Les excuses « bidons » des fraudeurs de la démocratie

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TRIBUNE LIBRE – Citoyen grenoblois, Samuel Chopin réagit à l’article sur « Les excuses “bidons” des fraudeurs comme thème d’une nouvelle campagne contre la fraude », paru le 30 octobre dernier sur Place Gre’net. La Sémitag mène en effet actuellement une campagne de communication de lutte contre la fraude qui reprend sur un ton humoristique les excuses fournies aux contrôleurs par les contrevenants. Rappelant les promesses de campagne de l’équipe municipale de Grenoble, Samuel Chopin en appelle, lui, à la fraude.

 

 

Citoyen grenoblois, Samuel Chopin dénonce la campagne contre la fraude et rappelle les promesses sur la gratuité des transports et la démocratie locale.Arrivée du tram A à l'arrêt Alsace-Lorraine, Grenoble © Chloé Ponset - Place Gre'netIl y a trois ans, mon fils en avait 9 et comme je fai­sais par­tie des mil­liers d’électeurs enthou­sias­més par le pro­gramme des élu-es de la mai­rie actuelle, je lui ai annoncé très fiè­re­ment que, bien­tôt, il irait au col­lège en tram’ sans tickets ni contrôles, parce que la majo­rité des citoyen-nes votant-es de notre ville en avait décidé ainsi, devant les pics de pol­lu­tions et les crises d’asthme que beau­coup trop des copains de son âge subissent.

 

Comme c’est l’âge où l’instruction civique com­mence, j’ai donc aussi expli­qué à mon fils la démo­cra­tie, et aussi le régime repré­sen­ta­tif. Je lui ai parlé de la consti­tu­tion, cette loi qui prime sur toutes les autres, même celle de la Métro, dans laquelle il y a l’article 2 qui dit : « La devise de la République est “Liberté, Égalité, Fraternité”. Son prin­cipe est : gou­ver­ne­ment du peuple, par le peuple et pour le peuple. »

 

 

Cette campagne est un véritable scandale

 

Ce qu’on apprend donc à nos enfants, et ce que dit la per­sonne âgée évo­quant le Conseil natio­nal de la Résistance dans la vidéo de nos élu-es, c’est que rien, abso­lu­ment rien, n’est oppo­sable à une déci­sion col­lec­tive et démo­cra­tique, rien… sauf la dic­ta­ture, que ce soit celle d’un unique lea­der suprême ou celle d’une plé­thore de bureau­crates locaux bête­ment dis­ci­pli­nés et cachés der­rière « les ordres de leur hié­rar­chie ».

 

C’est pour­quoi cette cam­pagne de com’ contre la soit-disant « fraude » est un véri­table scan­dale : alors que nos élu-es locaux ne cessent de coui­ner qu’on a pas assez d’argent public, on dépense cet argent pour culpa­bi­li­ser les habi­tant-es de ne pas payer les trans­ports au moment d’y accé­der alors qu’ils ont sou­ve­rai­ne­ment décidé de les payer uni­que­ment par leurs impôts, tout en offrant l’accès libre à l’embarquement.

 

 

Qu’on arrête massivement de payer ces tickets !

 

Beaucoup plus grave : cette cam­pagne fait oublier à la popu­la­tion que l’on refuse d’appliquer une déci­sion du peuple, par le peuple, pour le peuple. Il n’y a plus à ergo­ter pour savoir si c’est une bonne mesure ou pas : la déci­sion d’expérimenter la gra­tuité d’accès à été votée et déci­dée par la majo­rité votante. Peut-être que dans quelques années futures les habi­tant-es revien­dront des­sus, qu’importe : pré­sen­te­ment, on doit tenir parole et appli­quer nos déci­sions col­lec­tives.

 

Il est grand temps que les citoyen-nes de Grenoble entrent en résis­tance pour faire appli­quer leurs droits civiques et consti­tu­tion­nels. Qu’on arrête mas­si­ve­ment de payer ces tickets et ces machines inutiles ! Et que les employés de la Sémitag prennent leur res­pon­sa­bi­lité de citoyens plu­tôt que de spo­lier la démo­cra­tie et de racket­ter en uni­formes nos enfants et les jeunes de moins de 25 ans à qui nous avons pro­mis la gra­tuité d’accès aux trans­ports publics, la démo­cra­tie locale et une bonne santé dans une cuvette moins pol­luée !

 

 

***

 

 

Rappel : Les tri­bunes publiées sur Place Gre’net ont pour voca­tion de nour­rir le débat et de contri­buer à un échange construc­tif entre citoyens d’o­pi­nions diverses. Les pro­pos tenus dans ce cadre ne reflètent en aucune mesure les opi­nions des jour­na­listes ou de la rédac­tion et n’engagent que leur auteur.

 

Vous sou­hai­tez nous sou­mettre une tri­bune ? Merci de prendre au préa­lable connais­sance de la charte les régis­sant.

 

Musée de Grenoble et ses artistes du XIXe siècle
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Commentaires 12
  1. Ce que semble oublier ou igno­rer Monsieur Chopin, c’est que l’engagement d’une seule équipe muni­ci­pale n’engage pas le SMTC (Syndicat mixte des trans­ports en com­muns) qui n’est pas une créa­tion de la com­mune de Grenoble mais dès 1973, DES com­munes de l’agglomération et du Département de l’Isère. Une déci­sion de gra­tuité doit donc se prendre de façon beau­coup plus large et col­lec­tive pour jus­te­ment res­pec­ter le prin­cipe d’égalité mis en avant. C’est donc un long temps de négo­cia­tion. La « pro­messe » n’était-elle pas un peu hâtive ? Ou un peu déma­go­gique ? En tous cas il aurait été néces­saire de mieux expli­quer les contraintes et les dif­fi­cul­tés per­met­tant de pas­ser d’un sou­hait à une réa­lité. Si les ques­tions trai­tées au niveau inter­com­mu­nal, aujourd’hui métro­po­li­tain, étaient prises en comptes, inté­grées au moment des cam­pagnes des muni­ci­pales, sans doute seraient-elles plus sérieu­se­ment abor­dées. Et il y en a de plus en plus !

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  2. Que M. Chopin puisse s’ex­pri­mer ici, fort bien.

    Qu’il ait droit, pour ce faire, à une tri­bune libre m’é­tonne un peu. Mais c’est tout à l’hon­neur de Placegrenet de sus­ci­ter le débat.
    Qu’il puisse débi­ter inep­ties et insa­ni­tés, c’est la ran­çon de la « libre expres­sion ».

    Je ne me fati­gue­rai pas à lui répondre point par point, il n’en vaut pas la peine.
    Juste une phrase :
    « Et que les employés de la Sémitag prennent leur res­pon­sa­bi­lité de citoyens plu­tôt que de spo­lier la démo­cra­tie et de racket­ter en uni­formes nos enfants et les jeunes de moins de 25 ans à qui nous avons pro­mis la gra­tuité d’accès aux trans­ports publics, la démo­cra­tie locale et une bonne santé dans une cuvette moins pol­luée !  »
    1. « spo­lier la démo­cra­tie » n’existe pas. Je veux dire : c’est une incor­rec­tion gram­ma­ti­cale, un non sens. On spo­lie une per­sonne, pas un concept.
    2. « racket­ter en uni­formes nos enfants » ????? On est chez les fous !!!

    A. « racket­ter » est l’ex­pres­sion uti­li­sée par tous les contre­ve­nants au Code de la Route quand ils se font prendre ! 160 au lieu de 90 : racket ! Je n’ai pas mis de l’argent dans le parc­mètre et j’ai une amende : racket !
    Bref, notre ami révo­lu­tion­naire tient les mêmes pro­pos et dans les mêmes termes que le réac de comp­toir !!!!
    (Deux fois, un de mes enfants a été contrôlé sans pou­voir pré­sen­ter sa carte TAG dûment réglée. Deux fois j’ai dû m’ac­quit­ter d’une amende de 10 euros. Je trouve cela par­ti­cu­liè­re­ment nor­mal : édu­ca­tif et dis­sua­sif). L’oubli n’est pas une excuse.

    B. Qui « rackette » (je vou­drais sou­li­gner et mettre en gars le terme, mais impos­sible. Je le mets entre guille­mets comme avec des pin­cettes) nos enfants dans le tram­way ou dans le bus ou devant les col­lèges ? Des gens « en uni­formes » ? Samuel Chopin, sur quelle pla­nète vivez-vous ???? Ou alors appe­lez « uni­formes » un sur­vê­te­ment de marque avec cas­quette et chaus­sures de sport chères !

    C. Les employés de la SEMITAG font leur bou­lot, très ingrat. Mais M. Chopin ne doit pas aimer les « tra­vailleurs ». Il doit y avoir pour lui les « bons tra­vailleurs » et les « mau­vais tra­vailleurs ».… tout le monde connaît ça !!!!

    Au fait, merci à Samuel(le) Chopin(e) pour l’é­cri­ture inclu­sive.
    C’est la cerise sur le gâteau !
    Purée, je m’a­vise que mon pseudo res­pecte déjà les règles de la parité !!!!
    Masculin/Féminin !!!!

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    • PT

      02/11/2017
      20:33

      Merci pour ces com­men­taires. Pour rap­pel, les tri­bunes sont ouvertes à tous les citoyens, à par­tir du moment où ils res­pectent la charte. N’hésitez pas à vous en empa­rer 😉

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    • Monsieur « Ni bobo ni baba » se plaint qu’on m’ait laissé une tri­bune. La tri­bune, c’est chouette, c’est vrai. C’est mieux qu’un com­men­taire, certes, sauf qu’il faut signer en son nom. Ce qui per­met à des mes­sieurs comme « Ni bobo ni baba » de s’a­mu­ser avec, tout en cachant le leur. Donc pour Nibobonibaba je « débite inep­ties et insa­ni­tés » et il est trop « fati­gué pour y répondre car [je] n’en vaut pas la peine ».

      Forcément, après ça, il ne peut plus répondre sur le fond et il est obligé de meu­bler sur la forme en don­nant des cours gra­tuits de gram­maire fran­çaise et de code de la route. Je vais quand même répondre à ses points, car je pense que cette per­sonne ne vaut pas moins que moi, elle est juste de mau­vais poil :

      1. : Fort heu­reu­se­ment, la langue fran­çaise per­met l’al­lé­go­rie. On peut donc spo­lier la démo­cra­tie, sa mère, la parité, ou son réfri­gé­ra­teur.

      2.A. : J’ai du mal à voir où vous vou­lez en venir. J’interprète donc la chose ainsi : je suis un révo­lu­tion­naire tout en étant un réac­tion­naire parce que je dis qu’on rackette en uni­forme nos enfants, et aussi, je sup­pose, parce que j’in­cite à « frau­der » dans le tram.
      C’est assez cocasse de stig­ma­ti­ser de « révo­lu­tion­naire » un type qui veut juste qu’on applique les règles du jeu du régime élec­tif et repré­sen­ta­tif actuel. Quand tout le monde joue au révo­lu­tion­naire à la fête des tuiles et au 14 juillet, les mes­sieurs comme Nibobonibaba trouvent ça nor­mal. Mais quand il faut vrai­ment faire appli­quer la consti­tu­tion et les droits de l’hu­main obte­nus par nos ancêtres révo­lu­tion­naires, là ils res­tent à ron­chon­ner sur leurs cla­viers.

      2.B. : Si je com­prend bien, vous n’ai­mez pas les uni­formes des contrô­leurs de la Semitag que vous déni­grez allé­gre­ment et vous refu­sez qu’on appelle cela un uni­forme. C’est vrai que ceux d’Hugo Boss dans les années 30 avaient plus la classe que ceux de Décathlon aujourd’­hui. Mais un uni­forme reste un uni­forme. Les uni­formes sont nor­ma­le­ment fait pour être porté par les Gentils pour faire des choses bien. Là ils sont por­tés par des gen­tils pour faire des choses mal (faire payer des jeunes qui ne doivent pas payer le tram depuis 3 ans déjà). Vous trou­vez cela édu­ca­tif et dis­sua­sif ? Je crois que le dis­sua­sif doit ser­vir l’é­du­ca­tif …et là il ne sert qu’à spo­lier la démo­cra­tie et mon réfri­gé­ra­teur.

      2.C. : Bon, je passe sur vos fan­tasmes sur moi (dégui­sez moi en chômeur-fumiste-anti-travail(leurs)-assisté-en-tutu-rose si vous pou­vez, du moment que c’est avec une pou­pée latex), on va aller à l’es­sen­tiel : Selon vous les employés de la Semitag font leur bou­lot, très ingrat, donc il ne faut pas leur jeter la pierre.

      Nous vivons une époque où on adore la déres­pon­sa­bi­li­sa­tion. C’est pas moi c’est l’autre. Mais il n’y a pas de rai­son qu’on reproche à des déci­deurs poli­tiques de la mai­rie et de la Métro de spo­lier la démo­cra­tie alors qu’ils ne pour­raient rien spo­lier du tout sans l’aide des employés des ser­vices concer­nés. De même, c’est bien gen­til aux 19677 citoyens élec­teurs (dont moi même) d’a­voir pris cette déci­sion sur les trans­ports, mais il faut faire plus que voter si on veut que les déci­sions col­lec­tives soient appli­qués dans cette cuvette. Cela paraît évident au bout de 3 ans, même si les amis éco­los nous disent d’être patients (on a pas for­cé­ment la même notion du temps avec ces gens-là :-)).

      Pour l’ins­tant, on dirait qu’on ne peut comp­ter que sur les Nibobonibabas pour se révol­ter, non pas pour défendre la démo­cra­tie, mais pour lut­ter contre la parité et l’é­cri­ture inclu­sive avec des « e‑es » sur les mots, et bien sûr pour apprendre aux jeunes à être de bonnes et dociles vic­times d’arnaques en payant leur ticket au lieu de leur apprendre une acti­vité spor­tive, seine, créa­tive et démo­cra­tique : s’or­ga­ni­ser pour évi­ter les contrô­leurs de la Semitag.

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      • C’est long !
        Je vais donc seule­ment rele­ver quelques élé­ments qui montrent que vous ne m’a­vez pas vrai­ment (vrai­ment pas) com­pris.
        Mais il me faut d’a­bord recon­naître que j’ai eu tort de vous prendre de haut en disant que vous n’en valiez pas la peine. Je suis très sin­cère. Ma réac­tion était en par­tie d’hu­meur, quoique très rai­son­née, mais vous atta­quer « ad homi­nem », sans vous connaître, c’é­tait idiot de ma part.

        1. La gra­tuité des trans­ports en com­mun (pour les moins de 26 ans ?) était une pro­messe de cam­pagne de l’é­quipe Piolle. Une fois élue, cette équipe ne l’ap­plique pas. Mais cela arrive tout le temps. Pour de bonnes ou mau­vaises rai­sons, peu importe. Cela vous donne-t-il le droit de vous déro­ber à la loi, telle qu’elle existe ? Aux règle­ments, tels qu’ils n’ont pas été chan­gés ? Je ne vais pas vous faire un cours sur la déso­béis­sance civile, mais son prin­cipe de base sup­pose qu’on ne conteste pas les lois de son pays pour son inté­rêt per­son­nel. La per­sonne qui fraude le fisc n’est pas un résis­tant, le res­quilleur non plus !

        2. Je vous assi­mi­lais à un « réac­tion­naire » car ce sont les réacs de comp­toirs qui se disent « racket­tés » par les radars ou par les contrac­tuels, alors qu’ils com­mettent des infrac­tions ou des délits. Ce sont les libé­raux et les fachos qui parlent de « racket fis­cal » pour par­ler des impôts. Or, vous uti­li­sez ce même terme de « racket » pour par­ler de l’o­bli­ga­tion de s’ac­quit­ter de son ticket de tram. D’où mon équa­tion rapide : révo­lu­tion­naires = réac­tion­naires. (de même qu’ailleurs, j’in­siste sur l’é­qui­va­lence « liber­taires »/« libé­raux »).

        3. Sur l’his­toire des uni­formes des contrô­leurs de la TAG, il y a plus qu’une méprise.… C’est un contre-sens absolu. Non seule­ment je ne dénigre pas les­dits contrô­leurs, (non plus que leurs « uni­formes ») mais mon billet en jus­ti­fiait la mis­sion. Je rebon­dis­sais sur « racket » – et repre­nant le terme dans son accep­tion pre­mière et véri­table, j’in­si­nuais que ceux qui rackettent les jeunes « usa­gers » du Tram sont d’autres jeunes, vêtus d’une autre sorte d’u­ni­forme. Faut-il en dire plus ? On m’ac­cu­sera de je ne sais quelle pro­pen­sion à la dis­cri­mi­na­tion, alors que je ne fais qu’é­non­cer un constat que n’im­porte qui peut faire. Si la pluie est mouillée, je ne peux pas dire que la pluie n’est pas mouillée. D’ailleurs, vous-même, en évo­quant les uni­formes d’Hugo Boss des années 30, flir­tez avec le fameux point Godwin, mais je ne m’en for­ma­li­se­rai pas.

        4. Vous sem­blez redire que les contrô­leurs de la TAG sont « res­pon­sables », « com­plices » de la poli­tique menée par la Ville ou la Métropole, peu importe. Je ne vais pas entrer dans un débat phi­lo­so­phique avec vous sur la notion de « res­pon­sa­bi­lité ». Et donc, je vais res­ter très terre-à-terre : que doivent-ils faire ? Démissionner ? Trouver un autre job ? Se faire hara-kiri ? Et d’ailleurs en quoi seraient-ils obli­gés de par­ta­ger vos convic­tions et de pra­ti­quer « l’in­sou­mis­sion » pour obte­nir la gra­tuité pro­mise par des poli­tiques dont je sup­pose qu’ils se contre­fichent ? Ils font leur bou­lot ! Comme le contrac­tuel. Comme le juge qui applique la loi, le méde­cin qui obéit au Code de la Sécurité Sociale, le pro­fes­seur qui res­pecte le pro­gramme ou le char­cu­tier qui ne vend plus d’an­douillettes de fraise de veau jus­qu’en 2015 à cause de l’af­faire de la vache folle. Ce ne sont pas des col­la­bos pour autant. Verbaliser une per­sonne dépour­vue de titre de trans­port dans un bus ou un tram, ce n’est pas tout à fait la même chose que de contri­buer à un géno­cide.….

        On s’en tien­dra là pour ma réponse.
        En résumé, je ne vous connais pas.
        Je ne sau­rai donc vous juger sur un plan per­son­nel.
        Mais pour ce qui touche aux idées, aux opi­nions, les vôtres me paraissent fausses et dan­ge­reuses.
        Permettez-moi donc de vous appor­ter la contra­dic­tion.

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        • @Ni bobo ni baba : C’est chic d’être plus polis et moins de mau­vais poil. On est tou­jours pas d’ac­cord mais c’est tou­jours mieux de dis­cu­ter en se res­pec­tant 🙂

          Le prin­cipe de base de la déso­béis­sance civile est bien entendu de ne pas contes­ter les lois de son pays pour son inté­rêt per­son­nel mais pour un inté­rêt col­lec­tif (dont la défi­ni­tion peut être elle-même sub­jec­tive, je vous l’ac­corde, mais ici c’est appli­quer la démo­cra­tie, nor­ma­le­ment, c’est assez consen­suel, mais bon). Bref, nous sommes d’ac­cord et c’est bien de cela qu’il s’a­git ici. Une per­sonne qui fraude le tram dans le cadre d’une action de déso­béis­sance civile pour la démo­cra­tie locale peut s’i­ma­gi­ner fiè­re­ment en Rosa Parks, les autres, les égoïstes res­quilleurs, cela n’est sim­ple­ment pas notre sujet ici.

          A pro­pos des contrô­leurs, vous dites « que doivent-ils faire ?  » : ben pour com­men­cer …rien, c’est facile ça : lais­ser les jeunes de moins de 25 ans tran­quilles dans le tram. Après, ils peuvent faire comme tous les autres citoyens : se poser et réflé­chir avec leurs amis, voi­sins, famille, sur com­ment agir pour que la démo­cra­tie se fasse.

          Vous vous deman­dez ensuite « en quoi seraient-ils obli­gés de par­ta­ger [mes] convic­tions et de pra­ti­quer « l’insoumission » pour obte­nir la gra­tuité pro­mise par des poli­tiques dont [vous] sup­po­sez qu’ils se contre­fichent ? ». Là je ne suis pas d’ac­cord : la démo­cra­tie, ce ne sont pas des poli­tiques qui font des pro­messes (ça ils le font quelque soit le régime), ce sont des citoyens qui prennent des déci­sions col­lec­tives et qui les appliquent.

          Personne ne devrait se contre­fi­cher de la déci­sion prise par une majo­rité des citoyens votant de sa propre ville, qu’on soit actuel­le­ment payé ou non pour nuire à cette déci­sion. Accepter une déci­sion de la majo­rité, c’est la base de notre vie en société !

          En fait, c’est vous qui avez des idées dan­ge­reuses : Il ne s’a­git plus du tout de débattre si cette déci­sion est bonne ou pas et si elle vous plaît ou pas. Cela a déjà été débattu et voté en 2014. Pour reve­nir des­sus : c’est éven­tuel­le­ment les élec­tions de 2022. Mais là on est en 2017 et contrô­leurs, élus, jeunes, vieux, méde­cins, char­cu­tiers… on doit tous appli­quer une déci­sion démo­cra­tique. Sinon, c’est la Loi du plus fort. Et avec ou sans uni­formes, la vio­lence et le chaos seront au ren­dez-vous. Les fran­çais qui ne croient plus au régime élec­tif ou à la démo­cra­tie sont à chaque élec­tion plus nom­breux. Ils sont des dizaines de mil­lions à ne plus voter et au moins plus de 10 mil­lions à voter pour une dic­ta­ture. Vous vou­lez qu’on conti­nue à aller droit dans le mur ? Et bien sui­vez les rails et n’ap­pli­quez pas les résul­tats des votes des gens.

          En tout cas, merci, mon­sieur, pour cet échange de points de vue.

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  3. Peut-être que les déci­deurs n’é­taient alors pas les payeurs, et que ceux qui ont fait cette pro­messe ne pen­saient pas arri­ver au pou­voir si « faci­le­ment »… Or, le SMTC est ultra-endetté. Ainsi, déci­der la gra­tuité reste pos­sible, mais au prix de fortes hausses d’im­pôts pour tout le monde… pas super pour des élus qui avaient éga­le­ment pro­mis « pas de hausses d’im­pôts »…
    En tout cas sur le fond, je ne suis cho­qué que tout le monde paye une somme, même sym­bo­lique pour les moins aisés, et d’en­sei­gner à mes enfants que le ser­vice public consti­tue un bien com­mun qui a un prix, que les agents et le maté­riel doivent être res­pec­tés, ce qui ne semble ici pas évident pour tout le monde. Ou alors, pour finan­cer ces biens com­muns, que l’on paye tous une taxe d’ha­bi­ta­tion, même sym­bo­lique, mais cela, on n’en prend pas le che­min non plus…
    Cordialement.

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  4. Il y a une erreur dans le com­men­taire pré­cé­dent : nous n’êtes pas incré­dule, mais cré­dule, c’est à dire que vous avez cru qu’un pro­gramme élec­to­ral valait refe­ren­dum avec appli­ca­tion dans la fou­lée.
    Peut-être que la liste Piolle a pro­mis du vent sur ce sujet, peut-être qu’elle s’est caché les yeux devant le coût de la mesure (qui n’a je crois jamais été mise en place dans une ville impor­tante), mais il n’a jamais en tout cas été pro­mis que ce serait immé­dia­te­ment mis en place, et qu’à défaut il fal­lait arrê­ter d’a­che­ter et com­pos­ter ses tickets…

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    • @Vincent : Non, les élu-es en France ne sont pas tenus après chaque élec­tion de refaire voter par réfé­ren­dum chaque point de leur pro­gramme : Ils savent très bien qu’ils doivent l’ap­pli­quer.
      Je n’ai aucune idée des rai­sons pour les­quelles la mai­rie n’ap­plique pas cette mesure. Peut être qu’elle n’a pas assez d’argent pour com­mu­ni­quer sur ses sou­cis ou peut être sim­ple­ment qu’elle y a renoncé sans oser nous le dire. En tout cas, je ne pense pas que si vous atten­dez encore 3 ans sans rien faire cela vous tom­bera tout cuit du ciel.
      Sinon, Grenoble sera une ville impor­tante quand nous y feront des choses impor­tante, si c’est juste une ques­tion de taille : les trans­ports en com­muns d’Aubagne, gra­tuits d’ac­cès, servent 103 497 hab. (2012). Grenoble a 160 779 hab. (2014). Cela vous parait impos­sible ? Avec le PIB de 1911, nos ancêtres avaient le tram­way jus­qu’à Villard de Lans …faut pas pous­ser mémé dans les orties : Quand on veut, on peut.

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  5. Pas de chance, vous n’ob­tien­drez jamais gain de cause car vous êtes incré­dule.
    Il faut vrai­ment être incré­dule pour avoir cru le maire de Grenoble actuel qui dans sa cam­pagne élec­to­rale vante un truc dont il n’a pas une seule seconde le pou­voir…
    Les Transports en Commun c’est la METROPOLE et non pas LA VILLE qui décide.
    Allez, repre­nez vos esprits, payez vos titres de trans­ports comme tout le monde, expli­quez à votre enfant que vous avez pas com­pris com­ment cela fonc­tionne, ça ira bien !

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    • @Rémy : Seul, je n’ob­tien­drai jamais gain de cause com­mune, c’est sûr. Mais avec vous et avec d’autres on peut tout. Vous savez, tous nos acquis sociaux et démo­cra­tiques depuis le XIX siècle se sont obte­nus avec juste quelques cen­taines de per­sonnes moti­vés, sou­vent sim­ple­ment par des actions de déso­béis­sance civile non vio­lentes de la part d’in­con­nus. Les 19677 habi­tants de cette ville qui ont voté pour cette déci­sion et attendu de la voir pen­dant 3 ans devraient main­te­nant se lever et ima­gi­ner des actions civiques non vio­lentes pour faire appli­quer cette déci­sion démo­cra­tique par celles et ceux à qui nous avons délé­gué notre pou­voir. Bien sûr qu’il faut être cré­dule pour croire des pro­messes élec­to­rales. Mais il faut aussi être autre­ment cré­dule pour croire les poli­ti­ciens qui vous disent qu’ils n’ont aucun pou­voir et que c’est tou­jours la faute des autres. Le maire et la ville de Grenoble ont abso­lu­ment le pou­voir d’ap­pli­quer cette déci­sion démo­cra­tique sur leur com­mune. Ce n’est qu’une ques­tion de volonté et de cou­rage poli­tique. Cette Métro, on peut aussi la quit­ter et en refaire une autre à côté si néces­saire, une Semitag aussi. Tout est pos­sible, nous sommes sou­ve­rains, pas parce que c’est déjà mar­qué dans la consti­tu­tion, mais parce qu’on peut le déci­der en se levant tous les matins.

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