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Une nouvelle molécule bloque la prolifération des parasites du paludisme et de la toxoplasmose. Promesse d'un nouveau candidat-médicament ?

Une nouvelle molécule contre le paludisme et la toxoplasmose

Une nouvelle molécule contre le paludisme et la toxoplasmose

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FOCUS – Des chercheurs grenoblois ont découvert une nouvelle molécule capable de stopper la prolifération des parasites responsables du paludisme et de la toxoplasmose. Mieux, elle permet une guérison complète de souris infectées par Toxoplasma gondii. Alors que les pays du Sud paient un lourd tribut à ces deux maladies, que les traitements actuels, non dénués d’effets secondaires, sont à la peine, cette découverte laisse augurer l’espoir d’un nouveau candidat-médicament.

 

 

 

L'équipe de Mohamed-Ali Hakimi (IAB) à Grenoble a découvert une nouvelle molécule capable de bloquer la prolifération des parasites du paludisme et de la toxoplasmose. Capture d'écran

L’équipe de Mohamed-Ali Hakimi (IAB) à Grenoble a décou­vert une nou­velle molé­cule capable de blo­quer la pro­li­fé­ra­tion des para­sites du palu­disme et de la toxo­plas­mose. Image extraite du film Sanofi-Institut Pasteur 2015.

Est-ce la pro­messe d’un nou­veau can­di­dat-médi­ca­ment ? Des cher­cheurs gre­no­blois viennent de décou­vrir une molé­cule capable de stop­per la pro­li­fé­ra­tion des para­sites res­pon­sables du palu­disme et de la toxo­plas­mose. Et, contrai­re­ment à d’autres avant elle, cette nou­velle molé­cule per­met une gué­ri­son com­plète de sou­ris infec­tées par le para­site de la toxoplasmose.

 

C’est ce que viennent de démon­trer des tra­vaux menés par l’équipe de Mohamed-Ali Hakimi au sein de l’Institute for Advanced Biosciences (IAB) à Grenoble, en lien avec des cher­cheurs de l’European Molecular Biology Laboratory (EMBL) de Grenoble et de la société cali­for­nienne Anacor phar­ma­ceu­ti­cal et publiés dans EMBO Molecular Medicine.

 

 

 

Une première molécule avait achoppé sur les tests menés sur les souris

 

 

En 2009, les cher­cheurs gre­no­blois avaient déjà fondé leurs espoirs sur une pre­mière molé­cule. Ils avaient mon­tré qu’un pep­tide pro­duit par un cham­pi­gnon était capable de répri­mer l’ac­ti­vité d’une enzyme pro­duite par les para­sites du palu­disme et de la toxo­plas­mose. Las, les pro­messes d’un nou­veau médi­ca­ment se sont envolées.

 

Mais si la molé­cule n’a pu pas­ser l’é­tape de la phase cli­nique des tests sur les sou­ris, les tra­vaux ont tou­te­fois per­mis de déve­lop­per des tech­niques qui ont débou­ché sur d’autres décou­vertes. Comme cette nou­velle molé­cule, bap­ti­sée AN3661.

 

L'équipe de Mohamed-Ali Hakimi (IAB) à Grenoble a découvert une nouvelle molécule capable de bloquer la prolifération des parasites du paludisme, transmis par le moustique, et de la toxoplasmose. Fotolia

Le para­site du palu­disme est essen­tiel­le­ment trans­mis par le mous­tique. © Fotolia

C’est vers elle que convergent désor­mais bien des espoirs. Et pour cause. Le palu­disme – véhi­culé essen­tiel­le­ment par les mous­tiques – et la toxo­plas­mose – que l’on retrouve dans les excré­ments d’a­ni­maux, notam­ment de chats, mais aussi dans la viande crue – infectent chaque année des cen­taines de mil­lions de per­sonnes, fai­sant des mil­liers de victimes.

 

Selon les der­nières esti­ma­tions de l’Organisation mon­diale de la santé (OMS), publiées en décembre 2016, 212 mil­lions de cas de palu­disme ont été comp­ta­bi­li­sés en 2015, s’é­tant sol­dés par 429 000 décès.

 

La toxo­plas­mose qui, elle, touche une per­sonne sur deux dans le monde, est deve­nue un pro­blème de santé publique, notam­ment pour les per­sonnes gref­fées ou immu­no­dé­pri­mées, chez qui la mala­die peut pro­vo­quer de graves com­pli­ca­tions. Pouvant éga­le­ment se trans­mettre de la femme enceinte non immu­ni­sée à son fœtus, elle fait par ailleurs cou­rir un risque de fausse couche ou d’anomalies graves chez le futur bébé.

 

 

 

Des parasites qui deviennent résistants aux médicaments anti-palu

 

 

Alors que les pays du Sud paient un lourd tribu à ces deux mala­dies, la science pié­tine. Car le para­site com­mence déjà à pré­sen­ter des signes de résis­tance à l’artémisinine, l’un des médi­ca­ments les plus effi­caces et les plus récents pour com­battre le palu­disme. Circonstances aggra­vantes, les trai­te­ments actuels, non dénués d’ef­fets secon­daires, com­pliquent le contrôle des infections.

 

L'équipe de Mohamed-Ali Hakimi (IAB) à Grenoble a découvert une nouvelle molécule capable de bloquer la prolifération des parasites du paludisme et de la toxoplasmose. Capture d'écran

Mohamed-Ali Hakimi. Image extraite du film Sanofi-Institut Pasteur 2015

C’est peu dire que la molé­cule ben­zoxa­bo­role AN3661 déve­lop­pée par Anacor phar­ma­ceu­ti­cal sur la crois­sance des para­sites concentre beau­coup d’es­poirs. Non seule­ment, les résul­tats montrent qu’elle bloque la pro­li­fé­ra­tion intra­cel­lu­laire du para­site de la toxo­plas­mose avec la même effi­ca­cité que les médi­ca­ments actuels uti­li­sés en cli­nique, comme la sul­fa­dia­zine et la pyri­mé­tha­mine. Mais, en plus, les sou­ris trai­tées par voie orale avec la molé­cule sur­vivent à une toxo­plas­mose aigüe.

 

Et les cher­cheurs ont éga­le­ment iden­ti­fié la cible molé­cu­laire de AN3661, la pro­téine CPSF3, une enzyme impli­quée dans la régu­la­tion des ARN mes­sa­gers, ces inter­mé­diaires uti­li­sés par les cel­lules pour la syn­thèse des pro­téines. Une enzyme qui s’a­vère être un can­di­dat sérieux pour le déve­lop­pe­ment d’un nou­veau médicament.

 

 

Patricia Cerinsek

 

 

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