Ligne Lyon-Turin : Laurent Wauquiez redoute un « terrible gâchis »

sep article



FIL INFO – En visite sur le chantier du Lyon-Turin, Laurent Wauquiez dénonce le « terrible gâchis » si le gouvernement en vient à suivre les recommandations du rapport Duron. Le Conseil d’orientation des infrastructures préconise de reporter à après 2038 la seconde phase du chantier. La ministre des Transports doit se positionner d’ici avril.

 

 

Laurent Wauquiez sur le chantier du Lyon-Turin le 26 février 2018 © Michel Peres - Région Auvergne Rhône-Alpes

Laurent Wauquiez sur le chan­tier du Lyon-Turin le 26 février 2018 © Michel Peres – Région Auvergne Rhône-Alpes

Alors que le gou­ver­ne­ment doit bien­tôt se pro­non­cer sur le rap­port du Conseil d’o­rien­ta­tions des infra­struc­tures (COI) pré­sidé par l’ex-député Philippe Duron (PS), c’est au tour du pré­sident de la Région Auvergne Rhône-Alpes de mon­ter au cré­neau pour défendre le pro­jet de ligne fer­ro­viaire Lyon-Turin.

 

Chargé d’é­ta­blir des prio­ri­tés dans les choix d’in­ves­tis­se­ment dans les trans­ports pour les vingt pro­chaines années, le COI pré­co­nise de remettre à plus tard, après 2038, la seconde phase du chan­tier du Lyon-Turin. Bref, si le tun­nel de base trans­fron­ta­lier est sur les rails, les accès aux tun­nels ne pressent pas pour le COI. Lequel recom­mande à la place de den­si­fier l’axe actuel Dijon-Modane, moyen­nant un inves­tis­se­ment de 700 mil­lions d’eu­ros.

 

 

Le rapport Duron, « une entorse aux engagements de la France »

 

En visite sur le chan­tier du Lyon-Turin ce 26 février, Laurent Wauquiez en a remis une couche. Le rap­port Duron est non seule­ment « une entorse aux enga­ge­ments de la France » mais la réa­li­sa­tion des trois tron­çons est le moyen de désen­cla­ver les Alpes « tout en répon­dant à l’urgence éco­lo­gique liée à la pol­lu­tion de l’air dans la val­lée de l’Arve ».

 

Urgence éco­lo­gique ? Dans un com­mu­ni­qué publié sur son site le 19 février, le comité pour la Transalpine, un des plus ardents sou­tiens au Lyon-Turin, met­tait en avant l”« explo­sion » du tra­fic poids lourds en 2017. Quatre-vingt mille camions sup­plé­men­taires ont l’an­née der­nière tran­sité par les tun­nels du Fréjus et du Mont-Blanc. Soit 220 camions par jour.

 

Sur la période 2014 – 2017, la Transalpine comp­ta­bi­lise 150 000 poids lourds en plus. Des chiffres certes infé­rieurs aux pré­vi­sions éta­blies pour jus­ti­fier la nou­velle ligne, concède la Transalpine mais pour qui « cette dif­fé­rence n’est en réa­lité qu’un trompe-l’œil » car direc­te­ment liée à la crise de 2009.

 

Les bénéfices du tunnel du Mont-Blanc servent depuis 2012 à renflouer les caisses, à sec, du tunnel du Fréjus grâce à une convention passée avec le FDPITMA dédié à l'intermodalité et notamment à financer le Lyon-Turin.

Tunnel du Mont-Blanc : le comité pour la Transalpine met en avant l’ex­plo­sion du tra­fic poids lourds ces der­nières années mal­gré des chiffres encore en-deçà des pré­vi­sions. DR

« Ces der­nières années, les tra­fics trans­al­pins ont dépassé leur niveau d’avant 2009 et affichent une dyna­mique durable sur l’ensemble du cor­ri­dor médi­ter­ra­néen reliant la pénin­sule ibé­rique à l’Europe cen­trale (17 % du PIB et 13 % de la popu­la­tion de l’UE). Faute d’infrastructures fer­ro­viaires com­pé­ti­tives reliant la France à l’Italie, 92 % des mar­chan­dises sont trans­por­tées par la route. »

 

Pour Laurent Wauquiez, tirer un trait sur les accès fran­çais au Lyon-Turin pour lui pré­fé­rer la moder­ni­sa­tion de l’exis­tant est un « ter­rible gâchis ». « La France, l’Italie et l’Union euro­péenne auront investi 8,3 mil­liard d’eu­ros pour un tun­nel qui devrait être livré en 2029. Avec le rap­port Duron, il ne serait exploité côté français qu’à par­tir de 2038, c’est-à-dire qu’il serait sous-exploité pen­dant une dizaine d’années ».

 

 

Le dossier sur la table du gouvernement… et de Commission européenne

 

Le gou­ver­ne­ment devrait se pro­non­cer rapi­de­ment sur les recom­man­da­tions du rap­port Duron. Son choix sera la base du volet infra­struc­tures du pro­jet de loi sur les mobi­li­tés que la ministre des Transports pré­sen­tera en avril en Conseil des ministres. Avant débat au par­le­ment.

 

Du côté de Bruxelles, qui s’est engagé à finan­cer 40 % du tun­nel de base trans­fron­ta­lier jus­qu’en 2020, le dos­sier revient lui aussi sur la table. La Commission euro­péenne a com­mencé à plan­cher sur le futur cadre finan­cier plu­ri­an­nuel qui fixera en 2019 les pla­fonds des dépenses affec­tées à plu­sieurs pro­jets sur la période 2021 – 2030. Dont le Lyon-Turin.

 

PC

 

 

Grenoble Finaliste pour le concours de Capitale Verte
commentez lire les commentaires
2486 visites | 0 réaction
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.