Les étudiants de l’UGA veulent un débat public sur l’avenir des bibliothèques de composantes

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Après la courte trêve des vacances, la polé­mique autour des biblio­thèques de com­po­santes reprend de la vigueur sur le cam­pus uni­ver­si­taire de Saint-Martin‑d’Hères. Alors que la direc­tion de l’Université Grenoble-Alpes s’apprête à son­der les habi­tudes des usa­gers à tra­vers des groupes de dis­cus­sion, un col­lec­tif d’étudiants orga­nise une assem­blée géné­rale, le mardi 23 jan­vier, pour deman­der un débat public et « réel­le­ment démo­cra­tique » sur l’avenir des biblio­thèques.

 

 

Les syndicats étudiants de l'Université Grenoble-Alpes luttent contre la reconversion de 19 bibliothèques de composantes en espace numériques de travail.UGA_bibliothèques de composante© Giovanna Crippa

La biblio­thèque de l’ARSH sera recon­ver­tie en espace numé­rique de tra­vail, d’ici 2020. © Giovanna Crippa

Ouvrir un temps d’échange et de concer­ta­tion… avec un groupe res­treint d’étudiants et d’enseignants-chercheurs. Telle est la pro­po­si­tion de la pré­si­dence de l’UGA aux usa­gers des dix-neuf biblio­thèques de com­po­santes vouées à être recon­ver­ties en espaces numé­riques de tra­vail (ENT) au prin­temps 2018.

 

Pour ce faire, Eneis, un cabi­net privé spé­cia­liste des son­dages, est chargé d’animer une série de “focus group” (groupes de dis­cus­sion, en bon fran­çais).

 

L’objectif ? Enquêter sur la fré­quen­ta­tion et les usages des dif­fé­rentes biblio­thèques situées sur le cam­pus de Grenoble. À savoir, non seule­ment les lieux docu­men­taires asso­ciés aux uni­tés de for­ma­tion et de recherche (UFR), mais aussi les deux grandes biblio­thèques uni­ver­si­taires (BU).

 

 

Un sondage mené auprès d’« une liste aléatoire » d’usagers

 

À l’issue de cette phase de concer­ta­tion, le pres­ta­taire devra pré­sen­ter une syn­thèse des résul­tats de son étude. L’occasion pour la direc­tion de peut-être remettre en cause sa poli­tique de réor­ga­ni­sa­tion de l’offre docu­men­taire ? Pas sûr, estiment les membres du col­lec­tif en lutte contre la fer­me­ture des biblio­thèques d’UFR, ainsi que les syn­di­cats étu­diants Unef, CNT et Solidaires étudiant(e)s.

 

Bibliothèque de Stendhal. © Giovanna Crippa – Place Gre’net

Ces der­niers dénoncent en effet par com­mu­ni­qué une déci­sion prise « de façon uni­la­té­rale » qui abou­tira au lan­ce­ment de quatre groupes de dis­cus­sion. « Une liste aléa­toire de 8 étudiant(e)s et 2 enseignant(e)s va être consti­tuée par Eneis pour “dis­cu­ter” de l’avenir des biblio­thèques dans chaque UFR dont la biblio­thèque est mena­cée », expliquent-ils.

 

En l’occurrence, les com­po­santes Arts et sciences humaines (ARSH), Langues étran­gères (LE) et Langage, lettres, arts du spec­tacle, infor­ma­tion et com­mu­ni­ca­tion (Llasic). Ou encore l’Institut d’administration des entre­prises (IAE) et la Faculté d’économie de Grenoble (FEG).

 

 

Le collectif exige un « débat réellement démocratique »

 

« Ces “focus group” semblent être une paro­die de consul­ta­tion et res­semblent sur­tout à une opé­ra­tion de com­mu­ni­ca­tion et de “mana­ge­ment” public-privé pour faire appli­quer le pro­jet de recon­ver­sion et fer­me­ture de nos biblio­thèques, pro­jet éla­boré sans consul­ta­tion réelle des inté­res­sés (étu­diants et per­son­nels) et donc “par en haut” », affirme Franck Gaudichaud, ensei­gnant-cher­cheur à l’UFR de langues étran­gères qui a rejoint en sep­tembre der­nier le mou­ve­ment de contes­ta­tion réunis­sant étu­diants, syn­di­cats et per­son­nels de l’UGA.

 

Et de ren­ché­rir : « Ceci avec, de plus, un coût d’au moins 10 000 euros qui iront à un cabi­net privé, alors que nous sommes dans une période d’aus­té­rité et coupes bud­gé­taires… »

 

Franck Gaudichaud, enseignant chercheur. © JOël Kermabon - Place Gre'net

Franck Gaudichaud, ensei­gnant-cher­cheur, lors de la marche funèbre contre la « fer­me­ture » des biblio­thèques de com­po­santes, en décembre der­nier. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Reprochant à leur tour « le carac­tère peu démo­cra­tique des échanges en focus group », les signa­taires du com­mu­ni­qué affirment par ailleurs que « le bilan de ces dis­cus­sions, qui auront lieu du 22 au 31 jan­vier, sera par la suite uti­lisé à coup sûr par l’UGA comme une étude repré­sen­tant “l’a­vis géné­ral” des usager(e)s des biblio­thèques d’UFR ».

 

D’où leur déci­sion de convo­quer une assem­blée géné­rale, ce mardi 23 jan­vier. Rendez-vous est donné à midi devant le bâti­ment de l’ARSH afin de reven­di­quer un « débat réel­le­ment démo­cra­tique » sur l’avenir des biblio­thèques.

 

 

GC

 

 

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