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Sursis pour les sala­riés de GE Hydro à Grenoble : la Direccte refuse d’ho­mo­lo­guer le plan social

Sursis pour les sala­riés de GE Hydro à Grenoble : la Direccte refuse d’ho­mo­lo­guer le plan social

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FOCUS – La Direction régio­nale des entre­prises, de la concur­rence, de la consom­ma­tion, du tra­vail et de l’emploi (Direccte) a refusé, ce ven­dredi 12 jan­vier, d’ho­mo­lo­guer le plan de sau­ve­garde de l’emploi sou­mis par la direc­tion gre­no­bloise de GE Renewable Energy (GE Hydro). Le motif ? Des irré­gu­la­ri­tés dans l’é­ta­blis­se­ment des caté­go­ries pro­fes­sion­nelles sus­cep­tibles d’être accom­pa­gnées au titre du plan social. Une petite vic­toire sur la forme mais aussi un sur­sis pour les sala­riés dont 345 d’entre-eux risquent tou­jours d’être licenciés.

Le personnel en grève lors de l'occupation de l'usine. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Le per­son­nel en grève lors de l’oc­cu­pa­tion de l’u­sine. © Joël Kermabon – Place Gre’net

C’est via leur compte Twitter que les sala­riés de GE Renewable Energy (GE Hydro) ont annoncé, ven­dredi 12 jan­vier, le refus de la Direction régio­nale des entre­prises, de la concur­rence, de la consom­ma­tion, du tra­vail et de l’emploi (Direccte) d’ho­mo­lo­guer le plan de sau­ve­garde (PSE) pré­senté par la direc­tion de l’en­tre­prise grenobloise.

En cause, des irré­gu­la­ri­tés dans le volet concer­nant la défi­ni­tion des caté­go­ries pro­fes­sion­nelles sus­cep­tibles d »être accom­pa­gnées au titre du PSE. Un sou­la­ge­ment autant qu’un sur­sis pour les sala­riés sou­te­nus par l’in­ter­syn­di­cale CFDT, CFE-CGC et CGT qui luttent contre le plan social qui menace 345 des 800 emplois que compte le site gre­no­blois. Et ce depuis le début de l’été 2017.

Des irré­gu­la­ri­tés « ne per­met­tant pas de conclure à une absence de dis­cri­mi­na­tion »

« Les caté­go­ries pro­fes­sion­nelles c’est un docu­ment qui regroupe l’en­semble des postes de l’en­tre­prise et qui indique ceux qui seront sup­pri­més », explique Rosa Mendes, membre de l’in­ter­syn­di­cale. Que reproche la Direccte à la direc­tion ? Des irré­gu­la­ri­tés dans le docu­ment sou­mis à l’ad­mi­nis­tra­tion avec un ciblage non jus­ti­fié de cer­tains postes qu’elle cherche à supprimer.

Ce qui ne « per­met pas de conclure à une absence de dis­cri­mi­na­tion », sou­ligne la repré­sen­tante des sala­riés. La Direccte a donc estimé qu’en l’é­tat des infor­ma­tions four­nies, les orga­ni­sa­tions syn­di­cales ne pou­vaient pas rendre d’a­vis en toute connais­sance de cause.

Rosa Mendes, membre de l'intersyndicale. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Rosa Mendes, membre de l’in­ter­syn­di­cale. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Un coup dur pour la direc­tion de Ge Hydro priée de reto­quer sa copie. Mais qui ne se démonte pas pour autant.

Faisant valoir par voie de com­mu­ni­qué que « le reste du plan n’a sou­levé aucune objec­tion de la Direccte », elle assure qu’il sera révisé ces pro­chains jours avant d’être à nou­veau soumis.

Et ce, garan­tit-elle, « dans les meilleurs délais  afin que chaque employé du site soit fixé le plus rapi­de­ment pos­sible sur les pro­chaines étapes le concer­nant. » Rosa Mendes rela­ti­vise l’op­ti­misme affi­ché de la direc­tion qui se targue de n’a­voir à cor­ri­ger que ce point là.

« Ils mini­misent l’im­pact de la déci­sion de la Direccte mais il est évident qu’elle a fait son tra­vail en ne se pro­non­çant que sur la pro­cé­dure, la forme. Le fond n’est pas remis en cause parce que l’ad­mi­nis­tra­tion ne peut tout sim­ple­ment pas le faire. La seule ins­tance com­pé­tente c’est le tri­bu­nal admi­nis­tra­tif », pré­cise-t-elle. Tout en lais­sant entendre que l’op­tion d’une action en jus­tice n’est pas écar­tée « si les sala­riés n’ob­tiennent pas des avan­cées telles qu’ils les sou­haitent ».

Un sur­sis pour les sala­riés qui espèrent d’autres condi­tions de négociation

Que se serait-il passé si le plan social avait été homo­lo­gué ? « La pre­mière étape aurait été enclen­chée, c’est à dire celle des départs volon­taires et ce durant trois mois. À l’is­sue des­quels, après décompte de ces départs, il aurait été pro­cédé au licen­cie­ment des postes res­tants », résume Rosa Mendes.

La Direccte a refusé, ce 12 janvier, d’homologuer le plan de sauvegarde de l’emploi soumis par la direction grenobloise de GE Renewable Energy (GE Hydro). © Joël Kermabon - Place Gre'net

Piquet de grève devant GE Hydro. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Ce n’est donc qu’un sur­sis de quelques semaines, un temps de res­pi­ra­tion. « On sou­haite pou­voir reprendre de véri­tables négo­cia­tions. Nous devons tour­ner la page, oublier cette mau­vaise expé­rience et qu’on nous per­mettent de négo­cier avec d’autres inter­lo­cu­teurs pour dis­cu­ter enfin sur le fond du pro­jet. Parce qu’il y a trop d’in­com­pré­hen­sions et d’ac­cro­chages avec la direc­tion locale », réca­pi­tule Rosa Mendes.

Objectif : réduire le nombre de postes touchés

© Joël Kermabon - Place Gre'net

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Les reven­di­ca­tions des sala­riés en l’é­tat ? Principalement la réduc­tion du nombre de postes touchés.

« Nous vou­lons que l’en­tre­prise défi­nisse avec les sala­riés le nombre de postes néces­saires pour qu’elle puisse fonc­tion­ner cor­rec­te­ment », explique Rosa Mendes.

L’intersyndicale qui, dans un pre­mier temps, avait estimé ce nombre à 150 per­sonnes regrette que la direc­tion n’ait pas voulu prendre en compte de meilleures condi­tions d’ac­com­pa­gne­ment éla­bo­rées après le 30 octobre 2017.« Pourtant, lors des réunions, la direc­tion nous avait donné son accord de prin­cipe ! », se sou­vient un peu amère Rosa Mendes.

Joël Kermabon

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