Différer les accès au Lyon-Turin ? Une décision purement comptable pour la Région Auvergne Rhône-Alpes

sep article

Internationaux de France de patinage du 1er au 3 novembre 2019 à Grenoble

FIL INFO – En visite au tunnel du Brenner en Autriche, le premier vice-président de la Région Auvergne Rhône-Alpes Étienne Blanc conteste les recommandations du rapport Duron de différer la seconde phase du chantier du Lyon-Turin.

 

 

La contribution de la France au financement du Lyon-Turin a-t-elle été inscrite au budget de l'État ? Un document officiel atteste du contraire...

Chantier du Lyon-Turin à Saint-Martin-la Porte. © Telt

La recommandation du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) de reporter après 2038 la réalisation des accès ferroviaires à la ligne Lyon-Turin pour moderniser l’axe existant n’en finit pas de faire des vagues. À peu près toute la classe politique, exception faite des écologistes opposés au projet et des socialistes très discrets, y va de son couplet.

 

A la Région Auvergne Rhône-Alpes, Étienne Blanc, le premier vice-président, a profité d’un voyage en Autriche et d’une petite visite au tunnel du Brenner, considéré comme le cousin du Lyon-Turin, pour s’offusquer des conclusions du rapport de l’ex-député socialiste Philippe Duron.

 

« Cette proposition est une aberration, assène l’élu Les Républicains dans un communiqué. Elle repose sur une logique purement comptable et ne s’inscrit pas dans une vision globale et cohérente d’aménagement du territoire. La même logique comptable ne s’applique visiblement pas au Grand Paris Express dont les coûts ont explosé pour atteindre 35 milliards d’euros. »

 

 

Le Brenner, un exemple ?

 

Percé entre l’Autriche et l’Italie sur 57 km, le tunnel du Brenner devrait entrer en service en 2026. Un exemple pour Étienne Blanc. « Il coûtera moins cher que prévu », précise le conseiller régional, qui fait état de 400 millions d’euros économisés, sur près de 10 milliards du projet. Mais, surtout, les travaux du tunnel et des voies d’accès sont menés de front. Ce qui ne devrait pas être le cas du Lyon-Turin si le gouvernement, qui doit trancher d’ici la fin du mois, suit le COI.

 

L’occasion pour le conseiller régional de dénoncer les hésitations de la France. « À l’instar de beaucoup de nos voisins comme la Suisse, l’Autriche mène une politique active et efficace en matière de ferroutage, en conjuguant la réalisation d’infrastructures ferroviaires de nouvelle génération et des dispositifs de régulation du trafic de poids lourds. La part du rail dans le transport de marchandises est de 30 % en Autriche. Elle n’est que de 10 % en France. »

 

PC

 

 

« Une entrave forte et durable à la mobilité » pour Michel Savin

 

Michel Savin sénateur-maire de Domène s'exprime lors du débat public Place Gre'net à Grenoble Hébergement d'urgence : quelles issues au fatalisme © Nils Louna - placegrenet.fr

Michel Savin sénateur-maire Les Républicains de Domène. © Nils Louna – placegrenet.fr

De son côté, le sénateur de l’Isère Michel Savin déplore qu’« une fois encore, Grenoble, onzième agglomération française, reste à l’écart des grands projets structurants de notre pays ». Pour l’élu Les Républicains, la décision du COI est en complète contradiction avec les priorités du gouvernement.

« La liaison actuelle est pourtant reconnue comme un point noir de notre réseau ferroviaire […]. Il s’agit d’une entrave forte et durable à la mobilité, qui se traduira par un enclavement de la métropole grenobloise », affirme-t-il.

 

commentez lire les commentaires
1790 visites | 3 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 3
  1. Se fera ou se fera pas mais il faudrait qu’un jour ils se décident ,personnellement je suis directement concerné car je suis sur le tracé et je ne peux pas vendre mon habitation ,je suis coincé depuis 10 ans mes projets sont en stand by .un jour ils signent des accords et le lendemain ils remettent tout en cause et ça dure comme ça depuis vingt ans.

    sep article
  2. « Les écologistes opposés » est un pléonasme 🙂 Voyez l’état de la circulation et du niveau de pollution à Grenoble et autour du à leurs oppositions systématiques des aménagements des rondeau et rocade ainsi qu’à toutes alternatives, sans oublier leur superbe coeur de ville coeur de métropole qui paralyse et pollue encore plus notre ville.

    sep article
  3. Si les infrastructures étaient le problème, le fret ferroviaire serait florissant en plaine.
    Il n’en n’est rien. La ligne existante Lyon-Turin est utilisée à moins de 20% de sa capacité de fret, elle peut transporter 1 million de PL/an; utilisons là et consacrons l’argent public aux TER du quotidien, c’est le rôle de la région

    sep article