De Delacroix à Gauguin, une traversée du XIXe siècle en dessins au musée de Grenoble

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FOCUS – Avec sa dernière exposition, De Delacroix à Gauguin, chefs‑d’œuvre dessinés du XIXe siècle du musée de Grenoble, visible du 17 mars au 17 juin 2018, le musée de Grenoble clôt un cycle entamé dès l’arrivée de son directeur Guy Tosatto en 2006. Le fonds de dessins anciens du musée a été passé au peigne fin et donne lieu, après plusieurs rendez-vous, à cette conclusion sur l’art graphique au XIXe siècle. Un parcours dense et thématique dans un siècle incroyablement riche.

 

 

Paul Gauguin, Te nave nave fenua , 1892

Paul Gauguin, Te nave nave fenua , 1892

On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. Expression qu’on accom­mo­de­rait bien, façon musée de Grenoble, de la manière sui­vante : « On n’attrape pas les visi­teurs sans grand nom de la pein­ture ».

 

La der­nière expo­si­tion inau­gu­rée par le musée le 16 mars 2018, De Delacroix à Gauguin, chefs‑d’œuvre des­si­nés du XIXe siècle du musée de Grenoble, s’appuie, dans son titre, sur la renom­mée des deux peintres cités. Si le pre­mier est bel et bien pré­sent à tra­vers plu­sieurs des­sins et esquisses, on ne trou­vera du second qu’une seule aqua­relle. Feuille, en recto-verso, extraite de l’un des car­nets du peintre, qui s’appréciera au terme d’une expo­si­tion orga­ni­sée autour du fonds de des­sins que pos­sède le musée.

 

On excuse cepen­dant volon­tiers le musée de cette petite astuce de com­mu­ni­ca­tion devant le par­cours tout à fait per­ti­nent qu’elle a su ména­ger via ces 115 pièces du XIXe siècle. Manière de mon­trer, comme l’a sou­li­gné Guy Tosatto, son direc­teur, que le musée pos­sède là une véri­table col­lec­tion qu’il s’agira de mettre en ligne par la suite.

 

 

Un parcours thématique

 

Au regard du sous-titre de l’exposition, « chefs‑d’œuvre des­si­nés du XIXe siècle », on s’attend d’abord à suivre un che­mi­ne­ment chro­no­lo­gique fondé sur l’enchaînement des mou­ve­ments pic­tu­raux les plus fameux. Rien de tel. Ce sont les rap­pro­che­ments thé­ma­tiques – le renou­veau de la pein­ture reli­gieuse, les séduc­tions de l’Orient, les artistes et la guerre, etc. – qui se sont sub­sti­tués à cette divi­sion.

 

Eugène Delacroix, Études de costumes algériens, 1832

Eugène Delacroix, Études de cos­tumes algé­riens, 1832

Le direc­teur du musée de Grenoble, Guy Tosatto, s’en est expli­qué. « Pour un tel décou­page, il nous aurait man­qué cer­tains grands noms. »

 

Une salle entière est néan­moins dédiée à Eugène Delacroix et, plus pré­ci­sé­ment, aux des­sins et esquisses pré­pa­ra­toires réa­li­sées lors de l’un de ses voyages en Afrique du Nord. Comme nombre de ses contem­po­rains, il est séduit par une végé­ta­tion, des cos­tumes et des mœurs dont il tente de sai­sir les spé­ci­fi­ci­tés sur ses car­nets et feuilles volantes.

 

« La plu­part des feuilles ont été cou­vertes en marche, sur le pom­meau de la selle ou sous l’ombre des figuiers, aux haltes, et le soir, quand tout le monde dor­mait acca­blé de fatigue, repas­sées à l’aquarelle dans le silence de la tente », a pré­cisé le comte de Mornay, auquel s’était joint le peintre lors d’une délé­ga­tion diplo­ma­tique menée en 1832 au nom du roi Louis-Philippe.

 

 

Le dessin : un art plus « exigeant »

 

« Nous avons choisi d’accompagner les des­sins de davan­tage de texte. Car le des­sin est plus exi­geant dans son approche que la pein­ture ou la sculp­ture », pré­vient Guy Tosatto. Par ses dimen­sions plus modestes d’abord, on sera moins faci­le­ment cap­tivé par un des­sin que par une toile. Les des­sins expo­sés sont aussi, pour cer­tains, des ébauches, un tra­vail pré­pa­ra­toire en vue d’une toile. Mais Valérie Lagier, qui a réa­lisé le com­mis­sa­riat d’exposition, note que cer­tains des­sins expo­sés ont aussi été réa­li­sés pour eux-mêmes.

 

Félix Ziem, Gros temps (marine)

Félix Ziem, Gros temps (marine)

La sec­tion inti­tu­lée « Dans la sphère impres­sion­niste », notam­ment, com­porte éga­le­ment de très belles aqua­relles. Les Monet, Renoir ou Sisley – si plé­bis­ci­tés par les visi­teurs – ne figurent pas parmi les artistes expo­sés il est vrai. Mais l’a­qua­relle Bateaux au bord de l’eau, entre autres, vaut fran­che­ment le détour par le savoir-faire chro­ma­tique qu’y déploie Eugène Deshayes.

 

« Le tra­vail direc­te­ment sur la toile, face au motif […] s’accommode mal de longues étapes pré­pa­ra­toires. Les artistes impres­sion­nistes ont peu des­siné […]. Il n’en reste pas moins que cer­tains peintres avant eux – comme Félix Ziem, Eugène Boudin et Johan Barthold Jongkind – ont dans leurs aqua­relles recher­ché cette ins­tan­ta­néité, cette trans­crip­tion des phé­no­mènes atmo­sphé­riques que les impres­sion­nistes ten­te­ront d’approcher à la pein­ture à l’huile », avance Valérie Lagier dans le cata­logue d’exposition.

 

Adèle Duminy

 

 

Infos pratiques

 

Musée de Grenoble

De Delacroix à Gauguin – Chefs‑d’œuvre des­si­nés du XIXe siècle du musée de Grenoble

17 mars – 17 juin 2018

 

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Commentaires 1
  1. Quasi-men­son­ger le « Gauguin » dans le titre en effet !

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