Le Pic Vert isérois vient en aide à la biodiversité menacée du Zimbabwe

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FOCUS – Depuis 2010, l’association iséroise Le Pic Vert vient en aide au parc national de Hwange au Zimbabwe. Avec d’autres partenaires, elle y installe des pompes solaires pour alimenter en eau les mares asséchées et tenter de sauver les nombreuses espèces animales d’une mort certaine. En 2017, elle expérimente pour la première fois un drone. Objectif : lutter contre le braconnage d’espèces menacées d’extinction.

 

 

Une sixième pompe solaire vient d’être installée pour alimenter en eau les mares naturelles du parc national de Hwange au Zimbabwe, voisin du désert du Kalahari. Depuis 2010, l’association iséroise Le Pic Vert, en plus d’œuvrer localement à la protection de l’environnement, tente de sauvegarder la biodiversité menacée dans ce pays d’Afrique, en réapprovisionnant par pompage, grâce aux abondantes nappes souterraines, les points d’eau taris pendant la longue saison sèche.

 

Depuis 2010, l'association Le Pic Vert installe avec d'autres partenaires des pompes solaires pour réapprovisionner les mares asséchées du parc national de Hwange au Zimbabwe. Crédit R. Foster

Le Pic Vert installe avec d’autres partenaires des pompes solaires pour réapprovisionner en eau les mares asséchées du parc national de Hwange au Zimbabwe. © R. Foster

 

En partenariat avec la fondation Le Pal Nature, principal mécène*, et en lien avec Bhejane Trust, l’association installée à Réaumont, non loin de Voiron, a un objectif : sauvegarder les espèces menacées. Et notamment ce qui reste des populations de rhinocéros noir. Comme le lycaon, le guépard et le lion, le rhinocéros noir figure sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Il est même en danger critique d’extinction puisqu’il ne reste que cinq ou six individus dans le secteur de Sinamatella sur la vingtaine que comptait le parc en 2009.

 

 

 

Une zone très exposée au changement climatique

 

 

C’est sur ce secteur, au nord-ouest du parc, et sur un deuxième – le secteur Robins – qu’intervient principalement l’association iséroise. Histoire de ne pas voir se reproduire le scénario de 2005. Cette année-là, la saison sèche avait duré plus longtemps que prévu, entraînant la mort de milliers d’animaux. « Cette région est particulièrement critique car il s’agit d’une zone de type sahélien, très exposée au changement climatique et dont les prémices de la désertification sont annoncés », souligne Michel Buénerd, responsable du projet à l’association.

 

« On présume néanmoins qu’il y aura toujours des réserves d’eau abondantes et que les pompes continueront d’être utiles. La perspective telle qu’elle est tracée par les climatologues est celle d’une saison des pluies plus concentrée et une saison sèche encore plus sèche et encore plus longue ».

 

Installation de la première pompe solaire à la mare de Bumboosie-South en 2011 par l'équipe de l'association Le Pic Vert.

Installation de la première pompe solaire à la mare de Bumboosie-South en 2009 par les membres d’une mission de Planète-Urgence. DR

 

Les premières pompes solaires venues remplacer les anciennes, turbinant au diesel, Le Pic Vert les a montées lui-même. Avant de passer la main à un entrepreneur local également chargé de la maintenance des installations. Dans un parc national sans moyens, ce sont les associations de protection de l’environnement venues du monde entier qui ont pris le relais. Moyennant un peu moins de 8 000 euros pièce, cinq pompes ont été financées par la fondation Le Pal Nature. La sixième l’a été grâce aux dons d’adhérents et de bienfaiteurs du Pic Vert et de Planète-Urgence.

 

 

5 à 6 millions de litres d’eau chaque année pour chacune des pompes

 

Chaque pompe permet de délivrer cinq à six millions de litres d’eau par an. Soit trente mille litres d’eau par jour. D’autres installations sont prévues sur les secteurs couverts par l’association pour abreuver la grande mais aussi la petite faune d’un des parcs les plus riches d’Afrique, où vivent 40 000 éléphants et où se côtoient 107 espèces de mammifères et 433 espèces d’oiseaux.

 

Une biodiversité florissante mais menacée. Par le réchauffement climatique et son corollaire, le manque d’eau. Par le braconnage aussi. Lutter contre les braconniers, c’est d’ailleurs un autre volet du partenariat mis en place au Zimbabwe.

 

Depuis cette année, un drone financé par la fondation Le Pal Nature, est expérimenté pour venir en soutien aux patrouilles. Équipé d’une caméra haute résolution, il est mis en œuvre par une unité mobile de suivi et d’intervention équipée d’un véhicule et de moyens radios puissants. Entre 2007 et 2009, un quart des rhinocéros du pays ont été tués illégalement pour leurs cornes.

 

 

Patricia Cerinsek

 

 

* La fondation Le Pal Nature est adossée à un grand parc d’attractions et parc animalier à Moulins dans l’Allier.

 

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