Grenoble : un rassemblement hétéroclite pour dire non à l’état d’urgence

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REPORTAGE – Alors qu’un peu partout en France, ce samedi 30 janvier, des manifestants ont battu le pavé contre l’état d’urgence et la déchéance de nationalité, Grenoble n’a pas été en reste. Près d’un millier de manifestants ont ainsi fait le déplacement pour exprimer leur désaccord avec la politique de sécurité menée par le gouvernement. Mais pas seulement…

 

 

 

Manifestation à Grenoble le 30 janvier 2016 contre l'état d'urgence. © Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Près de 1.000 par­ti­ci­pants selon la police – 2.000 selon les orga­ni­sa­teurs – ont défilé dans les rues de Grenoble ce samedi 30 jan­vier.

 

Banderoles, pan­cartes, slo­gans et musiques. Tels étaient les ingré­dients qui ont pimenté le long cor­tège dis­pa­rate qui a déam­bulé depuis la Caserne de Bonne jus­qu’au Jardin de Ville à l’oc­ca­sion de cette mani­fes­ta­tion contre l’é­tat d’ur­gence.

 

 

 

« Oui au respect des libertés fondamentales ! »

 

 

Le mot d’ordre : un non mas­sif « à l’é­tat d’ur­gence, à la guerre, au ter­ro­risme de Daech » et un « oui au res­pect des liber­tés fon­da­men­tales ! », comme l’in­dique le tract dif­fusé dans le cor­tège.

 

Une union autour de ce mot d’ordre impres­sion­nante, depuis les anar­chistes de la CNT à la Confédération pay­sanne en pas­sant par l’as­so­cia­tion La Patate chaude, le Droit au loge­ment (Dal), Ras l’front Isère, la CGT, ou encore des par­tis poli­tiques comme le NPA ou Europe-Écologie les Verts.

 

Les pro­fils les plus divers se côtoyaient dans la foule, les écharpes tri­co­lores des élus joux­tant les nez rouges de quelques mani­fes­tants, face au kiosque du Jardin de Ville où les orga­ni­sa­teurs ont pris la parole. A com­men­cer par Roselyne Vachetta.

 


Vidéo Joël Kermabon

 

 

Une étrange sensation de cacophonie

 

 

Un groupe de mani­fes­tants a pour­tant fait bande à part, un peu à l’é­cart, en scan­dant des slo­gans pour dénon­cer « l’im­pé­ria­lisme », « l’is­la­mo­pho­bie » et « l’État raciste ». L’association Front uni des immi­gra­tions et quar­tiers popu­laires (FUIQP) a ainsi clamé, par la voix de Kenjah, son refus de lais­ser les autres par­ler en son nom.

 

L’un des por­teurs de la ban­de­role – « Nos tas d’ur­gences contre l’é­tat d’ur­gence » – ne s’est pas privé de rabrouer une mani­fes­tante venue leur pro­po­ser de les rejoindre près du kiosque : « Là-bas, ce sont les Verts. Nous on n’est pas les Verts. On n’a rien à faire avec eux ! »

 

Deux dis­cours dis­tincts qui n’ont jamais cessé de faire entendre leur voix, don­nant comme une étrange sen­sa­tion de caco­pho­nie au sein de « l’u­nion » contre la poli­tique gou­ver­ne­men­tale, jugée atten­ta­toire aux liber­tés publiques et dan­ge­reuse pour la cohé­sion natio­nale.

 

 


Vidéo Joël Kermabon

 

 

Florent Mathieu et Joël Kermabon

 

 

 

 

Ouverture Musée Champollion
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Commentaires 3
  1. Si le « Front uni des immi­gra­tions et quar­tiers popu­laires » n’est pas d’ac­cord pour des actions uni­taires, qu’il orga­nise les siennes au lieu de venir semer la zone dans une manif qui, jus­te­ment, se vou­lait uni­taire ou bien que ses membres viennent dis­cu­ter lors des réunions de pré­pa­ra­tion. Ils ne veulent donc pas par­ler avec celles et ceux qui, pour­tant, sont prêts à les consi­dé­rer comme toutes les orga­ni­sa­tions par­ti­ci­pa­trices ? Ils veulent conti­nuer à faire bande à part ? a empê­cher les prises de paroles en met­tant leur sono plus fort ? S’ils veulent la vedette, alors que dans une coor­di­na­tion il n’y en a pas, qu’ils orga­nisent leur propre défilé. Point/barre

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  2. Quand on a rien à se repro­cher pour­quoi cela vous gêne toutes ces mesures. Moi je me sens en sécu­rité
    A moins que vous pré­fé­riez des atten­tats. Et pour la double natio­na­lité, quand on est hon­nête et bien on a rien à craindre.
    Seulement il y a tel­le­ment de délin­quants en tous genres. Drogue, armes etc.…..
    En res­tant hon­nête et fidèle à son pays, on ne risque rien.

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