Des chercheurs grenoblois réévaluent les mesures de protection de la biodiversité

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Minimise-t-on l’impact des zones protégées sur la biodiversité ? C’est ce qu’une étude publiée dans la revue Nature – menée notamment par deux chercheurs grenoblois du CNRS travaillant sur la préservation des mammifères et des oiseaux au laboratoire d’écologie alpine de Grenoble* – tend à démontrer.

 

 

Pour Wilfried Thuiller, chercheur au laboratoire d'écologie alpine de Grenoble, co-auteur d'une étude parue dans Nature, augmenter les zones protégées de 5 % pourrait tripler la protection de la biodiversité

Pour Wilfried Thuiller, cher­cheur au labo­ra­toire d’é­co­lo­gie alpine de Grenoble, aug­men­ter les zones pro­té­gées de 5 % pour­rait tri­pler la pro­tec­tion de la bio­di­ver­sité. © Patricia Cerinsek

Pour Wilfried Thuiller et Laura J. Pollock, une aug­men­ta­tion de seule­ment 5 % de la taille des zones pro­té­gées dans le monde aurait une influence for­te­ment posi­tive puis­qu’elle per­met­trait de tri­pler la pro­tec­tion de la bio­di­ver­sité.

 

Pour en arri­ver à ces conclu­sions, les cher­cheurs ont appré­cié la bio­di­ver­sité à l’aune d’autres cri­tères. Alors que celle-ci est géné­ra­le­ment éva­luée de manière très mathé­ma­tique – par le nombre d’es­pèces pré­sentes dans une zone don­née – ils ont croisé ce cri­tère avec d’autres com­po­sants jus­qu’ici peu uti­li­sés.

 

 

Une biodiversité beaucoup plus riche pourrait être sauvegardée

 

 

Les cher­cheurs ont ainsi inté­gré dans leur étude la diver­sité phy­lo­gé­né­tique qui, elle, va plus loin puis­qu’elle reflète l’his­toire évo­lu­tive accu­mu­lée par un assem­blage d’espèces. Ils ont aussi pris en compte la diver­sité fonc­tion­nelle, qui reflète la diver­sité de traits d’histoire de vie d’une com­mu­nauté d’espèces comme le type et le mode de nour­ris­sage, la période d’activité ou encore la masse.

 

Une mul­ti­tude de cri­tères qui leur ont per­mis d’af­fi­ner, grâce à des algo­rithmes d’optimisation spa­tiale sur des espèces sen­ti­nelles, l’im­pact des mesures de pro­tec­tion sur la bio­di­ver­sité mises en place notam­ment à Madagascar, en Asie du Sud-Est ou dans les Andes.

 

« Maximiser la pro­tec­tion de la diver­sité phy­lo­gé­né­tique ou fonc­tion­nelle suf­fi­rait à tri­pler l’ensemble des espèces et les dif­fé­rents com­po­sants de la bio­di­ver­sité », sou­lignent les cher­cheurs dans un com­mu­ni­qué. « En pro­té­geant les espèces rares les plus concer­nées par les trois facettes, c’est une bio­di­ver­sité beau­coup plus riche qui pour­rait être sau­ve­gar­dée aux échelles locale et glo­bale. Au total, ce sont envi­ron 1 500 espèces d’oiseaux qui pour­raient être pré­ser­vés ».

 

PC

 

 

  • * Aux côtés d’un cher­cheur de l’Université de Yale aux États-Unis.

 

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Commentaires 1
  1. La diver­sité des habi­tants Grenoblois pour­rait être aussi pré­ser­vée aussi plu­tôt que de la punir de ne pas être des bobos pri­vi­lé­giés ayant la chance de pou­voir se dépla­cer autre­ment qu’en voi­ture ?

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