Terrain de l’Espé : Vivre à Grenoble dément les déclarations de l’adjoint à l’urbanisme Vincent Fristot

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« On le sait, c’est mathématique, plus un terrain va se vendre cher, plus le nombre de logements construits sera élevé », a déclaré Vincent Fristot, adjoint à l’urbanisme de la Ville de Grenoble dans les colonnes du Dauphiné libéré du 4 janvier dernier. Une évidence qui n’en est pas une, dénonce l’association Vivre à Grenoble dans un communiqué. C’est tout l’inverse, rétorque-t-elle : « Plus on peut construire de logements sur un terrain, plus il vaudra cher.  »

 

 

La Ville de Grenoble a pré­empté le ter­rain de l’École supé­rieure du pro­fes­so­rat et de l’éducation (Espé) pour 5,2 mil­lions d’eu­ros. Elle veut en effet en gar­der la totale maî­trise car ce ter­rain est situé sur la Zone d’a­mé­na­ge­ment concer­tée (Zac) Flaubert, un quar­tier à enjeux qui doit deve­nir exem­plaire en matière de tran­si­tion éco­lo­gique.

 

Vincent Fristot. Conseil municipal de Grenoble. 6 mars 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Vincent Fristot. Conseil muni­ci­pal de Grenoble. 6 mars 2017. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

La Ville sou­haite ainsi que la société publique locale d’aménagement (SPLA) Sagès, conces­sion­naire de la Zac et amé­na­geur pour son compte, puisse dési­gner les futurs pro­mo­teurs et bailleurs de ce tène­ment de 3,2 ha.

 

Or le Conseil dépar­te­men­tal, pro­prié­taire du ter­rain, sou­haite vendre son bien au pro­mo­teur Safilaf qui pro­pose une offre d’a­chat de… 9,4 mil­lions.

 

Interviewé par le Dauphiné libéré le 4 jan­vier der­nier, Vincent Fristot, adjoint à l’ur­ba­nisme de la Ville de Grenoble, a fait mine de redou­ter que cette offre allé­chante, qua­si­ment deux fois plus éle­vée que celle de la Ville, conduise le pro­mo­teur à construire beau­coup de loge­ments… L’adjoint a  ainsi déclaré au quo­ti­dien régio­nal : « On le sait, c’est mathé­ma­tique, plus un ter­rain va se vendre cher, plus le nombre de loge­ments construits sera élevé. »

 

 

« C’est le Plan local d’urbanisme qui fixe le nombre de mètres carrés »

 

L’assertion de Vincent Fristot a fait bon­dir l’as­so­cia­tion Vivre à Grenoble, qui milite contre la den­sité dans la ville. Ce rai­son­ne­ment est « fon­ciè­re­ment faux », affirme-t-elle dans un com­mu­ni­qué

 

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Louis Cipri, pré­sident de l’as­so­cia­tion Vivre à Grenoble, et Bruno de Lescure, secré­taire géné­ral. © Séverine Cattiaux

« Ce rai­son­ne­ment qui, sous cou­vert d’évidence “mathé­ma­tique”, confond la cause avec la consé­quence, est tota­le­ment erroné », explique-t-elle.

 

Les mili­tants énoncent ainsi : « En effet, pour un “grand pro­jet” (3,2 ha) comme celui-ci, le prix du ter­rain est tou­jours cal­culé à par­tir de la sur­face construc­tible et non de la sur­face du ter­rain… »

 

Et quel est le docu­ment qui pré­vaut en la matière ? Réponse : « C’est le Plan local d’urbanisme (PLU), qui fixe le nombre de mètres car­rés construc­tibles sur une par­celle et, par voie de consé­quence, le nombre de loge­ments. » Le PLU éta­blit en effet les gaba­rits, hau­teurs, espaces verts, nombre de places de par­kings obli­ga­toires dans un pro­jet immo­bi­lier… L’association mili­tante n’y va pas avec le dos de la cuillère et accuse Vincent Fristot, adjoint à l’ur­ba­nisme de « men­tir déli­bé­ré­ment, consi­dé­rant que le citoyen ignore tout sur l’ur­ba­nisme ».

 

 

Vivre à Grenoble demande à la Ville de revoir son PLU 

 

Comment le pro­jet de Safilaf pour­rait-il être trop dense puis­qu’il doit res­pec­ter le Plan local d’ur­ba­nisme ? À moins que la Ville consi­dère que son PLU n’est pas suf­fi­sam­ment exi­geant ? La nou­velle majo­rité l’a pour­tant révisé, en début de man­dat, afin d’o­bli­ger les pro­mo­teurs et les bailleurs, tout au moins, à construire moins haut à Grenoble…

 

Mais sans doute pas for­cé­ment moins dense ? « […] il ne tient donc qu’à elle [la Ville, ndlr] de chan­ger les règles [du PLU, ndlr] si elle veut vrai­ment, comme elle le pré­tend, « davan­tage de qua­lité de vie » par une « construc­ti­bi­lité maî­tri­sée », c’est-à-dire par la réduc­tion du nombre de loge­ments construc­tibles sur un ter­rain donné », pour­fend Vivre à Grenoble.

 

 

Nouveau jugement attendu en février

 

S’agissant du deve­nir du ter­rain de l’Espé, rien n’est encore joué. La demande de pré­emp­tion de la Ville de Grenoble a été une pre­mière fois reje­tée, mais la Ville a fait appel. Le juge­ment doit être rendu en février.

 

 

SC

 

 

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Commentaires 5
  1. Il n’y a pas de rai­son que ce qui a été validé en pre­mière ins­tance soit cassé en appel, sur­tout avec un prix offert par la ville de Grenoble qui est très lar­ge­ment infé­rieur…

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  2. Encore un grand moment de fausse nou­velle offert par la muni­ci­pa­lité gre­no­bloise.

    Par ailleurs Grenoble à Coeur à rai­son car les ter­rain se vendent en fonc­tion de la charge fon­cière, c’est à dire en fonc­tion du prix au m² de sur­face de plan­cher.

    Donc plus il y a de loge­ment, plus le ter­rain vaut cher.

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  3. D’après ce que j’ai lu, le Conseil dépar­te­men­tal, en ven­dant le ter­rain à 9,4 M d”€ pro­met de pou­voir ainsi recons­truire l’ESPLE sur le cam­pus, tout l’argent de la vente ne ser­vira donc pas à l’a­mé­na­ge­ment du ter­rain, mais l’a­mé­na­ge­ment cou­tera à peu près le prix d’a­chat que pro­pose la mai­rie … 9,4 M. ne repré­sente pas véri­ta­ble­ment le prix d’a­chat de ce ter­rain, mais un cadeau au Conseil dépar­te­men­tal et par consé­quent à l’a­mé­na­geur Safilaf.

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    • Vous racon­tez n’im­porte quoi…

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      • Je raconte n’im­porte quoi ? il faqu­drait vous en prendre à Place Gre’Net dans ce cas :

        « Propriétaire du ter­rain, le Département de l’Isère a décidé de vendre le fon­cier avec le bâti, et s’est engagé à ver­ser à l’UGA 6 mil­lions des recettes réa­li­sées grâce à cette vente pour la construc­tion d’un bâti­ment per­met­tant d’accueillir l’Espé sur le cam­pus uni­ver­si­taire »

        Source : article Terrain de l’Espé (ex-IUFM) : le juge de l’ex­pro­pria­tion penche pour Safilaf | Place Gre’net – Place Gre’nete

        https://www.placegrenet.fr/2017/10/30/terrain-de-lespe-ex-iufm-juge-de-lexpropriation-penche-safilaf/159533

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