Rassemblement de policiers à Grenoble : « Nous ne voulons plus être la cible des voyous ! »

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REPORTAGE VIDÉO – Comme un peu partout en France ce mardi 9 janvier, plusieurs dizaines de fonctionnaires de police se sont rassemblés devant l’Hôtel de police de Grenoble à l’initiative du syndicat Unité SGP Police – Force ouvrière. En réaction aux récentes agressions de policiers, ils entendaient dénoncer les violences dont ils font régulièrement l’objet et réclamer plus de « protection et de reconnaissance ».

 

 

Plusieurs dizaines de policiers se sont rassemblés devant l’Hôtel de police de Grenoble ce 9 janvier pour dénoncer les violences dont ils sont l’objet.© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

« Il faut aujourd’­hui que le Garde des sceaux et le gou­ver­ne­ment prennent toute l’am­pleur de ces agres­sions sau­vages et de cette vio­lence à l’é­gard des fonc­tion­naires de police », déclare Yannick Biancheri, secré­taire dépar­te­men­tal du syn­di­cat Unité SGP Police – Force ouvrière.

 

Le syn­di­ca­liste s’ex­prime, ce mardi 9 jan­vier, devant plu­sieurs dizaines de fonc­tion­naires de police ras­sem­blés devant le com­mis­sa­riat cen­tral de Grenoble durant leur pause de midi, ser­vice oblige. Un ras­sem­ble­ment dans le cadre d’une mobi­li­sa­tion natio­nale à l’appel de l’Unité SGP Police, suite aux agres­sions de plu­sieurs poli­ciers en début d’an­née. Notamment à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ou encore à Douai.

 

 

« Maintenant ça suffit, cela ne peut plus durer ! »

 

Les poli­ciers per­sistent et signent pour les mêmes rai­sons que celles qui les avaient fait des­cendre dans la rue en octobre 2016, après l’attaque au cock­tail Molotov de leurs col­lègues de Viry-Châtillon. « Maintenant ça suf­fit, ça ne peut plus durer ! Plus aucune atteinte à un repré­sen­tant de l’État ne doit res­ter impu­nie », réclament-ils.

 

Retour en images sur ce ras­sem­ble­ment où la popu­la­tion, bien qu’in­vi­tée à se joindre aux fonc­tion­naires, n’est pas vrai­ment venue en masse pour les sou­te­nir ainsi qu’ils l’es­pé­raient.

 

 


Reportage Joël Kermabon

 

 

« Non, le problème ne vient pas de la Police nationale ! »

 

Yannick Biancheri en a gros sur le cœur. « Je sais que, pour cer­tains pen­seurs bien au chaud dans leur bureau ou cabi­net, le pro­blème pour­rait venir de la police, des gra­dés et gar­diens que nous sommes qui se com­plai­raient à pro­vo­quer les voyous. Mais alors que dire des ambu­lan­ciers, des ensei­gnants, des pom­piers qui ne peuvent plus inter­ve­nir dans cer­tains quar­tiers sans être escor­tés ? », inter­roge le repré­sen­tant syn­di­cal. « Comment expli­quer qu’ils se fassent caillas­ser alors même qu’ils viennent sau­ver des vies ? », s’in­digne-t-il encore.

 

Yannick Biancheri, secrétaire départemental Unité SGP Police - Force ouvrière. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Yannick Biancheri, secré­taire dépar­te­men­tal Unité SGP Police – Force ouvrière. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Non, rétorque vive­ment Yannick Biancheri, le pro­blème ne vient pas de la Police natio­nale.

 

« Nous sommes ici pour expri­mer notre raz-le-bol, notre colère, notre volonté de faire bou­ger les choses car cela ne peut plus durer ! »

 

Le syn­di­ca­liste, qui évoque éga­le­ment « la stig­ma­ti­sa­tion de la police », en veut pour preuve les décla­ra­tions « tapa­geuses » du chro­ni­queur Yann Moix de l’é­mis­sion On n’est pas cou­chés sur le com­por­te­ment de la police envers les migrants à Calais.

 

 

Une justice complètement déconnectée du quotidien du policier

 

Également dans la ligne de mire du poli­cier, l’at­ti­tude jugée laxiste de cer­tains magis­trats. « Comment accep­ter qu’ils pré­fèrent repor­ter des audiences et lais­ser libres les auteurs d’a­gres­sions sur poli­ciers ? Comment accep­ter que cer­tains fassent appel de déci­sions légi­times et favo­rables à nos col­lègues ? », pour­fend le syn­di­ca­liste. « Cette jus­tice, com­plè­te­ment décon­nec­tée du quo­ti­dien du poli­cier, nous vou­lons qu’elle change ! », reven­dique-t-il avec déter­mi­na­tion.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Dès ce lundi 8 jan­vier, le syn­di­cat a ainsi remis à Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, ses pro­po­si­tions en matière de poli­tique pénale. Avec une double exi­gence : « plus de pro­tec­tion et plus de recon­nais­sance ».

De fait, selon Unité SGP Police, c’est toute la chaîne judi­ciaire qui doit être modi­fiée.

 

Au nombre des pro­po­si­tions syn­di­cales, la créa­tion de tri­bu­naux cri­mi­nels char­gés exclu­si­ve­ment de trai­ter les cas de vio­lences contre les poli­ciers, gen­darmes, pom­piers et gar­diens de pri­son, la créa­tion d’un “pool” de magis­trats spé­cia­li­sés et l’ins­tau­ra­tion de peines plan­chers. Mais aussi la révo­ca­tion sys­té­ma­tique du sur­sis pour les auteurs et la cri­mi­na­li­sa­tion de cer­taines infrac­tions.

 

 

« Aujourd’hui, c’est un fait d’arme que d’agresser un policier ! »

 

Pour en reve­nir à l’é­che­lon local, qu’en est-il des actes de vio­lence envers les poli­ciers dans l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise ? « Il y a beau­coup d’a­gres­sions sur Grenoble. Elles sont quo­ti­diennes. Encore récem­ment, nos véhi­cules ont été caillas­sés lors d’une inter­ven­tion. On ne peut plus lais­ser pas­ser ça ! », affirme un fonc­tion­naire de police.

 

« Un poli­cier qui se fait agres­ser, ça devient un fait tel­le­ment banal que même la presse ne le relaie plus ! Or, ça n’est pas banal de s’en prendre à un poli­cier, ça n’est pas banal de s’en prendre à l’État ! », insiste Yannick Biancheri.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

« Il y a vingt ans, on res­pec­tait l’u­ni­forme ; aujourd’­hui, au contraire, c’est un fait d’arme que d’a­gres­ser un poli­cier », déplore-t-il amè­re­ment. Pour ce der­nier, une seule solu­tion : dès que l’on touche à un poli­cier, il faut répondre par une sanc­tion immé­diate : une exé­cu­tion de peine qui sera réel­le­ment effec­tuée.

 

Quid de la police de sécu­rité du quo­ti­dien (PSQ) si Grenoble est effec­ti­ve­ment choi­sie pour la tes­ter ? Va-t-elle contri­buer à faire bou­ger les lignes ? « À part le sigle PSQ, on ne sait tou­jours pas ce qu’il va en sor­tir. Mais ça peut être un bon moment pour revoir l’en­semble de la Police natio­nale. Il faut que ce soit une réforme au fond, pas une réfor­mette, parce que la police d’il y a vingt ans ne peut plus s’exer­cer aujourd’­hui », estime Yannick Biancheri.

 

Pour quelles rai­sons ? « Parce que les faits ne sont plus les mêmes, que les voyous ne sont plus les mêmes et que les ado­les­cents d’il y a vingt ans ne sont pas les mêmes que ceux de main­te­nant », conclut le syn­di­ca­liste.

 

Joël Kermabon

 

Pays Voironnais, un jour, une activité
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Commentaires 14
  1. « On atten­drait un peu plus de réflexions (le sin­gu­lier eût été plus judi­cieux) et d’ob­jec­ti­vité » ? Et c’est VOUS qui dites cela ? De l’ob­jec­ti­vité, vous ?
    J’en reste sans voix.
    Mais où avez-vous lu que j’ap­prou­ve­rais les « bavures poli­cières » avé­rées ?
    Que je nie l’exis­tence de cer­taines ?
    En quoi ces dites bavures com­pen­se­raient-elles, excu­se­raient-elles les attaques dont ces mêmes poli­ciers sont vic­times ?
    Et en quoi cela fait-il oublier que la mis­sion de la police est de nous pro­té­ger ?
    « les idées FN pol­luent » ? vous vou­lez peut-être dire « pul­lulent » ? (même si elles « pol­luent » aussi). Donc nous (Gilice et moi) avons « des idées FN » ? Nous sommes conta­mi­nés !
    Ne pas détes­ter la police, c’est être un fas­ciste ?
    Bref, parce que nous ne par­ta­geons pas votre « objec­ti­vité », nous sommes des sup­pôts de l’ex­trême-droite ?
    Nous favo­ri­sons la mon­tée au pou­voir des nou­veaux nazis ?
    Et Collomb, c’est Orbàn !
    Quant au début de votre ana­lyse, il brille là encore par l’art de la nuance : « une poli­tique tout répres­sion, reprise par tous les ministres de l’intérieur qui veulent bien se faire voir de la popu­la­tion, anti-immi­grés, anti-voyous, pour se faire réélire sur fond d’idées d’extrême droite. »
    Je n’ai abso­lu­ment rien contre le retour d’une police de proxi­mité, mais sug­gé­rer qu’a­vant 2007 et l’ar­ri­vée de l’an­té­christ Sarko, du bon vieux temps où les pan­dores jouaient au foot avec les jeunes gars sym­pas des cités, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes pos­sibles, fran­che­ment, j’hé­site entre pleu­rer et rire.

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    • Si vous reli­siez tran­quille­ment vous ver­riez que j’en l’ai rien contre la police en géné­ral sauf quand elle dérape sur les contrôles au faciès ou les matra­quages de mani­fes­tants. Etc
      Je demande qu’elle fasse hon­nê­te­ment son tra­vail sans racisme et sans haine car ce n’est pas tou­jours le cas. Il y a des bavures qu’elle nie ou qu’elle cache en disant que rien de ce qui est arrivé n’est de sa faute. Ce n’est pas comme ça qu’elle se récon­ci­liera avec une bonne par­tie de la popu­la­tion qui n’a plus confiance en elle. Il fau­drait que cha­cun fasse un pas l’un vers l’aitre
      En ce qui concerne Collomb, vu ce qu’il prône contre les immi­grés mal­gré toutes les conven­tions inter­na­tio­nales signées par la France, oui il res­semble à Orban. C’est la honte.
      Je n’habite pas un quar­tier réputé pour son tra­fic mais j’y ai tra­vaillé pen­dant des années.

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  2. à croire que « ni bobo ni baba » et « Gilice » n’ont jamais mani­festé par exemple contre la loi tra­vail ou contre la tenue d’une réunion FN à la Maison du Tourisme ! ! si non, ils auraient vu la police à l’oeuvre, même à Grenoble … ils ne savent pas qu’un pom­pier a perdu un oeil « grâce » à un tir de fla­sh­ball devant la pré­fec­ture lors d’un ras­sem­ble­ment des pom­piers, ils n’ont même pas lu que le pro­cès d »une jeune fille qui, elle aussi a perdu un oeil, alors qu’elle ne fai­sait même pas par­tie de la manif et a porté plainte contre la police a com­mencé à Grenoble. Ce n’est pas la peine d’al­ler très loin pour voir de quoi est capable la police. Il n’y a pas que des sites gau­chistes pour racon­ter ce qui se passe, mais ça ne peut pas les inté­res­ser, ils sont beau­coup trop der­rière leur chère police contre les voyous des quar­tiers pour ana­ly­ser serei­ne­ment la situa­tion.
    Dommage de blo­quer à ce point la situa­tion et de refu­ser tout dia­logue pour pou­voir enfin réta­blir une police de proxi­mité comme il en exis­tait une avant sarko, qui a mené une poli­tique tout répres­sion, reprise par tous les ministres de l’in­té­rieur qui veulent bien se faire voir de la popu­la­tion, anti-immi­grés, anti-voyous, pour se faire réélire sur fond d’i­dées d’ex­trême droite.
    On atten­drait pour­tant un peu plus de réflexions et d’ob­jec­ti­vité … les idées FN pol­luent … pas éton­nant que la marine ait été au 2e tour. Continuez comme ça, on aura bien­tôt le même gou­ver­ne­ment qu’en Autriche ou en Hongrie … déjà qu’a­vec Collomb …

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    • Post scrip­tum.
      J’ajoute qu’au­cun site dont je donne les articles n’a été atta­qué en dif­fa­ma­tion par la police ou ses chefs qui se seraient fait un vrai plai­sir de les démo­lir devant la jus­tice.
      Ce qu’ils écrivent est donc vrai.

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      • La dif­fa­ma­tion est une allé­ga­tion ou impu­ta­tion (accu­sa­tion) d’un fait non avéré qui porte atteinte à l’hon­neur ou à la consi­dé­ra­tion d’une per­sonne.

        Or la police n’est pas une per­sonne. Donc il est nor­mal qu’elle n’ait pas atta­qué en dif­fa­ma­tion. On est dans le registre de la liberté de la presse, qui est aussi le droit d’é­crire des c.….ies.

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          • Décidément vous mélan­gez tout. L’article de Libé que vous évo­quez évoque une plainte contre X du Gouvernement pour vol, vio­la­tion du secret pro­fes­sion­nel et recel concer­nant la fuite de docu­ments du minis­tère du Travail. Nous ne sommes pas du tout dans le registre de la dif­fa­ma­tion, délit prévu par la loi de 1881 sur la liberté de la presse et ne s’ap­pli­quant qu’à des per­sonnes visées par l’au­teur du délit, pas à des groupes tels que la police. Comme je vous le fai­sais remar­quer iro­ni­que­ment sans que vous ne l’ayez semble-t-il saisi, tant que Bastamag peut faire des rac­cour­cis hasar­deux lais­sant entendre que la police tout entière serait dan­ge­reuse, car un agent tue toute sa famille avec son arme de ser­vice, ou qu’un gamin non cas­qué se tue tout seul en scoo­ter lors d’une course pour­suite, je ne me fais pas trop de sou­cis pour la liberté de la presse en France, du moment que ce jour­nal, ainsi que ceux qui pro­pagent leurs idées peuvent être libre­ment contre­dits. Si vous vou­lez savoir ce qu’est un pays où la liberté de la presse est un dan­ger, allez faire un tour en Russie, en Turquie, au Vénézuela (au pas­sage très bon repor­tage d’Envoyé Spécial le 11/01 sur la dic­ta­ture nais­sante au Venezuela).
            Dans le cas de Libé, si une plainte contre X pour vol ou vio­la­tion du secret de l’ins­truc­tion peut effec­ti­ve­ment inter­ro­ger quant à la pro­tec­tion du secret des sources garan­tis­sant la liberté de la presse, je pense qu’une telle plainte est aussi un aver­tis­se­ment visant fonc­tion­naires du minis­tère concer­nés, sou­mis au devoir de réserve et au secret pro­fes­sion­nel. Donc rien de nou­veau de ce côté-là. Que le Gouvernement dépose une plainte contre n’est en aucun cas syno­nyme de condam­na­tion.

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    • Vous ne savez pas à qui vous par­lez. J’ai été l’un des lea­ders des manifs anti-CPE en 2006. J’en ai fait des manifs ! Occupé, dormi dans des amphis, blo­qué une auto­route, des voies fer­rées ! Je suis de la gauche répu­bli­caine. Et je ne savais pas que JP Chevènement, Georges Bensoussan, Nadia Renamda (Brigade des Mères), ou encore Lydia Guirous étaient d’ex­trême-droite. Vous m’en appre­nez une belle !

      Je vous parle d’ordre répu­bli­cain, et vous sor­tez l’ha­bi­tuelle ren­gaine du « ça va faire le jeu de l’ex­trême-droite », comme si vous aviez le mono­pole des idées de gauche et des droits de l’Homme, sans com­prendre que la gauche, en per­dant les classes popu­laires, fait elle-même le jeu de l’ex­trême-droite. Au pas­sage, vous ne m’a­vez tou­jours pas répondu pour­quoi vous n’ha­bi­tiez pas dans un quar­tier « popu­laire », puisque la vie y est si douce ! Moi j’y ai vécu. Et croyez-moi, toutes les âmes de gauche que je connais veulent en par­tir au plus vite, ceci accen­tuant par ailleurs le pro­ces­sus de ghet­toï­sa­tion et de gen­tri­fi­ca­tion.

      Votre pro­blème, c’est que vous essen­tia­li­sez la police, tout comme vous essen­tia­li­sez les popu­la­tions des quar­tiers dits « popu­laires » : comme si la police était vio­lente par nature, comme si tous les poli­ciers étaient vio­lents, comme si l’Etat était raciste par nature (dans vos pro­pos, la théo­rie de « l’Etat-raciste » n’est pas loin…). Donc des poli­ciers « méchants » face à des habi­tants de quar­tiers for­cé­ment vic­times, puisque relé­gués, puisque for­cé­ment immi­grés, puisque for­cé­ment de confes­sion dif­fé­rente et j’en passe.

      Au final, vous accu­sez la police de tous les maux et déres­pon­sa­bi­li­sez com­plè­te­ment leurs « adver­saires » sup­po­sés vic­times en en fai­sant au pas­sage des citoyens de seconde zone. Vous ne croyez pas que le meilleur ser­vice à rendre aux habi­tants des quar­tiers popu­laires serait d’ar­rê­ter de les mettre dans le même panier que les voyous, d’ar­rê­ter de les consi­dé­rer comme des vic­times par nature d’un Etat sup­posé for­cé­ment violent et raciste ? Cela contri­bue­rait à les faire se sen­tir citoyen fran­çais dis­po­sant des mêmes droits, à com­men­cer par la sécu­rité, et des mêmes devoirs ?

      Au lieu de cela, vous per­sis­tez à essen­tia­li­ser les quar­tiers : pour vous, pro­ve­nir d’un « quar­tier », c’est for­cé­ment être vic­time. En fai­sant au pas­sage les mêmes erreurs que G. Collomb, que vous hon­nis­sez, lequel pense vient de décla­rer que les pro­blèmes pro­viennent de l’ar­chi­tec­ture « en barres » de ces quar­tiers, sans se rendre compte que dans le cas de Grenoble par exemple, le centre-ville ren­contre les mêmes pro­blé­ma­tiques que les quar­tiers péri­phé­riques : Saint-Bruno, Alma… qui sont loin d’être des zones relé­guées et pour­tant gan­gré­nées par les tra­fics ! La cause, c’est notam­ment le tra­fic. Et du tra­fic, il y en aura tant qu’il aura des consom­ma­teurs dans les beaux quar­tiers.

      Vous vou­lez dépé­na­li­ser le can­na­bis ? Et vous croyez qu’ils vont arrê­ter de tra­fi­quer ? Quelle naï­veté de votre part ! ça ne sera plus le canna, mais le crack, la coke, l’héro, les armes… Alors, répon­dez-moi : vous dîtes quoi à vos enfants, allez‑y, fumez, ce sera bien­tôt dépé­na­lisé, ou « tenez-vous éloi­gnés de cette m… »?

      En conclu­sion, vos pro­pos et vos réfé­rences (Basta-mag, « conver­gence des luttes »), pro­cèdent avant d’un posi­tion­ne­ment idéo­lo­gique anar , repo­sant sur le ren­ver­se­ment de la pré­somp­tion de vio­lence légi­time, qui, dans un Etat de droit, relève du mono­pole de l’Etat, ce que les anars ont tou­jours contesté, puisque selon les théo­ries anar, l’Etat et son bras armé (la police) sont les ins­tru­ments de per­pé­tua­tion de l’ordre bour­geois domi­nant.

      Police de proxi­mité ou pas, cela ne change rien à l’af­faire, puisque les anars n’ont pas attendu la créa­tion puis la sup­pres­sion de la police de proxi­mité pour contes­ter le mono­pole de la vio­lence légi­time reve­nant à l’Etat ! Je pré­cise au cas où que la vio­lence n’est pas, dans un Etat de droit, syno­nyme d’ar­bi­traire, l’ar­bi­traire étant puni par la loi iden­tique pour tous.

      Dans les exemples de vio­lences sup­po­sé­ment impu­tées à la police que vous évo­quez, comme je vous le redis, on ne connait abso­lu­ment rien des cir­cons­tances des faits, entre des drames fami­liaux, des délits de fuite… Je ne dis pas que la bavure n’existe pas, mais il faut arrê­ter de géné­ra­li­ser ! Excusez-moi, mais il est nor­mal que la police pour­suive des types sans casque à scoo­ter ou en quad qui pour­rissent la vie d’un quar­tier toute la jour­née : car la vraie vie des quar­tiers, c’est celle-ci. Ne par­lons pas des incen­dies de voi­tures et de com­merces, etc.

      Vous ne m’a­vez jamais répondu : habi­tez-vous ces quar­tiers ?

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  3. Historiquement et, si j’ose dire, fonc­tion­nel­le­ment, la police a été créée, par­tout et de tout temps, pour contrô­ler et répri­mer !

    Façon pour moi de rebon­dir sur la der­nière phrase de Caro qui, déci­dé­ment, perd le sens des plus élé­men­taires réa­li­tés.….
    (et qui nous ren­voie à des sites mili­tants voire radi­caux, d’ex­trême-gauche pour être infor­més des « vio­lences poli­cières »… un peu comme si, moi, je vous invi­tais à fré­quen­ter des sites d’ex­trême-droite racistes et xéno­phobes pour savoir ce qu’il en est de la situa­tion des migrants.…)
    Car Madame Caro, ce que vous avez du mal à sai­sir, c’est qu’à votre mani­chéisme gau­chiste (désolé, c’est exac­te­ment cela), la plu­part de vos contra­dic­teurs n’op­posent pas un mani­chéisme inverse, mais une posi­tion modé­rée, réa­liste, empreinte de doutes et d’in­ter­ro­ga­tions.
    Quel confort que votre idéo­lo­gie !!!

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  4. Caro, vous rela­ti­vi­sez tout. Pour vous, un poli­cier ne vaut pas mieux qu’un voyou. Vous confon­dez culpa­bi­lité et impli­ca­tion. Ce ne sont pas les poli­ciers qui jettent un cock­tail molo­tof dans une voi­ture, mais des voyous ! Vous par­lez de la sup­pres­sion de la police de proxi­mité, qui est certes une erreur, mais cer­tains tapaient sur la police bien avant ! (NTM : « n… la police!) Et encore unz fois pour­quoi n habi­tez vous pas dans ces quar­tiers que vous véné­rez tant ? Vous a t il echappé que dans ces quar­tiers, ceux qui votaient com­mu­niste votent désor­mais lar­ge­ment FN ? vous devriez vous deman­der pour­quoi et lire par ex « les ter­ri­toires per­dus de la République ». Enfin, au lieu de véné­rer la police de proxi­mité vous devriez vous poser la ques­tion de l’aug­men­ta­tion consi­dé­rable des inci­vi­li­tés et infrac­tions sous Jospin… et de la défaite qui a suivi.

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  5. Bonjour, faux débat, la police doit être pro­tégé et reconnu comme tout autre fonc­tion comme le sou­ligne le repré­sen­tant de la police. Elle doit être pro­tégé et reconnu comme tous citoyen lambda vivant en France. Bravo à ces femmes et hommes qui contri­bue à un bon fonc­tion­ne­ment de la société.

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  6. Ce serait quand même une grande avan­cée si la police vou­lait bien par­ler des morts qui leur sont impu­tés
    https://www.bastamag.net/Les-policiers-francais-ont-abattu-18-personnes-en-2017
    C’est un peu facile de tout mettre sur le dos des « voyous » …
    Il fau­drait remon­ter à Sarkozy qui a inter­dit aux poli­ciers de jouer au foot avec les jeunes des quar­tiers, leur inter­di­sant ainsi de connaitre l’at­mo­sphère dans les immeubles et les bandes.
    Il fau­drait aussi par­ler de la dépé­na­li­sa­tion du can­na­bis qui arrê­te­rait pas mal de tra­fics.
    Les exac­tions, les contrôles au faciès constants, devraient être dénon­cés aussi par les auto­ri­tés, poli­cières et poli­tiques.
    Il fau­drait arrê­ter aussi la répres­sion dans les manifs.
    Bref, il fau­drait que la police mette à plat ses méthodes de répres­sion pour déve­lop­per la pré­ven­tion et non pas récla­mer à cor et à cris une sanc­tion immé­diate, sans enquête
    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/bavure-ou-policiers-violentes-a-argenteuil-un-controle-de-police-degenere_1974163.html
    Ce n’est pas du jour au len­de­main que les petits caïds ont pris le pou­voir dans les quar­tiers et veulent inter­dire leur accès à toutes les per­sonnes qui lui sont étran­gères, pom­piers ou méde­cins. com­pris.
    Nous avons des années de retard dans les rela­tions police-popu­la­tion parce que per­sonne ne pro­meut le dia­logue.

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    • Caro, pour reprendre vos termes, « c’est un peu facile de tout mettre sur le dos des poli­ciers » !
      Les deux articles que vous citez n’af­firment avec aucune cer­ti­tude que les poli­ciers sont cou­pables de quoi que ce soit. Ainsi en guise d’illus­tra­tion, selon le titre de l’Express : « bavures ou poli­ciers vio­len­tés ? », il s’a­vère que dans le cas concret d’Argenteuil, rien ne per­met de conclure dans un sens ou dans un autre. C’est la parole des uns contre celle des autres. Seulement, il serait temps de redon­ner davan­tage de cré­dit à la parole des poli­ciers, laquelle est sys­té­ma­ti­que­ment mise en doute, à tel point que l’on se demande s’ils béné­fi­cient encore de la pré­somp­tion d’in­no­cence pour­tant garan­tie à tout citoyen !

      Puis-je vous ren­sei­gner éga­le­ment sur ce chiffre : 20 000 pas­sages en conseil de dis­ci­pline par an pour les poli­ciers, d’a­près le livre « Un défi de civi­li­sa­tion » de JP Chevènement ? Dois-je citer éga­le­ment le nombre de cas de sui­cides dans la police, reparti à la hausse ? Vous croyez vrai­ment que la dépé­na­li­sa­tion du can­na­bis va sup­pri­mer les tra­fics, donc les mafias, donc les vio­lences, comme par enchan­te­ment ? Non, le tra­fic se repor­tera sur autre chose et per­du­re­ront.

      A force de vic­ti­mi­ser tou­jours les mêmes, vous met­tez les sup­po­sées vic­times au des­sus des lois, contri­buant ainsi à créer deux caté­go­ries de citoyens : le citoyen « lambda » d’un côté, et de l’autre celui qui sera tou­jours excusé car sup­posé « vic­time », puisque pauvre, puisque vivant dans un « quar­tier », puisque d’o­ri­gine étran­gère, etc. Or, ce que vous faîtes contri­bue à enfer­mer ces gens dans leur condi­tion de vic­time.

      Enfin, vous me faites rire bien jaune quand vous par­lez de « faire connaître aux poli­ciers l’atmosphère dans les immeubles et des bandes. » Je pense qu’ils la subissent tous les jours, tout comme la majo­rité silen­cieuse des habi­tants, qui est la pre­mière vic­time des tra­fics tous genres. Personnellement, pour l’a­voir vécue, je ne désire pas revivre cette « atmo­sphère », comme vous dîtes, créée par les caïds. Dernière chose, la pre­mière des pré­ven­tions que vous van­tez tant serait d’ar­rê­ter d’en­cou­ra­ger les gens à ache­ter de la drogue : cela dimi­nue­rait le tra­fic d’au­tant. Je ne pense pas que vous inci­tiez vos enfants à fumer.

      sep article
      • Gilice, reli­sez len­te­ment les articles que j’ai mis en lien, SVP, avant de dire qu’ils n’af­firment rien.
        Dans le 1er, il est écrit :
        « 18 morts par arme à feu, 15 autres suite à une inter­ven­tion, 1 par fla­sh­ball »
        Pour le second, je parle de la néces­sité d’une enquête à Aulnay sous Bois. Je parle de « connaitre l’atmosphère dans les immeubles et les bandes. » de la police d’a­vant Sarkozy, quand les poli­ciers jouaient au foot avec les jeunes. L’atmosphère a bien changé depuis. Avant, il exis­tait une vraie police de proxi­mité qui n’existe plus aujourd’­hui.
        Intéressez-vous à la dépé­na­li­sa­tion du can­na­bis, il y a plein d’ar­ticles dont les auteurs ont étu­dié le sujet
        http://leplus.nouvelobs.com/contribution/657984-depenaliser-le-cannabis-cela-rapporterait-300-a-500-millions-a-l-etat.html

        « Si on dépé­na­li­sait l’u­sage de can­na­bis, on éco­no­mi­se­rait donc 300, 400, voire 500 mil­lions d’eu­ros par an d’ac­ti­vité poli­cière.
        L’exemple du Portugal, qui a dépé­na­lisé l’a­chat, la pos­ses­sion et l’u­sage de cette sub­stance en 2000, est encou­ra­geant : une éco­no­mie de recettes publiques grâce à la baisse de l’ac­ti­vité poli­cière et une légère dimi­nu­tion du nombre de consom­ma­teurs. »
        Vous ne par­lez que des quar­tiers, vous n’a­vez pas relevé ce que je dis des poli­ciers dans les manifs.
        Pour appuyer mes pro­pos, si vous vou­lez quelques exemples ici
        https://paris-luttes.info/+-violences-policieres-+
        ou ici le récit de streets medics à Nantes
        http://convergencedesluttescaen.neowordpress.fr/2017/11/21/449/
        ou ici sur la manif du 1er mai à Paris
        https://paris-luttes.info/communique-des-street-medics-8051
        Il est inutile de défor­mer ce que j’é­cris. Merci
        Et je conti­nue à dire qu’il fau­drait que la police accepte enfin de par­ler de la répres­sion qu’elle exerce, sous le com­man­de­ment de ministres de l’in­té­rieur.

        sep article