La Chaufferie : de l’asphyxie au nouveau souffle ?

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FOCUS – La Ville de Grenoble a annoncé, ce mardi 2 février, le nouvel usage qu’elle comptait faire de son équipement municipal, La Chaufferie. Le lieu, jusqu’alors géré par la Régie 2C, au même titre que Le Ciel, sera dédié, dès la rentrée de septembre 2016, à la jeunesse du secteur 5 de la ville. Une zone qui regroupe les quartiers Abbaye, Jouhaux, Châtelet, Teisseire et Malherbe.

 

 

 

De gauche à droite : Corinne Bernard, Élisa Martin et Thierry Chastagner à la Maison des habitants Abbaye. © Adèle Duminy - Place Gre'net

Corinne Bernard, Élisa Martin et Thierry Chastagner à la Maison des habitants Abbaye. © Adèle Duminy – Place Gre’net

Mardi 2 février, les journalistes grenoblois étaient conviés à un point presse à la Maison des habitants Abbaye, au cœur du quartier Abbaye-Jouhaux, par Élisa Martin, première adjointe au Parcours éducatif et à la tranquillité publique, Corinne Bernard, adjointe aux Cultures, et Thierry Chastagner, adjoint au secteur 5 et à la Sécurité civile.

 

Objectif : annoncer le « nouveau souffle » que l’équipement municipal La Chaufferie va connaître en septembre 2016.

 

 

 

À bout de souffle La Chaufferie ?

 

 

L’expression employée, « nouveau souffle », suggère-t-elle que l’équipement municipal, situé au 98 rue Léon Jouhaux, manquerait d’oxygène ? Le dossier de presse délivré par la municipalité le dit même « asphyxié par la chute des subventions de l’État ».

 

La Chaufferie, équipement municipal, en attente de son "nouveau souffle". © Adèle Duminy - Place Gre'net

La Chaufferie, équipement municipal en attente de son “nouveau souffle”. © Adèle Duminy – Place Gre’net

Petit retour en arrière. En mai 2015, la Régie 2C, qui gérait jusqu’alors La Chaufferie en plus du Ciel, a vu la subvention de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) passer de 80.000 à 30.000 euros. Comme tous alors, Place Gre’net s’en était fait l’écho.

 

 

Cette baisse colossale expliquerait donc que La Chaufferie tourne au ralenti depuis. Cependant, Jouda Bardi, présidente du collectif des habitants de Jouhaux, ne place pas forcément les événements dans cet ordre, comme elle l’a confié au Postillon l’été dernier. « Sur le secteur 5, on n’a pas de lieu de rencontres. Cet équipement a joué ce rôle un moment, mais depuis deux ans, c’est le désert », regrettait-elle alors. Deux ans : un laps de temps qui remonte bien avant la baisse de subvention…

 

 

Mais laissons-là la date depuis laquelle l’équipement culturel, dédié aux musiques actuelles, serait en déshérence et regardons vers l’avenir.

 

 

 

Un nouveau centre de loisirs 11-17 ans

 

 

Lors du point presse du 2 février, Thierry Chastagner, adjoint au secteur 5 et à la Sécurité civile, a rappelé qu’un quart du quartier était constitué de jeunes de moins de 18 ans. D’où l’importance d’un « lieu ressource » pour la jeunesse.

 

Élisa Martin et Thierry Chastagner. © Adèle Duminy - Place Gre'net

Élisa Martin et Thierry Chastagner. © Adèle Duminy – Place Gre’net

Élisa Martin a pour sa part évoqué l’existence de la « plateforme 12-25 ans », située 14 avenue Paul Cocat, tout en soulignant les limites du lieu.

 

La Chaufferie deviendra donc le nouvel équipement jeunesse des habitants du secteur 5. Y auront toujours lieu les cours donnés par le département musiques actuelles du Conservatoire de Grenoble.

 

Pour le reste, tout semble à construire, en concertation avec les jeunes du quartier, invités à se saisir des possibilités du lieu. Lequel « est doté d’une salle de concert (250 places debout), de quatre studios de répétition équipés et d’une salle festive pouvant accueillir 200 personnes », selon la description qui figure sur le site de la ville de Grenoble.

 

 

De quoi organiser de belles scènes ouvertes ou autres cartes blanches, comme le suggère Corinne Bernard, au chapitre de la diffusion de spectacles. Élisa Martin suggère, quant à elle, la possibilité d’investir également l’extérieur du lieu. Elle y verrait bien un « atelier crado » où réparer sa mobylette, entre autres choses salissantes… Bref, les jeunes du secteur 5 ont la charge de réinventer le lieu. Mais qui va le gérer alors, cet équipement ?

 

 

 

Un nouvel équipement sans verser un sou

 

 

Le personnel de la plateforme jeunesse, déjà existante sur le quartier, serait partiellement transféré vers ce nouvel équipement. Combien seront-ils à gérer la structure ? Trop tôt pour le dire. Mais le dossier de presse annonce que le « centre de loisir 11-17 ans » – nouvelle vocation de La Chaufferie donc – « proposera un accueil de type foyer, de l’aide aux devoirs, des ateliers danse, théâtre, sport, bricolage, lecture, journal, radio… le mardi, jeudi et vendredi de 17 h à 19 h 30, le mercredi de 14 h à 18 h et le samedi de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h ».

 

Un programme socio-culturel ambitieux dont les « propositions seront travaillées avec les jeunes ». Politique participative, toujours. Rendez-vous est pris en septembre 2016 pour mesurer la manière dont les jeunes du secteur 5 s’empareront de leur nouvel équipement.

 

La Chaufferie à Grenoble. © Renaud Chaignet

« On donne un nouveau sens à La Chaufferie »… © Renaud Chaignet

Côté construction, Élisa Martin se félicite : « Nous prouvons que la ville se reconstruit sur elle-même. Plutôt que de refaire un nouveau bâtiment, ce qui ne serait pas sobre, on repart sur ce qui existe et on donne un nouveau sens à La Chaufferie. »

 

Car le dossier de presse ne manque pas de rappeler, si besoin était, que l’ancienne municipalité se montrait plus dispendieuse – ou moins « sobre » – puisque « par décret du 8 juillet 2013, [elle] avait programmé la construction d’un nouvel équipement. Ce projet était chiffré à plus de 2,5 millions d’euros. »

 

 

La Chaufferie, délaissée jusqu’alors, deviendra ce nouvel équipement sans avoir à verser un sou ! Et la Régie 2C – sans doute bientôt rebaptisée « Le Ciel » tout court, du nom de la salle de musiques actuelles logée 2 rue Général Marchand – qui en avait la gestion, va pouvoir se concentrer sur l’obtention du label Scène de musiques actuelles (Smac) qu’elle convoite, en association avec la Belle Électrique.

 

 

Adèle Duminy

 

 

 

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