Le CHU Grenoble Alpes se dote d’un service de stérilisation entièrement modernisé et centralisé

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REPORTAGE VIDÉO – Dans le contexte de la refonte de son plateau interventionnel, le Centre hospitalier universitaire Grenoble Alpes (Chuga) a inauguré, le 30 mars dernier, son nouveau service de stérilisation. Alors que celui-ci vient d’être centralisé et entièrement modernisé, visite guidée de ce service indispensable au succès des gestes chirurgicaux tout autant qu’à la sécurité des patients.

 

 

L'équipe des opérateurs du service de stérilisation du Chuga. © Véronique Magnin - Place Gre'net

Le Dr Guimier-Pinguault, phar­ma­cienne, res­pon­sable de la sté­ri­li­sa­tion (deuxième à gauche) et l’é­quipe des opé­ra­teurs du ser­vice de sté­ri­li­sa­tion du Chuga. © Véronique Magnin – Place Gre’net

Ça sent le neuf au Centre hos­pi­ta­lier uni­ver­si­taire Grenoble Alpes (Chuga). Avec la moder­ni­sa­tion du site nord, le pla­teau tech­nique est actuel­le­ment en cours de révi­sion, tout comme le pla­teau inter­ven­tion­nel, avec notam­ment le renou­vel­le­ment des blocs opé­ra­toires. Objectif : opti­mi­ser le fonc­tion­ne­ment du sec­teur de la chi­rur­gie.

 

Le ser­vice de sté­ri­li­sa­tion fait office de pivot cen­tral dans ce nou­vel ensemble dont l’achèvement est pro­grammé en 2019. Ce der­nier, désor­mais cen­tra­lisé mais aussi entiè­re­ment moder­nisé, a été inau­guré fin mars. L’occasion de décou­vrir ce ser­vice invi­sible pour les visi­teurs et les patients du centre hos­pi­ta­lier.

 

 

Pas de stérilisation, pas d’opération !

 

Sans la sté­ri­li­sa­tion du maté­riel, les 26 000 opé­ra­tions annuelles du Chuga – soit une cen­taine par jour – en comp­tant les hôpi­taux Michallon, Sud Échirolles et le pavillon Couple Enfant, ne pour­raient être réa­li­sées dans des condi­tions d’asepsie impec­cables. D’où le slo­gan de cette mati­née consa­crée à la visite des lieux : « Pas de sté­ri­li­sa­tion, pas d’opération ! »

 

De fait, « la sté­ri­li­sa­tion c’est le fait de pou­voir garan­tir qu’il y a une chance sur un mil­lion de trou­ver un micro-orga­nisme vivant sur un maté­riel. Donc, son objec­tif est de pou­voir garan­tir au patient et au chi­rur­gien qui va uti­li­ser son maté­riel pour opé­rer qu’il n’y a aucun risque de trans­mis­sion d’infections », explique le doc­teur Guimier-Pinguault, phar­ma­cienne, res­pon­sable de la sté­ri­li­sa­tion.

 

 

Sécurité et mieux-être des patients

 

Que ce ser­vice occupe désor­mais une place cen­trale dans le plan du futur pla­teau inter­ven­tion­nel répond à la demande des chi­rur­giens et anes­thé­sistes. En effet, ces der­niers y voient-là deux prin­ci­paux avan­tages : « La sécu­rité et le mieux-être des patients en éli­mi­nant les risques par un contrôle plus pré­cis des flux de patients, de maté­riels et d’éléments souillés », pré­cise le pro­fes­seur Faucheron, spé­cia­lisé en chi­rur­gie diges­tive et pré­sident du col­lège des chi­rur­giens du Chuga.

 

Le professeur Faucheron spécialisé en chirurgie digestive et président du collège des chirurgiens du Chuga. © Véronique Magnin - Place Gre'net

Le pro­fes­seur Faucheron spé­cia­lisé en chi­rur­gie diges­tive et pré­sident du col­lège des chi­rur­giens du Chuga. © Véronique Magnin – Place Gre’net

 

L’ « arse­nal cen­tra­lisé » gère la sté­ri­li­sa­tion de l’ensemble des objets et maté­riels qui vont ser­vir à opé­rer le patient : « dra­page opé­ra­toire, solu­tés, maté­riel sté­rile à usage unique ou réuti­li­sable », énu­mère Cathy, une infir­mière de bloc opé­ra­toire diplô­mée d’État (Ibode).

 

 

Un service de stérilisation pour plusieurs hôpitaux

 

Fini donc la mul­ti­pli­cité des salles de sté­ri­li­sa­tion. Dans la nou­velle confi­gu­ra­tion, le désor­mais unique et impo­sant ser­vice, relo­ca­lisé au rez-de-chaus­sée haut de l’hôpital Michallon, est en lien direct à l’étage avec tous les blocs opé­ra­toires via des ascen­seurs per­met­tant une jonc­tion directe avec les salles d’opération.

 

Le Dr Guimier-Pinguault, pharmacienne, responsable de la stérilisation devant la rangée des laveurs. © Véronique Magnin - Place Gre'net

Le doc­teur Guimier-Pinguault, phar­ma­cienne, res­pon­sable de la sté­ri­li­sa­tion devant la ran­gée des laveurs du ser­vice sté­ri­li­sa­tion. © Véronique Magnin – Place Gre’net

La sté­ri­li­sa­tion cen­trale des­sert aussi en maté­riel sté­ri­lisé les hôpi­taux Couple Enfant et sud Échirolles. En volume, cela repré­sente res­pec­ti­ve­ment 15 et 25 % de l’activité du ser­vice. La des­serte s’ef­fec­tue par camions, en pri­vi­lé­giant les périodes creuses d’activité des dif­fé­rents ser­vices impli­qués. Bientôt, s’ajoutera l’hôpital de Voiron dans le cadre de la stra­té­gie de grou­pe­ments hos­pi­ta­liers de ter­ri­toire (GHT).

 

 

Un processus de stérilisation optimisé par du matériel neuf

 

La cen­tra­li­sa­tion de la sté­ri­li­sa­tion a aussi été l’occasion de moder­ni­ser le ser­vice. « Tout le maté­riel a été renou­velé. Aussi parce qu’il n’était pas pos­sible d’arrêter la sté­ri­li­sa­tion du Chuga pen­dant les deux mois de tra­vaux », explique la res­pon­sable de la sté­ri­li­sa­tion cen­trale.

 

Quel cir­cuit emprunte le maté­riel réuti­li­sable entre deux opé­ra­tions ? Le voca­bu­laire asso­cié au pro­ces­sus de sté­ri­li­sa­tion met clai­re­ment sur la voie : tra­ça­bi­lité, pré-dés­in­fec­tion, marche en avant du sale au propre, sas pres­su­risé pour refou­ler les microbes en zone sale confi­née. Mais encore lavage et contrôle du maté­riel, recom­po­si­tion des boîtes d’instruments et sté­ri­li­sa­tion à la vapeur d’eau en zone propre sur­pres­su­ri­sée. Mais quoi de mieux que quelques images pour suivre un cycle de sté­ri­li­sa­tion dans l’en­ceinte du centre hos­pi­ta­lier.

 


Reportage Véronique Magnin

 

 

Cinq heures minimum pour un cycle de stérilisation

 

La durée d’un cycle ? De cinq à dix heures. Seulement cinq heures si le pro­ces­sus de sté­ri­li­sa­tion peut s’effectuer en flux tendu lorsque les laveurs sont immé­dia­te­ment dis­po­nibles et les opé­ra­teurs de sté­ri­li­sa­tion en nombre suf­fi­sant pour effec­tuer la recom­po­si­tion des boîtes. L’effectif total du ser­vice ? Cinquante per­son­nels qua­li­fiés (cf. enca­dré) pour 31 postes occu­pés par jour.

 

Parce qu’il a un impé­ra­tif de pro­duc­tion en continu, le ser­vice fonc­tionne de 6 à 21 heures du lundi au ven­dredi et de 7 à 20 heures le samedi. Mais éga­le­ment quinze dimanche par an pen­dant les périodes de vacances sco­laires d’hiver, toutes zones confon­dues, ainsi que le 14 juillet et le 15 août. Ce, en lien avec la trau­ma­to­lo­gie de la mon­tagne.

 

 

Des packs opératoires programmés pour stocker les boîtes stérilisées

 

Une fois sté­ri­lisé, le maté­riel est sto­cké, avant les inter­ven­tions, au sein de l’“arsenal” cen­tral. « Nous tra­vaillons sur la créa­tion de packs opé­ra­toires pro­gram­més (Pops) pour sim­pli­fier l’accès au maté­riel prêt à l’usage », explique le Pr Faucheron.

 

Salle de recomposition des boîtes du service de stérilisation. © Véronique Magnin - Place Gre'net

Salle de recom­po­si­tion des boîtes d’ins­tru­ments et maté­riels du ser­vice de sté­ri­li­sa­tion du Chuga. © Véronique Magnin – Place Gre’net

Là, avant leur ache­mi­ne­ment en salle d’intervention, les boîtes d’instruments sté­ri­li­sées et plom­bées des deux côtés en gage d’inviolabilité seront entre­po­sées par type d’in­ter­ven­tion.

 

Sachant que plu­sieurs boîtes dif­fé­rentes sont fré­quem­ment uti­li­sées par les chi­rur­giens, cha­cune conte­nant « les ins­tru­ments néces­saires à la réa­li­sa­tion d’une séquence d’une spé­cia­lité », pré­cise encore le chi­rur­gien.

 

Y seront éga­le­ment sto­ckées les boîtes conte­nant le maté­riel implan­table pour cer­tains types de chi­rur­gie, comme la pose de pro­thèses de hanche, de genou ou de sti­mu­la­teur car­diaque (ou pace­ma­ker). En résumé, que des avan­tages : « un unique lieu de sto­ckage per­met de gagner de la sur­face et du temps pour le mieux-être du malade », com­plète le Dr Faucheron.

 

Ainsi peut s’opérer en toute sécu­rité pour le patient le cycle per­pé­tuel des inter­ven­tions.

 

 

Véronique Magnin

 

 

DES OPÉRATEURS FORMÉS EN INTERNE

 

La cen­tra­li­sa­tion de la sté­ri­li­sa­tion pos­sède aussi un autre avan­tage. Celui de per­mettre l’absorption du coût de for­ma­tion du per­son­nel. « Maintenant que nous sommes dans des sté­ri­li­sa­tions com­plè­te­ment cen­tra­li­sées, il y a une tech­ni­cité plus impor­tante, sur­tout l’étape où on fait la recom­po­si­tion de la boîte de chi­rur­gie. C’est un métier qui incom­bait avant aux infir­mières de bloc et qui aujourd’hui est réa­lisé par les opé­ra­teurs », sou­ligne le Pr Faucheron. « Ils sont autant que pos­sible poly­va­lents car ils peuvent chan­ger de poste d’un jour à l’autre mais aussi sur une jour­née en fonc­tion du flux d’activité des blocs », com­plète Catherine Guimier Pingault.

 

« Il n’existe pas de diplôme spécifique »

 

Opératrice de stérilisation vérifiant les instruments d'un panier. © Véronique Magnin - Place Gre'ne

Opératrice de sté­ri­li­sa­tion véri­fiant les ins­tru­ments d’un panier. © Véronique Magnin – Place Gre’ne

Les chefs et les opé­ra­teurs des équipes de sté­ri­li­sa­tion « sont essen­tiel­le­ment des ouvriers spé­cia­li­sés qui à la base ont un BEP ou un CAP », pré­cise-t-elle. « Certains étaient bou­chers, d’autres coif­feurs ».

 

La for­ma­tion est réa­li­sée en interne au centre hos­pi­ta­lier. De fait, « Il n’existe pas de diplôme spé­ci­fique pour tra­vailler en sté­ri­li­sa­tion. Quand ils arrivent ici, ils ne connaissent ni la sté­ri­li­sa­tion, ni l’hôpital. » Ils sont donc for­més aux règles de l’hygiène et au métier lui-même par les infir­mières de bloc opé­ra­toire. Celles-ci ont quant à elles suivi, à l’is­sue de l’école d’infirmière, une for­ma­tion com­plé­men­taire de deux ans, com­pre­nant des ensei­gne­ments en chi­rur­gie, ana­to­mie, hygiène de blocs opé­ra­toire et légis­la­tion.

 

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