Alerte aux vols de chiens et chats dans l’agglomération grenobloise

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FOCUS – Depuis quelques mois, les associations de protection des animaux signalent une recrudescence des vols de chiens et de chats dans la région grenobloise. Un phénomène corroboré par les multiples avis de recherche diffusés par les particuliers, sur des affiches comme sur les réseaux sociaux. Si toutes ces disparitions ne relèvent pas obligatoirement de vols, leur nombre est jugé suffisamment inquiétant pour accréditer cette thèse. Mais l’identité des voleurs et leurs mobiles demeurent néanmoins très flous.

 

 

Partout dans l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise, les affiches avec des pho­tos de chats dis­pa­rus fleu­rissent dans les rues, sur les poteaux, les devan­tures des com­merces… Et sur la page Facebook Pet Alert Isère 38, on recense par­fois une dizaine d’a­vis de recherche publiés sur une seule jour­née. Grenoble, Eybens, Domène, Le Fontanil-Cornillon… Les lieux varient, mais les mes­sages, en revanche, sont tou­jours simi­laires – « Perdu » chat ou chien – sou­vent au cours des jours pré­cé­dents.

 

Depuis quelques mois, les associations de protection des animaux signalent une recrudescence des vols de chiens et de chats dans la région grenobloise.Chat perdu à Grenoble en octobre 2017. © Muriel Beaudoing - Placegrenet.fr

Chat perdu à Grenoble en octobre 2017. © Muriel Beaudoing – Placegrenet.fr

 

Beaucoup de ces par­ti­cu­liers, à l’ins­tar de Guillaume, tren­te­naire rési­dant à Saint-Égrève, ne croient pas à une dis­pa­ri­tion acci­den­telle. « Mon chat se bala­dait sou­vent dans les parages mais il ne s’é­loi­gnait jamais trop du jar­din. En plus, il n’y a pas de route toute proche où il aurait pu se faire ren­ver­ser. Le che­min à côté est très peu pas­sant », raconte-t-il

 

« D’habitude, en ren­trant chez moi, il suf­fi­sait que j’a­gite ses cro­quettes pour qu’il accoure mais ce soir-là, rien… » Toujours sans nou­velles de Gribouille près d’un mois après, Guillaume sus­pecte de plus en plus « un vol, direc­te­ment dans [son] jar­din ».

 

 

« On nous appelle quasiment tous les jours »

 

Le phé­no­mène n’est pas nou­veau : chaque année, près de 75 000 chiens et chats seraient volés dans toute la France, selon une étude récente. Mais devant son ampleur inédite dans l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise, ces der­niers mois, les asso­cia­tions de pro­tec­tion des ani­maux tirent la son­nette d’a­larme.

 

La SPA conseille de ne pas lais­ser ses ani­maux sans sur­veillance. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Fin mai, la SPA du Dauphiné signa­lait ainsi une recru­des­cence des vols de chiens et chats dans la région. Dans un mes­sage d’a­lerte dif­fusé sur sa page Facebook, l’as­so­cia­tion conseille depuis de « ne pas lais­ser [ses] ani­maux dans les jar­dins sans sur­veillance, ni atta­chés devant les super­mar­chés ou dans les voi­tures ».

 

« Pour les chats, les vols sont plus dif­fi­ciles à prou­ver mais à par­tir d’a­vril-mai jus­qu’à la fin de l’été, il y a eu une grosse période où beau­coup de chiens ont dis­paru, notam­ment dans les jar­dins, et là, les vols étaient vrai­ment fla­grants », indique le Pôle enquête de la SPA du Dauphiné, qui affirme avoir reçu « une bonne tren­taine de signa­le­ments ».

 

Marie-Noëlle Chanel, de l’as­so­cia­tion l’École du chat libre, abonde : « Aujourd’hui, on a encore eu deux appels pour des chats qui ont dis­paru, à Vaulnavey-le-Haut. On nous appelle qua­si­ment tous les jours, ça fait des mois que des chats dis­pa­raissent, y com­pris des chats pucés et tatoués. On constate aussi un gros boom des vols de chiens : il y a un mois et demi, les voleurs sont ren­trés dans une pro­priété de Saint-Martin-le-Vinoux pour voler deux chiens. »

 

 

Très peu de plaintes déposées auprès des autorités

 

De son côté, Émilie Massard, de l’an­tenne natio­nale de la SPA, dit « ne pas dis­po­ser de chiffres par­ti­cu­liers pour l’Isère ». Pas sur­pre­nant dans la mesure où très peu de plaintes sont dépo­sées auprès des auto­ri­tés. Plusieurs rai­sons à cela : les par­ti­cu­liers connaissent la len­teur de la pro­cé­dure et sont conscients du peu d’ef­fi­ca­cité des plaintes, dont beau­coup sont clas­sées sans suites.

 

Peu de pro­prié­taires de chiens et chats portent plainte à la police. © Chloé Ponset – Place Gre’net

« Les gens vont por­ter plainte dans diverses gen­dar­me­ries. Du coup, il n’y a pas d’en­quête cen­tra­li­sée », déplore en outre le Pôle enquête de la SPA.

 

À Grenoble, la police indique par ailleurs qu” « enquê­ter sur une dis­pa­ri­tion d’a­ni­mal de com­pa­gnie sans aucun témoin ni aucune piste s’a­vère très com­pli­qué, pour ne pas dire assez vain ».

 

Le pro­blème, en effet, c’est qu’on ne connaît ni l’i­den­tité des voleurs, ni leur mode opé­ra­toire, ni leurs mobiles. Ce qui laisse la place à toutes les spé­cu­la­tions.

 

Marie-Noëlle Chanel évoque, pêle-mêle, une mys­té­rieuse « voi­ture imma­tri­cu­lée dans les Bouches-du-Rhône cir­cu­lant en ville, avec une cage à ani­maux » ou encore « des SDF et des gens des pays de l’Est qui feraient sem­blant de cares­ser les chiens avant de s’en­fuir avec eux en cou­rant ». La SPA du Dauphiné a bien « mené une enquête ayant conduit vers cer­taines per­sonnes mais impos­sible d’al­ler plus loin, faute de preuves ».

 

 

Bande organisée et trafic de fourrures ?

 

Selon cer­taines théo­ries, un tra­fic de peaux de chats ali­men­te­rait les tan­ne­ries en Suisse, tan­dis que pour d’autres, les chats seraient consom­més. © Angel Pavard

Concernant les motifs de ces vols et le deve­nir des ani­maux déro­bés, cir­culent toutes sortes de théo­ries. Selon cer­tains, les chats seraient tout sim­ple­ment man­gés. « On n’en a pas la preuve mais il existe des gens qui mangent ça comme du lapin », affirme Marie-Noëlle Chanel. Notamment en Suisse, où 3 % de la popu­la­tion en consom­me­rait.

 

Autre piste envi­sa­gée : « le tra­fic de peaux de chats, avec des four­rures des­ti­nées à des tan­ne­ries hel­vètes », même si la loi visant à inter­dire en Suisse le com­merce et l’exportation des peaux de chats, est entrée en vigueur le 1er jan­vier 2013.

 

Dans d’autres villes de France, des dizaines de chats ont été retrou­vés, sou­vent en piteux état, sur des camps roms éva­cués, comme à Lille ou Béziers en 2013. Difficile tou­te­fois de savoir quelle était leur des­ti­na­tion.

 

Concernant les chiens, le Pôle enquête de la SPA du Dauphiné croit aussi à l’hy­po­thèse des four­rures : « Il y a bien sûr quelques cas iso­lés mais on pense avoir affaire à une bande orga­ni­sée spé­cia­li­sée dans la revente de chiens, sans doute pour les four­rures, qui par­ti­raient vers d’autres pays, ou pour des labo­ra­toires. »

 

Sans preuves, dif­fi­cile de démê­ler le vrai du faux parmi toutes ces thèses. Mais une chose est sûre : le sort de ces chiens et chats n’est guère enviable…

 

Manuel Pavard

 

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Commentaires 6
  1. Enfin quel­qu’un qui s’y inté­resse un peu, oui chiens et chats dis­pa­raissent, sur­tout les chats cools qui s’ap­prochent de tout le monde et n’ont pas peur. Le mien a été dro­gué, peut-être dans ce but on ne sait pas, les gen­darmes ont refusé la plainte parce qu’il faut un docu­ment du vété­ri­naire, lequel confir­mant la drogue mor­telle grâce aux symp­tômes, a refusé si je n’a­vais pas les ana­lyses du labos, 200 euros à ma charge que je n’ai pu payés après les 1000 euros lais­sés au véto. Mais de toute façon les gen­darmes m’ont dit qu’ils n’en­quêtent pas, pas le temps, pas envie.

    Le chien d’un voi­sin a été volé par des squat­teurs dans un parc, le fils a réus­sis à les suivre et aler­ter les gen­darmes, ils sont allé cher­cher le chien mais c’est tout, pas d’en­quête, pas d’ar­res­ta­tion, ils ont dit ne pas pou­voir s’oc­cu­per des vols de chiens même si ils savent ce qui se passe. Certains chats dis­pa­raissent par cou­leur dans une zone, par exemple prés d’ici il y a eu une grosse dis­pa­ri­tion de chats tigrés sur quelques semaines. On signale des gens, comme une per­sonne vu devant les mai­sons à chaque dis­pa­ri­tion mais rien.

    [Modéré : pro­pos dif­fa­ma­toires] Ce qui me choque le plus c’est que per­sonne n’a­lerte la popu­la­tion, on ne veut pas faire peur donc on laisse faire, pour­tant il suf­fi­rait de tracts venant des gen­dar­me­ries, d’af­fi­chages des mai­ries pour que les gens com­prennent que le dan­ger est réel et sur­veillent leurs ani­maux. Mes chats ne sortent dans le jar­din qu’a­vec moi, inter­dic­tion à qui­conque de les cares­ser, mon chien est tou­jours prés de moi, je ne le quitte pas des yeux. Peut-être que des jour­na­listes concer­nés pour­raient enquê­ter, ils leur suf­fi­rait de recueillir les témoi­gnages de par­ti­cu­lier pour com­men­cer…

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  2. Tres bel article !

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  3. Désolé, on a pas pu résis­ter.

    « Depuis quelques mois, les asso­cia­tions de pro­tec­tion des médias signalent une recru­des­cence des vols de jour­na­liste dans la région gre­no­bloise. Un phé­no­mène cor­ro­boré par les mul­tiples avis de recherche dif­fu­sés par les par­ti­cu­liers, sur des affiches comme sur les réseaux sociaux. Si toutes ces dis­pa­ri­tions ne relèvent pas obli­ga­toi­re­ment de vols, leur nombre est jugé suf­fi­sam­ment inquié­tant pour accré­di­ter cette thèse (NDR : le nombre accré­dite une thèse ? Pardon ? ). Mais l’identité des voleurs et leurs mobiles demeurent néan­moins très flous, même si cer­taines pistes mène­raient jus­qu’aux cabi­nets d »exé­cu­tifs locaux.
     
     Partout dans l’agglomération gre­no­bloise, les affiches avec des pho­tos de jour­na­listes dis­pa­rus fleu­rissent dans les rues, sur les poteaux, les devan­tures des com­merces… Et sur la page Facebook Journalist Alert Isère 38, on recense par­fois une dizaine d’avis de recherche publiés sur une seule jour­née. Grenoble, Eybens, Domène, Le Fontanil-Cornillon… Les lieux varient, mais les mes­sages, en revanche, sont tou­jours simi­laires – « Perdu » jour­na­liste mâle et /ou femelle – sou­vent au cours des jours pré­cé­dents.

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  4. Bel article de m… ! On ne sait rien, mais on accuse les Roms, ça ne peut pas (nous !) faire de mal…

    Vous auriez du accu­ser Gordon Shumway. Pour le coup c’est beau­coup plus plau­sible et véri­fiable !

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    • PT

      05/11/2017
      19:29

      Quelle mau­vaise foi ! Il suf­fit de lire l’ar­ticle pour voir à quel point vos accu­sa­tions sont infon­dées.
      Aucune accu­sa­tion n’est por­tée, mais de simples faits ayant eu lieu à Grenoble ou ailleurs sont rela­tés, liens et témoi­gnages à l’ap­pui.

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    • On sait beau­coup plus que ce qui est dit dans l’ar­ticle mais c’est offi­cieux donc on n’a pas le droit de dire. Il ne faut pas tout mélan­ger, ce n’est pas atta­quer une popu­la­tion ou être raciste… que de dire la vérité. Je n’ai rien contre eux en par­ti­cu­lier, je ne vote pas à droite, je sou­tien l’ac­cueil de réfu­giés… [Modéré : pro­pos dif­fa­ma­toires].

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