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L’accord entre l’État et les sociétés d’autoroute cachait des hausses de péage

sep article

Les sociétés d’autoroute se sont vu promettre une hausse de leurs tarifs. C’est notamment ce que contient l’accord, que Bercy a toujours refusé de communiquer, signé en avril 2015 entre les sociétés concessionnaires, d’une part, et Emmanuel Macron et Ségolène Royal, d’autre part, respectivement ministres de l’Économie et de l’Écologie.

 

 

Dans l'accord avec Bercy longtemps resté secret, les sociétés d'autoroute ont obtenu une hausse des tarifs et l'allongement de la durée des concessions.Raymond Avrillier, dans les locaux de l'Ades. © Nils Louna - placegrenet.fr

Raymond Avrillier, dans les locaux de l’Ades. © Nils Louna – placegrenet.fr

Raymond Avrillier le réclamait depuis plusieurs mois. Le tribunal administratif de Grenoble lui avait même donné raison, enjoignant Bercy de communiquer ces documents publics. Un accord visiblement compromettant, Bercy s’étant pourvu en cassation auprès du Conseil d’État…

 

Et un accord resté secret donc, jusqu’à ce qu’une équipe de France 2 ne mette opportunément la main sur le document, confirmant les soupçons du militant de l’Ades. L’accord ne scelle pas seulement le rallongement de douze ans de la durée des concessions. En échange de l’engagement à financer 3,2 millions d’euros de travaux sur dix ans, les sociétés concessionnaires ont obtenu une augmentation de leurs tarifs. Ce que détaille l’Ades sur son site.

 

En plus de l’allongement de la durée des concessions de l’A48 et de l’ A51 jusqu’au 30 septembre 2036, Area a ainsi négocié, et obtenu, une hausse des tarifs de 0,81 % en 2016, 0,21 % en 2017 et 0,76 % en 2018. Pour les années de 2019 à 2023, les tarifs devraient augmenter chaque année 0,26 %.

 

Une très bonne opération pour les sociétés d’autoroute

 

La qualité de l'air étant toujours aussi mauvaise, le dispositif est réactivé à Grenoble. Retour à la case départ et… aux limitations de vitesse.

© Véronique Serre / Place Gre’net

Ce n’est visiblement pas tout. Area a, de son côté, visiblement obtenu un petit bonus. « Une majoration des tarifs, valorisée à 8,8 millions d’euros hors taxe (valeur juillet 2012), sera appliquée à l’ensemble des véhicules entrant ou sortant aux barrières pleine voie de Voreppe et du Crozet, à l’occasion de la hausse annuelle des tarifs suivant la reprise en exploitation par la société concessionnaire de l’autoroute A480…», détaille l’accord repris sur le site de l’Ades.

 

« Une majoration des tarifs, valorisée à 2,2 millions d’euros hors taxe (valeur juillet 2012), sera appliquée à l’ensemble des véhicules entrant ou sortant aux barrières pleine voie de Voreppe et du Crozet, à l’occasion de la hausse annuelle des tarifs suivant la mise en service de l’opération de mise à niveau de l’autoroute A480 entre Saint-Égrève et Claix, incluant l’élargissement à 2 × 3 voies de l’A480 entre le diffuseur de la RN481 et le diffuseur de la RN87. »

 

Une bonne opération pour les sociétés d’autoroute. Moins bonne pour le contribuable. « Évidemment, les détails des calculs qui fondent les avantages que pourra en tirer le concessionnaire pour se rembourser des 300 millions d’investissements qu’il doit faire sur l’A480 ne sont pas communiqués, souligne l’association. Il est à parier que dans quelques années l’Arafer (l’agence de régulation des activités ferroviaires et routières, ndlr) pourra démontrer qu’encore une fois l’État aura été très généreux avec le portefeuille des usagers des autoroutes. »

 

PC

 

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