Les Amazones du FCG futures championnes de France ?

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FOCUS – Les Amazones, les joueuses de rugby de Grenoble-Sassenage, disputent dimanche (15 heures) à Béziers la finale de Deuxième division face à Bayonne. Enjeu pour les Iséroises : un premier titre national et une montée dans l’élite du rugby féminin en cas de succès.

 

 

 

Samedi 29 et dimanche 30 avril, Grenoble et Bayonne s’affrontent lors de deux matches de rugby aux enjeux bien dif­fé­rents. Le duel de samedi au Pays basque entre Bayonnais et Grenoblois, d’ores et déjà relé­gués en Pro D2, ne bou­le­ver­sera pas la face du Top 14. Il s’agira sim­ple­ment pour le FC Grenoble, 13e, de gar­der un peu de marge sur l’Aviron bayon­nais, der­nier. Par contre, la confron­ta­tion dimanche entre le FCG-Amazones et l’AS Bayonne, chez les fémi­nines, revê­tira une tout autre impor­tance.

 

 

Margaux Donzel, capitaine de l’équipe : « Ce serait un rêve de gosse »

 

 

À Béziers, c’est un titre de cham­pion de France Élite 2 Armelle-Auclair, la Deuxième divi­sion, qui est en jeu. « Si nous l’emportons, ce serait un rêve de gosse qui se réa­li­se­rait », témoigne Margaux Donzel, 28 ans, capi­taine des Amazones.

 

Margaux Donzel, pilier gauche, ici en avril 2016, pourrait décrocher dimanche son premier titre avec les Amazones. © Laurent Genin

Margaux Donzel, pilier gauche, ici en avril 2016, pour­rait décro­cher dimanche son pre­mier titre avec les Amazones. © Laurent Genin

« Je pour­rais dire : « dans ma vie, j’ai pu sou­le­ver un bout de bois » [le Bouclier pour l’é­quipe vic­to­rieuse, ndlr]. C’est la récom­pense de tous les efforts four­nis, pas que dans une sai­son. J’ai com­mencé, j’avais 14 – 15 ans. J’ai fait toute ma car­rière rugby ici. Enfin, pou­voir sou­le­ver ce bou­clier, ce serait beau­coup d’émotions. »

 

« Cela fait neuf mois que cette sai­son a com­mencé. Quoi qu’il arrive, ça se ter­mine dimanche », résume l’entraîneur prin­ci­pal Emmanuel Pellorce. « Cette finale, c’est la concré­ti­sa­tion de ce que les filles, le staff avec elles et le club ont pu mettre en œuvre. C’est un ensemble qui a fonc­tionné. »

 

 

 

Le déclic : l’obstacle du quart de finale enfin franchi cette année

 

 

Pour arri­ver à cette finale, les joueuses du FCG-Amazones ont réa­lisé un par­cours remar­quable. Elles sont invain­cues cette sai­son. En phases qua­li­fi­ca­tives, elles ont rem­porté 13 matches sur 14, ne concé­dant qu’un résul­tat nul à La Valette-du-Var (20−20), mi-jan­vier.

 

Jo McCarthy, entraîneur du FCG-Amazones avec Emmanuel Pellorce, à droite, lors d'un exercice avec une partie des avants grenobloises. © Laurent Genin

Jo McCarthy, co-entraî­neure du FCG-Amazones, à droite, lors d’un exer­cice avec une par­tie des avants gre­no­bloises. © Laurent Genin

« Cela a per­mis de “reboos­ter” un peu tout le monde. Au final, ce n’est pas une défaite. Il y a quelques années, ce match, nous l’aurions perdu », estime Margaux Donzel. « Dans un sens, cela nous a remis les pieds sur terre et fait com­prendre que, même dans des matches dif­fi­ciles, nous ne per­dions pas. Cela a aidé à ce que le groupe soit vrai­ment solide. »

 

Ensuite, et sur­tout, les Iséroises ont su pas­ser l’obstacle du quart de finale. Depuis deux sai­sons, elles échouaient à ce stade de la com­pé­ti­tion. « Nous avons eu beau­coup de pres­sion contre Tarbes en quart. C’est pour cela, je pense, que nous n’avons pas fait un gros score (20−13) », juge la pilier gauche du FCG-Amazones. Cette vic­toire a entraîné un  petit déclic psy­cho­lo­gique.

 

En demi-finale, contre les Béarnaises de Lons, les Grenobloises ont réa­lisé « un match réfé­rence », selon Emmanuel Pellorce. Hormis les trois pre­mières minutes, elles ont su domi­ner leur adver­saire pour leur infli­ger au final un cin­glant 33 – 12.

 

 

 

Emmanuel Pellorce, entraîneur : « Bayonne, c’est l’ogre »

 

 

Emmanuel Pellorce, entraîneur du FCG-Amazones, revient au cours d'une séance vidéo avec les joueuses sur la victoire en demi-finale face à Lons. © Laurent Genin

Emmanuel Pellorce, entraî­neur du FCG-Amazones, revient vidéo à l’ap­pui sur la vic­toire en demi-finale face à Lons. © Laurent Genin

Pour autant, pas ques­tion de fan­fa­ron­ner. « Nous avons fait un match plu­tôt abouti contre Lons. C’est de bon augure pour la suite. Forcément, nous savons que Bayonne a un super niveau. Nous ne nous enflam­mons pas et nous tra­vaillons pour bien contrer cette équipe et mettre en place notre jeu », explique Margaux Donzel.

 

Emmanuel Pellorce confirme : « Après Lons, le retour en bus a été fes­tif mais très rai­son­nable. Les filles étaient déjà pro­je­tées sur la finale. Nous n’allons pas la jouer avant l’heure et faire le maxi­mum pour la rem­por­ter. Nous savons bien que Bayonne c’est l’ogre. »

 

Les Bayonnaises font en effet une très belle sai­son aussi. Dans leur poule, elles n’ont perdu qu’une fois en 14 ren­contres. En quart de finale, elles ont cor­rigé Rouen (41−5) puis en demi-finale, elles ont dominé Bordeaux (21−5). Dans leurs rangs, plu­sieurs joueuses sont inter­na­tio­nales fran­çaises. Et, il y a deux sai­sons, elles avaient éli­miné le FCG en quart de finale.

 

 

 

Décrocher la montée en Top 8

 

 

La mon­tée en Top 8 – l’élite du rugby fémi­nin fran­çais – passe par un suc­cès face aux joueuses basques. « Nous nous bat­tons tous les dimanches pour cela », rap­pelle Margaux Donzel, qui a déjà évo­lué dans ce cham­pion­nat. En effet, avant de s’as­so­cier au FCG en mars 2015, les Amazones de Sassenage avaient connu le Top 8 en 2008 avant de redes­cendre quelques années plus tard en Deuxième divi­sion.

 

Des joueuses du FCG-Amazones lors d'un atelier qui demandait force et résistance. © Laurent Genin

Des joueuses du FCG-Amazones lors d’un ate­lier qui demande force et résis­tance. © Laurent Genin

 

Si elles retrouvent ce niveau, les condi­tions semblent réunies pour espé­rer y res­ter long­temps. « Le FCG nous aide beau­coup. Au niveau de la struc­ture, je pense que nous sommes calés », juge Margaux Donzel. « Nous espé­rons avoir un peu plus de faci­li­tés pour recru­ter et pour être sereins sur du long terme. » Pour la capi­taine des Amazones, « être rat­ta­ché à un club aussi his­to­rique que le FCG, cela attire. Certaines filles n’y res­tent pas insen­sibles ». C’est déjà un très bon point.

 

 

Laurent Genin

 

 

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