La Villeneuve : un repas-concert contre la démolition du 10 et 20 galerie de l’Arlequin

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EN BREF – Le collectif contre les démolitions à la Villeneuve – l’un des quartiers Sud de Grenoble – organise ce samedi 20 mai à partir de 18 heures un repas-concert en soutien aux locataires des immeubles n°10 et n°20 galerie de l’Arlequin. 191 logements pourraient être démolis au grand dam de certains habitants.

 

 

 

Signature de la pétition contre les démolitions à la Villeneuve, le 8 mars 2017 © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Signature de la pétition contre les démolitions à la Villeneuve, le 8 mars 2017. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

« Chacun apporte de quoi partager ! » Ce samedi 20 mai, le collectif contre les démolitions à la Villeneuve organise un repas-concert en soutien aux résidents du 10 et 20 galerie de l’Arlequin, dont les immeubles sont voués à une probable démolition.

 

Depuis plusieurs mois, le collectif s’agite, se bat et s’organise pour refuser les démolitions successivement annoncées aux habitants du quartier. Déjà, le 8 mars dernier, ce dernier avait organisé une manifestation, à l’occasion de la semaine Villeneuve en transition, et lancé une pétition qui avait depuis récolté un millier de signatures papier et sur Internet.

 

 

 

Redonner de l’attractivité au quartier ?

 

 

« Il existe d’autres solutions, comme la réhabilitation qui aurait un moindre coût que la démolition », considère en substance le collectif, qui réunit les résidents du 10/20, des habitants du quartier, le 1 place des Saules, le 30/40 Arlequin, ainsi que l’Atelier populaire d’urbanisme, Villeneuve debout, Droit au logement 38 et le Centre d’information inter-peuples.

 

CCAS de Grenoble © Florent Mathieu - Place Gre'net

CCAS de Grenoble. © Florent Mathieu – Place Gre’net

Telle n’est pas la vision du groupe de pilotage constitué par l’agence de renouvellement urbain, la Métropole et la Ville de Grenoble. L’immeuble 20 de la galerie de l’Arlequin sera ainsi détruit. La Ville, qui affirme être opposée aux démolitions de logements sociaux, s’est en effet laissé convaincre de l’intérêt de cette démolition.

 

Elle est pertinente à plus d’un titre, considère-t-elle : l’immeuble est vétuste, le centre communal d’action sociale, installé au rez-de-chaussé du 10, déménagera sous peu ; enfin, cette trouée dans la galerie devrait ouvrir un passage vers le parc, et ainsi redonner de l’attractivité à l’ensemble du quartier.

 

Si ce dernier argument avait déjà été entendu lors de la démolition du 50, cette fois-ci, c’est vrai, affirme Vincent Fristot, adjoint à l’urbanisme, lors d’un entretien accordé à Place Gre’net. Alors que pour la démolition du 50 décidée par la municipalité précédente, il s’agissait d’un « argument fallacieux ». Quid de la démolition du 10 ? L’adjoint l’écartait clairement, toujours lors de cette interview. Les locataires ont pourtant le sentiment d’être incités à quitter les lieux…

 

 

 

Des locataires « poussés à partir »

 

 

« On a déjà l’impression de ne plus exister », déclare Virgile, l’un des locataires du 10. Car pendant que l’Agence nationale du renouvellement urbain, l’animateur de la concertation, (Passager des villes), la Ville de Grenoble et la Métropole accordent leurs violons – en revenant de temps en temps faire le point devant les habitants –, les résidents du 10 et du 20 voient, eux, leur situation se détériorer.

 

Virgile, résident du 10 Galerie Alequin prend la parole pour refuser les démolitions, lors d'une réunion de concertation sur le renouvellement urbain © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Virgile, résident du 10 galerie Arlequin prend la parole pour refuser les démolitions lors d’une réunion de concertation sur le renouvellement urbain. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

 

Sur 191 logements, seuls 60 sont aujourd’hui encore occupés. « Il y a des gros travaux à faire, et l’entretien n’est pas réalisé depuis des années. Les charges sont très importantes pour les locataires », explique Virgile. La Scic habitat Rhône-Alpes a racheté le 10/20 en 2014 mais les départs continuent…

 

« La Scic pousse les gens à partir depuis qu’elle a repris cet immeuble », affirme amèrement le résident du 10. « Elle n’a jamais voulu signer la charte de relogement des habitants, prévue dans le cas d’une réhabilitation, et qui a été promise. Les gens qui déménagent doivent, en plus, se débrouiller tout seuls », affirme-t-il. Or sans charte de relogement, pas de retour possible non plus. On voudrait vider des immeubles en vue de les démolir que l’on ne s’y prendrait pas autrement, estiment ainsi les habitants… bien loin d’être rassurés.

 

 

Séverine Cattiaux 

 

 

 

LE COLLECTIF RÉCLAME « UNE VÉRITABLE CO-CONSTRUCTION » POUR LE PROJET URBAIN DE LA VILLENEUVE

 

Quartier de la Villeneuve à Grenoble. DR

Quartier de la Villeneuve à Grenoble. DR

Les démolitions à la Villeneuve […] suscitent le rejet alors que nous avons besoin de créer de l’adhésion autour d’un projet partagé », soulignent les militants du collectif, qui aspirent à co-construire un projet pour la Villeneuve visant à « retrouver l’attractivité du quartier, investir dans les infrastructures socio-éducatives, s’emparer des perspectives économiques innovantes… »

 

Ce projet issu des habitants existe : il est consultable sur le site Vivre à la Villeneuve. Mais il ne semble pas avoir été pris au sérieux, selon ses instigateurs. « Le principe de co-construction des projets urbains inscrits dans la loi de février 2014 n’est pas respecté », regrette le collectif, qui réclame depuis plusieurs mois la « négociation d’un projet partagé en présence de toutes les parties prenantes au projet ».

 

 

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