Conseil municipal de Grenoble : les oppositions dénoncent un ordre du jour creux

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FOCUS – Les 79 délibérations à l’ordre du jour du conseil municipal de Grenoble, ce lundi 14 mai, laissent dubitatifs les groupes d’opposition municipale. Certains dénoncent le manque d’ampleur des sujets abordés, d’autres des délibérations essentiellement techniques, quand les derniers disent rester sur leur faim. La majorité se félicite, quant à elle, de présenter des délibérations « allant dans le sens de la ville durable, solidaire, émancipatrice et citoyenne ».

 

 

Bancs de la majorité. Conseil municipal de Grenoble. ©JOël Kermabon - Place Gre'net

Bancs de la majo­rité, conseil muni­ci­pal de Grenoble. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Lorsque l’on regarde les thèmes qui sont pro­po­sés à tra­vers les déli­bé­ra­tions de ce pro­chain conseil muni­ci­pal, on se dit que les sujets se tarissent. Pas de déli­bé­ra­tion por­teuse ou stra­té­gique ! », résume Marie-José Salat, conseillère muni­ci­pale du groupe Rassemblement de gauche et de pro­grès.

 

« On a bien, ici ou là, quelques déli­bé­ra­tions impor­tantes mais, glo­ba­le­ment, ce sont des déli­bé­ra­tions essen­tiel­le­ment tech­niques. » Voilà qui donne le ton. Et, une fois n’est pas cou­tume, le res­senti sur l’ordre du jour du conseil muni­ci­pal de Grenoble de ce lundi 14 mai fait consen­sus au sein des oppo­si­tions muni­ci­pales, toutes sen­si­bi­li­tés confon­dues.

 

Le son de cloche n’est bien sûr pas le même du côté de la majo­rité, laquelle met en avant plu­sieurs déli­bé­ra­tions affé­rentes à la poli­tique de la ville, à l’a­mé­na­ge­ment urbain et à la culture « allant dans le sens de la ville durable, soli­daire, éman­ci­pa­trice et citoyenne ».

 

 

« Quand ils ouvrent la bouche, ils leur tombent dessus ! »

 

Outre le manque de déli­bé­ra­tion “phare” à l’ordre du jour qu’elle regrette, Marie-José Salat lance une attaque tous azi­muts. Cette der­nière pointe notam­ment le « com­por­te­ment mépri­sant » de cer­tains élus envers ceux du groupe “dis­si­dent” Ensemble à gauche, com­posé de Guy Tuscher et de Bernadette Richard-Finot.

 

Marie-José Salat. Conseil municipal de Grenoble. 6 mars 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Marie-José Salat, conseil muni­ci­pal de Grenoble, 6 mars 2017. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

« Non seule­ment, quand ils ouvrent la bouche, ils leur tombent des­sus, mais on s’a­per­çoit aussi que cer­tains direc­teurs de ser­vice le font aussi », s’in­digne Anouche Agobian, consi­dé­rant « qu’é­tant élus, ils ont le droit de s’ex­pri­mer ».

 

Des com­por­te­ments, estime le groupe, qui ne font que se confir­mer en dehors du conseil muni­ci­pal.

 

Les élus de gauche en veulent pour preuve le clash récem­ment sur­venu lors de l’as­sem­blée géné­rale de l’Union des habi­tants du centre-ville (UHCV). Ou encore l’ab­sence de cer­tains élus lors des com­mis­sions – hors com­mis­sion res­sources – alors qu’ils sont concer­nés au pre­mier chef, fus­tige Marie-José Salat, qui n’hé­site pas à dénon­cer une ambiance de tra­vail et un « cli­mat pesant ».

 

 

Un ordre du jour « fictif et responsable » en forme de clin d’œil

 

Les élus de l’op­po­si­tion de gauche regrettent le manque d’é­va­lua­tion des poli­tiques mises en œuvre depuis quatre ans, l’ab­sence de débats sur la sécu­rité, les poli­tiques sociales… Ils dénoncent, entre autres, l’in­con­sis­tance des pre­mières déli­bé­ra­tions du conseil muni­ci­pal (CM), où l’on retrouve d’ha­bi­tude des sujets d’im­por­tance. À ce titre, le groupe s’est même fendu « en forme de clin d’œil » d’un « ordre du jour fic­tif et res­pon­sable », com­por­tant des déli­bé­ra­tions sur des sujets qu’il estime « utiles aux Grenoblois ».

 

Rassemblement de gauche et de progrès. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Rassemblement de gauche et de pro­grès. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Marie-José Salat insiste : « De quoi devrions-nous par­ler aujourd’­hui à la Ville de Grenoble, compte tenu des pré­oc­cu­pa­tions des admi­nis­trés ? » Va s’en­suivre une lec­ture com­men­tée des dif­fé­rents items à l’ordre du jour fic­tif. Bref, de tout ce dont on aurait dû débattre en prio­rité en lieu et place d’un pro­gramme jugé bien mai­gre­let.

 

 

« Il n’y a pas dans ce conseil municipal beaucoup de sujets d’ampleur municipale »

 

Du côté de la droite, on chante à l’u­nis­son ou presque. « Bien qu’il y ait quelques déli­bé­ra­tions impor­tantes, il n’y a pas dans ce CM beau­coup de sujets d’am­pleur muni­ci­pale », regrette ainsi Matthieu Chamussy, le pré­sident du groupe Les Républicains – UDI et Société civile. Néanmoins, l’élu entend bien inter­ve­nir, au cours de ce conseil, sur la déli­bé­ra­tion 14 concer­nant la fixa­tion des tarifs pour l’enlèvement des déchets aban­don­nés sur le ter­ri­toire de Grenoble, mais en l’é­lar­gis­sant au thème de la pro­preté.

 

Matthieu Chamussy. Conseil municipal de Grenoble. 6 mars 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Matthieu Chamussy, conseil muni­ci­pal de Grenoble, 6 mars 2017. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Matthieu Chamussy cri­tique « une forme d’a­ban­don, de délais­se­ment de l’es­pace public ». Et enfonce le clou : « Voir Éric Piolle, au bout de quatre ans, son­ner la mobi­li­sa­tion géné­rale, ça résonne comme un aveu d’é­chec », déclare l’élu, qui se rap­pelle d’une récente décla­ra­tion du maire lors d’une opé­ra­tion menée avec les agents de la pro­preté urbaine.

 

 

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Commentaires 3
  1. Alala,
    peut être un jour Madame SALA sera rat­tra­pée par l’ap­pel d’offre de la ges­tion des temps de la ville de Grenoble (poin­teuse), l’at­tri­bu­tion du mar­ché et sur­tout les notes tech­niques aux dif­fé­rents sou­mis­sion­naires qui tendent à sou­li­gner soit une appré­cia­tion hazar­deuse (ce que je ne peux ima­gi­ner) soit un cer­tain « par­tit pris ». Certains se sou­viennent encore que c’est elle qui était res­pon­sable et qui même est venu qq minutes voir une sou­te­nance. Et peut etre qu’en creu­sant on s’apercevra que les notes sont « étranges », un pro­duit client ser­veur mieux noté tech­ni­que­ment que des pro­duits « full web », mais ceci est ancien et tout le monde a gardé le silence.

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  2. Quelles sont les 79 points à l’ordre du jour du conseil muni­ci­pal de ce soir ?
    Il faut aller les cher­cher là :
    http://www.grenoble.fr/agenda/7588/38-conseil-municipal-14-mai-2018.htm?periode=97141
    et cli­quer sur le lien, car ce qui aurait dû être des liens dans le texte ne marche pas.
    Il est vrai que c’est tech­nique, et alors ? ce n’est pas le fou­toir, ils sont ordon­nés par thèmes.
    Quant à l’ordre du jour « fic­tif et res­pon­sable » de l’op­po­si­tion, j’ai bien ri en lisant le 12e point : « Affichage et recettes publi­ci­taires : Marché Decaux – réta­blis­se­ment des colonnes Morris et
    sucettes publi­ci­taires. » Elle croit que ça va pas­ser ? la ville n’est pas plus belle sans les affreuses publi­ci­tés, les pan­neaux immenses en plein milieu des trot­toirs ?
    Oui, ce sont deux visions qui s’op­posent … on verra aux pro­chaines élec­tions qui l’emportera.

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    • D’accord avec vous pour le retrait des « sucettes » publi­ci­taires, mais j’au­rais au moins gardé les colonnes Morris. Cela aurait évité de dépen­ser du temps et de l’argent pour conce­voir de nou­velles colonnes, les­quelles me font sys­té­ma­ti­que­ment pen­ser au logo du NPA, avec leurs hauts-par­leurs agres­sifs… Les colonnes tra­di­tion­nelles s’in­sé­raient par­fai­te­ment dans l’es­pace public…

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