Isère : Après la victoire d’Emmanuel Macron, les militants se préparent à des législatives inédites

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DÉCRYPTAGE – Emmanuel Macron élu président, le soulagement est palpable pour tous ceux qui se sont mobilisé pour faire barrage à Marine Le Pen, candidate FN. Mais le temps de souffler n’est pas encore venu pour les militants politiques de tous bords : la bataille des législatives démarre derechef avec, en préambule, quelques “ententes” possibles ou pas dans certaines circonscriptions…

 

 

 

Dans les salons feu­trés de la pré­fec­ture de l’Isère, ce dimanche 7 mai en soi­rée, l’annonce de l’élection d’Emmanuel Macron, nou­veau chef de l’État fran­çais, avec 65,8 % des suf­frages expri­més au niveau natio­nal (ainsi qu’en Isère) est accueillie sans éton­ne­ment par le groupe de poli­tiques et repré­sen­tants de la pré­fec­ture, plan­tés devant l’écran de télé­vi­sion. Sans doute ceux-ci avaient-ils pris connais­sance, dans l’heure qui pré­cé­dait, des pre­miers résul­tats qui cir­cu­laient sur Internet…

 

Soirée électorale à la Préfecture de Grenoble. 7 mai 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Soirée élec­to­rale à la pré­fec­ture de Grenoble, 7 mai 2017. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

 

Les mines sont tou­te­fois glo­ba­le­ment réjouies. Les Macronistes, ceux de la pre­mière heure qui ont adhéré au jeune mou­ve­ment « En Marche » fondé le 6 avril 2016, savourent plei­ne­ment cette vic­toire.

 

 

 

« Une volonté de renouveau », selon Didier Rambaud

 

 

Pour Didier Rambaud (ex-PS), réfé­rent dépar­te­men­tal isé­rois d’En Marche l’ins­tant est solen­nel : « Je suis heu­reux. Je suis ému même. Cette élec­tion montre qu’il y a une volonté de renou­veau dans le pays, de rompre avec le sys­tème de poli­tique qui s’est ins­tallé depuis trente-cinq ans. »

 

Didier Rambaud (soutien d'Emmanuel Macron). Soirée électorale à la Préfecture de Grenoble. 23 avril 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Didier Rambaud (sou­tien d’Emmanuel Macron). Soirée élec­to­rale à la Préfecture de Grenoble. 23 avril 2017. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Le maire de la com­mune du Grand-Lemps et conseiller dépar­te­men­tal en Isère ne regrette pas, après dix-huit ans passé au PS, de s’être engagé « dès le pre­mier jour » au côté de celui qui va désor­mais pré­si­der au des­tin de la France durant les cinq pro­chaines années.

 

Parmi les mili­tants PS, on se réjouit sur­tout que le vote bar­rage au FN ait fonc­tionné.

 

« C’est un sou­la­ge­ment » sont les pre­miers mots de Christophe Bouvier, secré­taire dépar­te­men­tal du PS en Isère. Pierre Ribeaud, député de la 5cir­cons­crip­tion, qui ne se repré­sente pas et cède la place à la séna­trice Éliane Giraud, n’est lui non plus pas sur­pris outre mesure de la vic­toire du lea­der d’En Marche. En revanche, il semble plus frappé par le taux d’abstention – « Le plus impor­tant de la VRépublique [25,3 % en France, 28,04 % à Grenoble, ndlr] il me semble » – et les nom­breux votes blancs ou nuls (12 % en France, 9 % à Grenoble). Des signes pré­oc­cu­pants pour la santé démo­cra­tique du pays…

 

Soirée électorale à la Préfecture de Grenoble. 7 mai 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Mounira Dabaji, ancienne colis­tière de Jérôme Safar. Soirée élec­to­rale du 7 mai 2017. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

A l’évidence, « l’abstention est plus forte qu’au pre­mier tour : parce que les gens ne se retrouvent pas dans ces deux can­di­dats », ana­lyse David Queiros, maire PCF de Saint-Martin‑d’Hères, qui a par­rainé Jean-Luc Mélenchon, le can­di­dat de la France Insoumise. Il pour­suit, inquiet : « Le bar­rage contre le FN a fonc­tionné, mais il se fra­gi­lise. »

 

Un peu plus tard dans la soi­rée, Eric Piolle maire EELV de Grenoble lâche, amer : « On voit bien que le FN au pou­voir : cela devient pos­sible… ». S’étant fait un point d’hon­neur à venir aux résul­tats de la pré­si­den­tielle, au pre­mier comme au second tour, Mounira Dabaji, ancienne colis­tière de Jérôme Safar PS en 2014, déclare : « J’ai voté Macron aujourd’­hui pour faire bar­rage au Front natio­nal. Ce soir, je suis triste, quand on voit que Marine Le Pen fait 34,2 % (17,33 % à Grenoble), c’est 34,2 % de trop ! Mais aujourd’hui reprend-elle, plus opti­miste, je peux au moins conti­nuer à aller dans la rue et défendre mes idées. Il ne faut pas arrê­ter le com­bat. Je pense à ma der­nière petite fille… »

 

Soirée électorale à la Préfecture de Grenoble. 7 mai 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Soirée élec­to­rale à la pré­fec­ture de Grenoble. 7 mai 2017. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Avec son score, Marine Le Pen fait moins qu’elle ne l’aurait espéré, mais tota­lise tout de même un peu plus de 10,6 mil­lions de voix.

 

Un nombre qui a de quoi conso­ler Muriel Burgaz, secré­taire dépar­te­men­tale adjointe au FN en Isère et élue au conseil régio­nal Rhône-Alpes-Auvergne.

 

 

Elle rela­ti­vise la défaite : « On est très satis­fait, c’est un bon score, un record pour notre part, un espoir de repré­sen­ter la seule force d’opposition qui repré­sente la droite patrio­tique. »

 

 

Réalisation : Joël Kermabon.

 

 

 

Olivier Véran, Fabrice Hugelé… déjà candidats de « La république en Marche »

 

 

Les gagnants du jour res­tent d’ailleurs lucides. Didier Rambaud tire en effet deux ensei­gne­ments de l’é­lec­tion pré­si­den­tielle : « La colère est grande dans ce pays avec 35 % de votes FN […] et les 65 % n’ont pas tous adhéré au pro­jet d’Emmanuel Macron. »

[…]
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