La Banque de France installe en Isère un correspondant dédié aux TPE

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FOCUS – Annoncée en janvier dernier par François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, la nomination des correspondants TPE de la banque nationale est désormais effective. C’est notamment le cas en Isère où le dispositif destiné à accompagner et à orienter les micro-entreprises dans leurs démarches vient d’être mis en place. Tour d’horizon.

 

 

 

 

© Banque de France

© Banque de France

Le dispositif de correspondants départementaux dédiés aux très petites entreprises (TPE*), tout récemment mis en place par la Banque de France, devrait changer la vie de nombre de dirigeants de société. Ceux-ci se perdent en effet souvent dans la jungle des acteurs susceptibles d’intervenir, quand ils n’ont pas peur de les solliciter.

 

Notamment sur des thèmes aussi variés que la création et la transmission d’entreprise, la gestion, le financement, le développement ou encore le franchissement de caps difficiles. En décidant ainsi de « combler le trou dans la panoplie de l’économie française » que représente l’accompagnement du secteur de la micro-entreprise, la vénérable institution souhaite s’engager « dans une véritable démarche d’accueil, d’écoute, de compréhension et d’orientation des TPE ». Dont acte.

 

 

 

Un centre d’expertise et de dialogue avec les TPE

 

 

De quoi s’agit-il ? « Nous, Banque de France, pour être crus, n’avons rien à vendre mais nous avons une expertise et un relationnel à apporter », expose Francis Bénet, directeur départemental de l’institution. Pour ce dernier, le constat est clair :

 

De gauche à droite : Francis Bénet, directeur départemental de la Banque de France et Arthur Pèes, correspondant départemental TPE. © Joël Kermabon - Place Gre'net

De gauche à droite : Francis Bénet, directeur départemental de la Banque de France et Arthur Pèes, correspondant départemental TPE. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« À l’échelle nationale, une TPE sur deux n’a pas pu investir depuis 2013, avec toutes les conséquences sur l’économie réelle que nous connaissons au quotidien. » D’où l’idée de créer dans chaque unité départementale un correspondant TPE formé par la banque centrale aux différents outils qui existent pour ce type d’entreprises.

 

Leur challenge ? Devenir des experts dans la connaissance de tous les acteurs qui peuvent intervenir dans la vie des quelque trois millions de TPE existantes en France. « Pour nous, il s’agit de devenir un centre d’expertise et de dialogue avec les très petites entreprises, avec pour objectif de les orienter vers l’interlocuteur idoine sur le territoire en fonction de leur problématique », explique le directeur départemental. Au nombre des interlocuteurs possibles, les chambres consulaires, des experts comptables, une plateforme de financement voire même une association en capacité d’accompagner l’entreprise.

 

 

 

Orienter l’entreprise dans un délai de 48 heures

 

 

Et en Isère, concrètement ? Le relais, le contact clé qu’une entreprise pourra joindre à la Banque de France en cas de question, de problème à résoudre ? C’est, depuis début septembre, Arthur Pèes qui étrenne ce nouveau poste de correspondant départemental.

 

Arthur Pèes, le correspondant départemental TPE de l'Isère. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Arthur Pèes, le correspondant départemental TPE de l’Isère. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Depuis ma prise de fonctions, je m’inscris dans des rendez-vous réguliers avec des acteurs locaux comme la Chambre des métiers, le réseau France initiative, la fédération du bâtiment de l’Isère… Autant d’organismes qui apportent un mécanisme de soutien, un appui d’information et de logistique aux chefs d’entreprises qui ont des questions », explique le tout frais émoulu correspondant départemental auprès des TPE. Pour anticiper un afflux de demandes, ce dernier sera d’ailleurs très vite secondé par une adjointe analyste financière, sachant que la Banque de France appuiera par un complément d’effectifs tout surplus d’activité.

 

Réactivité garantie, donc ? « Il y a un impératif qui nous est fixé, c’est d’orienter l’entreprise, de lui répondre dans un délai maximal de 48 heures », assure, confiant, Arthur Pèes.

 

 

 

En complément, un outil d’analyse et de prospective

 

 

En complément, la Banque de France mettra en place son nouvel outil de positionnement en ligne des entreprises (Opale). Un outil d’analyse que le chef d’entreprise pourra utiliser de manière à savoir si son entreprise a des forces, des faiblesses éventuelles. « Il lui sera ainsi possible de savoir, par rapport aux entreprises similaires de son secteur d’activité, comment il se positionne de manière pratique, avec des ratios clés de comptabilité, de structures financières, d’autonomie financière, de liquidités… », énumère Arthur Pèes.

 

De gauche à droite : Arthur Pèes, correspondant départemental TPE et Francis Bénet, directeur départemental de la Banque de France. © Joël Kermabon - Place Gre'net

De gauche à droite : Arthur Pèes, correspondant départemental TPE et Francis Bénet, directeur départemental de la Banque de France. © Joël Kermabon – Place Gre’net

De l’analyse mais aussi de la prospective. Opale permettra au chef d’entreprise d’élaborer un certain nombre de scénarios. « Il pourra par exemple simuler un souhait d’investissement pour accompagner une démarche de croissance. Est-ce qu’il en a la structure financière ? Est-ce qu’il en a la structure adéquate ? », explique le correspondant départemental.

 

Opale sera une prestation disponible en ligne à partir de décembre 2016 pour les entreprises qui ont plus de 750 000 euros de chiffre d’affaires et au deuxième semestre 2017 pour celles qui sont en-dessous de ce seuil. Cependant, contrairement aux conseils et à l’accompagnement, cette prestation sera payante. L’entrepreneur devra ainsi s’acquitter de la somme de 200 euros pour l’aspect analyse et de 300 euros pour la partie prospective. Pour autant, pas de panique, l’utilisateur ne sera jamais tout seul devant l’outil. « Il sera systématiquement appuyé par un analyste financier ou par moi-même », tente de rassurer Arthur Pèes.

 

 

 

Comment procéder ?

 

 

Et en pratique, comment contacter le correspondant de l’Isère ? Un numéro vert (0 800 08 32 08) a été mis en place à l’échelle nationale depuis le 29 septembre. Pour l’Isère, le choix a été fait d’un numéro spécifique, à savoir le 04 76 86 95 78, pour éviter d’avoir à passer par le numéro national. Une adresse de courriel est également disponible : TPE38@banque-france.fr.

 

Agence de la Banque de France à Grenoble. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Agence de la Banque de France à Grenoble. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Et bien sûr, les chefs d’entreprise pourront se rendre aux guichets de la Banque de France. « Quelle que soit sa problématique, systématiquement le chef d’entreprise sera reçu. Pour la simple raison que nous privilégions le contact de visu qui apporte réellement quelque chose en terme de valeur ajoutée pour la poursuite de l’accompagnement », souligne Arthur Pèes.

 

« Nous créons ce service. Maintenant, reste à savoir si les chefs d’entreprise viendront frapper à notre porte », conclut, quant à lui, Francis Bénet, le directeur départemental de la Banque de France.

 

 

Joël Kermabon

 

 

* TPE ou micro-entreprise : entreprise dont le chiffre d’affaires ou le total du bilan est inférieur à 2 millions d’euros et le nombre de salariés inférieur à 10.

 

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