Center Parcs : les opposants adressent une lettre ouverte aux élus de la Région

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Offres de locations exceptionnelles aux 2 Alpes

EN BREF – Ces jeudi 14 et vendredi 15 avril 2016, le conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes se prononcera pour ou contre la subvention de 4,7 millions d’euros au projet de Center Parcs à Roybon, dans le cadre du vote budgétaire de la Région. Un nouveau rebondissement dont s’est inquiétée l’association Pour les Chambaran sans Center Parcs, qui a publié une lettre ouverte aux élus.

 

 

 

Manifestation des opposants au Center parc des Chambaran lundi lors du démarrage des travaux. © Patricia Cerinsek - placegrenet.fr

Manifestation des oppo­sants au Center parcs des Chambaran lors du démar­rage des tra­vaux. © Patricia Cerinsek – placegrenet.fr

Relancer l’é­co­no­mie tou­ris­tique, certes, mais à quel prix ? La lettre ouverte que vient d’a­dres­ser l’as­so­cia­tion Pour les Chambaran sans Center Parcs (PCSCP) aux élus de la région Auvergne-Rhône-Alpes, vise à les ame­ner à s’in­ter­ro­ger sur la per­ti­nence d’un tel pro­jet, qui fait l’ob­jet d’une vive polé­mique depuis plu­sieurs années déjà.

 

Pour rap­pel, le groupe Pierre & Vacances envi­sage de construire dans le mas­sif des Chambaran un vil­lage vacances de 1000 cot­tages sur 200 hec­tares de forêts, pou­vant accueillir jus­qu’à 5000 per­sonnes en pleine sai­son. Ce Center Parcs dis­po­se­rait d’in­fra­struc­tures com­mer­ciales et hôte­lières. L’auteur de la lettre ouverte, Marc Revol-Buisson, pré­sident de l’as­so­cia­tion Pour les Chambaran sans Center Parcs, s’in­surge : « On va créer une nature alié­née au pro­fit d’une struc­ture pri­vée qui pro­meut une forme de tou­risme “hors sol”, décon­necté du ter­ri­toire sur lequel il s’implante, dans le seul inté­rêt de sur­vivre. »

 

L’un des aspects les plus contro­ver­sés du pro­jet réside dans la construc­tion d’une base de loi­sirs aqua­tiques sous une bulle tro­pi­cale chauf­fée toute l’an­née à 29 °C. En cause, les risques envi­ron­ne­men­taux qui y sont liés, dont « la des­truc­tion irré­mé­diable d’un éco­sys­tème fra­gile et pro­tégé ».

 

« Exposez ouver­te­ment les pro­blé­ma­tiques qui y sont sou­le­vées, exa­mi­nez atten­ti­ve­ment les réponses et agis­sez à par­tir de là, en conscience et en toute liberté », demande aux élus cette lettre ouverte par la voix de Marc Revol-Buisson, qui sou­haite, en l’é­tat actuel du pro­jet, que cette sub­ven­tion ne soit pas accor­dée.

 

 

 

« Aucune réelle plus-value à l’offre touristique »

 

 

Financé en grande par­tie par des inves­tis­seurs et des aides publiques de l’État et des col­lec­ti­vi­tés, « ce pro­jet n’ap­porte aucune réelle plus-value à l’offre tou­ris­tique », selon Marc Revol-Buisson, qui pré­cise : « Le site convoité par le groupe Pierre & vacances est situé sur un ter­ri­toire loca­lisé en tête des bas­sins ver­sants de l’Herbasse et de la Galaure, clas­sés par le Sdage [Schéma direc­teur d’a­mé­na­ge­ment et de ges­tion des eaux, ndlr] en réser­voirs bio­lo­giques, et fai­sant l’objet d’un contrat de rivière. Les couches géo­lo­giques pro­fondes du mas­sif des Chambaran consti­tuent un réser­voir d’eau excep­tion­nel et fra­gile. De par sa situa­tion géo­gra­phique, et bien que situé en Isère, ce pro­jet pré­sente donc un risque majeur pour toute la Drôme des col­lines, qui n’a d’ailleurs pas été consul­tée. »

 

91 des 200 hectares du bois des Avenières dans le massif des Chambaran seront urbanisés pour faire de ce Center parc le 5e de France. © Patricia Cerinsek - placegrenet.fr

Bois des Avenières dans le mas­sif des Chambaran qui serait en par­tie urba­nisé pour faire de ce Center Parcs le 5e de France. © Patricia Cerinsek – placegrenet.fr

 

Au-delà des com­pen­sa­tions envi­ron­ne­men­tales qui seraient, selon l’as­so­cia­tion, trop faibles et mal pen­sées, notam­ment dans le cas de la recons­truc­tion de zones humides, d’autres enjeux sont mis en lumière : manque de concer­ta­tions, retom­bées éco­no­miques très dis­cu­tables au regard des aides publiques ver­sées et des risques envi­ron­ne­men­taux…

 

La par­tie est loin d’être gagnée pour les oppo­sants. Le pré­fet a, en effet, déjà exprimé son sou­tien au pro­jet, arguant du fait que la construc­tion de ce Center Parcs crée­rait des emplois en géné­rant un afflux tou­ris­tique indis­pen­sable au dyna­misme de la région.

 

 

Cassandre Jalliffier

 

 

MC2 - A la Vie
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Commentaires 2
  1. Que l’on fasse un réfé­ren­dum comme pour Notre Dame des Landes et que les gens se bougent dans les deux camps. Car actuel­le­ment il n’y aucune avan­cée, ni dans la fin de ce pro­jet, ni dans son avan­ce­ment.

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  2. Le pré­fet part à la retraite très bien­tôt (en mai, je crois). Qu’il ne prenne pas d’i­ni­tia­tive mal­heu­reuse avant son départ, du genre à se laver les mains des consé­quences puis­qu’il ne sera plus là.
    Il faut juste aller lire ce qui se dit sur les autres bulles déjà exis­tantes … du genre, les emplois créés sont des 12 h / semaine (comme si on pou­vait vivre avec le salaire qu’elle génèrent), ou des com­merces sous la bulle, si bien que les tou­ristes ne font pas mar­cher le com­merce local etc
    L’argent devrait ser­vir à valo­ri­ser le site pas à le détruire.

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