Bébé ramené à la vie avec de lourdes séquelles : la justice ordonne une expertise

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En 2001, deux médecins avaient ramené à la vie un bébé mort-né à la clinique Belledonne de Saint-Martin-d’Hères. Depuis, l’enfant est lourdement handicapé. Sa mère, qui y voit la conséquence d’un acharnement thérapeutique, réclame réparation. La justice a, le 18 janvier dernier, ordonné une expertise pour déterminer si le pédiatre et l’anesthésiste étaient allés trop loin.

 

 

Tribunal de Grande Instance à Grenoble, salle des audiences correctionnelles. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Tribunal de grande ins­tance de Grenoble. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Coïncidence ? La déci­sion du tri­bu­nal de grande ins­tance de Grenoble est tom­bée le jour où étaient lan­cés les États géné­raux de la bioé­thique, débats préa­lables à une loi qui sera débat­tue au par­le­ment à l’au­tomne.

 

Jeudi 18 jan­vier, la jus­tice a décidé d’ordon­ner une exper­tise dans le dos­sier d’un enfant, aujourd’­hui âgé de 16 ans, lour­de­ment han­di­capé depuis sa nais­sance.

 

En mars 2001 à la cli­nique de Belledonne de Saint-Martin-d’Hères, les méde­cins avaient réussi, après quinze minutes de mas­sage car­diaque, à réani­mer un bébé né avec le cor­don ombi­li­cal enroulé autour de son cou. Celui-ci est aujourd’­hui atteint de lourdes séquelles, phy­siques et men­tales l’o­bli­geant à se dépla­cer en fau­teuil rou­lant et moyen­nant une assis­tance per­ma­nente.

 

Le pédiatre et l’anes­thé­siste sont-ils allés trop loin ? C’est ce que pense la mère de l’en­fant, qui en assume seule la charge. Cette der­nière a donc lancé une action en jus­tice, fai­sant valoir l’er­reur médi­cale, et réclame une indem­ni­sa­tion en pré­ju­dice.

 

 

Réanimation conforme au protocole ou obstination déraisonnable ?

 

Les méde­cins avaient-ils toutes les infor­ma­tions en main ? Pas for­cé­ment. C’est en tout cas ce qu’a­vait défendu un de leurs avo­cats lors d’une pré­cé­dente audience. Le han­di­cap ne vien­drait en effet pas de la réani­ma­tion, selon la défense du pédiatre, mais d’un manque d’oxy­gène « dû à un arrêt car­diaque estimé à trente minutes avant la nais­sance ». Or, pas plus le pédiatre que l’anes­thé­siste n’en avaient connais­sance quand ils ont effec­tué les gestes de réani­ma­tion.

 

Peut-on alors par­ler d’a­char­ne­ment thé­ra­peu­tique ? Le tri­bu­nal, qui avait mis sa déci­sion en déli­béré au 18 jan­vier, n’a fina­le­ment pas tran­ché. Mais ordonné une exper­tise afin de savoir si « si les manœuvres aux fins de réani­ma­tion […] étaient conformes aux don­nées scien­ti­fiques et médi­cales au moment des faits ou consti­tuaient une obs­ti­na­tion dérai­son­nable, inutile ou dis­pro­por­tion­née ».

 

PC

 

 

MC2 - A la Vie
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