Une cam­pagne par­ti­ci­pa­tive pour la for­ma­tion d’é­tu­diants réfugiés

Une cam­pagne par­ti­ci­pa­tive pour la for­ma­tion d’é­tu­diants réfugiés

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

FOCUS – Permettre à des étu­diants réfu­giés en France de reprendre leurs études après avoir fui la guerre ou la dic­ta­ture dans leur pays, tel est l’ob­jec­tif de la for­ma­tion inten­sive à la langue et culture fran­çaises mise en place par le Centre uni­ver­si­taire d’é­tudes fran­çaises (Cuef) de Grenoble. Pour se finan­cer, l’i­ni­tia­tive a entre autres recours au crowd­fun­ding. Et espère ainsi réunir 6.000 euros, soit plus de 10 % du mon­tant requis.

« Une pas­se­relle pour des for­ma­tions diplô­mantes », c’est ainsi que Laura Abou Haidar, direc­trice du Centre uni­ver­si­taire d’é­tudes fran­çaises (Cuef) pré­sente la for­ma­tion inten­sive à la langue et culture fran­çaises qu’elle a mise en place à l’in­ten­tion des deman­deurs d’a­sile dési­reux de reprendre des études inter­rom­pues par l’exil.

Depuis octobre 2014, le Cuef offrait déjà des for­ma­tions men­suelles à ces étu­diants venus d’ailleurs, en par­te­na­riat avec l’u­ni­ver­sité Stendhal et, depuis le mois de jan­vier der­nier, avec l’Université Grenoble-Alpes (UGA).

Comme Dakakni, ils sont plusieurs dizaines venant de Syrie, d'Irak ou d'autres pays, à avoir besoin de mieux maîtriser le français pour pouvoir reprendre leurs études. © Florent Mathieu - Place Gre'net

Comme Dakakni (à droite), ils sont plu­sieurs dizaines venant de Syrie, d’Irak ou d’autres pays, à avoir besoin de mieux maî­tri­ser le fran­çais pour pou­voir reprendre leurs études. © Florent Mathieu – Place Gre’net

« Nous avons accueilli plu­sieurs dizaines d’é­tu­diants et offert plu­sieurs dizaines de ses­sions, note Laura Abou Haidar. Et nous nous sommes aperçu que cer­tains de ces étu­diants étaient extrê­me­ment volon­taires et pro­gres­saient d’une manière éton­nante. Nous nous sommes alors dit qu’il fal­lait leur offrir une solu­tion plus pérenne et avons décidé de mettre en place un véri­table diplôme d’u­ni­ver­sité. »

Cette for­ma­tion inten­sive, d’une durée de quatre mois, a com­mencé le 17 mai pour sa pre­mière ses­sion. Elle accueille pour l’heure qua­torze étu­diants sur la ving­taine de places dis­po­nibles, tous les can­di­dats n’ayant pas réussi le test pré­re­quis pour pou­voir y accé­der. Onze femmes et trois hommes, en majo­rité Syriens et Irakiens, sont ainsi enga­gés dans cet appren­tis­sage du fran­çais néces­saire à la reprise de leurs études sur notre territoire.

Des pro­fils et des objec­tifs variés

Les pro­fils de ces étu­diants sont variés, les objec­tifs aussi. L’une veut ensei­gner l’an­glais et l’a­rabe, l’autre sou­haite entre­prendre des études en méca­nique, mais tous affichent une même moti­va­tion, et un fran­çais d’ores et déjà de très bonne qualité.

« J’ai com­mencé à apprendre le fran­çais avec YouTube », explique Dakakni, réfu­gié syrien de 27 ans arrivé en France voilà six mois. Cet ancien étu­diant en lit­té­ra­ture anglaise, qui ne par­lait pas un mot de fran­çais aupa­ra­vant, s’ex­prime déjà avec une cer­taine aisance et espère pou­voir com­men­cer un mas­ter en com­mu­ni­ca­tion inter­na­tio­nale dès le mois de septembre.

En plein travail, de gauche à droite, Herminée et Zarah © Florent Mathieu - Place Gre'net

En plein tra­vail, de gauche à droite, Herminée et Zarah. © Florent Mathieu – Place Gre’net

Zarah, réfu­giée ira­nienne, vise pour sa part des études de mar­ke­ting. Dans son pays, elle étu­diait la géo­lo­gie, mais « en Iran, on ne peut pas dire quels sont les pro­blèmes, ni choi­sir sim­ple­ment les vête­ments que l’on peut por­ter », témoigne la jeune femme. Un désir de liberté qui l’a obli­gée à fuir et à deman­der l’a­sile poli­tique en France. Pourquoi le mar­ke­ting ? Si Zarah a tou­jours le goût de la géo­lo­gie et s’in­té­resse éga­le­ment beau­coup à la chi­mie, elle sou­haite avant tout se tour­ner vers une for­ma­tion professionnalisante…

À côté d’elle, Herminée, Arménienne a vécu en Russie où elle a ter­miné ses études de pro­fes­seur d’u­ni­ver­sité avant de ren­con­trer des « pro­blèmes »… Aujourd’hui, elle désire tou­jours se consa­crer à l’en­sei­gne­ment, mais res­sent elle aussi le besoin de suivre cette for­ma­tion inten­sive, pour maî­tri­ser le fran­çais à l’o­ral comme à l’écrit.

Un mode de finan­ce­ment inédit, le crowd­fun­ding

La mise en place de cette for­ma­tion a natu­rel­le­ment un coût, 57.000 euros, qui peut sem­bler modique face aux enjeux mais qu’il faut néan­moins réunir. « Une dépense nou­velle dans des bud­gets très contraints », résume Lise Dumasy, pré­si­dente de l’UGA.

Lise Dumasy, présidente de l'UGA

Lise Dumasy, pré­si­dente de l’UGA. © Florent Mathieu

Le Cuef, l’UGA, la Fondation par­te­na­riale uni­ver­sité Grenoble-Alpes et la Fondation uni­ver­si­taire Stendhal sont acteurs et par­te­naires de cette ini­tia­tive. « Nous nous sommes éga­le­ment adres­sés aux col­lec­ti­vi­tés, qui ont dit qu’elles nous aide­raient, ainsi qu’au minis­tère, dont nous atten­dons la réponse », ajoute Lise Dumasy.

Autre piste de finan­ce­ment, et non des moindres : le crowd­fun­ding. À tra­vers le site de finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif Kocoriko, la Fondation Université Grenoble-Alpes espère réunir la somme de 6.000 euros, soit plus de 10 % du bud­get final.

Une cam­pagne de crowd­fun­ding sou­te­nue par le Fonds de dota­tion de la Banque popu­laire des Alpes, qui com­plè­tera les dons à hau­teur de 1.500 euros.

Comme dans toute cam­pagne de finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif, les dona­teurs rece­vront des contre­par­ties : invi­ta­tion à la remise des diplômes, ren­contre avec les étu­diants et l’é­quipe du Cuef ou même, pour les plus « géné­reux », dégus­ta­tion de vins et fro­mages en leur com­pa­gnie. Sans comp­ter la défis­ca­li­sa­tion des dons à hau­teur de 66 % du mon­tant versé.

La pré­si­dente de la Fondation UGA, Anne-Catherine Ohlmann, affiche sa confiance, convain­cue que la cam­pagne rap­por­tera bien plus que les 6.000 euros deman­dés. Les chiffres semblent lui don­ner rai­son, avec déjà près de 3000 euros récol­tés auprès des seuls dona­teurs, ven­dredi 20 mai. Que devien­dra l’argent récolté en plus si l’ob­jec­tif est effec­ti­ve­ment dépassé ? Il sera mis de côté par le Cuef pour assu­rer des for­ma­tions auprès d’autres étu­diants, pré­cise la présidente.

Florent Mathieu

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Florent Mathieu

Auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

A lire aussi sur Place Gre'net

Yassine Lakhnech, président de l’Université Grenoble Alpes et Antoine Petit, président-directeur général du CNRS lors de la signature de convention, le 24 juin 2022 © Thierry Morturier/UGA
CNRS – Université Grenoble Alpes : une nou­velle conven­tion pour ren­for­cer leur coopé­ra­tion scientifique

FLASH INFO - Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et l’Université Grenoble Alpes (UGA) ont signé une nouvelle convention partenariale, le vendredi 24 Lire plus

Ouverture du deuxième Forum international du bien vivre sur le campus de l'UGA, ce mercredi 29 juin 2022. © Mélissa Villain
Forum inter­na­tio­nal pour le bien vivre : trois jours de débats sur la tran­si­tion éco­lo­gique et la jus­tice sociale à Grenoble

FOCUS - Après une première édition en 2018, le Forum international pour le bien vivre revient sur le campus de l'Université Grenoble Alpes (UGA), à Lire plus

Alphanie Midelet, doctorante à l'UGA, remporte la finale nationale du concours Ma thèse en 180 secondes
Alphanie Midelet, doc­to­rante à l’UGA, rem­porte la finale natio­nale du concours Ma thèse en 180 secondes

FLASH INFO – Et de quatre! Après Alexandre Artaud en 2015, Sabrina Fadloun en 2017 et Philippe Le Bouteiller en 2018, Alphanie Midelet est la Lire plus

Lancement de l’Observatoire de la bio­di­ver­sité Grenoble-Alpes pour créer un atlas citoyen

EN BREF - Dans le cadre d'une journée « Sols et biodiversité » organisée au muséum de Grenoble le 14 avril 2022 par le conseil Lire plus

© UGA
Grenoble accueille le cham­pion­nat de France uni­ver­si­taire 2022 de judo, ces mer­credi 6 et jeudi 7 avril, à la Halle Clémenceau

FOCUS - Grenoble accueille le championnat de France universitaire de judo, ces mercredi 6 et jeudi 7 avril 2022. Plus de 300 judokas - dont Lire plus

Retour du concours Ma thèse en 180 secondes avec la finale Académie de Grenoble le 17 mars à la MC2... et sur YouTube
Retour du concours Ma thèse en 180 secondes avec la finale Académie de Grenoble le 17 mars à la MC2… et sur YouTube

FLASH INFO – Une première étape vers la finale nationale, voire internationale? Jeudi 17 mars, le concours Ma thèse en 180 secondes (MT180) est de Lire plus

Flash Info

|

02/07

15h57

|

|

01/07

12h07

|

|

01/07

11h33

|

|

01/07

11h04

|

|

01/07

10h14

|

|

30/06

16h28

|

|

30/06

15h43

|

|

30/06

14h25

|

|

30/06

11h19

|

|

30/06

10h44

|

Les plus lus

A écouter| Chronique Place Gre’net – RCF épi­sode 36 : « Les dif­fi­cul­tés à exer­cer le métier de jour­na­liste dans cer­tains quartiers »

Culture| La Caverne, une nou­velle librai­rie indé­pen­dante qui veut faire vivre le livre à Grenoble

Abonnement| Élisa Martin, pas­sio­na­ria gre­no­bloise LFI, fait son entrée à l’Assemblée natio­nale après avoir ren­versé Émilie Chalas

Agenda

Je partage !
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin