Vues d’en face : pour ses 18 ans, le Festival du film LGBT de Grenoble fait rimer maturité et nouveautés

sep article

Offres de locations exceptionnelles aux 2 Alpes

FOCUS – La 18e édition de Vues d’en face, festival international du film LGBT (lesbien, gay, bi, transgenre) se tient à Grenoble du vendredi 2 au vendredi 16 mars 2018. Avec en point d’orgue les projections des films retenus cette année, du vendredi 9 au mardi 13 mars. Cinq jours pour un programme varié, riche en inédits et avants-premières en présence de nombreux invités.

 

 

Vues d'en face : festival international du film LGBT de Grenoble du 2 au 16 mars 2018

Affiche 2018 de Vues d’en face le fes­ti­val inter­na­tio­nal du film LGBT de Grenoble.

« L’âge d’être grand et libre ! », annonce l’é­quipe du fes­ti­val Vues d’en face dans l’é­di­to­rial de son pro­gramme 2018. Le fes­ti­val de cinéma gay et les­bien de Grenoble fête en effet cette année ses 18 ans.

 

Fort de cette matu­rité, il entend être plus que jamais un moment de ren­contres et d’é­changes ico­no­claste au sein du pay­sage cultu­rel gre­no­blois, et un temps de réflexion sur les ques­tions d’i­den­tité, de genre, de regard et d’ac­cep­ta­tion.

 

Première nou­veauté cette année : le fes­ti­val se déroule un mois plus tôt. « On s’est rendu compte l’an­née der­nière qu’en avril il y avait énor­mé­ment d’é­vé­ne­ments sur l’ag­glo­mé­ra­tion et que le public était par­tagé entre diverses pro­po­si­tions », explique Émilie Gonnot, membre de l’é­quipe.

 

Les orga­ni­sa­teurs, tous béné­voles, ont donc vu leurs délais rac­cour­cis d’un mois. Une déci­sion cou­ra­geuse quand il s’a­git de mettre en place une pro­gram­ma­tion pla­cée sous le signe de la diver­sité.

 

Des partenariats de plus en plus nombreux

 

L’esprit du fes­ti­val reste le même : pro­po­ser des œuvres rares, des avants-pre­mières ou des inédits. Quitte à réa­li­ser soi-même les sous-titres, comme c’est le cas cette année encore pour plu­sieurs films. Ce qui n’empêche pas Vues d’en face de pro­po­ser aussi des films moins récents, tel Mysterious Skin de Gregg Akari, réa­lisé en 2004, pro­jeté le 6 mars salle Juliet Berto en par­te­na­riat avec le Ciné-Club de Grenoble.

 

Man On High Heels, un film d'action sud-coréen... en talons hauts ? © Vues d'en face

Man On High Heels, un film d’ac­tion sud-coréen… en talons hauts ? © Vues d’en face

 

Si le “gros” du fes­ti­val se déroule au cinéma Le Club, sou­tien his­to­rique et fidèle de l’a­ven­ture, Vues d’en face s’ex­porte en effet hors les murs pour des “before” et des “after”, au gré des par­te­na­riats qui se sont noués au fil du temps, avec les biblio­thèques Kateb Yacine et Centre-ville, la Cinémathèque de Grenoble, Eve et Radio Campus, Un tram­way nommé culture, L’Ampérage… La liste s’al­longe d’an­née en année.

 

 

Un programme sous le signe de la diversité

 

Les protagonistes de Cerveaux mouillés d'orages. © Vues d'en face

Les pro­ta­go­nistes de Cerveaux mouillés d’o­rages. © Vues d’en face

C’est à par­tir du ven­dredi 9 mars que les pro­jec­tions au cinéma Le Club débutent. Avec en ouver­ture Close Knit, un film japo­nais de Naoko Ogigami, inédit à Grenoble. « Un très beau film d’ou­ver­ture », se réjouit Christophe Prat de Vues d’en face.

 

En nar­rant l’his­toire d’une coha­bi­ta­tion entre une jeune fille de onze ans et la com­pagne trans­genre de son oncle, Close Knit a séduit les pro­gram­ma­teurs du fes­ti­val par son huma­nité, sa poé­sie et son humour.

 

Jusqu’au mardi 13 mars, douze films seront pro­je­tés dans le cadre du fes­ti­val pro­pre­ment dit, sans comp­ter deux séances de courts-métrages. Beaucoup d’a­vants-pre­mières, beau­coup d’i­né­dits… et beau­coup d’in­vi­tés.

 

Trois réa­li­sa­teurs assis­te­ront ainsi à la pro­jec­tion de leur film, de même que les pro­ta­go­nistes du docu­men­taire Cerveaux mouillés d’o­rage, deux femmes en situa­tion de han­di­cap vivant en couple. L’une d’elle, artiste sous le pseu­do­nyme de Cocopirate, expo­sera par ailleurs ses œuvres à l’Atelier du 8, rue Raymond Bank à Grenoble.

 

Le pro­gramme est foi­son­nant : une soi­rée « Queer véri­table » (pour public averti) le samedi 10 mars pro­po­sera notam­ment le der­nier film du célèbre réa­li­sa­teur Bruce LaBruce. Tandis que la poé­sie sera au ren­dez-vous le len­de­main à l’oc­ca­sion de la pro­jec­tion des films Al Berto et I Dream In Another Language. « Une soi­rée pour les gens qui aiment les belles images », résume Christophe Prat.

 

I Dream In Another Language. © Vues d'en face

I Dream In Another Language. © Vues d’en face

 

Si une réa­li­sa­tion comme Beach Rats se veut plus “conven­tion­nelle” dans la forme, d’autres réa­li­sa­tions sur­pren­dront le spec­ta­teur. À com­men­cer par Man On High Heels, un véri­table film d’ac­tion venu de Corée du Sud, dont les scènes de com­bat cho­ré­gra­phiées avec toute l’é­lé­gance du genre n’en­lèvent rien à l”“autre” vie du per­son­nage prin­ci­pal. « Réussir à faire un film comme ça, tendre et émou­vant avec de la cas­tagne, c’est un exploit ! », juge encore Christophe Prat.

 

 

Un “after” mouvementé

 

L’édition 2018 de Vues d’en face met-elle la clé sous la porte au soir du mardi 13 mars ? Pas du tout, insistent ses orga­ni­sa­teurs. Elle se pro­longe dans un “after” mou­ve­menté jus­qu’au ven­dredi 16 mars. À tra­vers – nou­veauté cette année – une séance d’é­coute de docu­men­taires sonores le mer­credi 14 mars à Eve, sur le cam­pus de Saint-Martin-d’Hères.

 

Le Queercore est très loin des représentations clichés des Gay Pride © Vues d'en face

Le Queercore est très loin des repré­sen­ta­tions cli­chés des Gay Pride © Vues d’en face

 

À tra­vers encore la dif­fu­sion du docu­men­taire Queercore : How To Punk A Revolution à l’Esad (École supé­rieure d’art) de Grenoble. Depuis John Waters en pas­sant par Kim Gordon (du groupe Sonic Youth) ou le déjà cité Bruce LaBruce, le film se penche sur les acteurs du mou­ve­ment Queercore, en lutte contre l’ho­mo­pho­bie via l’ap­pro­pria­tion de l’art et de la musique punk. De quoi faire remuer les méninges et les consciences.

 

Enfin, pour finir en beauté, c’est à l’Ampérage que se conclura pour de bon la 18e édi­tion de Vues d’en face, à l’oc­ca­sion d’une soi­rée pla­cée sous le signe de la musique élec­tro et de per­for­mances live. Mais aussi de shows queer, de la dif­fu­sion d’un web-série et d’autres sur­prises. De quoi atti­rer un très large public dans le cadre d’un fes­ti­val « sur la vie en société » que ses orga­ni­sa­teurs veulent, plus que jamais, ouvert à tous.

 

 

Florent Mathieu

 

MC2 - A la Vie
commentez lire les commentaires
2422 visites | 0 réaction
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site is protected by reCAPTCHA and the Google Privacy Policy and Terms of Service apply.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.