Loi Travail : des manifestants moins nombreux… avec Paris en ligne de mire

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FOCUS – Quelques cen­taines de mani­fes­tants se sont ras­sem­blés, ce jeudi 9 juin à Grenoble, contre la loi Travail. Au pro­gramme de cette jour­née : action de sou­tien à Maître Ripert devant le tri­bu­nal le matin, puis un ras­sem­ble­ment rue Félix-Poulat à midi, suivi d’un autre place de Verdun pour dénon­cer les condi­tions de vie des retrai­tés. Enfin, un der­nier, impro­visé, à 17 heures devant la mai­rie de Grenoble « contre les mesures d’aus­té­rité annon­cées par l’é­quipe muni­ci­pale ».

 

 

 

Manifestation contre la loi travail, 9 juin 2016. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'Net

© Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

La nou­veauté de cette énième jour­née d’ac­tion contre la loi Travail, ce 9 juin ? Une vota­tion citoyenne conduite à l’i­ni­tia­tive de sept orga­ni­sa­tions syn­di­cales. Des séances de vota­tions étaient éga­le­ment orga­ni­sées au sein des entre­prises, des admi­nis­tra­tions et des lieux d’é­tudes au niveau natio­nal.

 

Un bureau de vote impro­visé s’est ins­tallé rue Félix-Poulat. Le but ? Rassembler les avis des citoyens concer­nant le retrait de la loi Travail. « C’est une vota­tion pour une consul­ta­tion », explique un mili­tant CGT.

 

« Autre ques­tion évo­quée dans le bul­le­tin : faut-il plus de droits pour les sala­riés ? » Manifestants et pas­sants étaient invi­tés à rem­plir des bul­le­tins. Si cer­tains appré­ciaient de pou­voir s’ex­pri­mer, d’autres res­taient scep­tiques et conti­nuaient leur marche sans même jeter un regard vers les syn­di­ca­listes. Que vont deve­nir tous ces bul­le­tins de votes citoyens au final ? Les syn­di­cats comptent les ana­ly­ser et trou­ver un moyen de les faire par­ve­nir au minis­tère de Travail.

 

 

 

Convergence ou dissonance ?

 

 

Les ques­tions posées par des mani­fes­tants lors des ras­sem­ble­ments ou pen­dant les assem­blées citoyennes ne cessent de s’é­lar­gir : délo­ca­li­sa­tion des entre­prises fran­çaises, construc­tion du Center parcs de Roybon, ou encore réflexion sur le chan­ge­ment des horaires des assem­blées popu­laires pen­dant la période du Ramadan pour sen­si­bi­li­ser un public plus large.

 

Les luttes convergent, le mou­ve­ment semble avoir trouvé un nou­veau souffle après la départ de Nuit debout de son cam­pe­ment sur le par­vis de la MC2. Des com­mis­sions du mou­ve­ment reprennent leur tra­vail, les actions spon­ta­nées ou orga­ni­sées à l’a­vance se mul­ti­plient : dis­cus­sions, ras­sem­ble­ments, actions de sou­tien…

 

Manifestation contre la loi travail, 9 juin 2016. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'Net

© Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

 

Mais pour­quoi alors la mani­fes­ta­tion de ce jeudi 9 juin a‑t-elle ras­sem­blé aussi peu de monde ? « Certaines per­sonnes se mettent en grève, mais ne vont pas mani­fes­ter car elles n’aiment pas ça », tentent d’ex­pli­quer quelques syn­di­ca­listes. « Il y a des gens qui en ont marre des mani­fes­ta­tions », lance une per­sonne de Nuit debout. Autre rai­son pos­sible ? Les grèves péna­lisent les salaires des employés qui ne sont pas tous prêts pour ce sacri­fice… Du moins, pas toutes les semaines.

 

« Depuis le début des mani­fes­ta­tions et des grèves, on a perdu déjà envi­ron dix jours de salaire », constate François, fac­teur, qui pré­cise que ses col­lègues sou­tiennent les mobi­li­sa­tions citoyennes, mais de manière assez irré­gu­lière, « plu­tôt par vagues ».

 

Manifestation contre la loi travail, 9 juin 2016. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'Net

© Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Si cer­tains ne sont plus par­tants pour des mani­fes­ta­tions, la mobi­li­sa­tion attire cepen­dant de nou­velles per­sonnes. « Je suis venu aujourd’­hui pour la pre­mière fois : pour me ren­sei­gner, prendre des infor­ma­tions… », raconte un retraité, place de Verdun, en mon­trant le paquet de tracts récol­tés auprès des syn­di­cats afin de s’in­for­mer sur les dif­fé­rentes reven­di­ca­tions. « Mais tout le monde ici ne connaît pas bien le sujet au-delà des slo­gans ! », se désole-t-il.

 

 

Sa voi­sine de banc, une infir­mière à la retraite, remarque : « Les gens se ras­semblent parce qu’il y a un grand sen­ti­ment de ras-le-bol. Alors qu’ils ne se parlent plus, les mobi­li­sa­tions et les mou­ve­ments comme Nuit debout ont per­mis de leur don­ner la parole. »

 

 

 

Cap sur l’Euro et une grande manifestation parisienne

 

 

Ce jeudi, lors du ras­sem­ble­ment, on aper­ce­vait sur­tout des mani­fes­tants sous des dra­peaux des syndicats,entre deux voi­tures sono. A un moment donné, les per­sonnes pré­sentes ont dû prendre une déci­sion : res­ter rue Félix-Poulat, rejoindre à la gare l’as­sem­blée géné­rale des che­mi­nots (déjà ter­mi­née, d’a­près cer­tains), ou se diri­ger vers la place de Verdun afin de mon­trer leur sou­tien aux per­sonnes retrai­tées ras­sem­blées.

 

Manifestation contre la loi travail, 9 juin 2016. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'Net

© Yuliya Ruzhechka – Place Gre’Net

Amplifiant ce moment de doute, un vélo sono est passé entre des per­sonnes réunies, les appe­lant à rejoindre le tri­bu­nal pour une action de sou­tien à Maître Ripert. De quoi dis­per­ser les forces ?

 

Pas cer­tain, dans la mesure où syn­di­cats et mou­ve­ments citoyens cherchent à orga­ni­ser des actions com­munes. L’Euro, le cham­pion­nat d’Europe de foot­ball mas­cu­lin, consti­tue, de fait, un sujet-fédé­ra­teur… Des actions de blo­cages s’or­ga­nisent ainsi dans les villes fran­çaises qui accueillent le cham­pion­nat.

 

« Une ville, un match, une action », résume Fernando, le secré­taire FO Semitag en ajou­tant que des actions diverses seront orga­ni­sées à l’oc­ca­sion de chaque match par le syn­di­cat du trans­port public.

 

Manifestation contre la loi travail, 9 juin 2016. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'Net

© Yuliya Ruzhechka – Place Gre’Net

D’autres exemples d’u­nion et de conver­gence ? La pro­chaine grande jour­née de mani­fes­ta­tion pré­vue mardi 14 juin. La date de ce ras­sem­ble­ment n’est pas choi­sie par hasard : « A par­tir du lundi 13 juin à 16 heures, le Sénat exa­mine le pro­jet de loi visant à ins­ti­tuer de nou­velles liber­tés et de nou­velles pro­tec­tions pour les entre­prises et les actifs », indique la page web du Sénat. Ce jour-là, l’in­ter­syn­di­cale incite les Français à rejoindre Paris.

 

A Grenoble, les syn­di­cats ont loué des bus – pour l’ins­tant, une dizaine envi­ron – afin de faci­li­ter le tra­jet des mani­fes­tants. Certains ont même opté pour un prix libre, afin de per­mettre à tout le monde de rejoindre la grande mani­fes­ta­tion dans la capi­tale.

 

Syndicalistes, mili­tants de Nuit debout et citoyens sans éti­quettes s’or­ga­nisent ainsi dans dif­fé­rentes villes de l’Hexagone pour mutua­li­ser des coûts des bus ou encore pour faire du covoi­tu­rage. Prochain arrêt pour ces per­sonnes mobi­li­sées : « Paris mani­fes­ta­tion ».

 

 

Yuliya Ruzhechka

 

 

Ouverture Musée Champollion
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