Circonscriptions du Sud-Isère : ces “petits” candidats qui veulent faire entendre leurs voix

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Notre indépendance c

DÉCRYPTAGE – Ils sont écologistes, défenseurs des animaux, citoyens indépendants, déçus des appareils politiques, anticapitalistes de tous poils, ou encore révolutionnaires… Chaque élection législative – où tout un chacun peut se présenter au suffrage universel – voit fleurir ces candidatures hétéroclites, parfois improbables. Mais toutes soucieuses de faire entendre leurs voix. L’enjeu : franchir la barre des fameux 1 % des suffrages donnant accès au financement public. Compilation de ces « petites candidatures » sur les cinq circonscriptions du sud de l’Isère.

 

 

 

Alors que cette der­nière élec­tion pré­si­den­tielle – une pre­mière – a vu les grands par­tis tra­di­tion­nels perdre leur hégé­mo­nie et, par­tant, le bipar­tisme prendre une grande claque, à chaque élec­tions légis­la­tives des petites for­ma­tions ou de simples citoyens tentent l’a­ven­ture élec­to­rale, sou­vent sans grands moyens. Pour autant, conscients d’un com­bat inégal, nombre d’entre eux ne battent pas la cam­pagne pour être élus. Mais juste pour faire entendre leurs voix, pro­fi­tant ainsi de l’é­norme caisse de réso­nance que leur offre le scru­tin.

 

Panneaux de campagne des législatives de juin 2017, quartier de la caserne de Bonne, Grenoble © Chloé Ponset - Place Gre'net

Panneaux élec­to­raux – Élections légis­la­tives 2017. © Chloé Ponset

Pour les par­tis un peu plus ins­tal­lés, par­fois pré­sents depuis des lustres dans le pay­sage poli­tique fran­çais, l’argent est bel et bien le nerf de la guerre.

 

Le scru­tin des élec­tions légis­la­tives revêt pour eux une grande impor­tance car c’est celui qui leur garan­tit un finan­ce­ment public (cf. enca­dré final).

 

 

 

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Première cir­cons­crip­tion

Deuxième cir­cons­crip­tion

Troisième cir­cons­crip­tion

Quatrième cir­cons­crip­tion

Cinquième cir­cons­crip­tion

 

 

Sur la première circonscription, les candidatures citoyennes fleurissent…

 

Se faire une place sur l’échiquier politique

 

Marianne Prévost. Candidate NPA sur la 1ere circonscription de l'isère. © NPA

Marianne Prévost. Candidate NPA sur la 1ere cir­cons­crip­tion de l’i­sère. © NPA

Non contente, avec quinze pré­ten­dants à la dépu­ta­tion, de rem­por­ter la palme du plus grand nombre de can­di­dats sur l’Isère (à éga­lité tou­te­fois avec la 2e), la 1re cir­cons­crip­tion compte aussi le plus fort contin­gent de “petits”…

 

Peu voire incon­nus au bataillon, nou­veaux-venus, ou vieux de la vieille cré­di­tés d’un nombre de voix confi­den­tiel, ils forment une galaxie pour le moins éclec­tique, avec l’es­poir si ce n’est de se faire une place sur l’échiquier poli­tique, de gar­nir un cer­tain temps le pay­sage élec­to­ral.

 

A ce petit jeu, cer­tains sont désor­mais rodés. Lutte ouvrière et le NPA en sont pour ainsi dire les sym­boles.

 

Malgré des idées et des valeurs com­munes (contre le capi­ta­lisme, ses inéga­li­tés, ses injus­tices, pour la défense des tra­vailleurs), les deux par­tis pré­sen­te­ront cha­cun leur can­di­dat : Rémi Adam, déjà en lice en 2012 pour les com­mu­nistes révo­lu­tion­naires, Marianne Prévost * pour le parti anti-capi­ta­liste. La mon­tée de l’extrême droite, et l’arrivée d’Emmanuel Macron « à la solde du grand patro­nat » a fini, s’il le fal­lait, de convaincre le pre­mier, ensei­gnant en lycée pro­fes­sion­nel et mili­tant depuis plus de trente ans, de ne pas lâcher…

 

 

 

« Les limites sont atteintes, or on continue de vendre de la croissance »

 

 

Séverine Friol, candidate UPR sur la 9e circonscription.

Séverine Friol, can­di­date UPR sur la 1ere cir­cons­crip­tion. DR

L’Union popu­laire répu­bli­caine a beau, elle, être cré­di­tée de scores plan­chers à la sor­tie des urnes, le parti de François Asselineau a qua­drillé le ter­rain. Présent dans les dix cir­cons­crip­tions de l’Isère  – et dans 574 des 577 cir­cons­crip­tions en France –, fort de plus de 500 adhé­rents dans le dépar­te­ment  – 28 000 en France –, le parti qui se réclame « ni de gauche ni de droite » mais fon­da­men­ta­le­ment Frexit ne prône qu’une chose. Ou plu­tôt trois : la sor­tie de l’Europe, de l’Euro et de l’Otan.

 

« Nous n’avons pas de cou­leur poli­tique par­ti­cu­lière. Ce qui nous inté­resse, c’est la France et les Français, résume Séverine Friol. L’Europe, c’est comme si on fai­sait une ome­lette avec des œufs durs. On n’est plus maître de nos déci­sions. Tout est ins­crit sur une feuille de route rédi­gée par la Commission euro­péenne ». Cette ingé­nieure en éner­gie hydrau­lique ne se gêne pas pour poin­ter les inco­hé­rences de ses adver­saires, les mar­cheurs en l’oc­cur­rence . « Être libé­ral, ne pas s’opposer au Ceta et prô­ner les cir­cuits courts, c’est un non sens. »

 

 

 

« Pour nous, l’écologie n’est pas un positionnement politique »

 

 

Mais le plus gros des petits can­di­dats, il faut aller les cher­cher du côté des mou­ve­ments qui se reven­diquent citoyens. « Politique » étant désor­mais à ran­ger au rayon des gros mots, place à la société civile et ses mul­tiples décli­nai­sons. À charge pour l’électeur de s’y retrou­ver. En atten­dant, il pourra tou­jours faire son choix entre les Décroissants et sa repré­sen­tante Annick Clavier. Comme son inti­tulé l’indique, le mou­ve­ment né dans les années soixante-dix et qui, pour la pre­mière fois se pré­sente sur Grenoble, prône les limites, qu’elles soient humaines, sociales, éco­no­miques ou envi­ron­ne­men­tales. Pour son sup­pléant Adrien Couzinier, ingé­nieur en éner­gies renou­ve­lables,  « les limites sont atteintes, or on conti­nue de vendre de la crois­sance. Croissance verte, déve­lop­pe­ment durable… tout ça ce sont des oxy­mores. »

 

Bernard Zamora. Candidat 100 % Citoyen sur la 1ere circonscription de l'Isère. © 100 % Citoyen

Bernard Zamora. Candidat 100 % Citoyens sur la 1re cir­cons­crip­tion de l’Isère. © 100 % Citoyens

Pas convaincu ? Vous pou­vez opter pour Citoyens. Le mou­ve­ment res­semble à s’y méprendre à une alter­na­tive éco­lo­giste. Cela ne res­sem­ble­rait pas un peu à Ensemble pour gagner, le mou­ve­ment ini­tié par le maire écolo de Grenoble ?

 

Sauf que Citoyens est non seule­ment anté­rieur mais aussi plus large, pré­sent dans 250 cir­cons­crip­tions en France. Et a fait un trait sur le PS, « dont les valeurs ne sont plus vrai­ment des valeurs de gauche » sou­ligne son can­di­dat Lautaro Labrin, sur EELV aussi. « Pour nous, l’é­co­lo­gie n’est pas un posi­tion­ne­ment poli­tique. »

 

A ne pas confondre avec 100 % citoyens, col­lec­tif éco-citoyen regrou­pant une tren­taine de mou­ve­ments poli­tiques, co-pré­sidé par le chan­teur Francis Lalanne et qui, lui aussi, entend rendre le pou­voir aux… citoyens. « La poli­tique répond plus aujourd’hui aux macro-struc­tures éco­no­miques et finan­cières, aux lob­bies et de moins en moins aux attentes des citoyens ». Son can­di­dat, Bernard Zamora, mili­tant asso­cia­tif dans l’environnement, s’était déjà pré­senté aux élec­tions régio­nales en 2015.

 

 

À la place du portrait des candidats, un miroir

 

 

Mais la palme de la démo­cra­tie directe, et par la même de l’originalité, revient sans conteste à #MAVOIX. Surfant sur la vague citoyenne, le mou­ve­ment va plus loin. Très loin même. Là, pas d’interview, ni de pla­teaux télé mais des réunions publiques. Et une per­son­ni­fi­ca­tion réduite à sa plus simple expres­sion. Sur les affiches, à la place du por­trait du can­di­dat ? Un miroir. Les can­di­dats y sont tirés au sort, for­més par le col­lec­tif, grâce à des MOOC réa­li­sés par des étu­diants. Élu député, Frédéric Balcerzak, l’u­nique can­di­dat de ce mou­ve­ment sur l’Isère, devra éga­le­ment voter en fonc­tion du choix des citoyens qui se seront expri­més sur une plate-forme. Ou la démo­cra­tie pous­sée à l’extrême…

 

MAVOIX, ce sont des candidats tirés au sort, formés par le collectif et qui voteront ce que les citoyens lui diront de voter... Une expérience démocratique que le mouvement démarre dans la première circonscription sur l'Isère. DR

MAVOIX, ce sont des can­di­dats tirés au sort, for­més par le col­lec­tif et qui vote­ront ce que les citoyens lui diront de voter… Une expé­rience démo­cra­tique que le mou­ve­ment démarre dans la pre­mière cir­cons­crip­tion sur l’Isère. DR

 

Car l’essentiel est bien là : faire entendre sa voix. Faire entendre celle des quar­tiers gre­no­blois, c’est ce qu’avait com­mencé à faire Youssef Essabity en 2014 avec l’espoir de par­ti­ci­per aux muni­ci­pales. En atten­dant 2020, ce conduc­teur de tra­vaux à la SNCF, repré­senté au sein d’Appel (Action pour le peuple dans l’équité au niveau local) n’a pas de mots assez durs pour fus­ti­ger la classe poli­tique actuelle, la pro­fes­sion­na­li­sa­tion, le cumul des man­dats, les jeux d’appareils. « On est le résul­tat de la décep­tion face aux élus. APPEL veut remettre la popu­la­tion au centre des pré­oc­cu­pa­tions en met­tant des antennes stra­té­giques par­tout, en pro­po­sant un réfé­ren­dum cir­cons­crip­tion­nel sur des grands thèmes socié­taux. Parce qu’un élu n’est pas là pour repré­sen­ter un parti mais la popu­la­tion… »

 

 

* Que nous n’avons pu davan­tage pré­sen­ter faute de réponse à nos demandes d’interview.

 

 

 

 

Trois can­di­da­tures de « petits can­di­dats » sont spé­ci­fiques à la deuxième cir­cons­crip­tion de l’Isère (can­tons d’Échirolles, Saint-Martin‑d’Hères, Eybens et Vizille).

 

 

 

Déclarer la langue française grande cause nationale

 

Asra Wassfi a bri­gué l’investiture En Marche dans la deuxième cir­cons­crip­tion sans l’obtenir. Ingénieure dans le privé, cette conseillère muni­ci­pale d’opposition (Alternative du centre et des citoyens) à Saint-Martin‑d’Hères se pré­sente tout de même à ces légis­la­tives. « Moi je veux mon­trer d’abord mes pro­po­si­tions parce que j’ai des pro­po­si­tions », se défend-elle. Elle en for­mule dix.

 

Asra Wassfi. Candidate indépendante sur la 2e circonscription de l'Isère. DR

Asra Wassfi. Candidate indé­pen­dante sur la 2e cir­cons­crip­tion de l’Isère. DR

Sur la famille, elle sou­haite réfor­mer le mariage « afin de géné­ra­li­ser la sépa­ra­tion des biens comme régime matri­mo­nial et pro­té­ger la famille en cas de divorce lorsqu’un époux contracte des dettes » et le « paie­ment de la pen­sion ali­men­taire des enfants ». Sur l’école, elle veut à tra­vers une loi obli­ger « l’État à four­nir un dic­tion­naire à tous les élèves de CE1 ».

 

Car, pour la can­di­date qui se défi­nit comme « une femme de dos­siers », il convient de « décla­rer la langue fran­çaise grande cause natio­nale ».

 

 

Sur l’éducation, elle aime­rait « instau­rer une amende aux parents dont les enfants de moins de 15 ans traînent seuls dehors après 21 heures ». Et « des stages de paren­ta­lité, en cas de besoin ». Elle sou­haite aussi « défi­nir un taux unique pour la taxe fon­cière dans les ter­ri­toires métro­po­li­tains ». Entre autres.

 

Si elle n’a pas été inves­tie par La République en marche (LREM), Asra Wassfi a choisi un slo­gan, « La République qui marche », qui fait clai­re­ment allu­sion au parti pré­si­den­tiel… « C’est un clin d’œil à La République en marche dont elle ne sait pas vers où elle marche [sou­rires, ndlr]. Justement, je veux insis­ter sur ceux qui marchent pour de vrai, pour qui cela a fonc­tionné. Qu’on regarde les exemples posi­tifs », jus­ti­fie-t-elle. Une illus­tra­tion ? « Celui qui a grandi en ban­lieue et qui est arrivé prof de maths agrégé. »

 

 

« Nous proposons l’instauration de la proportionnelle »

 

Philippe Charlot est éga­le­ment conseiller muni­ci­pal d’opposition à Saint-Martin‑d’Hères. Cet infor­ma­ti­cien repré­sente l’UDE (Union des démo­crates et des éco­lo­gistes), « mou­ve­ment qui était pré­sent au moment des pri­maires citoyennes avec la can­di­da­ture de Jean-Luc Bennahmias », pré­cise-t-il. Parmi les prio­ri­tés défen­dues par le can­di­dat : la tran­si­tion éco­lo­gique et le revenu uni­ver­sel « qui a été très mal expli­qué par Benoît Hamon ». « C’est une aide au main­tien en acti­vité et au lan­ce­ment de nou­velles créa­tions d’entreprises par exemple », indique-t-il.

 

Philippe Charlot. Candidat UDE sur la 2e circonscription de l'Isère. DR

Philippe Charlot. Candidat UDE sur la 2e cir­cons­crip­tion de l’Isère. DR

« Nous avons aussi des sujets qui nous inté­ressent. Concernant la vie démo­cra­tique, nous pro­po­sons l’instauration de la pro­por­tion­nelle. La mise en place d’un plan d’actions pour nos aînés avec par exemple la reva­lo­ri­sa­tion du mini­mum vieillesse et de l’Apa [Allocation per­son­na­li­sée d’autonomie, ndlr], favo­ri­ser le main­tien à domi­cile avec un cré­dit d’impôt. En contre­par­tie pour ceux qui n’ont pas les pos­si­bi­li­tés de faire du main­tien à domi­cile, aug­men­ter le nombre de places acces­sibles en Ehpad. »

 

Sur le han­di­cap, le can­di­dat sou­haite aug­men­ter le nombre d’assistants de vie sco­laire et une meilleure prise en charge de l’autisme. Notamment.

 

Pourquoi ne pas sou­te­nir cette fois-ci le can­di­dat socia­liste comme à la pré­si­den­tielle ou celui de la LREM puisque l’UDE « se consi­dère plus dans la majo­rité qu’autre chose » ? « Nous avons besoin de nous faire connaître [l’UDE date de 2015, ndlr] », répond Philippe Charlot. « Si nous res­tons tou­jours der­rière un grand parti, nous n’avons plus d’expression propre. » Le score est impor­tant mais ce n’est pas l’essentiel. « Le but est réel­le­ment de por­ter un mes­sage pro­gres­siste, huma­niste et éco­lo­giste pour la France », résume le can­di­dat.

 

 

« Nous sommes des militants issus des quartiers populaires »

 

Liesse El Habbas est aussi dans la course. Cet Échirollois, arti­san en élec­tri­cité à son compte, s’était pré­senté aux can­to­nales en 2008 sous les cou­leurs du Modem (il n’y a jamais été encarté). Près de dix ans plus tard, il se lance dans ces élec­tions légis­la­tives, sou­hai­tant por­ter une « alter­na­tive popu­laire » comme le men­tionne son affiche de cam­pagne. Liesse El Habbas sou­haite être le repré­sen­tant des per­sonnes vivant dans les quar­tiers.

 

Affiche électorale de Liesse El Habbas et Philippe Robin. DR

Affiche élec­to­rale de Liesse El Habbas et Philippe Robin. DR

Sur Facebook, Philippe Robin, son sup­pléant, qui com­mence toutes ses vidéos ainsi : « Bonjour à tous et Salam Aleikum, que la paix soit sur vous », a jus­ti­fié leur can­di­da­ture.

 

« Nous sommes des mili­tants issus des quar­tiers popu­laires, issus de cette his­toire qui mêle les dif­fé­rentes immi­gra­tions, dif­fé­rents peuples, dif­fé­rentes paroles poli­tiques qui ont plus ou moins été por­tées sin­cè­re­ment et tra­hies copieu­se­ment, sur­tout par la gauche. L’idée aujourd’hui, après des années de mili­tance dans l’associatif, que ce soit cultu­rel, spor­tif, huma­ni­taire ou autre, est de trans­for­mer l’essai en allant sur le ter­rain poli­tique. »

 

Toujours sur le réseau social, Philippe Robin pré­cise quelques idées qu’ils défendent.

 

Notamment « l’émergence d’une parole auto­nome issue des quar­tiers et de leurs com­po­santes ; la fin du cumul des man­dats et la limi­ta­tion des salaires en poli­tique ; l’abrogation des lois isla­mo­phobes (sic) et la péna­li­sa­tion des dis­cours de haine ; la valo­ri­sa­tion des agri­cul­tures intel­li­gentes ».

 

 

On trouve aussi sur cette cir­cons­crip­tion d’autres « petits » can­di­dats issus de par­tis ou mou­ve­ments qui pré­sentent des can­di­da­tures sur tout ou par­tie de l’Isère.

 

 

 

« Nettoyons la politique, mettons de l’ordre ! »

 

Bruno Lafeuille, ingé­nieur agri­cole, défend les cou­leurs de Debout La France (DLF), le parti de Nicolas Dupont-Aignan. « Je milite pour la copro­priété de l’entreprise par les sala­riés (avan­tages de la société par actions, sans leurs incon­vé­nients) et pour la prise en mains de leur santé par les citoyens au sein d’un contre-pou­voir indé­pen­dant », est-il pré­cisé sur sa pro­fes­sion de foi. « Nettoyons la poli­tique », « met­tons de l’ordre », « garan­tis­sons la jus­tice sociale », « pré­pa­rons l’avenir », « amé­lio­rons notre qua­lité de vie » sont les objec­tifs de DLF. Pour « mettre de l’ordre », DLP pro­pose notam­ment le réta­blis­se­ment de « 40 000 postes de poli­ciers, gen­darmes, doua­niers et sol­dats ».

 

Pour « garan­tir la jus­tice sociale », le parti milite pour la baisse de « 10 % de l’impôt sur le revenu », la défis­ca­li­sa­tion des heures sup­plé­men­taires et la hausse de « 100 euros par mois » des pen­sions de « 6 mil­lions de retrai­tés ».

 

 

 

Un salaire minimum à 1 800 euros net

 

Affiche électorale de Chantal Gomez, candidate Lutte Ouvrière sur la 2e circonscription de l'Isère. © Lutte Ouvrière

Affiche élec­to­rale de Chantal Gomez, can­di­date Lutte Ouvrière sur la 2e cir­cons­crip­tion de l’Isère. © Lutte Ouvrière

Chantal Gomez repré­sente Lutte Ouvrière, le parti de Nathalie Arthaud. C’est la qua­trième fois que cette des­si­na­trice tech­nique se pré­sente aux légis­la­tives dans cette cir­cons­crip­tion. Elle reprend les grands axes de son parti : « inter­dic­tion des licen­cie­ments », « répar­ti­tion du tra­vail entre tous sans dimi­nu­tion de salaire », « aug­men­ta­tion des salaires et indexa­tion sur la hausse des prix et des taxes » avec un salaire mini­mum à « 1 800 euros net » notam­ment.

 

Élisabeth Letz se pré­sente pour Europe Écologie-Les Verts (EELV). Retraitée depuis peu, cette ancienne conseillère muni­ci­pale durant huit ans habite Saint-Martin‑d’Hères depuis 30 ans. Dans son tract de cam­pagne, elle indique viser « la sobriété heu­reuse ». « J’agis pour amé­lio­rer les rela­tions entre habi­tants, du quar­tier au monde », ajoute-t-elle.

 

Elle défend six grands thèmes du pro­gramme « Bien vivre » d’EELV. D’abord « la tran­si­tion éco­lo­gique » pour « créer un mil­lion d’emplois ». Elle sou­haite aussi « une agri­cul­ture locale et pay­sanne », « repen­ser le tra­vail » ainsi que « pré­ser­ver la santé ». Elle veut aussi la mise en place d’une « éthique démo­cra­tique et finan­cière » et enfin « une Europe qui pro­tège ».

 

 

 

« Le plein emploi est possible en stimulant les emplois environnementaux »

 

Hervé Perez est, lui, le can­di­dat de l’UPR (Union popu­laire répu­bli­caine), le parti de François Asselineau. Architecte à son compte, il milite notam­ment pour la sor­tie de l’Union euro­péenne (UE), l’un des points cen­traux du pro­gramme de l’UPR. L’UE avec son modèle libé­ral serait néfaste pour la France, en par­ti­cu­lier pour ses ser­vices publics.

 

Hervé Perez, candidat UPR sur la 2e circonscription de l'Isère. DR

Hervé Perez, can­di­dat UPR sur la 2e cir­cons­crip­tion de l’Isère. DR

Parmi quelques autres mesures défen­dues par l’UPR : « une hausse du Smic de 15 % dès juillet » et « une baisse des coti­sa­tions patro­nales pour les arti­sans, com­mer­çants et les TPE-PME », le lan­ce­ment d’un « grand pro­gramme de loge­ments sociaux (+80 000 par an) », l’instauration du « réfé­ren­dum d’initiative popu­laire », la « recon­nais­sance pleine et entière du vote blanc révo­ca­toire ». Sans oublier, en plus de l’UE, la sor­tie de l’euro et de l’Otan.

 

Jean-Jacques Tournon, retraité, repré­sente l’Alliance éco­lo­giste indé­pen­dante (AEI). Sur son tract de cam­pagne, ce der­nier affirme que le « plein-emploi est pos­sible en sti­mu­lant les emplois envi­ron­ne­men­taux, ceux d’accompagnement, les Amap… » Il entend éga­le­ment  « favo­ri­ser les petites exploi­ta­tions, recen­ser les terres aban­don­nées pour les octroyer aux volon­taires et avec une éco­no­mie locale : la pay­san­ne­rie, les cir­cuits courts » notam­ment.

 

L’AEI com­bat les grands pro­jets de construc­tion d’aéroports, de centres com­mer­ciaux ou de lignes à grande vitesse. Les gaz de schiste, le nucléaire, l’agrochimie, les OGM sont aussi dans son col­li­ma­teur.

 

 

Les autres can­di­dats sur la deuxième cir­cons­crip­tion : Alexis Jolly (Front natio­nal), Pierre Verri (Parti socia­liste), Jean-Charles Colas-Roy (La République en marche), Magalie Vicente (Les Républicains-UDI), Alexandre Gabriac (Civitas), David Queiros (Parti com­mu­niste fran­çais), Taha Bouhafs, (La France insou­mise).

 

 

 

La troi­sième cir­cons­crip­tion, des can­di­da­tures diverses qui vont du trans­fuge de Nouvelle Donne à la défense de la cause ani­male en pas­sant par Debout la France

 

 

Deux points forts : la réduction du temps de travail et le revenu citoyen universel

 

Patrick de Verdière, 53 ans, for­ma­teur au centre pro­fes­sion­nel agri­cole de La Côte-Saint-André, éti­queté Divers gauche par la pré­fec­ture se pré­sente sur cette troi­sième cir­cons­crip­tion en can­di­dat indé­pen­dant. Ce « déçu de Nouvelle Donne » qui sou­haite néan­moins capi­ta­li­ser sur le pro­jet de société éla­boré par ce parti est sou­tenu par la Relève citoyenne, un mou­ve­ment créé pour accom­pa­gner les can­di­dats indé­pen­dants « car pour eux c’est très com­pli­qué », avoue-t-il.

 

Au pre­mier rang de ses prio­ri­tés, la tran­si­tion démo­cra­tique « où là, je rejoins assez bien les idées de la France Insoumise », concède-t-il. Notamment refondre les ins­ti­tu­tions, pas­ser à la VIe  République, mettre en œuvre une assem­blée consti­tuante, le non-cumul des man­dats, dépro­fes­sion­na­li­ser la poli­tique… La tran­si­tion éco­lo­gique vient ensuite. « Pour moi c’est un élé­ment cen­tral, elle doit concer­ner tous les sec­teurs d’ac­ti­vité », explique Patrick de Verdière.

 

Patrick de Verdière, candidat sur la 3e circonscription de l'Isère, au marche Saint Bruno. © Patrick de Verdière

Patrick de Verdière, can­di­dat sur la 3e cir­cons­crip­tion de l’Isère, au marche Saint Bruno. © Patrick de Verdière

Mais là où le can­di­dat pense avoir le plus d’o­ri­gi­na­lité c’est sur le pro­jet d’une « grande réno­va­tion sociale » qui s’ar­ti­cule autour des deux points forts que sont une nou­velle étape de réduc­tion du temps de tra­vail et un revenu citoyen uni­ver­sel.

 

« Un énorme tra­vail a été conduit pour savoir si ces deux outils ne pour­raient pas être com­plé­men­taires pour remettre notre pays en marche, c’est le cœur de notre réforme sociale », s’en­thou­siasme Patrick de Verdière. Et puis, ce der­nier en est convaincu : « Il faut com­plè­te­ment chan­ger l’Europe ! ».

 

Harmonisation fis­cale, lutte contre le dum­ping, réno­va­tion sociale de l’Europe, tels sont ses che­vaux de bataille. Pour autant ce qui lui tient par­ti­cu­liè­re­ment à cœur, c’est la lutte contre la pré­ca­rité. « Dans ces cinq années à venir il faut que nous sor­tions les gens de la pau­vreté, du chô­mage et c’est la manœuvre au niveau natio­nal qui per­met­tra de régler ça au niveau local. Si jamais je suis élu c’est aussi là-des­sus que je veux tra­vailler et je sais être convain­cant », affirme-t-il, sûr de lui.

 

Pas ques­tion pour autant d’être un élec­tron libre à l’Assemblée : « Je suis capable pour les bonnes idées de m’al­lier à dif­fé­rents groupes et d’al­ler là où il me paraît per­ti­nent d’al­ler par rap­port à mes propres convic­tions », conclut Patrick de Verdière.

 

 

« J’ai toujours été révoltée par les injustices que le capitalisme pouvait générer »

 

Catherine Brun, ensei­gnante à Échirolles, se pré­sente, quant à elle, pour le compte de Lutte ouvrière (LO). « J’ai tou­jours été révol­tée par les injus­tices pro­fondes que le capi­ta­lisme pou­vait géné­rer », nous confie-t-elle. Ce n’est pas la pre­mière fois qu’elle se pré­sente à des élec­tions et Catherine Brun compte bien sur­fer « sur le cou­rant qui s’est fait entendre avec Nathalie Arthaud lors de l’é­lec­tion pré­si­den­tielle », mal­gré la modes­tie des 0,64 % des voix recueillies. « À Grenoble comme par­tout, ce que les tra­vailleurs veulent, c’est un emploi et des loge­ments pour tous, un salaire cor­rect, une santé acces­sible. Regardez aujourd’­hui les pro­blèmes qu’ont les centres de santé ! », s’in­digne-t-elle.

 

Catherine Brun, candidate Lutte Ouvrière sur la 3e circonscription de l'isère. © Catherine Brun

Catherine Brun, can­di­date Lutte Ouvrière sur la 3e cir­cons­crip­tion de l’Isère. © Catherine Brun

Dans la ligne de mire de la mili­tante le pro­jet d’é­co­no­mies sur les bud­gets publics prô­nés par Emmanuel Macron et son « entre­prise de démo­li­tion du code du tra­vail ».

 

«  Nous, nous défen­drons l’i­dée, si nous sommes élus – mais comme ce scru­tin n’est pas pro­por­tion­nel nous savons bien que ce sera dif­fi­cile –, que l’argent public doit aller au ser­vice public et que par exemple un centre de santé comme celui de la Villeneuve doit pou­voir dis­po­ser de toutes les sub­ven­tions dont il a besoin ».

 

Pour autant, Catherine Brun ne compte pas sur l’Assemblée natio­nale, elle en est inti­me­ment per­sua­dée, « l’op­po­si­tion qui va comp­ter elle sera dans la rue », assure-t-elle. Que repré­sentent les élec­tions légis­la­tives pour Lutte ouvrière ?

 

« Une caisse de réso­nance pour faire entendre les voix de ce camp là et le pro­gramme de lutte que nous por­tons. Nous devons nous pré­pa­rer à nous défendre ! Comptons-nous, orga­ni­sons-nous et pré­pa­rons l’a­ve­nir… dans la rue », mar­tèle non sans convic­tion la mili­tante.

 

 

 

« Pour faire entendre la parole de ceux qui n’ont pas la parole »

 

 

« Je ne serais pas élue dépu­tée, pas besoin de vous faire un des­sin », plai­sante, réa­liste, Josiane Hirel, la pré­si­dente de l’as­so­cia­tion Chats libres qui se pré­sente en indé­pen­dante sous l’é­ti­quette de sa struc­ture asso­cia­tive. Une éti­quette « pour la forme, c’é­tait pour la pré­fec­ture », pré­cise cette der­nière. Avec cette can­di­date, c’est la voix – mono­thé­ma­tique – de la cause ani­male qui s’in­vite aussi dans les élec­tions légis­la­tives.

 

Josiane Hirel n’est d’ailleurs pas seule puisque dans toute la France quelque 147 can­di­dats défen­seurs des ani­maux – notam­ment sou­te­nus par le Parti ani­ma­liste – comptent bien pro­fi­ter du coup de pro­jec­teur que repré­sente ce scru­tin « pour faire entendre la parole de ceux qui n’ont pas la parole. »

 

Hosiane Hirel candidate pour la défense des animaux sur la 3e circonscription de l'isère. © Josiane Hirel

Josiane Hirel can­di­date pour la défense des ani­maux sur la 3e cir­cons­crip­tion de l’Isère. © Josiane Hirel

« En fait, pour nous [les défen­seurs de la cause ani­male, ndlr], le vrai but c’est de por­ter à la connais­sance des pou­voirs poli­tiques les pro­blèmes de la pro­tec­tion ani­male et les pro­blèmes des ani­maux en géné­ral », explique Josiane Hirel regret­tant que bien peu de can­di­dats en parlent dans leurs pro­grammes élec­to­raux.

 

Pour autant, ce n’est pas une cam­pagne au sens clas­sique du terme que mène Josiane Hirel. Pas de dis­tri­bu­tion de tracts, pas les moyens. Et sur­tout pas le temps, les acti­vi­tés de son asso­cia­tion requé­rant qua­si­ment toute sa dis­po­ni­bi­lité.

 

« On nous a fourni des affiches bien sûr mais c’est sur­tout à tra­vers la presse que nous par­ve­nons à expli­quer le pour­quoi de notre enga­ge­ment », pré­cise Josiane Hirel. Quid de cet enga­ge­ment ? « Celui du Mouvement homme ani­maux et nature (MHAN) qui cor­res­pond très exac­te­ment à mes idées. Pour moi les vies humaine, ani­male et végé­tale sont indis­so­ciables. On doit pro­té­ger les trois si l’on veut pro­té­ger la pla­nète », argu­mente-elle.

 

Ce qu’elle aime­rait ? Qu’il y ait en France un secré­ta­riat d’é­tat à la pro­tec­tion ani­male et aussi – et c’est son com­bat – que l’ex­pé­ri­men­ta­tion ani­male puisse ces­ser. « C’est aber­rant de conti­nuer à éle­ver des ani­maux pour ensuite les tor­tu­rer dans des labo­ra­toires », estime la pro­tec­trice des ani­maux.

 

 

 

Un fidèle de Nicolas Dupont-Aignan

 

 

Alain Bonnet, 52 ans, cadre de société et secré­taire dépar­te­men­tal adjoint de Debout la France Isère est en revanche un vété­ran qui s’est déjà pré­senté à plu­sieurs élec­tions après être entré en poli­tique en 2008. Et aussi un fidèle, s’il en est, de Nicolas Dupont-Aignan, « par hon­nê­teté intel­lec­tuelle et autres », tient-il à pré­ci­ser. « Cela me parais­sait logique de me pré­sen­ter aux élec­tions légis­la­tives après m’être pré­senté notam­ment aux élec­tions muni­ci­pales, dépar­te­men­tales ou encore régio­nales. Et c’est vrai qu’aux légis­la­tives on peut défendre des dos­siers natio­naux, ce qu’on ne peut pas faire lors des élec­tions locales », explique Alain Bonnet.

 

Ses thèmes de pré­di­lec­tion ? L’économie, la sécu­rité « où il y a beau­coup à faire car la 3e cir­cons­crip­tion c’est quand même la par­tie où il y a Saint-Bruno, Mistral, la Villeneuve, des quar­tiers répu­tés chauds », estime-t-il. Mais aussi la trans­pa­rence « totale » de la vie par­le­men­taire. « Moi je suis pour la publi­ca­tion des notes de frais, c’est de l’argent public quand même ! », vitu­père le secré­taire dépar­te­men­tal.

 

 

« Nous sommes la seule alternative crédible »

 

Pourquoi devrait-on voter pour le pro­gramme de Debout la France ? Alain Bonnet s’en sort par une bou­tade. « La confu­sion est telle que si l’on envoie un député répu­bli­cain à l’Assemblée on ne saura jamais s’il est dans l’op­po­si­tion ou dans la majo­rité », iro­nise-t-il. Alain Bonnet reste per­suadé que le pro­gramme de DLF est cré­dible. « Parce que nous défen­dons les entre­prises fran­çaises. Nous allons sup­pri­mer la direc­tive des tra­vailleurs déta­chés, on veut dimi­nuer les impôts des socié­tés qui inves­tissent en France, revoir la dota­tion du CICE. Nous nous bat­trons aussi contre la l’aug­men­ta­tion de la CSG vou­lue par Emmanuel Macron… », énu­mère-t-il.

 

Alain Bonnet, candidat Debout la France sur la 3e circonscription de l'Isère. © Alain Bonnet

Alain Bonnet, can­di­dat Debout la France sur la 3e cir­cons­crip­tion de l’Isère. © Alain Bonnet

Quant à l’ac­cord de gou­ver­ne­ment que Nicolas Dupont-Aignan a passé avec Marine Le Pen lors de l’é­lec­tion pré­si­den­tielle, ne risque-t-il pas de dis­cré­di­ter les can­di­da­tures DLF ?

 

« Sortez les trois pages de cette alliance, sor­tez le pro­gramme de Macron, vous enle­vez les noms Macron et Le Pen et Dupont-Aignan et vous regar­dez le pro­gramme qui défend le mieux la France et la place de la France dans l’Europe. Force est de consta­ter que c’est notre pro­gramme ! », affirme Alain Bonnet.

 

Pour ce der­nier, l’af­faire est enten­due : DLF est la seule alter­na­tive cré­dible sur la 3e cir­cons­crip­tion. « Soit vous conti­nuez avec Michel Destot qui se pré­sente pour la sep­tième fois, soit vous pre­nez Émilie Chalas, la can­di­date d’En Marche qui est de droite puisque DGS à la mai­rie de Moirans, soit vous avez une jeune can­di­date Républicaine qui a appelé à voter Macron au deuxième tour… Il faut arrê­ter ! Il ne faut pas prendre les votants pour des abru­tis ».

 

 

 

 

Pour Abdelkader Benyoub, can­di­dat sans éti­quette des quar­tiers sud de Grenoble, une chose est sûre il faut « libé­rer les éner­gies ». De la jeu­nesse notam­ment. « Les jeunes n’ont pas à tenir les murs des immeubles ! », clame-t-il. « Le défi majeur est d’ai­der tous ces jeunes à s’in­sé­rer dans la vie pro­fes­sion­nelle », ajoute-t-il. Comment ? Le can­di­dat s’en­gage dès la pre­mière année de son man­dat à « accom­pa­gner cent jeunes. En contre­par­tie, ils devront don­ner quelques heures de leur temps à la col­lec­ti­vité », pro­met Abdelkader Benyoub. Qui veut éga­le­ment s’im­pli­quer « dans le sou­tien une éco­no­mie cir­cu­laire juste et res­pec­tueuse de la dignité humaine […] en encou­ra­geant les ini­tia­tives et la créa­ti­vité dans des acti­vi­tés créa­trices de lien social  ».

 

Affiche électorale de Abdelkader Benyoub, candidat sur la 3e circonscription de l'Isère. DR

Affiche élec­to­rale de Abdelkader Benyoub, can­di­dat sur la 3e cir­cons­crip­tion de l’Isère. DR

La tran­si­tion éco­lo­gique est éga­le­ment au cœur de ses pré­oc­cu­pa­tions. « Je favo­ri­se­rai l’im­pli­ca­tion dans la gou­ver­nance des pro­jets liés à la tran­si­tion éner­gé­tique par la valo­ri­sa­tion des modèles asso­cia­tifs et coopé­ra­tifs », pro­met-t-il.

 

Et puis, estime le can­di­dat, il faut aussi réno­ver les ins­ti­tu­tions et « agir en élu res­pon­sable et intègre ». Abdelkader Benyoub est contre le cumul des man­dats et c’est une démo­cra­tie libé­rée qu’il prône.

 

« Je pren­drai des déci­sions indé­pen­dantes des groupes de pres­sion et des inté­rêts indi­vi­duels sous le contrôle des citoyens », assure-t-il.

 

L’histoire franco-algé­rienne doit, par ailleurs, être revi­si­tée selon lui. « Une par­tie de notre jeu­nesse a besoin de se retrou­ver autour d’un passé com­mun afin de vivre sans avoir à héri­ter d’une his­toire dont ils n’ont pas été les acteurs. Ne lais­sons pas ce far­deau à nos enfants », plaide-t-il.

 

 

 

Trois can­di­da­tures en Isère sont spé­ci­fiques à la qua­trième cir­cons­crip­tion (Le Pont-de-Claix, Seyssinet-Pariset, Fontaine, Oisans, Trièves, Matheysine, Valbonnais, Vercors), la plus vaste de l’Isère.

 

 

La mise en place d’une assemblée constituante souveraine

 

Il y a celle d’Yves Gerin-Mombrun. Ce retraité de l’enseignement repré­sente le Parti ouvrier indé­pen­dant démo­cra­tique (POID) de Daniel Gluckstein. Ce « parti de lutte de classe » pré­sente 64 can­di­dats dans 35 dépar­te­ments. « Partisan d’un gou­ver­ne­ment ouvrier », le POID sou­haite « la rup­ture avec l’Union euro­péenne et la Ve République » et la mise en place d’une « Assemblée consti­tuante sou­ve­raine ».

 

Affiche de campagne de Jacqueline Niccolini-Darmet, candidate du Parti chrétien démocrate sur la 4e circonscription. DR

Affiche de cam­pagne de Jacqueline Niccolini-Darmet, can­di­date du Parti chré­tien démo­crate sur la 4e cir­cons­crip­tion. DR

De l’extrême gauche, on passe à droite avec la can­di­da­ture de Jacqueline Niccolini-Darmet pour le Parti chré­tien démo­crate (PCD) de Jean-Frédéric Poisson.

 

Retraitée de l’Éducation natio­nale, elle indique, dans sa pro­fes­sion de foi, être « très inves­tie dans le milieu asso­cia­tif et isé­rois ». « L’état de notre pays, ajoute-t-elle, me pousse à aller plus loin dans mes enga­ge­ments au ser­vice du bien com­mun ».

 

Elle for­mule neuf enga­ge­ments parmi les les­quels : « res­pec­ter la vie humaine du début à sa fin natu­relle ; pro­té­ger la famille ; encou­ra­ger la liberté d’entreprendre et pro­mou­voir une autre idée de l’Europe res­pec­tueuse des États. »

 

 

« Refuser d’être embrigadés derrière les partis politiques de la bourgeoisie »

 

Bernard Augier est sans éti­quette. Sur son compte Twitter duquel il relaie des articles, ou fait des com­men­taires, en anglais et en fran­çais, il milite notam­ment pour la trans­pa­rence finan­cière. Il n’hésite pas à épin­gler l’État et ses repré­sen­tants au pre­mier rang des­quels le Président Macron.

En mars der­nier réagis­sant à un article sur l’abandon des anciens sala­riés d’Ecopla de leur pro­jet de Scop, il avait eu ce com­men­taire : « La France ridi­cu­li­sée par la société ita­lienne Cuki grâce à l’incompétence de l’État fran­çais et ses repré­sen­tants ».

 

Sara Says, candidate Debout la France sur la 4e circonscription de l'Isère. DR

Sara Says, can­di­date Debout la France sur la 4e cir­cons­crip­tion de l’Isère. DR

Concernant des can­di­da­tures de « petits » par­tis plus clas­siques, Jean-Alain Ziegler, employé muni­ci­pal, repré­sente Lutte ouvrière (LO). Sur son tract élec­to­ral, trois rai­sons sont avan­cées pour voter pour le can­di­dat LO : « refu­ser d’être embri­ga­dés der­rière les par­tis poli­tiques de la bour­geoi­sie », « expri­mer sa fierté d’appartenir au camp des tra­vailleurs » et « affir­mer ses inté­rêts contre ceux du grand patro­nat ».

 

Sara Seys, qui tra­vaille pour une asso­cia­tion d’aide aux per­sonnes âgées, défend les cou­leurs de Debout La France (DLF). « La vie poli­tique c’est nou­veau pour moi, pré­cise la jeune femme ori­gi­naire du pla­teau mathey­sin sur le site de DLF, mais c’est jus­te­ment ma force parce que mon seul but est de vous défendre et d’en finir avec l’élite cor­rompu qui nous gou­verne depuis trop long­temps ». Comme pour les autres can­di­dats DLF, quatre grands slo­gans sont décli­nés avec des pro­po­si­tions : « net­toyons la poli­tique », « met­tons de l’ordre », « garan­tis­sons la jus­tice sociale », « pré­pa­rons l’avenir ».

 

 

Tirer les bénéfices de la transition écologique

 

Henry Tidy est le can­di­dat d’Europe Écologie-Les Verts (EELV). Ce Franco-bri­tan­nique de La Garde-en-Oisans est ensei­gnant. Ancien chargé de mis­sion pour des asso­cia­tions éco­lo­gistes et édu­ca­tives en France et à l’é­tran­ger (au Moyen-Orient et à Haïti notam­ment), il a été can­di­dat sur la liste de l’écologiste Maryvonne Boileau aux muni­ci­pales à Grenoble en 2008.

 

Françoise Colinet, candidate UPR sur la 4e circonscription. Page Facebook de la candidate.

Françoise Colinet, can­di­date UPR sur la 4e cir­cons­crip­tion. Page Facebook de la can­di­date.

« Grâce à mon par­cours aty­pique et ma men­ta­lité prag­ma­tique, j’œuvrerai [s’il est élu à l’Assemblée natio­nale, ndlr] pour que notre cir­cons­crip­tion et notre pays se lancent enfin dans la tran­si­tion éco­lo­gique et en tirent les béné­fices dans les années qui viennent », annonce-t-il sur le site d’EELV.

 

Françoise Colinet se pré­sente sous la ban­nière de l’Union popu­laire répu­bli­caine (UPR). Architecte à son compte, elle habite Seyssinet-Pariset. Quel est son sou­hait ?

 

Que la France retrouve sa sou­ve­rai­neté poli­tique, éco­no­mique, moné­taire et éco­no­mique ainsi que le pré­co­nise le parti de François Asselineau. Pour y par­ve­nir, la can­di­date, et l’UPR dans son ensemble, milite pour une sor­tie de l’Union euro­péenne, de l’euro et de l’Otan.

 

 

Les autres can­di­dats sur la qua­trième cir­cons­crip­tion : Myriam Martin (Parti com­mu­niste fran­çais), Sandrine Martin-Grand (Les Républicains-UDI), Laurent Viallard (La France insou­mise), Sandrine Pimont (Front natio­nal), Marie-Noëlle Battistel (Parti socia­liste, dépu­tée sor­tante), Fabrice Hugelé (La République en marche).

 

 

Les « petits candidats » de la cinquième circonscription roulent pour LO, le PCF, le NPA, DLF, M100% et l’UPR

 

« Les patrons ont cent fois plus de pouvoir qu’un député »

 

La moins «  petite » des « petits can­di­dats » de la cin­quième cir­cons­crip­tion est pro­ba­ble­ment Sylvie Guinand. La can­di­date du PCF a, du reste, bien peu de chance de se his­ser au second tour, alors que son parti a connu une cer­taine gloire en son temps. Être relé­guée au rang des « petits » « ne [la] choque pas. Vous reflé­tez la per­cep­tion qu’ont de nous les médias est elle bien obli­gée de consta­ter. En plus, moi en par­ti­cu­lier, je ne suis pas connue comme séna­trice, ou autant qu’un Langénieux-Villard » sou­ligne-t-elle, modes­te­ment.

 

Sylvie Guinand candidate PCF, et Joël Marseille son suppléant dans la cinquième circonscription de l'Isère aux législatives 2017. DR

Sylvie Guinand can­di­date PCF, et Joël Marseille son sup­pléant dans la cin­quième cir­cons­crip­tion de l’Isère aux légis­la­tives 2017. DR

Écrivain public de pro­fes­sion, sa moti­va­tion à battre la cam­pagne, reste intacte, et ce mal­gré le ren­dez-vous man­qué avec FI. Cette mili­tante syn­di­cale de longue date « ne lâche[ra] rien ». « J’irai jus­qu’au bout. On est cohé­rent, on se dis­tingue de l’en­semble des pro­grammes ».

 

Candidate de Lutte Ouvrière, Christine Tulipe se repré­sente. Avec un score de 0,32 % (soit 187 voix) au pre­mier tour des légis­la­tives de 2012, les chances qu’elle a de deve­nir dépu­tée, cette fois-ci encore, sont infimes. L’enseignante de 54 ans, en Sciences de la Vie et de la Terre, reste quoi­qu’il en soit, déter­miné à défendre ses idées. Les légis­la­tives sont l’occasion ou jamais de les (re)diffuser.

 

« Je suis la seule à mettre en avant les inté­rêts des employés, des ouvriers, des sala­riés… » estime-t-elle. Et ne lui par­lez pas France insou­mise. « Mélenchon nous refait le coup de Mitterrand. Mais il n’y a pas de sau­veur suprême […] Il va fal­loir se pré­pa­rer à lut­ter, en dehors de l’Assemblée » pro­phé­tise-t-elle. Et de tour­ner le regard vers les grands patrons « qui ont cent fois plus de pou­voir qu’un député ».

 

 

« Nous sommes tous égaux face aux électeurs »

 

Sous les cou­leurs du Nouveau parti anti­ca­pi­ta­liste (NPA), encore une femme, Alice Pelletier, qui ne fera sans doute guère mieux que Faouzia Perrin en 2012. Cette der­nière engran­geait 328 voix, soit 0,56 % des suf­frages expri­més. « Candidate autour de Voiron il y a cinq ans », cette presque qua­dra­gé­naire connaît bien la cin­quième cir­cons­crip­tion, puisqu’elle est ingé­nieure chez STMicro. Le sens de sa can­di­da­ture ?

 

Alice Pelletier candidate pour le NPA dans la cinquieme circonscription en Isère, aux legislatives 2017. DR

Alice Pelletier can­di­date pour le NPA dans la cin­quieme cir­cons­crip­tion en Isère, aux legis­la­tives 2017. DR

« Dire qu’on ne veut pas d’un gou­ver­ne­ment qui va cas­ser les acquis sociaux » entre autres… Transports publics gra­tuits, réqui­si­tion de loge­ments pour tous, voilà deux exemples d’objectifs socié­taux aux­quels elle aspire et « aux­quels des com­munes diri­gées par le Front de Gauche, le PCF, et les Verts ont visi­ble­ment renoncé ».

 

Du côté des « petits can­di­dats » rayon gente mas­cu­line, se pré­sente Ludovic Blanco. Le jeune homme n’a que 23 ans et défend les cou­leurs de Debout La France. Il pré­pare actuel­le­ment une licence d’his­toire à l’UGA. « A la biblio­thèque, je tra­vaille mes par­tiels et je suis aussi en cam­pagne ! » lance-t-il. Il est un peu « ini­tié » aux cam­pagnes, qua­tor­zième sur la liste de DLF aux can­to­nales en 2015. C’est à 19 ans qu’il s’engage au côté de Nicolas Dupont-Aignan.

 

« Ce n’é­tait pas évident d’af­fi­cher mes convic­tions sur la place publique » recon­naît il. Il n’aime, du reste, pas beau­coup le terme « petit can­di­dat » car explique-t-il « nous sommes tous égaux face aux élec­teurs (…) D’accord, je n’ai pas de noto­riété, mais mon parti est connu ».

 

 

 

Victime des risques psycho-sociaux du travail

 

L’engagement de Valérie Chénard, can­di­date pour l’Union popu­laire répu­bli­caine vient d’un évé­ne­ment qui sur­vient au cours de son expé­rience pro­fes­sion­nelle. Psychologue du tra­vail, elle est « vic­time des risques psy­cho sociaux du tra­vail ». Elle cherche à com­prendre, remonte la source de son sur­me­nage, constate qu’elle n’est pas un cas isolé et que son employeur, l’Afpa, est poussé à « faire du chiffre, à mettre les gens en stage, pour faire bais­ser la courbe du chô­mage ».

 

Elle pousse encore ses recherches, et se rend un jour aux confé­rences de François Asselineau. « J’igno­rais qu’il s’agissait d’un parti, au début… j’ai alors recons­ti­tué les élé­ments du puzzle ». A savoir que les trai­tés euro­péens sont à l’origine de normes comp­tables qui, appli­quées aux acti­vi­tés, en sont arri­vés à broyer les indi­vi­dus. D’où son adhé­sion à l’UPR « pour faire prendre conscience aux Français qu’il faut sor­tir de l’Union euro­péenne pour retrou­ver notre pou­voir de déci­sion ».

 

 

La médiocrité de certains élus vis à vis de leur propre conviction

 

 

Azzédine Chared, candidat pour 100% Citoyen dans la cinquième circonscription de l'Isère aux législatives 2017. DR

Azzédine Chared, can­di­dat pour 100 % Citoyen dans la cin­quième cir­cons­crip­tion de l’Isère aux légis­la­tives 2017. DR

Quant au quin­qua­gé­naire Azzédine Chared, il part lui avec deux gros han­di­caps. Il n’est pas connu et son mou­ve­ment 100 % citoyen pas davan­tage. La belle affaire, l’ancien direc­teur d’entreprise de l’ESS ne se déclare pas le moins du monde impres­sionné par les gros can­di­dats. « J’ai expé­ri­menté des choses qui marchent, j’ai monté des pro­jets, des par­te­na­riats, je sais écou­ter les gens ».

 

C’est en consta­tant « la médio­crité de cer­tains élus vis à vis de leur propre convic­tion » qu’il s’en­gage fin 2015 dans le mou­ve­ment « Nous citoyens ».

 

Son dada ? Pousser à la créa­tion d’assemblées citoyennes dyna­miques, inven­tives et res­pon­sables. « Pour quel­qu’un d’in­vi­sible, je serais très heu­reux, si je fais 7,5 % au pre­mier tour ! »

 

La rédac­tion

 

N.B. : Les cir­cons­crip­tions du Nord-Isère (6e, 7e, 8e et 10e) qui ont fait l’ob­jet d’un trai­te­ment spé­ci­fique au sein d’un seul article ne sont pas évo­quées ici. Idem pour la 9e cir­cons­crip­tion. En effet, celle-ci ne com­por­tant que neuf can­di­dats, tous ont été trai­tés dans l’ar­ticle géné­ral dédié à cette cir­cons­crip­tion.

 

 

Financement public : des règles claires

 

 

La loi n°88 – 227 du 11 mars 1988 rela­tive à la trans­pa­rence finan­cière de la vie poli­tique pose le prin­cipe d’un finan­ce­ment public des par­tis et grou­pe­ments poli­tiques. Le mon­tant de cette aide publique est par­tagé en deux par­ties, cal­cu­lées sur le nombre de voix recueillies au pre­mier tour ainsi que sur le nombre de sièges obte­nus. Une condi­tion cepen­dant, elle ne sera octroyée que si au mini­mum 50 can­di­dats d’un même parti par­viennent à fran­chir ou éga­li­ser la barre des 1 % des suf­frages. Ensuite, leur parti reçoit 1,42 euro par an [chiffre de 2014, ndlr] et par voix pen­dant la durée de la légis­la­ture.

 

Quand au rem­bour­se­ment de la cam­pagne, il n’est envi­sa­geable que dans le cas où le can­di­dat obtient au moins 5 % des suf­frages. Autant dire une bar­rière infran­chis­sable pour la plu­part de ceux qu’on nomme « les petits can­di­dats ».

 

 

 

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