Grève des cheminots : les associations d’usagers expriment leur ras-le-bol

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FIL INFO – La Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) rue dans les brancards. La grève des cheminots a assez duré, selon elle, et doit cesser rapidement, la fédération estimant que « sa prolongation est dangereuse pour l’avenir du rail » et que

les voyageurs sont à bout.

 

 

Assemblée générale des cheminots sur le parvis de la gare de Grenoble ce vendredi 13 avril 2018, et appel à la grève générale pour jeudi 19 avril 2018 © Séverine Cattiaux- Place Gre’net

Assemblée générale des cheminots sur le parvis de la gare de Grenoble ce vendredi 13 avril 2018, et appel à la grève générale pour jeudi 19 avril 2018 © Séverine Cattiaux- Place Gre’net

« La FNAUT respecte le droit de grève mais elle estime que sa prolongation est devenue insupportable pour les voyageurs captifs du train et qu’elle est très dangereuse pour l’avenir du rail », déclare ce mercredi 9 mai par voie de communiqué la fédération des associations d’usagers des transports.

 

Les usagers, relaie-t-elle, s’inquiètent de cette grève perlée qui perturbe l’ensemble des services au moins trois jours sur cinq, « et non deux comme l’affirment les syndicats qui l’organisent ». Pire, « sur de nombreuses lignes, le trafic ferroviaire est totalement interrompu », déplore la FNAUT.

 

 

Une grève à la limite du supportable pour les voyageurs

 

Les plus pénalisés ? Ce sont « les usagers captifs du train », bien souvent de modestes salariés, des travailleurs précaires, des étudiants ou encore des lycéens. La fédération tient à mettre les poins sur les i . « Contrairement à ce qui est parfois affirmé, beaucoup d’entre eux ne trouvent pas d’alternative au train : ils ne s’habituent pas à la grève, la galère devient insupportable », ajoute-t-elle.

 

Pour les voyageurs, la coupe est pleine et c’en est assez, récrimine la FNAUT. « Outre les pertes de temps, ils se voient imposer des frais importants : pertes de revenu, gardes d’enfants, transport de substitution (autocar, covoiturage, véhicule personnel, taxi, parking), nuits d’hôtel. Les indemnités proposées par SNCF Mobilités sont, et de loin, insuffisantes », martèle la fédération.

 

 

Une grève interminable qui met le système ferroviaire en danger

 

Pour la FNAUT, une grève prolongée « habitue les voyageurs non captifs du train et les chargeurs à se passer du train. Elle les incite à tourner définitivement vers les modes de transport concurrents ». Notamment l’automobile, le covoiturage, les autocars, l’avion à bas coût, les transports routiers camion, le tout « au détriment de la sécurité routière et de l’environnement », regrette la fédération d’associations d’usagers.

 

Achat et compostage des billets sur les quais de la gare SNCF, Grenoble © Chloé Ponset - Place Gre'net

 

Sans compter sur le fait qu’elle décrédibilise le rail auprès de l’État et des Régions, ajoute la FNAUT. Pourquoi ? Parce qu’elle « les incite à penser qu’en définitive, la collectivité peut se passer d’un train sur deux, que les effectifs de la SNCF sont excessifs et qu’il est irrationnel d’investir sur le rail, alors même que le rail souffre d’un sous-investissement chronique », explique la FNAUT..

 

 

« La grève doit cesser rapidement »

 

C’est pourquoi la grève doit cesser rapidement, estime la fédération qui, prenant acte du fait que les députés ont adopté la réforme ferroviaire en première lecture, renvoie la balle dans les camps des syndicats et du gouvernement. « Au gouvernement de préciser les conditions dans lesquelles la dette ferroviaire sera reprise par l’État, de renforcer l’investissement sur le réseau ferré et de lancer, en lien avec les régions, un programme spécifique de sauvegarde des lignes régionales dégradées et menacées de disparition faute d’entretien », demande la FNAUT.

 

Tandis qu’il appartient aux syndicats, rajoute la fédération, « de mettre fin à une grève devenue incompréhensible pour l’opinion, car elle affecte gravement l’activité économique et met leur entreprise et le rail en péril, et d’accepter l’introduction de la concurrence dans le secteur ferroviaire ».

 

JK

 

 

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Commentaires 2
  1. Manifestement les cheminots en grève ne connaissent qu’une loi, la loi du plus fort. Cette lutte qu’ils ont engagée contre la représentation nationale, en usant de tous les artifices pour imposer le plus de souffrance possible aux usagers est une insulte à nos institutions.
    Face à leur arrogance, le gouvernement reste passif et se contente de courber le dos. Il est urgent d’avancer la mise en concurrence de la SNCF sur le sol national par d’autres entreprises européennes de chemin de fer.
    Les donneurs de leçons économiques devraient d’abord s’interroger sur la pertinence des services publics, leur réelle utilité comparée à leur coût et les investissements énormes qu’ils requièrent pour s’adapter à l’évolution de notre société à moins qu’ils ne préfèrent revenir au temps où il n’existait ni téléphone, ni courrier électronique, un temps où les cheminots se brûlaient les poumons devant des chaudières à charbon.

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  2. Si le gouvernement voulait négocier au lieu de tout refuser il y a longtemps que la grève aurait cessé
    En jeu pas seulement le statut des cheminots mais aussi la volonté de rentabiliser à tout prix qui fera fermer les lignes jugées non rentables. Il y aura des déserts des regiond pas desservies et les bus pollueurs ne remplaceront pas les trains.
    Il faut obliger le gouvernement à négocier le statut de la SNCF qui ne doit pas finir comme les PTT qui ont déserté des pans entiers de territoire.
    Ne pas se tromper d’ennemis

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