Voiron : le maire prend des mesures pour stériliser les chats errants… sous la pression des associations

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FOCUS – Les associations de protection animale Cosa Animalia et Cats ont lancé une pétition le 26 novembre dernier pour inciter le maire de Voiron, Julien Polat, à prendre des mesures concrètes pour stériliser les chats errants. Objectif : enrayer leur prolifération sur le territoire, problématique pour les habitants, et qui se solde par des euthanasies. Une mobilisation qui semble finalement avoir porté ses fruits. 

 

 

Les associations Cosa Animalia et Cats ont lancé une pétition pour interpeller le maire le Voiron, afin de lutter contre la prolifération des chats de rue.Julien Polat maire de Voiron © Voiron

Julien Polat, maire de Voiron © Voiron

À Voiron, « des centaines de chats de rue sont sacrifiés chaque année. C’est aussi cruel qu’inacceptable ! », dénonce  Cosa Animalia. Pour éviter cette « hécatombe », la seule solution est de contrôler la reproduction et donc de stériliser les chats errants, explique l’association.

 

D’autant que la surpopulation des chats provoque des nuisances sonores (bagarres, miaulements durant la saison des amours…) et des troubles du voisinage. « Certaines personnes en ont tellement marre qu’elles tuent ou maltraitent le chat de leur voisin », déplore la présidente de Cosa Animalia.

 

La prolifération engendre aussi des problèmes sanitaires : odeurs d’urine, poubelles renversées ou éventrées, transmissions de maladies aux autres animaux etc. Sans compter les désordres générés dans les écosystèmes. Si ce petit prédateur joue un rôle majeur de filtre contre les rongeurs, il est en effet aussi responsable de l’extinction de 33 espèces d’oiseaux à travers le monde.

 

Une situation qui a conduit les associations Cosa Animalia et Cats (Comité d’action pour le tatouage et la stérilisation), respectivement basées à Grenoble et dans les environs de Saint-Marcellin, à interpeller Julien Polat, le maire de Voiron, à travers une pétition. L’objectif ? Le convaincre de prendre des mesures concrètes et efficaces contre la prolifération de ces animaux, mais aussi dans le même temps mieux informer la population sur ce sujet sensible.

 

 

Une convention qui dormait dans un tiroir ?

 

Les deux associations ont donc invité le maire de Voiron à signer la convention cadre de la fondation 30 millions d’amis, qui prend en charge, depuis 2013, les frais de stérilisation des chats sans maître pour lutter contre leur prolifération.

 

Image d’illustration © CC-Pudding 8_8 – Pixabay

Comment ? Les collectivités s’engagent à procéder à la capture, à l’acheminement et à l’identification des chats errants. La Fondation s’engage de son côté à prendre en charge tous les frais liés à la stérilisation et au tatouage des animaux.

 

Plus de six cents communes se sont déjà engagées dans ce partenariat en signant la convention. Mais « celle de Voiron dort dans un tiroir depuis plus de trois ans », déplorent les associations Cosa Animalia et Cats dans la pétition. Avant de viser directement l’édile : « Le maire de Voiron ne daigne même plus nous répondre, c’est une honte ! »

 

 

La mobilisation s’est révélée payante

 

Pourquoi la Ville de Voiron a-t-elle refusé de signer la convention cadre de 30 millions d’amis ? Contacté par Place Gre’net, celle-ci a évoqué des « exigences trop importantes ». En signant cette convention bipartite, « la commune était dans l’obligation d’adopter des arrêtés de capture, d’en informer la population, d’édifier des logis pour abriter des chats, de faire la promotion de l’association 30 millions d’amis, de prendre à sa charge les surcoûts des interventions etc. », explique Jean-Daniel Santoni, un membre du cabinet du maire.

 

La municipalité souhaitait, elle, conclure une convention tripartite, en laissant l’association Cats « se charger de la capture, de l’acheminement des animaux vers les vétérinaires, et du relâchement », poursuit Jean-Daniel Santoni. Mais n’ayant pas souhaité modifier sa convention type, la fondation 30 millions d’amis a opposé son refus.

 

Toutefois, grâce aux impulsions des associations locales, une nouvelle forme de partenariat a pu être négociée. Finalement, la Ville s’engage à signer deux conventions : l’une avec l’association Cats (chargée du ramassage des chats), l’autre avec la fondation 30 millions d’amis (chargée des frais de stérilisation).

 

De son côté, Cosa Animalia déplore le manque de communication de la municipalité : « Nous avions proposé cette solution il y a des mois et nous n’avons jamais eu de réponse. Il a fallu qu’on fasse une pétition et qu’on obtienne une certaine résonance médiatique pour que la mairie décide d’agir », regrette la présidente de l’association.

 

 

Le maire invoque « le temps administratif »

 

« Cosa Animalia est très engagée et manifeste son impatience en lançant cette pétition alors même que nous avons effectivement l’intention de conventionner », assure de son côté Jean-Daniel Santoni.

 

stérilisation chat Voiron

© Cosa Animalia et Cats

« Malheureusement, le temps administratif qui implique qu’une délibération doit être adoptée en conseil municipal […] n’a pas permis d’être suffisamment réactif seulement un mois après cette proposition », conclut-il. Quoi qu’il en soit, la mobilisation des associations semble bel et bien avoir porté ses fruits.

 

L’association espère ainsi que la pétition, qui a déjà obtenu plus de 17 000 signatures, pourra servir de modèle à d’autres villes de France, où les élus se montrent réticents à l’idée de signer la convention de 30 millions d’amis. « Nous avons la chance d’avoir une fondation nationale qui prend financièrement en charge ce problème. Notre devoir est de faire prendre conscience aux maires de France qu’il est urgent de signer cette convention », estime la présidente de Cosa Animalia.

 

 

Anaïs Mariotti

 

 

Stérilisation ou euthanasie ? 

 

Un couple de chats non stérilisés peut engendrer jusqu’à 20 000 descendants en quatre ans, apprend-on sur le site de la fondation 30 millions d’amis. De ce fait, des milliers de chats sont  abandonnés ou euthanasiés chaque année en France. Environ 50 000 de ces petits félins seraient ainsi tués tous les ans, soit 136 par jour, rapporte Cosa Animalia.

 

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