Décision du tribunal administratif de Grenoble : pourquoi Dieudonné vous ment !

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TRIBUNE LIBRE – Le tribunal administratif de Grenoble a rejeté le 22 septembre le recours intenté par Dieudonné contre l’arrêté d’interdiction de son spectacle pour défaut d’urgence. Une décision qui n’a pas manqué de faire réagir l’intéressé dans une vidéo postée sur YouTube le 26 septembre 2017. Une vidéo, dans laquelle Dieudonné mentirait de façon outrancière, selon un collectif d’étudiants en Master 1 de droit public de la faculté de droit de Grenoble*.

 

 

Alors que Dieudonné a la pré­ten­tion de dire dans sa vidéo qu’il fait « presque un cours de droit », son dis­cours est au contraire ponc­tué de très nom­breuses approxi­ma­tions juri­diques. Florilège.

 

 

Non, le juge ne « couvre » pas M. Piolle : la décision du tribunal est juridiquement incontestable

 

Dans une ordon­nance du 22 sep­tembre, le juge admi­nis­tra­tif de Grenoble a rejeté le recours formé par Dieudonné. Dans sa vidéo, ce der­nier consi­dère, citant au pas­sage ad homi­nem le juge ayant rendu la déci­sion :

 

Dieudonné. DR

Dieudonné. DR

« Le Sieur […] donc, a répondu à notre légi­time demande par une réponse pour le moins cro­qui­gno­lesque digne d’une blague à Toto, réponse dans laquelle et au mépris de toute par­tia­lité [sic, il aurait fallu dire impar­tia­lité] il invoque sa libre inter­pré­ta­tion de la notion d’urgence. C’était du jamais vu, ça n’a aucun sens en fait. Pour fuir un débat sur le fond perdu d’avance, hein, il a pré­féré donc […] nous ser­vir la malice, le plat du Malin, hein, mais ce tour de passe-passe mal­adroit et mal­hon­nête […]. On était sur un débat sur l’urgence. Est-ce qu’il y a urgence quand on est à un mois d’un spec­tacle ou pas ? Y a une juris­pru­dence constante qui dit oui, mais lui ce juge là pour cou­vrir Piopio [Eric Piolle, note des auteurs]. Bon bàààà… ». Que faut-il en pen­ser ?

 

 

Dieudonné affirme donc que le juge a eu « une libre inter­pré­ta­tion de la notion d’urgence », contraire à une juris­pru­dence constante. Mais cela est faux. La déci­sion du juge est au contraire par­fai­te­ment logique. Il n’a fait qu’appliquer la juris­pru­dence du Conseil d’État.

 

D’après l’article de Patricia Cerinsek publié sur Place Gre’net le 22 sep­tembre, « l’humoriste sou­te­nait […] que l’arrêté por­tait une atteinte grave et mani­fes­te­ment illé­gale à la liberté d’expression, ainsi qu’à la liberté du tra­vail et la liberté d’entreprendre ». Cela signi­fie que Dieudonné avait formé auprès du tri­bu­nal admi­nis­tra­tif de Grenoble ce qu’on appelle un référé-liberté.

 

La pro­cé­dure de référé est une pro­cé­dure d’urgence qui pré­voit que le juge ne peut inter­ve­nir que si cer­taines condi­tions sont res­pec­tées, sou­vent assez res­tric­tives. S’agissant du référé-liberté pré­ci­sé­ment (article L. 521 – 2 du Code de jus­tice admi­nis­tra­tive), au-delà de l’atteinte grave et mani­fes­te­ment illé­gale à une liberté fon­da­men­tale, cette pro­cé­dure sup­pose de rem­plir une condi­tion d’urgence par­ti­cu­liè­re­ment exi­geante.

 

Cette pro­cé­dure n’est uti­li­sée nor­ma­le­ment, d’après le texte et la juris­pru­dence du Conseil d’État Commune de Pertuis ren­due en 2003, que lorsqu’une mesure doit néces­sai­re­ment inter­ve­nir dans les 48 heures pour que la liberté fon­da­men­tale du requé­rant soit sau­ve­gar­dée (« une situa­tion d’ur­gence impli­quant, sous réserve que les autres condi­tions posées par l’ar­ticle L. 521 – 2 soient rem­plies, qu’une mesure visant à sau­ve­gar­der une liberté fon­da­men­tale doive être prise dans les 48 heures ») ou lorsque la demande est « jus­ti­fiée par une urgence par­ti­cu­lière » d’après l’arrêt du Conseil d’État Vincent Lambert de 2014. Or, le spec­tacle liti­gieux est pro­grammé le 28 octobre 2017, soit plus d’un mois après la requête ini­tiale (faite le 21 sep­tembre 2017). Il n’y avait donc pas d’urgence au sens de la pro­cé­dure de référé-liberté.

 

Lorsque l’urgence n’est pas consti­tuée en ces termes, le juge est habi­lité à adop­ter ce qu’on appelle une « ordon­nance de tri », c’est-à-dire ren­due par un juge sta­tuant seul, sans ins­truc­tion ni audience (article L. 522 – 3 du CJA), ce que le tri­bu­nal admi­nis­tra­tif de Grenoble a fait. La déci­sion du juge est donc logique et conforme à la juris­pru­dence clas­sique.

 

 

Non, les spectateurs n’obtiendront pas automatiquement 3 000 euros de dommages et intérêts

 

 

Dans sa vidéo, Dieudonné encou­rage ses fans à ache­ter des places car cela leur don­ne­rait le droit de faire un recours contre l’arrêté inter­di­sant le spec­tacle. Sur ce point, le rai­son­ne­ment de Dieudonné se tient car il est vrai que l’achat d’une place de spec­tacle donne sans doute un « inté­rêt à agir » à un requé­rant poten­tiel.

 

Cependant, cela ne signi­fie pas que la déci­sion d’Eric Piolle sera annu­lée. Or, si elle ne l’est pas, il n’y aura pas d’illégalité de la déci­sion et donc pas d’engagement de res­pon­sa­bi­lité, car il n’y aura pas de faute de la part de l’administration. Par ailleurs, même en cas d’illégalité, il est peu pro­bable que cha­cun puisse obte­nir la répa­ra­tion d’un pré­ju­dice moral à hau­teur de 3 000 euros auprès de la « très sol­vable » muni­ci­pa­lité que Dieudonné appelle à « sai­gner comme des porcs ».

 

La juris­pru­dence montre au contraire que les juges estiment, pour ce qui concerne direc­te­ment Dieudonné, que rien n’établit qu’il ait subi un véri­table pré­ju­dice moral, y com­pris dans les cas où son spec­tacle avait été injus­te­ment inter­dit (CAA de Nantes, 08/02/2017, n°15NT00509 ; CAA de Bordeaux, 31/05/2016, 14BX02603).

 

Quant aux éven­tuels spec­ta­teurs qui auraient obtenu une répa­ra­tion de leur pré­ju­dice moral suite à une inter­dic­tion jugée illé­gale par un juge admi­nis­tra­tif, une recherche dans les bases de don­nées juri­diques dis­po­nibles au grand public ne per­met pas de l’établir. Force est de consta­ter qu’il serait dans tous les cas dif­fi­cile de prou­ver l’existence d’un pré­ju­dice moral et encore moins à hau­teur de 3 000 euros dans ce cas.

 

Oui, Dieudonné a raison mais seulement lorsqu’il dit que le fond n’a pas été jugé

 

 

Dieudonné affirme que « le juge a refusé de prendre cette affaire, non non, y’a pas d’urgence on verra ça plus tard. Mais, on n’a pas… on n’a pas abordé la ques­tion de l’interdiction, de l’arrêté. On était sur un débat sur l’urgence ».

 

Sur ce point, Dieudonné n’a pas tort dans la mesure où le juge a pris une ordon­nance de tri, ce qui consiste à ne pas accueillir la demande en référé pour défaut d’urgence, sans qu’il y ait besoin de se pro­non­cer sur la ques­tion de la léga­lité de la déci­sion. Il aurait donc fallu qu’une autre pro­cé­dure soit uti­li­sée pour conduire à un juge­ment au fond. On ne peut en somme pas consi­dé­rer que l’ar­rêté a été validé par le juge.

 

S’agissant de l’analyse sur le fond, nous ren­voyons à notre pré­cé­dent article, sachant tou­te­fois que l’incendie de la gen­dar­me­rie de Grenoble qui a eu lieu entre temps pour­rait rééqui­li­brer la balance en faveur de la pro­por­tion­na­lité de l’interdiction, eu égard à l’aggravation du contexte.

 

 

Dieudonné instrumentalise-t-il la justice pour se faire de la publicité ?

 

 

Dieudonné se plaint donc que sa requête ait été reje­tée pour défaut d’urgence. Pourtant, comme il a été dit pré­cé­dem­ment, le choix du référé liberté semble sur­pre­nant vis-à-vis de la condi­tion d’urgence qui le carac­té­rise nor­ma­le­ment. Cela est d’autant plus éton­nant qu’il aurait pu uti­li­ser une autre pro­cé­dure sus­cep­tible d’a­bou­tir.

 

En effet, à côté du référé-liberté, il existe une pro­cé­dure de référé-sus­pen­sion per­met­tant d’obtenir la sus­pen­sion d’une déci­sion un mois avant l’échéance. Dans le cadre d’un référé-sus­pen­sion, acces­soire à une demande d’annulation, la concep­tion de l’urgence est moins stricte – d’après la juris­pru­dence Confédération natio­nale des radios libres de 2001, il suf­fit que « la déci­sion admi­nis­tra­tive contes­tée pré­ju­di­cie de manière suf­fi­sam­ment grave et immé­diate à un inté­rêt public, à la situa­tion du requé­rant ou aux inté­rêts qu’il entend défendre » – et l’atteinte à une liberté fon­da­men­tale (ici la liberté d’expression) peut être mise en avant plus faci­le­ment (un doute sérieux sur la léga­lité de la déci­sion suf­fit).

 

Le juge dans cette hypo­thèse n’aurait donc pas rejeté pour défaut d’urgence mais aurait pu connaître le dos­sier au fond (art. L. 521 – 1 CJA). Or, selon nos infor­ma­tions, aucun recours au fond, et donc aucun référé-sus­pen­sion, n’a à ce stade été déposé auprès du tri­bu­nal admi­nis­tra­tif de Grenoble. Ce qui est pour le moins dérou­tant.

 

Dès lors, il est pos­sible de poser des hypo­thèses. Est-il envi­sa­geable que l’avocat de Dieudonné ait pu se trom­per de pro­cé­dure, c’est-à-dire faire une erreur aussi gros­sière ? Dieudonné dit lui-même qu’il est devenu « un véri­table spé­cia­liste du droit admi­nis­tra­tif » et que ses avo­cats ont l’habitude de ce type de recours… Cette hypo­thèse semble donc peu pro­bable. Par ailleurs, pour­quoi deux recours paral­lèles (référé liberté + recours en excès de pou­voir accom­pa­gné d’un référé-sus­pen­sion) n’ont-ils pas été dépo­sés l’un après l’autre auprès du tri­bu­nal ? Pourquoi Dieudonné n’a‑t-il pas déposé après la déci­sion du tri­bu­nal un référé-sus­pen­sion ?

 

Si Dieudonné avait vrai­ment voulu obte­nir la sus­pen­sion de l’arrêté d’interdiction d’Eric Piolle, force est de consta­ter qu’il s’y est bien mal pris… Est-il alors pos­sible que Dieudonné ait uti­lisé volon­tai­re­ment la mau­vaise pro­cé­dure, sachant que son recours serait rejeté et qu’il pour­rait ensuite s’en ser­vir, dans une vidéo, pour faire le buzz et ainsi gon­fler les ventes de ses places de spec­tacle et autres pro­duits déri­vés ?

 

Et si tout cela n’était au fond qu’une stra­té­gie mar­ke­ting ?

 

***

 

 

* Clémentine Delezinier, Alicia Goncalves, Pierre Hirigoyen, Anne-Claire Issartel, Pierre Jacquier, Charline Lacazale, Marine Manhes, Émilie Naton, Mélina Oguey, Lucie Poret, Marie Poret, (avec leur pro­fes­seur Romain Rambaud).

 

 

* Rappel : Les tri­bunes publiées sur Place Gre’net ont pour voca­tion de nour­rir le débat et de contri­buer à un échange construc­tif entre citoyens d’o­pi­nions diverses. Les pro­pos tenus dans ce cadre ne reflètent en aucune mesure les opi­nions des jour­na­listes ou de la rédac­tion et n’engagent que leur auteur.

Vous sou­hai­tez nous sou­mettre une tri­bune ? Merci de prendre au préa­lable connais­sance de la charte les régis­sant.

 

Grenoble Finaliste pour le concours de Capitale Verte
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Commentaires 28
  1. A force de mon­trer du doigt, ce bouf­fon du roi, tout le monde com­mence réel­le­ment à s’interroger sur les rai­sons exactes de cette cen­sure. La vio­lence des attaques, pro­gram­mées et per­pé­trées géné­ra­le­ment par les grands de ce monde, laissent à pen­ser qu’il fal­lait bâillon­ner de toute urgence cet humo­riste trans­gres­sif. On pour­rait éven­tuel­le­ment avoir recours à la fameuse cita­tion de Voltaire ou bien tout sim­ple­ment abon­der dans le sens du poli­ti­que­ment cor­rect mais tout ce tapage éta­tique et média­tique a eu comme résul­tat d’éveiller la curio­sité du citoyen. L’être humain est ainsi fait, plus on lui inter­dit et plus il recherche le motif de cet inter­dit, ce qui nous amène tout droit aux nom­breuses vidéos dif­fu­sés sur la toile par notre pes­ti­féré (qui par nature ne peuvent pas être cen­su­rées). Parfois cer­tains hommes poli­tiques auraient aimé chan­ger la loi ne serait-ce qu’un ins­tant dans le but d’apaiser l’intolérance qui les ronge… !

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  2. Dieudonné sera bien au sum­mum
    Apres Décision du tri­bu­nal

    A vous tous bande de cen­seurs du dimanche que vous êtes
    [modéré : pro­pos inju­rieux]

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  3. « Dieudonné ins­tru­men­ta­lise-t-il la jus­tice pour se faire de la publi­cité ? »

    Qu’est-ce qu’il faut pas lire… C’est l’exé­crable (pour res­ter poli) Piolle qui a mis le doigt dans l’en­gre­nage. Comme tous ses col­lègues de la misé­rable classe poli­tique, il a l’air moins inté­ressé par d’autres com­bats hau­te­ment plus impor­tants.

    PS : sympa au fait la liste de noms des étu­diants. Ils seront contents, à coup sûr.

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  4. Est-ce raciste, anti­sé­mite et néga­tion­niste de dire que la France est diri­gée par des non-Gaulois qui ne recon­naissent pas le Christ ? Dieudonné a ouvert les yeux des Français sur la déca­dence de leur pays, et c’est pour cela qu’ils ont en fait un ennemi public no 1 …

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    • que faites-vous de la laï­cité ? Séparation de l’Etat et de la Religion (des reli­gions).
      Les pré­si­dents sont catho­liques, allant prê­ter allé­geance en leur nom au pape, mais le catho­li­cisme n’est pas reli­gion d’é­tat en France. Ce n’est ni raciste, ni anti­sé­mite ni néga­tion­niste que de le recon­naitre.

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  5. Faut-il rap­pe­ler sur quoi porte le juge­ment ?
    Dieudo a atta­qué l’ar­rêté d’E. Piolle EN REFERE. « Le tri­bu­nal admi­nis­tra­tif de Grenoble a rejeté le 22 sep­tembre le recours intenté par Dieudonné contre l’arrêté d’interdiction de son spec­tacle pour défaut d’urgence. »
    Défaut d’ur­gence et non sur le fond. Il n’y a donc aucu­ne­ment res­tric­tion de la liberté d’ex­pres­sion.
    Comme il est écrit dans l’ar­ticle :
    « Non, le juge ne « couvre » pas M. Piolle : la déci­sion du tri­bu­nal est juri­di­que­ment incon­tes­table ».
    Dieudonné a gagné. Il sait très bien mani­pu­ler. Il n’a­vait pas le temps d’at­ta­quer sur le fond, mais sim­ple­ment en référé. Il ne pou­vait pas gagner puisque, faut-il le répé­ter, il n’y avait aucune urgence, cela suf­fi­sait pour faire mon­ter ses fans au cré­neau sur la liberté d’ex­pres­sion.
    Le maire de Marseille a aussi inter­dit le spec­tacle pour le même motif de risque de troubles à l’ordre public, comme plein d’autres muni­ci­pa­li­tés avant.

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    • Ce que vous êtes la seule à ne pas com­prendre parmi tout les com­men­taires, c’est que le scan­dale com­mence des la pre­miere inter­dic­tion déci­dée par le maire de Grenoble. Ca a beau faire des années que ça dure, on ne s’y habi­tue pas. On est pas à la télé, on ne dit pas amen à toutes les bêtises qu’on lit et entends sur le sujet Dieudonné. Chacun est libre d’ap­pré­cier ou non son humour, son tra­vail, voire le bon­homme mais qui sont ces gens qui décident à notre place ce qu’on doit aimer ou pas ? #plein­le­dos

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  6. Le 26 sep­tembre der­nier, Dieudonné répon­dait au Maire de Grenoble, Eric Piolle, qui cherche à faire inter­dire son spec­tacle. Dans cette vidéo, l’humoriste franco-came­rou­nais dénon­çait éga­le­ment le rôle joué par le juge admi­nis­tra­tif François Garde qu’il estime par­tial. Ce per­son­nage, sorti momen­ta­né­ment de l’anonymat, ferait-il par­tie des mili­tants anti-Dieudonné qui pul­lulent dans les hautes sphères du pou­voir média­tico-poli­tico-judi­ciaire ?

    Ce qui est sûr, c’est qu’il a béné­fi­cié de la pro­mo­tion d’un per­son­nage qui s’en prend régu­liè­re­ment à Dieudonné dans les médias et qui n’est autre que Bernard-Henri Lévy.

    En effet, il y a un an jour pour jour, le 27 sep­tembre 2016, le site inter­net de BHL, La Règle du Jeu, fai­sait la pro­mo­tion de François Garde, qui n’est pas seule­ment juge admi­nis­tra­tif à Grenoble mais éga­le­ment écri­vain. Il a notam­ment écrit un ouvrage inti­tulé : Ce qu’il advint du sau­vage blanc.

    Compte tenu du réseau auquel appar­tient François Garde, de nom­breuses per­sonnes sont sus­cep­tibles de s’interroger sur cette déci­sion judi­ciaire et soup­çon­ner qu’elle a été prise de manière préa­lable et au mépris du droit le plus fon­da­men­tal.

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  7. L’interdiction d’un artiste est contraire à la liberté d’ex­pres­sion. De plus son der­nier spec­tacle ne pré­sente aucune atteinte quel qui soit. Donc, cet déci­sion semble TOTALEMENT illé­gal, que l’on approuve ou pas cet artiste.

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  8. Merci énor­mé­ment pour ce par­tage. Je ne suis pas au cou­rant de ce que fait Dieudonné, et voilà que vous en faites la publi­cité. Du coup, je regarde sa vidéo, son sketch et je regarde ses autres vidéos et je me demande un truc. Qu’est ce qui, selon vous, est dit dans les extraits de son spec­tacle « la Guerre » qui valide le fait 1°) que vous vous achar­niez à vou­loir com­pro­mettre ce mon­sieur 2°) que son spec­tacle doive être inter­dit par un maire ?
    J’espère que vous vous ren­dez-compte que vous faites de la publi­cité pour Dieudonné qui n’en demande pas tant.
    Du coup, une autre ques­tion me taraude : Est-ce vous vous n’u­ti­li­sez pas ce per­son­nage contro­versé afin de faire de la publi­cité pour votre site qui est bien moins consulté que n’im­porte quelle vidéo du sieur sus-cité ?
    Cordialement.

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    • PT

      29/09/2017
      12:45

      Merci pour cette inter­pel­la­tion. Précision d’im­por­tance, vous êtes dans la rubrique Tribunes qui per­met à tout un cha­cun (y com­pris vous-même si vous le sou­hai­tez) de réagir sur un sujet d’ac­tua­lité dès lors que la charte des tri­bunes est res­pec­tée. Pour rap­pel, les pro­pos tenus dans ces tri­bunes ne reflètent en aucune mesure les opi­nions des jour­na­listes ou de la rédac­tion et n’engagent que leur auteur.
      Cordialement,

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  9. Très bonne tri­bune.
    Les maires de Tours, Nancy, Metz etc avaient aussi demandé l’in­ter­dic­tion du spec­tacle de Dieudonné. Que dit la loi fran­çaise ? cf Wikipedia :
    « Les lois contre le racisme et les dis­cours de haine sont des lois qui pro­hibent et inter­disent la dis­cri­mi­na­tion et les dis­cours de haine, allant de l’in­ti­mi­da­tion et le déni­gre­ment jus­qu’à la vio­lence contre une per­sonne, une cer­taine caté­go­rie de la popu­la­tion ou leurs biens.

    L’incitation à la haine raciale désigne les appels (écrits ou oraux) d’actes mal­veillant sur la carac­té­ris­tique raciale sup­po­sée ou réelle, et le dis­cours de haine (en anglais « hate speech »), désigne les appels sur les autres carac­té­ris­tiques : reli­gion, âge, sexe ou orien­ta­tion sexuelle, etc. »
    C’est donc en s’ap­puyant sur ces lois que les demandes d’in­ter­dic­tion sont fon­dées.
    Comme l’é­crit le jour­na­liste Emmanuel Pierrat :
    « Dans les spec­tacles de Dieudonné, on passe très vite de ce qui peut avoir une appa­rence de sketch comique à une attaque en règle visant des per­sonnes nom­mées en rai­son de leur pré­su­mée appar­te­nance reli­gieuse …
    Dans les mes­sages de Dieudonné, sur­tout quand ils sont repris sur Internet, il y a de grandes tirades à visée poli­tique, de pro­pa­gande anti­sé­mite et de néga­tion de la Shoah. »
    En France, la liberté d’ex­pres­sion ne concerne pas l’ap­pel au racisme et à l’an­ti­sé­mi­tisme, contrai­re­ment aux USA où on peut dire tout et n’im­porte quoi.

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    • « En France, la liberté d’expression ne concerne pas l’appel au racisme et à l’antisémitisme, contrai­re­ment aux USA où on peut dire tout et n’importe quoi. »
      Tout dépend de qui pro­fère des paroles racistes. Quand c’est un chef d’é­tat, un per­son­nage poli­tique bien placé, un mil­liar­daire, etc, la loi ne s’ap­plique jamais.

      D’autre part, il s’est avéré plu­sieurs fois que la jus­tice se soit trompé ou ait fait preuve de laxisme. Il est donc nor­mal que cer­taines per­sonnes remettent en ques­tion le fait que Dieudonné soit anti­sé­mite, raciste ou homo­phobe ainsi que les inter­dic­tions qui en découlent. Surtout que pour la plu­part, ils se reven­diquent paci­fiques, com­bat­tants la haine et les pré­ju­gés et de ne sur­tout pas être anti­sé­mites ou racistes.
      Ainsi, il ne s’a­git pas uni­que­ment de la liberté d’ex­pres­sion du seul Dieudonné, mais sur­tout de l’in­sulte pro­fé­rée depuis 2003 à tout son public qui voit indi­vi­duel­le­ment les limites de sa liberté recu­ler, tout en subis­sant les insultes qu’on lui pro­fère. Je ne sou­haite à per­sonne d’être accusé d’une chose qu’il ne pense pas et que l’on s’a­charne à vou­loir lui faire dire ce qu’il ne pense pas. Imaginez vous arri­ver dans un coin de France et d’être rejeté car on vous pense raciste una­ni­me­ment (du vu ET du vécu).
      L’amalgame fait à l’en­contre des « fans », en ne rete­nant que cer­taines rares franges réel­le­ment anti­sé­mites qui d’ailleurs ne se rend pas aux repré­sen­ta­tions, est exac­te­ment le même amal­game fait par les juges et les jour­na­listes qui amal­gament les cibles de mon­sieur M’Bala M’Bala : Dieudonné est anti­sé­mite car il cri­tique cer­tains juifs, dénonce un lob­bying juif en plus de la poli­tique Israélienne. Le public de Dieudonné est donc raciste car il en rigole.
      Confondre tous les juifs avec les lob­byistes, les puis­sants et les poli­ti­ciens n’est déjà t‑il pas une preuve du racisme de la part de ceux qui croient le dénon­cer ? Pratique que l’on essaie d’é­vi­ter vis à vis des musul­mans aujourd’­hui par exemple. Preuve qu’une cer­taine sou­plesse est pos­sible, puis­qu’on veut visi­ble­ment conti­nuer à cri­ti­quer l’Islam impu­né­ment.
      De même, en inter­di­sant Dieudonné la pro­duc­tion d’un spec­tacle qui n’a aucun contenu anti­sé­mite ou raciste, ni ne concourt à aucun trouble à l’ordre public, on fait un amal­game que l’on sup­porte mal. La sphère média­tique condamne à mot cou­vert tout son public, qui subit en outre des attaques pri­vées. TOUT son public.
      Le fait qu’il y ait eu des Socialistes racistes ne rend pas le parti entier raciste. Le fait que la royauté et la noblesse fran­çaise soit à l’o­ri­gine de la traite négrière ne fait pas de tous les fran­çais des ordures.
      De même, tous les alle­mands ne sont pas nazis…

      « Dans les spec­tacles de Dieudonné, on passe très vite de ce qui peut avoir une appa­rence de sketch comique à une attaque en règle visant des per­sonnes nom­mées en rai­son de leur pré­su­mée appar­te­nance reli­gieuse … » est exac­te­ment la preuve que l’a­mal­game est sciem­ment fait et pro­pagé.

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      • Heueueu. N’est ce pas dieudo qui fai­sait mon­ter sur scène et applau­dir le néga­tion­niste Faurisson ?

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        • Si, et alors ? Faurisson est un être humain, qui a le droit de vivre et qu’on a le droit d’in­vi­ter non ? Que ça ne vous plaise pas à vous et à d’autres, pour­quoi pas, cha­cun est libre, cha­cun devrait être libre.
          Pour finir de heur­ter au plus pro­fond votre si belle âme, sachez que Dieudonné, à une époque, est allé voir et dis­cu­ter avec tous les « infré­quen­tables » du moment, juste pour entendre leur son de cloche. Pour Faurisson, il en a fait un sketch pour expli­quer son pas­sage sur scène que je vous conseille, c’est tout sim­ple­ment hila­rant. Je doute que vous fas­siez des recherches sur inter­net mais bon, si vrai­ment vous vous inté­res­sez au sujet Dieudonné, autant que vous sachiez vrai­ment de quoi vous par­lez.

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          • bien sûr, je sais de quoi je parle.
            Dieudo et son ami Soral, qui ont voulu créer leur propre parti, le FN étant devenu trop mou. La fausse que­relle entre eux, leur récon­ci­lia­tion pour aller faire ami ami avec le mégalo de Corée du Nord.
            Et la liste anti­sio­niste des élec­tions euro­péennes avec Gouasmi en 2009 ? et leur voyage en Iran à tous les trois ?
            D’ailleurs, qu’est devenu l’argent ? une belle enquête d’Article 11
            http://www.article11.info/?Alain-Soral-et-son-butin-de-guerre#nb2
            Lisez donc aussi l’ar­ticle des Inrocks ? Très récent, juin 2017
            http://www.lesinrocks.com/2017/06/19/actualite/blagues-antisemites-vente-de-mein-kampf-nous-avons-assiste-au-bal-des-quenelles-de-dieudonne-11956598/
            En France, il existe des lois contre toute pro­pa­gande anti­sé­mite et/ou raciste. Dieudo a été plu­sieurs fois condamné
            http://www.francetvinfo.fr/societe/justice/dieudonne/dieudonne-et-la-justice-de-nombreuses-condamnations-et-une-strategie-de-victimisation_495760.html
            même en Belgique pour pro­pos anti­sé­mites.
            Si l’an­ti­sé­mi­tisme et le néga­tion­nisme vous font rire, tant mieux pour vous, pas moi, ça donne plu­tôt envie de vomir.

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            • Alors vomis­sez c’est tout, n’ou­bliez pas de faire dans l’bol de toi­lette

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            • C’est l’hu­mour qui me fait rire, l’hu­mour sert aussi à dénon­cer. Vous par­lez de pro­pa­gande, ok, moi aussi, seule­ment, la pro­pa­gande, elle vient, entre autres, des sources que vous me citez, des accu­sa­tions per­pé­tuelles et jamais rien à la fin. Je ne suis jamais allé en Iran ou en Corée, je suis inca­pable de juger ces pays et leurs diri­geants mais vous si, par­fait, mais sur quelles bases ? Toujours les mêmes sources ? Sans moi !
              Pour info, Valls avait pré­venu, ils pren­dront tous les moyens néces­saires pour faire taire Dieudonné, le fisc et les pro­cès à répé­ti­tions en sont. Alors effec­ti­ve­ment, vous aurez tou­jours rai­son sur des condam­na­tions ça et là, moi je vais en amont et je me demande pour­quoi on s’a­charne sur un type qui ne fait que des sketchs et n’a tué per­sonne.
              En Belgique, il a été condamné pour des pas­sages de son spec­tacle « En Paix », c’est à pleu­rer de rire de ridi­cule. Je sup­pose que vous connais­sez tout ce que les medias racontent sur lui mais connais­sez vous ses spec­tacles ? A mon sens, c’est par là qu’il faut com­men­cer pour appré­hen­der le sujet.

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              • Erratum. En l’oc­cu­rence, c’est du spec­tacle « Rendez nous Jesus » dont il s’a­git …

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            • Le mégalo de Corée du Nord, fait moins de guerre que le mégalo de l’Amérik !
              Retournez sur FB, vos vomis­se­ments sont gênants et pas à la hau­teur du débat…

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    • « “Dans les spec­tacles de Dieudonné, on passe très vite de ce qui peut avoir une appa­rence de sketch comique à une attaque en règle visant des per­sonnes nom­mées en rai­son de leur pré­su­mée appar­te­nance reli­gieuse … »

      Heu, nan, nan, les per­sonnes nom­mées sont « atta­quées » par l’hu­mour (très) inci­sif du trou­ba­dour Dieudonné pour ce qu’elles disent ou ce qu’elles font ou en rai­son de leurs propres « attaques » sur le tra­vail de Dieudonné ou sur l’homme. Il y a abso­lu­ment rien de raciste ou anti­sé­mite ou « chai­pas­quoi­phobe » la dedans, ce sont juste des sketchs sur des sujets ou gens, certes, peu abor­dés par les autres comiques, mais très drôle sou­vent.
      L’humour est d’ailleurs la seule « arme » de Dieudonné, en face, il a la Presse, les Avocats, les Associations, le Fisc, la Police, les Politiques, bref, tout un réseau bra­qué contre un seul homme.
      On en pense ce qu’on veut mais le fait est que Dieudonné tient tête et tient bien.

      Manifestement, ça dérange cer­tains citoyens aussi. Un conseil pour eux, n’al­lez pas à ses spec­tacle tout sim­ple­ment. Je ne suis pas fan de rap, j’en écoute pas, je ne vais pas aux concerts mais je ne reven­dique pas leur inter­dic­tion sous pré­texte que cela ne me plait pas.

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    • Qu’elle est le but recher­cher de ces asso­cia­tions licra et com­pa­gnie, Cette mino­rité domi­nante qui para­site la com­mu­nauté juive ne font que du mal à cette com­mu­nauté en agis­sant ainsi. C’est jus­te­ment cette atti­tude qui font aug­menté la haine envers cette com­mu­nauté, car ça donne l’im­pres­sion même aux plus naïfs, que la jus­tice et la lois juive.….……

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  10. Dieudonné se fait de la publi­cité ? Peut-être oui, mais il veut sur­tout pou­voir bos­ser. Dans les villes où per­sonne ne « lutte » contre sa venue. Il com­mu­nique sur les dates, fait son spec­tacle et rentre chez lui. Tout ceci sans aucun débor­de­ment et ce depuis 20 ans ! Alors, je veux bien lire et entendre tout ce que vous vou­lez mais la base elle est là, Dieudonné est un artiste comique qui vit de ses spec­tacles (et pro­duits déri­vés), il n’y a rien de nou­veau ni de scan­da­leux à ça et c’est à son public, c’est à dire des gens de tout hori­zons, de choi­sir d’a­che­ter ou non sa place pour assis­ter ou non au spec­tacle.
    PS : @Philippe Rennard, merci pour cet excellent com­men­taire ! 🙂

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  11. MDR ! Faut avoir les tables de la loi soli­de­ment accro­chées pour suivre ces vali­da­tions de pro­cé­dures abu­sives et autres légi­ti­ma­tions éhon­tées d’at­teinte à la liberté d’ex­pres­sion. J’ai par­ti­cu­liè­re­ment raf­folé de l’ar­gu­ment « com­mis­sa­riat incen­dié entre temps = bonne rai­son d’in­ter­dire le spec­tacle de Dieudonné ». Là, cha­peau, vrai­ment ! Espérons que le sum­mum ne sera pas incen­dié entre temps ; ce serait quand même dom­mage que du coup, selon toute logique, les gens se voient inter­dits de com­mis­sa­riat… allez, merci pour la rigo­lade ; si vous n’a­vez pas de débou­ché dans le droit sachez que vous avez un réel talent pour l’hu­mour !

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  12. Stratégie mar­ke­ting ?

    De com­mu­ni­ca­tion indé­nia­ble­ment, tout comme l’ar­rêté d’Eric Piolle d’ailleurs.

    « Le droit est un rap­port de force sociale » disait Marx.

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    • Dites-vous aussi que le même arrêté pris par Gaudin à Marseille pour inter­dire le spec­tacle de dieu­donné prévu en novembre c’est sim­ple­ment de la com et de la stra­té­gie mar­ke­ting ?

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