En 2016, le marché de l’immobilier d’entreprise a repris des couleurs

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Offres de locations exceptionnelles aux 2 Alpes

FOCUS – Dans un contexte économique tendu, le marché de l’immobilier d’entreprise dans la Région urbaine grenobloise tire honorablement son épingle du jeu en 2016, avec un volume de transactions qui bondit de 77 %, comparé à celui de l’année précédente. Par rapport à 2015, les placements de locaux de commerces et de bureaux se portent bien mieux, et les locaux d’activités s’en sortent assez bien. L’attractivité de Grenoble se maintient, mais les difficultés d’accès en voiture semblent réelles et sérieuses, comme en témoigne Antoine Raymond, PDG du groupe ARaymond Network.

 

 

 

SoireeImmobilierDEntreprisesCreditSeverineCattiaux

Soirée de pré­sen­ta­tion du bilan 2016 du mar­ché de l’im­mo­bi­lier d’en­tre­prises de la FNAIM Entreprises 38, au Ciné Pathé Chavant, lundi 6 février 2017. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Le mar­ché de l’immobilier d’entreprise de la Région urbaine gre­no­bloise affiche des chiffres plu­tôt ras­su­rants. C’est ce qui res­sort du bilan 2016 réa­lisé par la FNAIM Entreprises 38. Le volume des tran­sac­tions dans l’immobilier d’entreprise s’est élevé, l’année der­nière, à 42,5 mil­lions d’euros, soit une hausse 77 %  par rap­port à 2015.

 

78 % de ces tran­sac­tions concernent les bureaux, 15 % des locaux d’activités, et 7 % les com­merces. Transaction phare de l’année : la ces­sion de l’immeuble Le Sun, situé à Montbonnot, pour 17 mil­lions d’eu­ros. Bonne nou­velle, les pro­fes­sion­nels confirment que le mar­ché de l’immobilier d’en­tre­prise devrait conti­nuer sur cette lan­cée en 2017.

 

 

 

Deux fois plus de transactions pour les commerces 

 

 

L’année 2016 a été très favo­rable pour l’immobilier des com­merces, avec 125 tran­sac­tions réa­li­sées, soit plus du double qu’en 2015 (58). « L’année 2015 a été com­pli­quée avec une absence d’enseignes, des offres pas adap­tées… Mais 2016 est en totale rup­ture ! », résume Elia Martini, consul­tante AGDA.

 

Rue Lafayette. © Véronique Magnin - Place Gre'net

Rue Lafayette. © Véronique Magnin – Place Gre’net

L’explication de l’embellie ? « Les bailleurs ont revu leurs offres à la baisse », explique la consul­tante.

 

Grenoble intra-muros demeure une zone très attrac­tive. 68 % des tran­sac­tions ont eu lieu sur la ville-centre, ce qui repré­sente une sur­face de 9 330 m2 sur 30 500 m2 de sur­faces com­mer­cia­li­sées au total.

 

Toutefois, de nom­breuses demandes sont res­tées insa­tis­faites, compte tenu du manque d’offres de grandes sur­faces (supé­rieures à 300 m2).

 

Félix Poulat, de Bonne, Grande Rue, Lafayette et la Place Grenette ont le vent en poupe. A l’inverse, les rues de la Poste, Jean-Jacques Rousseau, Saint-Jacques et Docteur Mazet sont en perte de vitesse et connaissent une dif­fi­culté à résor­ber les locaux vacants. Concernant les zones com­mer­ciales, c’est Échirolles-Comboire qui s’en sort le mieux en 2016.

 

 

 

Le « Sud de l’agglomération » attire de plus en plus

 

 

L’immobilier de bureaux s’est bien vendu et bien loué en 2016, avec + 36,7 % de tran­sac­tions par rap­port à l’année der­nière. On note une sta­bi­lité des loyers et des prix de vente. La loca­tion des bureaux repré­sente 71 % des tran­sac­tions.

 

Siège de la banque Crédit Agricole Sud Rhône-Alpes à Grenoble. © Elodie Rummelhard - placegrenet.fr

Siège de la banque Crédit Agricole Sud Rhône-Alpes à Grenoble. © Elodie Rummelhard – placegrenet.fr

Sur les 71 323 m2 d’espaces de bureaux com­mer­cia­li­sés, 34 % se situent à Grenoble. Les deux plus grosses tran­sac­tions majeures de l’année se trouvent éga­le­ment sur la ville-centre. Ce sont l’achat du siège du Crédit agri­cole de 12 000 m2  (625 euros / m2) par la Ville de Grenoble, ainsi que le bâti­ment clé en main de Schneider Electric, d’une super­fi­cie de 26 700 m2, situé ave­nue des Martyrs dans l’é­co­cité de la Presqu’île.

 

« Le Sud de l’agglomération, situé au centre de l’Y gre­no­blois prend de plus en plus d’importance comme des­ti­na­tion, plus acces­sible par les sala­riés venant de l’Est comme de l’Ouest », remarque Hugues de Villard, d’Axite CBRE. Les experts s’inquiètent tou­te­fois, pour le futur, de la pénu­rie de bureaux dans le neuf.

 

Autre pro­blé­ma­tique repé­rée : le manque de places de sta­tion­ne­ment dans les pro­grammes en neuf, qui rebute les acqué­reurs, comme à Meylan et Monbonnot. « A défaut, la pré­sence des trans­ports en com­mun devient une ques­tion essen­tielle parmi les cri­tères de déci­sion des uti­li­sa­teurs », insiste Sylvain Michalik, consul­tant à BNP Paribas Real Estate.

 

 

 

Locaux d’activités : des travaux de rénovation à prévoir

 

 

Les locaux d’activités dévissent quelque peu en 2016, avec une baisse de 37 % du volume des tran­sac­tions. Cependant, les 113 606 m2 de locaux pla­cés en 2016 res­tent un chiffre cor­rect, com­paré à la moyenne des onze der­nières années (103 582 m2). On constate par ailleurs que la demande s’est accé­lé­rée en milieu d’année, à tel point que 80 % des tran­sac­tions ont été réa­li­sées au second semestre.

 

Fabrication de turbines hydrauliques sur le site Alstom Hydro à Grenoble - chaire industrielle Hydro'like avec Grenoble INP © Alstom Hydro

Fabrication de tur­bines hydrau­liques sur le site Alstom Hydro à Grenoble – chaire indus­trielle Hydro’like avec Grenoble INP. © Alstom Hydro

Les pla­ce­ments se sont faits de manière assez uni­forme, sur la région urbaine gre­no­bloise. Le sec­teur allant de Saint-Martin‑d’Hères à Sassenage reste, tou­te­fois, le plus recher­ché par les uti­li­sa­teurs.

 

Quelques bémols sont à noter : « Le Grésivaudan est à la traîne […] On a perdu des entre­prises qui vou­laient res­ter sur l’agglomération mais qui n’ont pas trouvé de locaux. Ce sont des pertes d’emplois pour le ter­ri­toire », déplore Guillaume Woutaz, pré­sident de la FNAIM Entreprises 38. Le parc de locaux d’activités ne se renou­velle pas assez, au goût des pro­fes­sion­nels. Le stock des locaux d’activités est même en baisse de 8 % par rap­port à 2015.

 

« Des pro­blèmes sont à craindre à moyen terme avec un parc de locaux qui ne répond plus aux attentes des uti­li­sa­teurs type grands comptes et socié­tés inter­na­tio­nales. » De manière géné­rale, la demande est sou­cieuse de la qua­lité du bâti, de l’environnement et de l’image du sec­teur. Il devient dif­fi­cile de louer des bâti­ments trop vétustes, sans pres­ta­tions par­ti­cu­lières, cela même dans des condi­tions tari­faires attrac­tives. En conclu­sion, les pro­fes­sion­nels enjoignent « les pro­prié­taires bailleurs et les acteurs publics [d”] entre­prendre des tra­vaux de réno­va­tion ».

 

 

Séverine Cattiaux 

 

 

ANTOINE RAYMOND : « ON REGARDE DU CÔTÉ

DE CHAMBÉRY »

 

Lors de la soi­rée de pré­sen­ta­tion du bilan du mar­ché de l’immobilier d’entreprise 2016,  Antoine Raymond, PDG du groupe ARaymond Network, lea­der de la fixa­tion par clip­page ou col­lage, a pris la parole. L’entreprise est née à Grenoble, ne l’a jamais quit­tée, tout en dif­fu­sant ses pro­duits par­tout dans le monde. Elle compte aujourd’­hui 5 900 col­la­bo­ra­teurs, est pré­sente dans 25 pays et dis­pose d’autant de sites de pro­duc­tion.

 

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Antoine Raymond, PDG d’ARaymond Network, invité d’honneur à la soi­rée de pré­sen­ta­tion du bilan 2016 du mar­ché de l’immobilier d’entreprise de la FNAIM Entreprises 38. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Devant une salle de cinéma de Pathé Chavant bon­dée, le PDG a réaf­firmé son atta­che­ment à la capi­tale des Alpes, louant son envi­ron­ne­ment d’ex­cel­lence pour ce qui concerne la recherche & déve­lop­pe­ment, l’innovation, les écoles de haut niveau, le tissu indus­triel, etc.

 

Cependant, le déve­lop­pe­ment du propre siège his­to­rique d’ARaymond à Grenoble se trouve dans l’impasse

 

Un projet d’immobilier freiné depuis trois ans

 

Disposant d’une friche à proxi­mité de son siège actuel, le groupe aspire à lan­cer un pro­jet immo­bi­lier mixant loge­ments et bureaux, construit par le pro­mo­teur Eiffage. Or le pro­jet est freiné depuis trois ans. La muni­ci­pa­lité y est favo­rable, mais pas du tout les asso­cia­tions de rive­rains. « On crée de l’emploi, de la valeur, on est un maillon dans un éco­sys­tème avec des com­mer­çants, etc. mais cet éco­sys­tème est extrê­me­ment sen­sible… », regret­tait le PDG. Et de ne pas cacher : « On essaie de voir du côté de Chambéry. Si ça devient inte­nable… »

 

Voitures sur le Cours Berriat à Grenoble. © Elodie Rummelhard - placegrenet.fr

Voitures sur le cours Berriat à Grenoble. © Élodie Rummelhard – placegrenet.fr

Par ailleurs, l’entreprise doit faire face à un autre pro­blème quo­ti­dien : l’accès en voi­ture de ses 300 col­la­bo­ra­teurs au cours Berriat. Le pré­sident d’ARaymond Network  redoute l’arrivée, en prime, de « l’autoroute à vélo » sur le cours. Pourquoi ne pas pro­po­ser aux sala­riés de tro­quer la voi­ture pour les trans­ports en com­mun, voire le vélo ? « La majo­rité de nos col­la­bo­ra­teurs ont entre 25 et 55 ans », a répondu le PDG.

 

« Ils sont obli­gés de venir en voi­ture, parce qu’ils déposent leurs enfants à l’école le matin avant de venir au tra­vail. Ils ne peuvent pas prendre les trans­ports en com­mun. » Des pro­pos cha­leu­reu­se­ment applau­dis par la salle. Autant dire que le débat sur les pro­blé­ma­tiques de dépla­ce­ments à Grenoble est loin d’être clos.

 

 

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Commentaires 1
  1. « Ils sont obli­gés de venir en voi­ture, parce qu’ils déposent leurs enfants à l’école le matin avant de venir au tra­vail. Ils ne peuvent pas prendre les trans­ports en com­mun. »

    Rien n’empêche un cer­tain nombre d’entre-eux, selon leur loca­li­sa­tion et celle de l’é­ta­blis­se­ment de leur(s) enfant(s), de lais­ser leur voi­ture dans un par­king-relai.

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