Le Dal 38 et la Patate chaude taclent la politique « anti-sociale » de la Ville de Grenoble

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FIL INFO – Pour mettre en place son dispositif d’équipe juridique mobile, la Ville de Grenoble a proposé aux collectifs Droit au logement 38 (Dal 38) et la Patate chaude de s’associer au projet. Dans une lettre au vitriol, les militants refusent la proposition, tout en accusant la Ville de mener une politique anti-sociale parsemée de « coups de pub ».

 

 

« Nous n’oublions pas tous les agis­se­ments indignes et inhu­mains de cette muni­ci­pa­lité. » Cette sen­tence sans appel émane du Droit au loge­ment 38 (Dal 38) et de la Patate chaude. Les deux col­lec­tifs répondent ainsi à la pro­po­si­tion de la Ville de Grenoble de par­ti­ci­per à l’é­la­bo­ra­tion du pro­jet d”“équipe juri­dique mobile”.

 

La Patate Chaude et le Dal 38 refusent de s'associer au projet d'“équipe juridique mobile” de la Ville de Grenoble pour cause de "politique anti-sociale".Yvon Sellier de la Patate chaude lors d'un rassemblement contre le mal-logement © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Yvon Sellier de la Patate chaude lors d’un ras­sem­ble­ment contre le mal-loge­ment © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

 

Présentées en décembre 2017 dans un Plan d’action pour l’accès aux droits et contre le non-recours, les équipes juri­diques mobiles auraient ainsi pour objec­tif d’al­ler à la ren­contre des per­sonnes sans abris pour les infor­mer de leurs droits. Notamment le droit à l’hé­ber­ge­ment oppo­sable (Daho) et le droit au loge­ment oppo­sable (Dalo).

 

 

« Coups bas et coups de pub »

 

Aux yeux du Dal 38, en lutte contre le mal-loge­ment, comme de la Patate chaude, mili­tant pour la cause des Roms, la Ville de Grenoble « met en place une poli­tique anti-sociale » en expul­sant, en cou­pant les fluides ou en par­ti­ci­pant au « har­cè­le­ment de per­sonnes sans abris ». Des accu­sa­tions déjà émises lorsque la muni­ci­pa­lité van­tait dans la presse natio­nale la mise en place de conven­tions tem­po­raires d’oc­cu­pa­tion avec des SDF.

 

Expulsion du camp Valmy le 24 mai 2017. © Manuel Palvard - Place Gre'net

Expulsion du camp Valmy le 24 mai 2017. © Manuel Palvard – Place Gre’net

 

Dans un cour­rier adressé au maire de Grenoble Éric Piolle, les mili­tants accusent : « Comme les muni­ci­pa­li­tés pré­cé­dentes, la mai­rie actuelle alterne ses coups bas et ses coups de pub. » Des coups bas ? Pêle-mêle, le cour­rier cite le bidon­ville éva­cué d’Esmonin, les expul­sions des camps Valmy et Flaubert ou encore celle de la rue Léon-Blum. Si ces éva­cua­tions relèvent de la pré­fec­ture de l’Isère, les asso­cia­tions sur le ter­rain jugent volon­tiers la Ville com­plice.

 

 

« La vitrine est bien sale »

 

À la liste s’a­joute l’exemple du squat rue Jay, où l’élec­tri­cité a été cou­pée quelques jours avant le début de la trêve hiver­nale pour cause de fac­tures non payées. Ou encore la réfé­rence aux agents de la police muni­ci­pale qui for­ce­raient les per­sonnes vivant sous des tentes dans les parcs à les démon­ter chaque matin, « qu’il vente, pleuve ou neige ». Bref, accusent les col­lec­tifs, « la vitrine de la pre­mière grande ville “écolo de gauche” est bien sale ».

 

Rassemblement des militants contre les démolitions à la Villeneuve, de l'association des résidents du 10/20 Galerie de l'Arlequin, et du Droit au logement (DAL) 38, lundi 6 novembre 2017, devant la mairie de Grenoble. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Militants contre les démo­li­tions à la Villeneuve, de l’as­so­cia­tion des rési­dents du 10/20 gale­rie de l’Arlequin et du Dal 38, le 6 novembre 2017, devant la mai­rie de Grenoble. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

 

Filant la méta­phore, les signa­taires de la lettre refusent de « jouer le jeu de la vitrine sociale de Grenoble ». Et expliquent pour­quoi : demande d’être zone-test pour « la police “macro­nienne” de proxi­mité », fer­me­ture des biblio­thèques de quar­tiers popu­laires, démo­li­tion du 10/20 gale­rie de l’Arlequin ou « poli­tiques de gen­tri­fi­ca­tion qui pré­ca­risent les pauvres pour accueillir les ingé­nieurs »… Aucun doute, affirment les col­lec­tifs : « Les vitrines de cette ville ne sont pas sociales ».

 

Sans sur­prise, le Dal 38 et la Patate chaude refusent donc caté­go­ri­que­ment de s’as­seoir autour d’une table pour tra­vailler avec la muni­ci­pa­lité gre­no­bloise. « Si la mai­rie se veut sociale, qu’elle agisse sur ses propres pra­tiques », concluent-ils, récla­mant une nou­velle fois la fin des expul­sions, des cou­pures d’eau ou d’élec­tri­cité ou des pro­jets de « gen­tri­fi­ca­tion » de la ville.

 

FM

 

 

MC2 - Saison 2020-21
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Commentaires 2
  1. J’ajoute que si les signa­taires ne veulent pas de police de proxi­mité qu’ils luttent eux-mêmes contre les tra­fics de drogues (autres que le can­na­bis que le maire veut dépé­na­li­ser), qu’ils trouvent les incen­diaires du col­lège de la Villeneuve et de la Casemate et par­ti­cipent à la tran­quillité de cer­tains quar­tiers … disons … un peu chauds.
    Mais non, tels des Ponce Pilate, ils s’en lavent les mains.
    Comme disait notre ancêtre com­mun Boileau : « la cri­tique est aisée mais l’art est dif­fi­cile ».

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  2. Vous ne dites pas que la mai­rie vient de payer le fuel pour la chau­dière du squat de la rue Jay ? que la mai­rie va pas­ser des baux pré­caire avec les habi­tants des squats ?
    Bien sûr que la mai­rie peut en faire plus mais …
    Ca fait tel­le­ment bien de taper sur la mai­rie et pas sur le gou­ver­ne­ment via la pré­fec­ture et le conseil dépar­te­men­tal qui laissent des mil­liers de gens dans la rue !!!!

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