5e circonscription : les partis recalés renvoient dos à dos les finalistes En marche et LR

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FOCUS – A la veille du scrutin décisif, la candidate En Marche Catherine Kamowski et, plus encore, son challenger du parti LR Philippe Langenieux-Villard, qualifiés au 2nd tour dans la 5e circonscription de l’Isère, vont devoir mobiliser les abstentionnistes (48,89 % des inscrits). Quant à récupérer les voix des perdants recalés (39,59 % au total), ils peuvent faire une croix dessus… A moins que le scrutin soit tout bonnement annulé ? Patrice Brun, candidat battu de la France insoumise, s’apprête en effet à demander l’ouverture d’une information judiciaire pour cause de boîtes mails piratées la semaine avant le 1er tour.

 

 

Législatives 2017, Catherine Kamowski, candidate LREM, et son suppléant Philippe Wargnier dans la cinquième circonscription DR

Législatives 2017, Catherine Kamowski, candidate LREM, distribuant des tracts à une passante, et son suppléant Philippe Wargnier (second plan) dans la 5e circonscription de l’Isère. DR

Ce dimanche 18 juin, la finale de la 5e circonscription oppose la candidate « Macron » Catherine Kamowski, qui a obtenu 40,58 % au 1er tour, au candidat Les Républicains Philippe Langenieux-Villard et ses 13,62 %.

 

L’avance de la première est considérable. « Ce résultat est plus qu’encourageant », estime-t-elle modestement.

 

« Reste la grande inconnue de la participation au second tour », redoute la candidate LREM. « J’espère que les gens, au vu des résultats d’En Marche, vont tout de même se déplacer pour aller voter », ajoute-t-elle.

 

 

L’enjeu : convaincre les abstentionnistes

 

 

Mais que peut donc bien, lui, espérer Philippe Langenieux-Villard, dont la victoire relèverait d’une sacrée performance ? « Convaincre les abstentionnistes, répond-il. Cela va être difficile dans le climat actuel », en convient-il. Désignant par là, tant la vague En Marche que les errances des partis traditionnels et, surtout, le désamour des Français pour la démocratie représentative… Compter sur un report de voix ? Philippe Langenieux-Villard n’y croit pas beaucoup : « Les électeurs des candidats perdants sont déçus. »

 

Législatives 2017, Philippe Langenieux-Villard, candidat LR, dans la cinquième circonscription et son suppléant Stéphane Dupont-Ferrier DR

Législatives 2017, Philippe Langenieux-Villard (à gauche), candidat LR dans la 5e circonscription, et son suppléant Stéphane Dupont-Ferrier. DR

 

Catherine Kamowski n’y renonce pas, en revanche : « Mon avance semble importante, mais il faut que les gens viennent voter, autant ceux qui n’ont pas voté, que ceux qui ont voté pour d’autres. J’appelle les gens à faire preuve de bon sens et à voter pour le changement », exhorte-t-elle.

 

 

FI et FN en faveur du vote « blanc »

 

 

Les électeurs déçus de la 5e circonscription qui ont déposé un bulletin au 1er tour, pour le PS, FI, FN, ou EEVL n’ont reçu officiellement aucune consigne de vote de la part de leur candidat recalé. Mais entre les lignes, à écouter les uns et les autres, ils sont invités à ne soutenir ni LR, ni En Marche.

 

Législatives 2017, Patrice Brun, candidat FI, dans la cinquième circonscription de l'Isère © Patricia Cerinsek - Place Gre'net

Patrice Brun, candidat FI arrivé 3e au 1er tour dans la 5e circonscription de l’Isère. © Patricia Cerinsek – Place Gre’net

Patrice Brun, candidat FI (13,26 %) arrivé troisième au soir du 1er tour, a raté la première marche à quelque 200 voix près. En phase avec le mot d’ordre de la France insoumise, il ne donne aucune consigne de vote. Mais considère que « ces deux candidats sont sur deux lignes dures à droite. LR ne s’oppose évidemment pas à la casse du travail que s’apprête à poursuivre En Marche. » Personnellement, Patrice Brun hésite encore entre s’abstenir au second tour et voter blanc. Ce qui serait « un vote utile, s’il était pris en compte ! », le candidat FI plaidant d’ailleurs pour la « reconnaissance du vote blanc ».

 

Hors de question également pour la candidate FN, Muriel Burgaz, perdante du 1er tour avec 11,79 %, de choisir entre les deux candidats : « En Marche et LR, c’est la même chose ! » Celle-ci appelle à « voter blanc, quand on n’a personne pour représenter ses idées ».

 

 

Dilemme insurmontable pour les électeurs du PS et des Verts ?

 

 

Quant à la candidate PS et ex-sénatrice Éliane Giraud, sur qui reposaient les espoirs du Parti socialiste de succéder à François Brottes – député sur la 5e circonscription depuis quatre mandats successifs –, elle invite ses électeurs (7,39 %) à voter « comme ils le souhaitent ».

 

Éliane Giraud, candidate PS déchue au 1er tour des législatives 2017 dans la 5e circonscription. © placegrenet.fr

Sachant que, de son point de vue – a fortiori partagé par une très grande partie de ses supporters –, le choix est cornélien : « Le second tour oppose deux candidats de droite : Catherine Kamowski qui a toujours été au centre droit et qui, contrairement à ce qu’elle raconte, a toujours eu une opposition de gauche dans son conseil municipal, et Philippe Langenieux-Villard, des Républicains. »

 

Chez les Verts, « le soutien pour Langenieux-Villard est impossible », mais celui pour En Marche guère plus évident… Gaël Roustan, candidat EELV battu avec 7,15 % des suffrages exprimés, déclare : « Je ne donne pas de consigne de vote, mais je n’ai pas entendu la candidate En marche affirmer qu’elle allait empêcher la casse du travail, ni affirmer son soutien à Nicolas Hulot ! »

 

 

Séverine Cattiaux 

 

 

LE CANDIDAT FI PORTE PLAINTE POUR PIRATAGE DE BOÎTES MAIL

 

Les comptes mails du candidat de la France insoumise sur la 5ecirconscription ont été piratés une semaine avant le 1er tour des législatives 2017. Un handicap qui a, sans doute, pesé lourd dans la défaite du candidat, à 190 voix près du podium.

 

Ordinateur Hacké Creative Commons CC0

Ordinateur Hacké Creative Commons CC0

« Nos boîtes mails se géraient sans nous !… Nous tentions de nous réapproprier nos comptes, mais les paramètres étaient de nouveau changés en l’espace d’une minute », témoigne Patrice Brun. « On ne peut pas savoir ce que sont devenues nos données pendant ce temps-là. Par ailleurs, nous n’avons pas pu répondre en temps et en heure à des demandes, notamment d’associations qui nous demandaient de nous positionner ! », déclare-t-il.

 

Le candidat FI a voulu porter plainte mais celle-ci a été refusée au motif qu’ « il n’y a eu personne de lésé ». Le préjudice est pourtant évident du point de vue du candidat de la France insoumise : sa disqualification pour le second tour, à 190 voix près. Patrice Brun ne va pas en rester là et s’apprête à demander l’ouverture d’une « information judiciaire ». A suivre…

 

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Commentaires 1
  1. Comment ça personne lésé?
    Un candidat peut porter plainte au titre de l’article L97 du code électoral si ces comptes ont été piratés et qu’il pense que cela est une manœuvre frauduleuse dans le cadre de l’élection.
    Il appartiendra à l’enquête de déterminer par si le piratage est réel et si sa motivation est électorale.
    Si c’est le cas, le(s) responsable(s) encourt(ent) en sus des peines prévues pour piratage, 1 an de prison et 15 000 euros d’amende en vertu de l’article L97, et le juge des élections (le Conseil Constitutionnel en l’espèce) peut éventuellement annuler le scrutin s’il est démontré que cet éventuel piratage a eu un impact sur sa sincérité…

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