettre d’autres espèces et les ani­maux d’élevage en dan­ger et, par­tant, de per­tur­ber l’équilibre natu­rel de l’écosystème ».

 

Les dépu­tés appe­laient la Commission à « déve­lop­per un pro­ces­sus d’évaluation qui per­mette de modi­fier le sta­tut de pro­tec­tion d’une espèce dans une région don­née dès que le niveau de conser­va­tion sou­haité est atteint ».

 

Mais la Commission euro­péenne est res­tée inflexible. Sa posi­tion a d’ailleurs fait réagir les éle­veurs. « Le com­mis­saire euro­péen a rap­pelé que la régle­men­ta­tion don­nait les outils néces­saires aux États membres pour régler les pro­blèmes loca­le­ment et que les États membres devaient prendre leurs res­pon­sa­bi­li­tés plu­tôt que de les repor­ter sur la Commission euro­péenne », sou­ligne dans un com­mu­ni­qué la Confédération paysanne.

 

Opposé à la ges­tion dif­fé­ren­ciée des ter­ri­toires et à la condi­tion­na­lité entre moyens de pro­tec­tion et indem­ni­sa­tions, comme le pré­voit le plan Loup, le syn­di­cat agri­cole s’in­ter­roge. « Mais alors qui dit vrai ? La Commission ? La France qui, lorsque la Confédération pay­sanne réclame des outils sup­plé­men­taires adap­tés aux réa­li­tés du ter­rain, répond qu’elle est pieds et poings liés par la régle­men­ta­tion européenne ? »

 

 

PC

 

 

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Patricia Cerinsek

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