Votation citoyenne : dans le secret des urnes à Grenoble

sep article
2,50 € par mois pour prendre le bus et le tram : et si c

REPORTAGE – Du 10 au 15 octobre, les habitants de plus de 16 ans votent pour le budget participatif et la votation citoyenne. En milieu de semaine, mercredi matin, une trentaine de Grenoblois se sont déplacés pour voter à la Maison des habitants Teisseire-Malherbe, l’un des lieux de vote de Grenoble.  

 

 

 

Maison des habitants Teisseire-Malherbe, lieu de vote ouvert jusqu'au 14 octobre. Samedi 15 octobre, deux bibliothèques prennent le relais des MDH. L'Hôtel de Ville est lui ouvert jusqu'au 15 octobre inclus. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Maison des habitants Teisseire-Malherbe, lieu de vote ouvert jusqu’au 14 octobre. Samedi 15 octobre, deux bibliothèques prennent le relais des MDH. L’Hôtel de Ville est lui ouvert jusqu’au 15 octobre inclus. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Mercredi matin, à la MDH Teisseire –  Malherbe, les électeurs arrivent au compte goutte. Des personnes plutôt âgées, des femmes, des hommes, des dames voilées, des couples, un papa avec sa petite fille…

 

« Des habitués de la MDH, et tous les jours aussi, des gens que l’on ne connaît pas. Mais aucun jeune… », constate Hervé Vittoz, directeur de la MDH Teisseire-Malherbe.

 

 

 

« Ce qui suscite le plus d’explication est la votation citoyenne »

 

 

Une dame dans la cinquantaine franchit le seuil de la MDH pour la première fois : « Je suis dans le quartier depuis 1961, je ne suis jamais venue ici. On m’a dit qu’il fallait que je vote, alors je viens voter… »

Zhaira vote ce matin à la MDH Teisseire-Malherbe pour la votation citoyenne et le budget participatif. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Zhaira vote ce matin à la MDH Teisseire-Malherbe pour la votation citoyenne et le budget participatif. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Dans le hall d’accueil, les deux urnes sont immédiatement repérables ; il y a celle du « budget participatif », qui contient les feuilles jaunes, et l’autre pour la « votation citoyenne », qui contient les bulletins bleus.
Élise, agente de développement locale, se tient près des deux urnes transparentes. Elle se charge d’enregistrer les prénoms et noms des électeurs, et vérifie leurs justificatifs de domicile.

 

Elle tapote ensuite sur son ordinateur portable, tout en commentant : « Mon logiciel est relié aux autres lieux de vote. La liste des électeurs qui ont voté, se met à jour instantanément. Personne ne peut voter deux fois. »

 

Ce matin, on ne peut pas dire que les électeurs affluent en masse. Toutefois, Élise ne demeure jamais inactive, car les habitants ne sont pas encore rompus à ce nouvel exercice démocratique. « Ce qui suscite le plus d’explication est la votation citoyenne », remarque-t-elle. Nombre d’électeurs s’embrouillent, par ailleurs, entre le « oui… contre » et le « non… pour ».

 

 

 

Budget participatif : les habitants privilégient leur quartier

 

 

Les motivations des électeurs sont très hétéroclites. Certains sont venus spécialement pour la votation et découvrent le budget participatif. « Quelques-uns ne votent parfois que pour la votation citoyenne », déclare l’agente de développement locale. D’autres personnes sont au courant des deux dispositifs participatifs, mais n’ont pas encore arrêté leur choix concernant le budget. Il est vrai que sur 26 projets, il faut en sélectionner sept. Le choix n’est pas toujours aisé…

 

C’est aussi pourquoi ce matin encore, Fouzia, agente de développement local habituellement basée à l’Abbaye, s’évertue à faire découvrir aux personnes intéressées les différents projets qui concourent au budget participatif. Fouzia constate : « Certains pensent de prime abord que ce sont des projets de la Ville. Ils sont agréablement surpris quand ils découvrent que ce sont des projets d’habitants ! Pour eux, cela ouvre le champ des possibles… »

 

A gauche, Fouzia renseigne une électrice sur les modalités de la votation citoyenne. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

A gauche, Fouzia renseigne une électrice sur les modalités du vote. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

 

Micheline, une dame d’un certain âge, tient la feuille jaune « budget participatif » entre les mains et dûment cochée. Elle a opté pour les projets qu’elle estime utiles, comme « Les toilettes publiques, les pigeonniers contraceptifs, l’Esplanade André Farcy… Et alors quelque chose de for-mi-da-ble, se réjouit-elle : des chai-ses ! »

 

Anne-Marie a un peu plus de difficultés pour se décider. Elle trouve que certains projets font « un peu doublon avec des choses existantes » et que, parfois, les explications manquent de « précisions ». Pour autant, elle parvient à établir sa liste et privilégie – comme d’autres électeurs croisés dans la matinée – les projets de son quartier ainsi que ceux qui ont trait à sa vie quotidienne.

 

 

 

Je lui ai dit au maire : « Plantez donc des pommes de terre… »

 

 

Du côté de la votation citoyenne, le choix est par nature plus restreint. C’est « oui » ou « non ». Cette ancienne membre du comité de liaison des unions de quartier (Cluq) n’a pas hésité une seule seconde. Elle a coché « oui ».

 

Cet habitant vote en parfaite connaissance des projets. Il a pris le temps de visionner <a href="http://www.grenoble.fr/actualite/182/103-decouvrez-les-26-projets-soumis-au-vote-en-video-.htm">les petites vidéos des porteurs de projet</a>. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Cet habitant vote en parfaite connaissance des projets. Il a pris le temps de visionner les petites vidéos des porteurs de projet. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Et de s’en expliquer :  « Ils [la majorité, ndlr] veulent se faire du fric ! [avec la hausse des tarifs de stationnement, ndlr] Je lui ai dit au maire : “Plantez donc des pommes de terre dans l’espace public et vendez-les pour vous faire des sous !” »

 

Dans l’autre camp, il y a Pierre, qui est venu pour voter « non ». Il a 36 ans et est sans conteste le benjamin de la matinée. « C’est déjà formidable d’avoir voix au chapitre !Par rapport à la votation citoyenne, oui je défends le projet en cours parce qu’il est socialement acceptable et équitable », considère le trentenaire. Sur « la concertation », principal point d’achoppement entre le Cluq et la majorité ? « L’argument de la concertation est pas mal, juge Pierre, mais il y a tellement d’enjeux qu’on ne va pas perdre son temps avec ça… D’ailleurs, je trouve dommage que le thème de cette pétition porte sur ce sujet du stationnement ! »

 

 

 

Jean-François a voté « oui »… son épouse « non »

 

 

Si Micheline et Pierre savent parfaitement pour qui voter, Jean-François est bien plus indécis. Assis sur le banc, dans le hall de la MDH, il relit la profession de foi des deux camps, en occurrence le Cluq et la majorité municipale. Jean-François paraît pourtant bien au fait. Il lit la presse, semble avoir saisi les enjeux, mais sa décision n’est pas encore arrêtée… « Pas évident… commente-t-il à voix haute. Qui croire ? Il y a du bon et du mauvais des deux côtés », analyse-t-il.

 

Au final, Jean-François se décide pour le « oui ». « Parce que je pense que la Ville a été intransigeante et qu’une concertation permettra d’y voir plus clair ». Jean-François a voté « oui » et son épouse a voté « non ». Pas de quoi les empêcher de repartir bras dessus, bras dessous… avec le sourire !

 

 

Séverine Cattiaux

 

 

commentez lire les commentaires
3118 visites | 3 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 3
  1. Cher Gam qui ne veut pas en démordre,
    Si la votation citoyenne n’est pas « légale » (pas dans la loi), elle n’est pas illégale non plus. « Par analogie avec les référendums d’initiative populaire suisse, l’expression « votation citoyenne » a été utilisée en France pour la consultation populaire organisée par un collectif de syndicats, d’association et de partis politiques sur la privatisation de La Poste, entre le 28 septembre et le 2 octobre 2009. » nous apprend La Toupie. Le préfet n’a donc pas à s’en mêler, puisqu’organiser une votation citoyenne n’est pas un délit…

    Commentaire repris en partie de celui que j’avais mis sous l’article « Votation citoyenne à Grenoble : un match perdu d’avance ? |  »
    Je ne vois vraiment sur quel motif le Gam veut aller au tribunal ou sur quel motif le préfet pourrait attaquer la municipalité.
    En même temps se tient la votation citoyenne pour les projets participatifs sur exactement les mêmes créneaux horaires, les mêmes locaux etc Les 2 consultations ont lieu en même temps. Mais le Gam n’attaque que la votation sur le tarif des stationnements attaqué par le Cluq.
    Bizarre, vous avez dit bizarre ?

    sep article
  2. Une fois encore, la votation n’a aucune base légale donc le vote ne vaut rien…
    Pas de délibération votée et transmise au préfet pour contrôle de légalité deux mois avant; confusion électeurs et habitants, ce qui n’est pas la même chose et est également illégal…
    La manière dont s’est déroulée le scrutin est parfaitement délirante (et aussi illégale): plusieurs jours, avec pas assez de bureaux de vote, dont les horaires d’ouverture étaient différents; pas de liste d’émargement (ce qui signifie qu’on ne peut pas vérifier le nombre de bulletin à l’aune du nombre de votants, gros problème); urnes non scellées qui passent la nuit dans des locaux; pas de commission électorale indépendante. La municipalité fait campagne avec des moyens disproportionnés par rapport au CLUQ; aucun processus de plainte

    Une telle organisation ne serait jamais accepté dans des pays en voie de développement car rien, strictement rien ne vient garantir la sincérité de ce scrutin.

    Comment dévoyer la démocratie locale au point que les gens n’y croient plus du tout. La démocratie appartient au peuple, pas aux élus, et là nous voyons une municipalité la confisquer.
    Si le Préfet de déferre pas, le GAM ira « taper » plus haut…

    sep article
    • Vous faites sans doute semblant de ne rien comprendre : Caro vous explique ce que d’autres, (moi-même il y quelques mois) vous ont déjà expliqué : Mais vous continuez à vouloir introduire de la confusion entre référendum d’initiative local et votation citoyenne : Combien de fois faudra-t-il vous le dire ?

      sep article