Appel Forêt -
Vue Grenoble avec les trois tours et le massif de Belledonne en arrière plan Crédit photo Patricia Cerinsek

Le sommet pan-européen des « villes hors Tafta » se tient à Grenoble les 17 et 18 février

Le sommet pan-européen des « villes hors Tafta » se tient à Grenoble les 17 et 18 février

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

FOCUS – Alors que le Ceta, traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne, vient d’être ratifié ce mercredi 15 février par le Parlement européen à Strasbourg, Grenoble s’apprête à accueillir, après Barcelone, le second sommet international des « villes contre les traités de libre-échange », les 17 et 18 février, à la Plateforme.

 

 

 

Stop TAFTA. © DR

Des oppo­sants remon­tés contre les trai­tés com­mer­ciaux de libre-échange. © DR

« Il est impor­tant de se posi­tion­ner contre ces trai­tés qui ont pour objec­tif de sup­pri­mer tout obs­tacle éco­no­mique, envi­ron­ne­men­tal et social au libre-échange », explique Bernard Macret, élu à la mai­rie de Grenoble, en pré­vi­sion du som­met inter­na­tio­nal contre les trai­tés de libre-échange qui se tien­dra dans la capi­tale des Alpes le samedi 18 février.

 

Grenoble est la seconde ville euro­péenne à accueillir un tel som­met (cf. enca­dré). Son objec­tif ? Rassembler les auto­ri­tés locales et la popu­la­tion civile autour de ces thé­ma­tiques. « Et affir­mer une posi­tion claire contre la mise en place et la rati­fi­ca­tion du Tafta et du Ceta », explique l’élu.

 

 

 

« Pour les alternatives locales, contre les traités de libre-échange »

 

 

Ce som­met débu­tera le ven­dredi 17 février par une ren­contre entre les dif­fé­rentes col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales euro­péennes qui se posi­tionnent contre le Tafta (ou TTIP). Ouverte au grand public, la jour­née du samedi 18 février vise à infor­mer et à sen­si­bi­li­ser la popu­la­tion locale aux consé­quences concrètes du Tafta sur le mode de vie de tout un chacun.

 

De gauche à droite : Liliane Chevrier (association ATTAC France), Philippe Coq et Fabienne Martinez ( association Alternatiba). Photographie © Anaïs Mariotti

De gauche à droite : Liliane Chevrier (Attac France), Philippe Coq et Fabienne Martinez (Alternatiba). © Anaïs Mariotti – pla​ce​gre​net​.fr

Au pro­gramme de cette ren­contre publique ? Forums, confé­rences, théâtre et ani­ma­tions afin de faire connaître « les dérives de la mon­dia­li­sa­tion finan­cière au grand public », affirme Liliane Chevrier, la repré­sen­tante d’Attac (asso­cia­tion pour la taxa­tion des tran­sac­tions finan­cière) à Grenoble.

 

« Ces sujets doivent impé­ra­ti­ve­ment être popu­la­ri­sés », estime de son côté le conseiller muni­ci­pal Alan Confesson. Négocié secrè­te­ment entre l’Union euro­péenne et les États-Unis, le Tafta connaît en effet une faible réso­nance média­tique, selon ses détrac­teurs. Ainsi tenue à l’é­cart de l’avancée des négo­cia­tions, « la popu­la­tion doit aller cher­cher l’in­for­ma­tion pour se tenir infor­mer », sou­ligne la repré­sen­tante d’Attac.

 

 

 

Barcelone, Grenoble : villes européennes « hors Tafta »

 

 

La Ville de Grenoble avait déjà par­ti­cipé à Barcelone, le 21 et 22 avril 2016, au pre­mier som­met paneu­ro­péen inti­tulé « Les auto­ri­tés locales et la nou­velle géné­ra­tion de trai­tés de libre-échange ». Réunissant qua­rante col­lec­ti­vi­tés locales euro­péennes, ce der­nier s’était conclu par la rédac­tion et l’adoption d’une décla­ra­tion com­mune « contre les trai­tés de libre-échange ». Cette année, la Ville s’est donc pro­po­sée pour accueillir la deuxième ren­contre dans la conti­nuité de cette pre­mière édition.

 

Les oppo­sants dénoncent « l’ul­tra-libé­ra­li­sa­tion » des échanges com­mer­ciaux, pré­vue par le traité trans­at­lan­tique. Et sur­tout, l’o­pa­cité des négo­cia­tions, tenues confi­den­tielles. Or l’en­jeu n’est pas des moindres. S’il est rati­fié, le grand mar­ché trans­at­lan­tique sup­pri­mera les bar­rières doua­nières et tari­faires entre l’UE et les USA, au pro­fit des mul­ti­na­tio­nales, avec des normes com­mer­ciales homo­logues de part et d’autre de l’Atlantique.

 

De gauche à droite : Anne-Sophie Olmos, Alan Confesson et Bernard Macret

Anne Sophie Olmos, Alan Confesson et Bernard Macret. © Anaïs Mariotti – pla​ce​gre​net​.fr

 

« Nous vou­lons mon­trer qu’une éco­no­mie alter­na­tive à celle pro­po­sée par ces trai­tés est pos­sible. C’est ce que nous essayons de mettre en place à la ville de Grenoble », assu­rait la conseillère muni­ci­pale Anne-Sophie Olmos, lors d’une confé­rence de presse sur le sujet, le 10 février dernier.

 

Ce som­met est aussi l’oc­ca­sion de valo­ri­ser les ini­tia­tives citoyennes et d’en­cou­ra­ger les échanges avec les TPE et les PME. Avec pour objec­tif d’enrichir le réseau actif des « col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales euro­péennes hors Tafta ». Et sur­tout, de « résis­ter au mode de vie ultra-libé­ral » prévu par ces traités.

 

 

 

« C’est un peu l’ouverture à la malbouffe et au poulet au chlore »

 

 

L’un des points phares – pro­ba­ble­ment le plus contro­versé du traité trans­at­lan­tique – est le méca­nisme d’arbitrage entre acteurs pri­vés et États. Il per­met­trait aux mul­ti­na­tio­nales d’assigner en jus­tice des États, qui refu­se­raient d’a­bais­ser leurs légis­la­tions aux normes pré­vues par cet accord.

 

Militants anti Tafta lors de la Marche contre Monsanto à Grenoble le 23 mai 2015 © Delphine Chappaz

Militants anti Tafta lors de la Marche contre Monsanto à Grenoble le 23 mai 2015. © Delphine Chappaz

« Avec le Tafta, c’est tout un aspect démo­cra­tique de nos ins­ti­tu­tions qui est remis en ques­tion », estime Bernard Macret, pour qui ces trai­tés impliquent une perte de la sou­ve­rai­neté éta­tique au pro­fit d’acteurs pri­vés inter­na­tio­naux. « En démo­cra­tie, les ins­ti­tu­tions publiques sont pour­tant les seules com­pé­tentes pour édic­ter la loi », assure l’élu.

 

« Ces trai­tés de libre-échange pré­voient de déve­lop­per de nou­veaux rap­ports à la démo­cra­tie, à l’écologie, lar­ge­ment contra­dic­toires avec les objec­tifs défi­nis lors de la Cop21. Ils nivellent par le bas la régu­la­tion sani­taire, envi­ron­ne­men­tale et sociale. C’est un peu l’ouverture à la mal­bouffe et au pou­let au chlore », affirme Bernard Macret.

 

Ces enga­ge­ments « contre le Tafta » trans­cendent les cli­vages poli­tiques gauche-droite. L’opinion publique, en attente de davan­tage de démo­cra­tie et de trans­pa­rence, semble vou­loir recen­trer le com­merce sur les ini­tia­tives locales. Mais peu infor­més, « les peuples se sentent aujourd’hui pris en otage par ces trai­tés tenus secrets », estime Liliane Chevrier.

 

 

Anaïs Mariotti

 

 

 

TRAITÉS MODE D’EMPLOI

 

Tafta ou TTIP : Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement

Partenaires : l’UE et les USA. Il concerne ainsi 820 mil­lions de consom­ma­teurs.

Objectif : allé­ger les bar­rières doua­nières et tarifaires.

Risques : Érosion des normes de santé publique et envi­ron­ne­men­tales. Renforcement de l’ar­se­nal juri­dique des entre­prises, au détri­ment du législateur.

 

Ceta : Accord économique et commercial global

Partenaires : l’UE et le Canada.

Objectifs : Mêmes objec­tifs que le TTIP.

Risques : Baisse des normes concer­nant l’ex­ploi­ta­tion des sables bitu­meux, au Canada, dan­ge­reux pour l’en­vi­ron­ne­ment et la biodiversité.

Emprise des mul­ti­na­tio­nales sur les normes sani­taires, sociales et environnementales.

Le texte du traité rati­fié le 15 février 2017 pour­rait entrer pro­vi­soi­re­ment en vigueur le 1er mars 2017 mais, pour être com­plè­te­ment appli­qué, il devra être rati­fié par les par­le­ments natio­naux de chaque État membre.

 

Tisa : Accord sur le commerce des services

Partenaires : 23 États à tra­vers le monde. Ce traité concerne 70 % du com­merce mon­dial des services.

Objectifs : Libéralisation du com­merce et de l’in­ves­tis­se­ment dans le domaine des services.

Risques : Dégradation des ser­vices d’in­té­rêt géné­ral au pro­fit d’une com­pé­ti­ti­vité accrue.

Les concur­rents étran­gers pour­raient être pri­vi­lé­giés au détri­ment des acteurs éco­no­miques locaux.

 

 

 

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

AMa

Auteur

A lire aussi sur Place Gre'net

Lavoir à tapis photo d'ensemble
Un lavoir à tapis public inauguré aux abords du parc Jean-Verlhac, à La Villeneuve

  EN BREF - Mis en service depuis novembre 2020, le lavoir à tapis situé aux abords du parc Jean-Verlhac, à La Villeneuve, a été Lire plus

Le bidonville de la rue Jean Macé. © Tim Buisson – Place Gre’net
Bidonville Jean-Macé à Grenoble : les riverains, excédés, sortent du silence face à l’inertie des pouvoirs publics

DECRYPTAGE – Depuis plusieurs mois, un bidonville s'est formé au niveau de la rue Jean-Macé, dans le quartier de la gare à Grenoble. Plus de Lire plus

Pour Eric Vaillant, procureur à Grenoble, le trafic de stupéfiants a pris une telle ampleur qu'il est impossible à éradiquer.
Violences conjugales : le procureur de Grenoble tape du poing sur la table pour réclamer plus de moyens

  FOCUS - Dans un long communiqué, le procureur de Grenoble Éric Vaillant (re)met le dossier des violences conjugales sur la table. Il réclame plus Lire plus

Bâtiment du Crédit agricole à Grenoble : nouvelle plainte pour favoritisme, faux et usage de faux en écriture publique et détournement de fonds publics.
Siège du Crédit agricole : un rachat par la Ville de Grenoble qui pose question

ENQUÊTE - En rachetant pour huit millions d’euros le siège de la caisse régionale du Crédit agricole, la ville de Grenoble a-t-elle fait une mauvaise opération ? Lire plus

Grenoble accueillera, les 3 et 4 février prochains, la 2e rencontre « Les autorités locales et la nouvelle génération de traités de libre échange ».
Grenoble accueille la 2e rencontre sur les traités de libre échange de nouvelle génération

Dans la continuité du premier sommet pan-européen qui s'est déroulé à Barcelone les 21 et 22 avril 2016, Grenoble accueillera la 2e rencontre « Les Lire plus

Militants du collectif ATTAC, opération cheval de Troie. © Alexandra Moullec
Opération cheval de Troie contre les accords de libre-échange Tafta et Ceta

DÉCRYPTAGE – Comment alerter l’opinion publique sur "les dangers des traités internationaux de libre-échange" ? Telle est la tâche à laquelle s'attellent les militants du Lire plus

Flash Info

|

30/07

12h07

|

|

29/07

19h56

|

|

28/07

16h27

|

|

28/07

12h09

|

|

28/07

9h40

|

|

27/07

20h21

|

|

27/07

12h00

|

|

27/07

10h43

|

|

26/07

10h46

|

|

25/07

12h06

|

Les plus lus

Tourisme de l'Isère : VAE en montagne

Société| Tourisme : le Département de l’Isère place l’été 2021 sous le signe de la santé et du bien-être

Flash info| Grenoble accueille les championnats de France individuels de tennis-fauteuil, du 24 au 27 juin 2021

Émilie Gindre et Joséfa Gallardo de La Rampe - la Ponatière. © Tim Buisson – Place Gre’net

Culture| Échirolles : La Rampe – La Ponatière lance sa saison 2021 – 2022 après plusieurs mois sans spectacles

Abonnement| Le magasin en ligne de produits bio et locaux Oclico​.com fête ses dix ans

David Smétanine

Abonnement| Le Grenoblois David Smétanine candidat pour être porte-drapeau paralympique aux Jeux de Tokyo

Agenda

Je partage !
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin